COP26 : l’envers du décor entre divisions, pressions et hypocrisie

par Julien G. Après un report d'un an à cause de la pandémie de Covid-19, la 26è conférence internationale sur le climat a débuté à Glasgow (Écosse). D'une durée de deux semaines, elle doit permettre aux 197 pays participants d'aboutir à un nouvel accord visant à réduire leurs émissions de CO2. Xi Jinping et Vladimir Poutine n’ont pas fait le déplacement, et cela n'augure rien de bon pour les négociations, la Chine et la Russie étant parmi les plus gros pays pollueurs. Face à ces absences, Biden et les dirigeants européens font, donc, pression sur des pays comme l'Indonésie, l'Inde et l'Afrique du Sud pour obtenir des avancées en matière de changement climatique. Dans le même temps, l’hypocrisie des dirigeants du monde entier a été mise en lumière, après un défilé de 52 jets privés à la COP26.

Quels sont les principaux objectifs de la COP26?

Plus de 120 dirigeants sont attendus au sommet de Glasgow, qui marque le coup d’envoi de quinze jours d’intenses négociations visant à conclure un accord mondial sur la réduction des émissions.

  1. Biden et le Premier ministre indien Narendra Modi figurent parmi les principales personnalités qui doivent y prendre part.

Boris Johnson a déclaré aux dirigeants du monde entier, à l’ouverture du sommet COP26, qu’ils ne pouvaient plus se permettre de retarder l’adoption de mesures importantes pour lutter contre le changement climatique, et a averti que “plus nous tardons à agir, plus la situation s’aggrave”.

Le Premier ministre s’est servi de son discours comme d’un cri de ralliement pour tenter de créer un élan, alors qu’il accueillait les dirigeants étrangers à Glasgow après n’avoir obtenu que des engagements tièdes lors du sommet du G20 à Rome ce week-end.

Voici les principaux objectifs visés par la COP26 :

  • Obtenir des engagements en matière de réduction des émissions d’ici à 2030 et atteindre l’objectif “zéro émission” aussi près que possible de 2050.
  • Garder l’espoir de limiter la hausse des températures à 1,5 degré.
  • Éliminer progressivement les centrales à charbon en activité et encourager les investissements dans les énergies renouvelables.
  • Conclure des accords sur la réduction de la déforestation.  
  • Rassembler 100 milliards de dollars de promesses de financement pour le climat.
  • Finaliser les règles de mise en œuvre de l’accord de Paris. 

Dans des interviews données ce week-end, le président de la COP26, Alok Sharma, a tempéré les espoirs d’une percée significative lors du sommet en déclarant qu’il sera “vraiment, vraiment difficile” pour les dirigeants mondiaux de parvenir à un accord.

Vladimir Poutine et Xi Jinping font faux bond à la COP26

Signe des divisions mondiales sur la question, les dirigeants de plusieurs grandes nations ont décliné les invitations.  

Le ministre russe des affaires étrangères, Sergey Lavrov, a publiquement rejeté l’offre de M. Johnson visant à amener le monde entier à s’engager à devenir “neutre en carbone” d’ici 2050.

S’exprimant lors du sommet du G20, M. Lavrov a déclaré que Moscou visait une date de 2060, ajoutant : Personne ne nous a prouvé que 2050 était un objectif auquel nous devions tous souscrire”. 

La Russie a approuvé lundi une stratégie gouvernementale à long terme en matière de climat, visant la neutralité carbone d’ici 2060, et a rejeté les allégations des États-Unis selon lesquelles elle ne fait pas assez pour lutter contre le changement climatique, alors que s’ouvre la conférence COP26.

Le président Vladimir Poutine, qui dirige le quatrième émetteur mondial de gaz à effet de serre, a prévu de faire un discours sur le changement climatique. Le président Vladimir Poutine, prévoit de délivrer un message enregistré lors des négociations de Glasgow, auxquelles il ne participe pas, et ne pourra pas s’exprimer en direct, a déclaré le porte-parole du Kremlin.

Johnson a déjà admis qu’il s’était, aussi, heurté à la résistance de Xi Jinping, le président chinois, lorsqu’il a suggéré que l’économie géante vise à atteindre un pic de production de carbone en 2025 au lieu de 2030. 

La Chine, le plus grand émetteur de carbone au monde, résiste également à la pression de devenir neutre en carbone avant 2060, le président Xi ayant réfuté la semaine dernière un plaidoyer personnel de M. Johnson.

