“Les Droites de Husson n°23” – Pourquoi ce sont les jeunes adhérents qui vont décider du candidat LR investi lors du Congrès

Cette semaine dans Les Droites de Husson n°23: Les mésaventures nantaises de la très parisienne équipe Zemmour - Zemmour contre les Antifa: la structuration idéologique profonde du débat français est là - Tatie Marine à Budapest - Les Jeunes LR vont décider du vote du Congrès le 4 décembre - Le décrochage d'Emmanuel Macron dans les sondages viendra-t-il plus tôt que prévu?

Les mésaventures nantaises de la très parisienne équipe Zemmour

Eric Zemmour voulait aller à Nantes, absolument, la fin de semaine des vacances de la Toussaint. On a eu beau lui expliquer que ce n’était pas une bonne idée parce que c’était des vacances, le candidat se butte volontiers. C’est le revers de son courage : il ne veut jamais en démordre. Qu’à cela ne tienne, son ami Reynald Seycher, le grand historien du génocide vendéen trouve une adresse, en périphérie de la ville : un site possible à sécuriser facilement. Zemmour ne veut pas en entendre parler. Son ami Seycher est surpris de voir combien le presque-candidat Zemmour a perdu l’humour qui peut faire son charme ; la conversation entre les deux tourne à l’aigre car Monsieur Z pique une grosse colère. Reynald Secher se retire de l’organisation. L’équipe du candidat veut la salle la plus grande de Nantes, le Zenith. 3000 places à remplir ! Comme il ne faut pas renouveler le ratage de Rouen, où on a camouflé comme on a pu la moitié de la salle vide, l’équipe du candidat a eu idée lumineuse ! Le meeting sera gratuit. En quelques jours, divine surprise, 4000 inscrits. Mais lorsque quelqu’un demande aux Zemmouriens s’ils ont compris ce qui est en train de passer, l’extrême-gauche nantaise est en train de s’inscrire pour saboter le meeting, la très parisienne équipe tombe des nues. Et puis ça ne s’arrête pas: ça monte jusqu’à 10 000 (comme le raconte le tweet d’Erik Tegner reproduit ci-dessus). L’équipe Zemmour a été obligé de rappeler les personnes pour filtrer ! 

On en est là : toute l’extrême-gauche est mobilisée sur les réseaux sociaux pour dénoncer la venue d’Eric Zemmour – et dans la rue samedi après-midi 30 octobre . 

 

Zemmour contre les Antifa: la structuration profonde du débat idéologique français est là

 

Le seul avantage de l’amateurisme zemmourien en termes d’organisation de la campagne, c’est qu’au moins les pensées profondes ressortent, toutes nues.  Les antifa ont fait placarder des affiches où l’on voit une cible sur le portrait de Zemmour : un appel au meurtre!  C’est le visage hideux de ceux qui ont abusé de la faiblesse de l’Etat à Notre-Dame-des-Landes, qui ont aidé Emmanuel Macron à briser le mouvement populaire des Gilets Jaunes. Ils ne sont pas des “idiots utiles” mais des auxiliaires du capitalisme mondialisé qui, en s’émancipant du contrôle des nations s’est mis à penser à gauche et même à l’extrême-gauche; ils  fournissent à la gauche son logiciel fondamental, comme cela se voit par exemple dans les universités. Zemmour, contre les Antifa, c”est le coeur idéologique du débat qui traverse la France, sans filtre.  

Ce qu’on peut regretter c’est que Zemmour ne tire pas les conséquences de ce qu’il sent instinctivement. Z n’a peur de rien, et c’est qui donne envie de le suivre. Il pousse la montée aux extrêmes, persuadé que c’est ce qui lui permettra de gagner.  Mais la comparaison avec Donald Trump, qu’il cultive et que ses adversaires sont en train d’adopter ne tient pas. Pas seulement parce que Trump est un entrepreneur qui pèse des milliards, qui avait créé des dizaines de milliers d’emplois avant de devenir président ; mais parce que même en s’emparant du grand parti de droite, Trump n’a pas pu gagner la deuxième bataille de son affrontement sans merci avec le capitalisme de surveillance et l’extrême-gauche. . Eric Zemmour part dans des conditions plus difficiles encore que Trump. Il  est un solitaire, qui pense gagner seul, sans réseau d’élus, avec une équipe resserrée de militants inexpérimentés et de jeunes technocrates où le parisianisme domine. Souhaitons, dans l’immédiat, que le meeting de Nantes se passe sans heurts.

