Fermeture de lits : l’hôpital public s’effondre-t-il ?

Fermeture de lits : l’hôpital public s’effondre-t-il ?


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Par Julien G. – Selon une enquête flash dirigée par le président du Conseil scientifique, Jean-François Delfraissy, environ un lit sur cinq est fermé dans les grands hôpitaux publics faute de personnel … à la grande surprise d’Olivier Véran.

Face à ces défections, certains hôpitaux n’ont pas eu d’autre choix que de fermer leurs services d’urgences, partiellement ou totalement.

Malgré une omerta des autorités et de la presse « main Stream », forcé de constater que l’obligation vaccinale a aggravé cette situation.

Enfin, et malgré une protection aveugle de l’exécutif, il est temps de se pencher sur les responsabilités des ARS dans la déliquescence de l’hôpital public.

1.Un lit sur cinq fermé dans les grands hôpitaux

Dans l’enquête du Conseil scientifique parue début octobre, on apprend que 5 800 lits ont été fermés en France, en 2020, soit l’année où le personnel soignant a été le plus surchargé de travail à cause de la crise du coronavirus.

Malgré ces chiffres, Olivier Véran ministre « hors sol » de la santé répond :

« Je n’ai pas de médecins cachés dans le placard, ni des infirmières qui attendent dans une salle qu’on appuie sur un bouton pour les déployer dans les hôpitaux »

« Je ne vais pas mentir aux gens. Il y a des décisions qui n’ont pas été prises il y a vingt ans, on les paye aujourd’hui. On ne réécrit pas l’histoire en un claquement de doigts, mais on peut inverser la vapeur maintenant. »

Et si on remonte plus loin dans le temps, le constat est encore plus alarmant : 27 000 lits ont été supprimés depuis 2013. Surtout, tous ceux qui restent ne peuvent pas être opérationnels à cause des sous-effectifs.

2.Des fermetures en cascade

Aux quatre coins de la France, des établissements prennent les mêmes mesures radicales.

Depuis plusieurs semaines, la presse régionale ne cesse de relayer des annonces de fermetures de services d’urgences dans toute la France :

  • Le service des urgences de l’hôpital de Givors ferme temporairement la nuit jusqu’au 30 novembre prochain
  • Les urgences de l’hôpital de Laval ferment quatre nuits cette première semaine de novembre
  • Le service de soins non programmés de la polyclinique Maymard de Bastia sera fermé du lundi 1er au mardi 9 novembre 2021
  • Jusqu’au 31 décembre, les urgences de l’Hôpital du Gier seront ouvertes uniquement de 9h à 19h
  • Le Pôle Santé Sarthe et Loir (PSSL) ferme ses urgences le 8 novembre, de 20h30 à 8h30”.

Dernière « victime » en date : le centre hospitalier de la Dracénie, à Draguignan, dans le Var, où les patients ne pourront plus se rendre aux urgences la nuit, à compter du 29 octobre et ce pour au moins cinq semaines.

Seuls les cas en situation d’urgence vitale seront acceptés. Les autres patients, souffrant par exemple de foulures, ou de plaies, seront réadressés sur d’autres établissements voisins que sont Fréjus, Brignoles ou Toulon

Six médecins officient aux urgences de Draguignan alors que 18 seraient nécessaires pour faire fonctionner correctement le service. Mais l’hôpital peine à recruter.

3.L’obligation vaccinale a influé sur le manque de personnel

La suspension des personnels non-vaccinés a eu un impact non négligeable sur l’organisation des services, au même titre que les démissions volontaires des personnels qui ont décidé de « brûler leurs blouses ».

La Fédération hospitalière de France tablait sur des centaines de réfractaires, avec une incidence dans tous les secteurs, particulièrement dans les Ehpad et les services d’aides à domicile pour personnes âgées, déjà en manque chronique de personnel.

De plus, le Covid-19 n’a pas interrompu la réduction inexorable des capacités hospitalières. Au contraire, la crise sanitaire semble avoir en partie amplifié les fermetures de lits

Ainsi en 2020, plus de 5.700 lits d’hospitalisation complète ont ainsi été fermés dans les établissements de santé français, qui ont créé dans le même temps, près de 1.400 places d’hospitalisation partielle, selon une étude menée par le ministère de la Santé (DREES) publiée en septembre 2021.

Cette situation de fermeture de lits en pleine situation de crise Covid-19 cumulée avec les suspensions et démissions engendrées par l’obligation de vaccination des soignants a contribué à aggraver les tensions déjà présentes dans de nombreux hôpitaux.

«Si 5 ou 10% du personnel des hôpitaux s’en va, c’est une catastrophe sanitaire», s’inquiétait déjà le patron de la CGT, Philippe Martinez, début septembre.

La ministre déléguée à l’Autonomie, Brigitte Bourguignon, avait précisé le 20 octobre à l’Assemblée nationale que 7930 soignants étaient toujours suspendus en France.

En plus de ces suspensions, il serait bon de préciser le nombre de soignants en arrêt-maladie et le nombre de démissionnaires, partis à cause de l’obligation vaccinale.

Ces difficultés risquent d’autant plus de s’inscrire dans la durée que les recrutements sont, pour les mêmes raisons, « difficiles » : près de 1.000 étudiantes en soins infirmiers ont par exemple préféré démissionner avant la fin de leurs études. Soit autant de futures diplômées qui manqueront à l’appel pour renforcer les équipes dans les mois qui viennent.

Entre crise des vocations, ceux qui changent de métier ou démissionnent et les agents suspendus, l’avenir semble sombre.

4.Le gouvernement continu de protéger les ARS

Décriées depuis leur naissance, les toutes-puissantes agences régionales de santé (ARS) concentrent les critiques sur leur gestion de l’épidémie de coronavirus, mais le gouvernement les soutient envers et contre tout car c’est son action qui est visée à travers elles.

S’ils n’en ont pas le titre, leurs directeurs sont de véritables préfets sanitaires à l’échelle de leurs régions.

Leur vaste champ d’action englobe hôpitaux, cliniques, soins de ville, médico-social (personnes âgées et handicapées).

Elles ont notamment le pouvoir d’ouvrir ou de fermer des services (maternité, chirurgie, urgences) et d’autoriser certains équipements (scanner, IRM).

Surtout, elles distribuent les crédits de fonctionnement des établissements.

La réorganisation de la gouvernance des ARS, votée au Sénat dans le cadre du projet de loi « 3DS » et notamment l’article 31, ne suffira pas, selon les élus.

C’est, aujourd’hui, une administration sans contre-pouvoir, qui ne cesse de mettre en œuvre des politiques d’austérité sur l’hôpital public.

Fin mars, au plus fort de l’épidémie, des soignants, en première ligne, se désespéraient de voir l’armée évacuer des malades de Mulhouse, alors que des hôpitaux et cliniques pouvaient les accueillir à proximité.

Néanmoins, le gouvernement est bien conscient, qu’à travers les ARS, c’est son action qui est visée et quel que soit l’accusation, le ministre de la Santé continu de protéger son administration.

L’heure des comptes n’est pas encore venue, mais un bilan de leur action devra bel et bien être mené.

 

Cette épidémie de fermetures est un symptôme de la crise que subit l’hôpital public depuis bien avant le Covid.

C’est aussi une conséquence directe de trente ans de politique et réformes destructrices de l’hôpital public.

Il y a 15 ans, la France était le pays avec le meilleur système de santé. Aujourd’hui nous ne sommes même pas dans les dix premières places de ce classement.


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