Le président Chinois n’a même pas pris la peine d’assister à la conférence sur le climat de Glasgow, et il n’y participera pas non plus par vidéo.

Et l’accord espéré sur l’arrêt progressif de la construction de nouvelles centrales électriques au charbon d’ici à 2030 s’est effondré. Les principaux utilisateurs de charbon, dont la Chine, l’Inde, l’Australie et la Russie, auraient bloqué l’accord.

L’absence de M. Poutine, ainsi que celle du président chinois Xi Jinping, a été considérée comme un coup dur pour les perspectives d’une percée lors des négociations.

Pressions occidentales sur d'autres pays

En l’absence de la Chine et de la Russie, le président Joe Biden et ses alliés européens travaillent désormais sur un plan B pour sauver les objectifs climatiques de la Conférence.

Les États-Unis, l’Union européenne et le Royaume-Uni font, donc, pression sur l’Indonésie, l’Inde, l’Afrique du Sud, le Mexique et le Brésil afin de remporter des victoires potentielles dans le domaine du climat, dans l’espoir d’atteindre leurs objectifs.

Biden et son envoyé pour le climat, John Kerry, ont engagé une diplomatie agressive avec le Premier ministre indien Narendra Modi, dont le pays est le troisième émetteur de dioxyde de carbone de la planète. 

Les deux gouvernements ont travaillé sur des accords visant à apporter des financements publics et privés pour aider l’Inde à atteindre l’objectif de Modi de déployer 450 gigawatts d’énergie renouvelable d’ici 2030, soit l’équivalent de la capacité de plus de 400 réacteurs nucléaires.

Kerry a également salué la nouvelle promesse faite lundi par le Brésil de mettre fin à la déforestation illégale en Amazonie d’ici 2028, de réduire de moitié les émissions du pays d’ici 2030 et d’atteindre un niveau net zéro d’ici 2050.

La pression sur Modi ne vient pas seulement des États-Unis. Les Britanniques ont cherché à tirer parti de leurs liens historiques avec Delhi pour amener Modi à faire une annonce majeure lors de l’événement. 

Modi et Johnson se sont rencontrés lors des négociations de l’ONU, où le dirigeant britannique a annoncé une “garantie verte” entre le Royaume-Uni et l’Inde, qui, selon Downing Street, permettrait de débloquer plus d’un milliard de dollars de financement de la Banque mondiale pour les énergies propres et d’autres projets écologiques.

Cette stratégie présente également l’avantage d’approfondir les liens avec les pays qui ont été attirés par la Chine grâce à son programme d’investissement “Belt and Road“, comme l’Afrique du Sud, qui a reçu des investissements de Pékin dans le secteur énergétique.

Mardi 2 novembre,, M. Biden, M. Johnson et la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, ont lancé le “Partenariat pour une transition énergétique juste” aux côtés de la France et de l’Allemagne afin de réorganiser le secteur de l’électricité en Afrique du Sud.

Dans le même temps, M. Johnson a laissé entendre que l’Indonésie pourrait envisager d’éliminer progressivement les centrales au charbon d’ici 2040.

Le Vietnam est également considéré comme une cible de choix, étant donné sa situation aux portes de la Chine.

Faites ce que je dis, pas ce que je fais

Dimanche, le MailOnline a constaté qu’au moins 52 jets privés avaient atterri à Glasgow, tandis que les estimations évaluent à 400 le nombre total de vols pour la conférence. Selon des prévisions prudentes, la flotte de jets privés arrivant pour la COP26 émettra au total 13 000 tonnes de dioxyde de carbone, soit l’équivalent de la quantité émise par plus de 1 600 Britanniques en un an.

La Bank of America, qui se vante dans ses documents de relations publiques de son “engagement en faveur du développement durable”, était le propriétaire enregistré d’un jet privé arrivant en Écosse. Ces avions sont bien plus polluants que les avions commerciaux, les voitures ou les trains, un avion typique rejetant deux tonnes de dioxyde de carbone par heure.

Quelques heures après avoir déclaré aux délégués de la COP26 que la conférence “peut et doit marquer le début de la fin” de la catastrophe du changement climatique, Boris Johnson a admis qu’il prendrait l’avion pour rentrer à Londres depuis Glasgow plutôt que de prendre le train.

Cette révélation est intervenue après que le jet privé Gulf Stream de M. Bezos, d’une valeur de 48 millions de livres sterling, a été photographié en train d’atterrir à Glasgow.