Tatie Marine à Budapest

La semaine nous a offert une séquence réjouissante. La visite de Marine Le Pen en Hongrie. Il y a six semaines avait lieu le Sommet de la démographie à Budapest. Marion Maréchal avait répondu la première à l’invitation et Viktor Orban l’a reçue. Eric Zemmour, après avoir hésité, avait décidé d’y aller aussi. Invitation d’Orban. Du coup, au Rassemblement National, on s’est affairé pour obtenir une visite. Tatie Marine ne pouvait quand même pas laisser la scène à Marion ni à Monsieur Z. Cela nous vaut 26 tweets en deux jours, à côté desquels les bulletins par lesquels Bonaparte construisait sa légende, font pâle figure.   Toute ironie mise à part, la candidate a sans doute manqué de sens stratégique : elle veut démontrer qu’elle est apte à représenter la France sur la scène internationale ; mais dans quelques mois, elle pourra dire : j’ai été reçue comme un chef d’Etat par Orban….et Orban. La vidéo qu’elle a épinglée à son compte twitter (ci-dessus) est un adroit montage d’images filmées en Hongrie avec une ou deux autres visites privées ailleurs en Europe. 

Ne chargeons d’ailleurs pas outre mesure la candidate Le Pen. D’après nos informations, Eric Zemmour n’a pas fait forte impression sur ses interlocuteurs lors de son voyage en Hongrie. La politique étrangère et la compréhension du monde sont inhérentes à la fonction présidentielle française telle que l’a pensée le Général de Gaulle. Pour être un candidat crédible, il faut soigner son profil international.  La notoriété internationale se construit discrètement, par des conférences prononcées à des endroits stratégiques, des visites quasi-invisibles médiatiquement aux gouvernements des pays que l’on visite; elle consiste à donner des entretiens à de grands médias lus par les élites du monde – et où la pensée du Grand Reset est sans doute moins dominante que ce que l’on croit. 

Les Jeunes LR vont décider du vote du Congrès le 4 décembre

Vous avez jusqu’au 16 novembre pour prendre ou reprendre votre carte si vous voulez contribuer à désigner le candidat qui portera les couleurs de la galaxie LR aux présidentielles. En revenant dans la vieille maison, Xavier Bertrand et Valérie Pécresse ont compté sur la possibilité que des adhésions nouvelles puisse leur permettre de combler le retard qu’ils ont sur Michel Barnier, qui n’ a jamais quitté le parti et qui laboure les fédérations depuis le printemps. Le parti a gagné environ 20000 adhérents en quelques semaines, qui pèsent….20% des votants potentiels au Congrès. Le tableau est le suivant :

La progression la plus spectaculaire se fait à Paris et en Ile-de-France (voir tableau ci-dessus) Et l’on peut penser que Patrick Stefanini, bras droit de Valérie Pécresse, met de l’énergie à mobiliser. Pour autant, il est difficile de faire la part de l’effort pécressien et de la remobilisation du parti en général du fait des chances non négligeables de supplanter Emmanuel Macron pour un candidat LR. Que signifient les inscriptions dans le Var ? Est-ce que ce sont tous des électeurs qui iront à Eric Ciotti ? Que pèse le soutien implicite de Laurent Wauquiez à Michel Barnier ? Ou le ralliement de Nadine Morano au même Michel Barnier ?  Les analyses parues ne tiennent pas compte du fait que les jeunes adhérents sont, selon nos informations, passés de 2% à 11,5% du total : ils étaient 1500 il y a neuf mois, ils sont aujourd’hui 11 500. Les jeunes pèsent plus de 40% des nouvelles adhésions. Et leur arrivée pèse autant qu’une (éventuelle) adhésion des 10 000 militants de Libres (chiffre officiel), le mouvement de Valérie Pécresse. Et ceci d’autant plus que, toujours selon notre enquête, les deux premières régions où les Jeunes ont adhéré sont l’Ile-de-France et la région PACA.  C’est sans doute le dynamisme de Guilhem Carayon, président des Jeunes LR depuis le printemps qui va décider du résultat de l’élection.

Le décrochage d’Emmanuel Macron dans les sondages vient-il plus tôt que prévu ?

Nos lecteurs le savent, toutes les analyses développées ici tiennent compte d’une anticipation peu partagée, en tout cas jusqu’à maintenant : l’inévitable décrochage d’Emmanuel Macron dans les sondages. Nous l’avons anticipé pour le mois de janvier 2022 : après la désignation du candidat LR et juste avant l’ entrée en campagne du président sortant. Mais Macron a rendu la société française tellement nerveuse qu’il n’est pas impossible que ce décrochage ait lieu plus tôt que prévu. En tout cas, un sondage publié par BFM le 28 octobre, enregistre un recul du président de trois points dans les intentions de vote au premier tour. Est-ce le début d’une tendance? 

Il est probable que le Président va résister quelques semaines encore dans la mesure où la poussée de la droite, dans tous les sondages, conduit des électeurs d’Anne Hidalgo ou de Yannick Jadot à envisager le vote Macron comme un vote utile. Cependant il faut bien se rendre compte que la position du président est éminemment fragile dans les sondages. Dans le baromètre Elabe/Les Echos, le Président est à 35% d’opinions favorables en octobre. Il oscille depuis un an entre 32 et 35%. Les Américains considèrent qu’un président sortant qui est à moins de 50% dans les sondages n’a aucune chance d’être réélu. 