Bezos, qui donne régulièrement des conférences au monde entier sur le changement climatique, est arrivé à Glasgow après avoir célébré le 66e anniversaire du fondateur de Microsoft, Bill Gates, sur un super yacht à 2 millions de livres sterling par semaine au large de la Turquie, un événement qui a suscité de nouvelles accusations d’hypocrisie écologique. Selon les rapports, il a rejoint le bateau en hélicoptère.

Joe Biden a atterri à Édimbourg aujourd’hui. À lui seul, il générera une quantité de carbone estimée à 2,2 millions de livres pour atteindre le sommet, grâce à une flotte de quatre avions, l’hélicoptère Marine One et un énorme cortège comprenant la voiture présidentielle et de nombreux SUV. 

Le porte-parole du parti travailliste pour l’environnement, Luke Pollard, a déclaré que les dirigeants mondiaux devraient « montrer l’exemple ».

« Les gens ont de la sympathie pour les dirigeants du monde entier qui prennent l’avion depuis l’autre bout du monde, mais ceux qui viennent de l’intérieur du pays devraient venir en train », a-t-il déclaré. 

« L’idée que le Premier ministre rentre chez lui en avion depuis Cop26 après avoir pris l’avion de Londres aux Cornouailles pour le G7 est un signe d’inadaptation. »

« Quant à M. Bezos, si vous voulez être crédible dans le débat, vous devez non seulement décarboniser votre entreprise, mais aussi démontrer votre engagement par vos propres actions, surtout lorsque vous êtes l’une des personnes les plus riches de la planète »

Matt Finch, du groupe de campagne Transport and Environment, a déclaré au Sunday Record : « Le jet privé moyen, et nous ne parlons pas d’Air Force One, émet deux tonnes de CO2 pour chaque heure de vol »

Certains dirigeants présents à la conférence sur le climat COP26 inciteront, donc, les autres à réduire leurs déplacements en avion et à manger moins de viande, mais peu de choses ont été dites au sujet de certains qui arrivent dans leurs propres avions sur des routes déjà desservies par des compagnies aériennes commerciales.

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7 commentaires
    1. S’ils étaient sérieux ils dissoudraient l’IPCC ( improprement renommé GIEC), arrêteraient de raconter n’importe quoi et nous foutraient la paix avec les fantasmes des collapsologues et des pastèques .

  1. Merci pour ce papier qui complète et illustre
    1. l’extraordinaire tableau de l’hypocrisie de la caste mondialiste,
    2. la manipulation et la supercherie en cours avec cette écologie hors sol.
    Lisez le livre de Christian Gerondeau “la religion écologiste” et vous comprendrez que les apôtres de la doxa anti CO2 dominante (COP 26 etc.) sont complètement hors sol ! Rien de ce qu’ils prévoient n’a de chance de se réaliser concrètement dans les prochaines décennies. Donc la fin de l’usage des énergies fossiles, des émissions de CO2, tout ça est illusoire et irréaliste avant 100 ans. La fin de la voiture et de l’avion thermiques n’est pas pour demain malgré les oukases et incantations de nos politiciens et khmers verts.
    Tout est dans le livre de Christian Gerondeau : la religion écologiste. La supercherie et la manipulation sur la responsabilité du CO2 dans le réchauffement climatique sont démontées de façon imparable. Ainsi que la conspiration du GIEC et des ONG. Tout est politique et idéologique, rien de scientifique dans cette folie qui va faire régresser l’occident comme jamais.

  2. COP 26 : Le gros n’importe quoi continue. Ridicule et dérisoire. Si ce n’était que ce genre de prophétie et de grande messe ne servira qu’à deux choses : asservir davantage les peuples au pouvoir de cette caste et augmenter leur richesse via une avalanche d’impôts et de taxes supplémentaires.

  3. C’est bien une épidémie présentée come une pandémie concrétisant un élément clé essentiel de la plandémie ?

    « Qui trouve globalement rationnelles et louables nos organisations et pratiques sociétales, en particulier sur le plan politique et économique, et à fortiori vusous l’angle environnemental, ne l’est guère »

  4. Sans la Chine et la Russie, ils vont avoir du mal. Mais comme globalement ils s’en fichent tous (voir ce qui aurait été fait depuis la COP21), on va donc attendre la COP50. D’ici là, probablement qu’un bon conflit aura ramené tout le monde à la raison.

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