Selon l’enquête d’octobre: “D’un point de vue politique, sa cote de confiance progresse auprès de son électorat (84 %, +9 et +14 en deux mois), mais également dans l’électorat de Jean-Luc Mélenchon (23 %, +9 ; -1 en deux mois). Elle baisse à l’inverse fortement au sein de l’électorat de François Fillon (34 %, -17, après +12 le mois dernier). Elle est stable au sein de l’électorat de Marine Le Pen (16 %, +1) et auprès des abstentionnistes (24 %, =).”  (C’est nous qui soulignons!) Interrogeant les candidats selon le vote qu’ils ont eu en 2017, le sondage nous confirme une légère remobilisation de l’électorat macronien de gauche mais une démobilisation des Fillonistes qui avaient pu être tentés de rejoindre le Président. 

Non moins intéressante est la polarisation de l’électorat macronien aux deux bout de la puramide des âges: “D’un point de vue sociodémographique, sa cote de confiance progresse auprès des cadres (50 %, +6), mais baisse fortement auprès des professions intermédiaires (26 %, -14 points), tandis qu’elle reste stable au sein des catégories populaires (28 %, -1). En termes d’âge, le président enregistre une confiance plus solide auprès des plus de 65 ans (41 %, =) et des moins de 25 ans, malgré une baisse de 6 points (41 %). Le niveau de confiance accordé au président se situe entre 28 et 33 % pour les autres classes d’âges.”

L’électorat jeune est susceptible de s’abstenir. Et l’électorat âgé sera sensible à la possibilité d’un remplacement de Macron par un candidat LR solide. Même s’il met encore plusieurs semaines à devenir visible, le décrochage d’Emmanuel Macron a bien commencé. Et il créera bientôt un vide au centre. 

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6 commentaires
  1. Après 5 ans et maintes compromissions le vieux partie de la droite républicaine française décrépit va tenter de sortir de sa léthargie décadentiste en espérant par les voies du saint esprit remporter une élection cruciale pour le pays , j’espère qu ils ont au moins une idée de comment faire pour annihiler Macron dès le premier tour mais j en doute fortement car ce genre de parti politique est devenue totalement anachronique et inefficace pour faire fasse au nouveau défis et danger que représente l’extrême centre occidentale véritable fascisme qui repose sur le vieux et s’instaure insidieusement depuis l’air Blair et dont Macron venue de nulle part est un agent .

  2. Tout va très vite et les anciens savent que la vérité d’octobre n’est certainement pas le résultat d’avril. Pour autant le seul phénomène quantifiable à ce stade est l’appétence pour une candidature Zemmour. Tout le reste n’est qu’opinion personnelle. Zemmour remplit les salles. Quelque soit le guignol de LR qui s’y essaye les salles restent désespérément VIDES. Selon moi ceci restera une tendance lourde, car la louze entraîne la louze. Personne n’a envie d’être mêlé à une campagne de losers surtout s’ils n’ont rien à dire d’intéressant. Une page se tourne et il est largement temps.

    Tout à fait révélatrice l’affaire Michel le grand barnier dévoilée par ses amis larem montre un loser de première bourre. Les détail ici: https://youtu.be/wCmkraOc92s?t=719
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  3. Le pouvoir anonyme et occulte caché derrière les parti politiques et leur hommes de paille interchangeables, s’adresse encore et toujours à la jeunesse, crédule et naïve, élevée parmi les préjugés et surtout l’erreur.
    Dans notre société moderne, tout est fait pour prolonger indéfiniment la jeunesse, son côté infantile avant tout, alors que la jeunesse est un âge transitoire, qui doit être dépassé.
    Rien n’est plus étranger à la sagesse que la jeunesse : elle a toujours été le bras séculier de tous les despotes, la matière première de tout militantisme extrême.
    Dans notre société démocratique et humaniste on encense la jeunesse, alors qu’elle est avant tout grégaire. C’est pour quoi les tyrans ont tant besoin d’elle.
    Le pouvoir tyrannique actuel caché derrière des « marionnettes » est structurellement hors de tout contrôle ; une collectivité ne peut mettre en œuvre des contrôles que sur un pouvoir dont elle connaît l’existence, l’origine et la nature. Les collectivités humaines ne sont pas en capacité de lutter contre un ennemi caché, qui reste non identifiable.
    La première condition du renouveau civilisationnel consiste donc à faire apparaître juridiquement la réalité, qui transparaît derrière l’anonymat des capitaux, au grand jour.
    Quel est donc cet ennemi anonyme ?
    Suite : https://livresdefemmeslivresdeverites.blogspot.com/

  4. Notre façon de désigner nos “représentants politiques” est totalement insensé

    Ce dont on peut prendre conscience en connaissant les théorèmes de Condorcet, Arrow et Gibbard-Satterthwaite,

    Le gagnant de cette élection interne au LR peut l’être avec un faible pourcentage des inscrits et une seule voix de plus que le second. C’est totalement insensé

    « Qui trouve globalement rationnelles et louables nos organisations et pratiques sociétales, en particulier sur le plan politique et économique, et à fortiori environnemental, ne l’est guère »

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