[PAYANT} La campagne présidentielle commence avec 2,4 candidats de droite

30.05.1968, manifestation de soutien au général de Gaulle.

Cette semaine dans Les Droites de Husson n°28 : (1) Valérie Pécresse froisse Eric Ciotti quelques heures après le résultat; (2) Eric Zemmour porté par une jeunesse patriote; (3) La droite commence donc la campagne présidentielle avec 2,4 candidats en lice

Valérie Pécresse froisse Eric Ciotti quelques heures après le résultat

Il n’aura fallu que quelques heures pour que Valérie Pécresse fasse sa première bévue de candidate, comme le montre la vidéo ci-dessus.  Passant au 20h de TF1, ce samedi 5 décembre au soir, la candidate LR a écarté d’un revers de main deux des propositions choc d’Eric Ciotti – créer un “Guantanamo à la française” et la préférence nationale dans l’attribution des emplois. Admettons que la candidate ne soit pas à l’aise avec ces deux propositions-là, un peu de sens politique aurait dû la conduire à botter en touche et à parler, en général, de la nécessité de faire toute leur place aux 40% d’Eric Ciotti. Beaucoup de sens politique aurait pu amener Valérie Pécresse à annoncer d’emblée que si elle était élue, elle ferait d’Eric Ciotti son Premier ministre. 

Au lieu de cela, Valérie Pécresse nous a fait du “Pécresse” pur jus. Notre chimère préférée (“un tiers Thatcher, deux tiers Merkel” comme elle se désigne modestement)  a envoyé promener tout le programme d’Eric Ciotti en expliquant que c’était sa ligne qui avait gagné et que sur les thèmes les plus à droite, elle avait, là aussi, les meilleures propositions. Patatras ! Il s’était passé six heures depuis sa victoire.  Et la candidate se révélait d’emblée incapable de rassembler. Alors qu’elle était arrivée  en deuxième position avec 1200 voix d’avance sur Michel Barnier; alors, surtout, qu’elle était loin d’avoir fait le plein des reports de voix au second tour, Valérie Pécresse croyait tout à coup qu’elle avait gagné par ses propres qualités. Mais Barack Obama l’a toujours dit: on ne gagne pas, le plus souvent, par ses propres qualités; on gagne avec les erreurs des autres. 

Alors, les vieux démons de LR sont revenus: Eric Ciotti a dit son étonnement que Valérie Pécresse le traite ainsi, ce dimanche 5 décembre au matin. Et il a annoncé la création de son propre parti au sein de LR, “A droite!”. Valérie Pécresse a essayé d’arrondir les angles en passant au Grand Jury RTL. Mais le mal est fait. Eric Zemmour peut se réjouir. 

Eric Zemmour porté par une jeunesse patriote

Eric Zemmour peut d’autant plus se réjouir qu’il a réussi son premier meeting de candidat au-delà de toute espérance J’ai suffisamment formulé de critiques envers l’amateurisme de la pré-campagne pour ne pas bouder mon plaisir. 

A Villepinte, comme le dit très justement Guillaume Bigot, “le papillon tricolore Eric Zemmour est sorti de la chrysalide du polémiste“.  Le discours avait du souffle. Nous avions devant nous un véritable orateur, qui se posait en rassembleur.  Eric Zemmour a clairement exposé sa doctrine économique, en annonçant une baisse drastique de la fiscalité pesant sur les entreprises. Il a annoncé que la reconquête – nom de son mouvement – allait concerner l’éducation autant que l’économie, l’assimilation, la sécurité ou la présence de l’Etat sur tout le territoire. C’est le programme qu’Eric Ciotti n’avait fait qu’esquisser lors des débats du Congrès LR

C’est peut-être dans la partie politique, essentiellement consacrée aux Républicains, que Zemmour a été le meilleur. Il a souligné que c’était à Villepinte, hasard de l’organisation, qu’en 1990, avaient eu lieu des Etats-Généraux de la droite, RPR et UDF, sur l’immigration, qui prônaient la suppression du droit du sol, la limitation drastique du regroupement familial, l’expulsion des étrangers délinquants etc… Et Zemmour de constater que trente ans plus tard rien de ce programme – qui est aussi le sien – n’a été réalisé. D’où ce qu’il a appelé “le serment de Villepinte”: prendre l’engagement de réaliser le programme que la droite aurait dû mettre en œuvre depuis longtemps. Il s’est aussi amusé à rappeler que le RPR avait été fondé un 5 décembre (1976) par Jacques Chirac. Et, dans un morceau d’anthologie, il a rappelé comme Valérie Pécresse ne perdait jamais eu une occasion de dire tout ce qu’elle doit à Chirac. Prenons la au mot, a dit Zemmour, comme son mentor, elle ne fera que des promesses. 

La présence aux côtés de Zemmour de Laurence Trochu, présidente du Mouvement Conservateur, de Jean-Frédéric Poisson, de Jean Messiha, montre une amorce de ralliement à droite. Vu le succès du meeting, c’est Philippe de Villiers qui va regretter de ne pas être venu ! Mais le plus important était sans aucun doute la présence de Jacline Mouraud, la femme qui a lancé le mouvement des Gilets Jaunes sur Facebook. C’est une présence d’une signification énorme. Lorsqu’Eric Zemmour s’en est pris à Emmanuel Macron, il était crédible car il avait auprès de lui, dans la salle, une représentante de ces “gens qui ne sont rien” et qui ont été matraqués – littéralement – par le pouvoir en place. 

Intelligemment, le candidat a mis en valeur son public, lui attribuant le basculement dans sa décision de se présenter.  Et comment ne pas être frappé par ces dix mille personnes, dont deux tiers étaient des jeunes? On retrouve le public de la Convention de la Droite en 2019! Avec cette fois, un Zemmour devenu un vrai homme politique. Il est porté par une jeunesse patriote qu n’avait pas besoin qu’on la stimule. Magnifique fut, par exemple, peu avant la fin, cette Marseillaise spontanée partie du fond de la salle et gagnant toute l’assistance.  

La droite a donc depuis ce 4 décembre 2,4 candidats en lice

La campagne présidentielle vient de commencer vraiment. LR a son candidat. Eric Zemmour est déclaré.  Avec Valérie Pécresse, Eric Zemmour et Marine Le Pen, la droite a donc aujourd’hui 2,4 candidats en lice. Valérie Pécresse semble en effet ne compter que pour 0,4 – puisqu’Eric Ciotti et ses 40% sont tous ce qui sépare Les Républicains du basculement dans le macronisme. 

Ce dimanche matin 5 décembre 2021, Marion Maréchal était interviewée par Alexandre Devecchio dans son émission “En toute vérité”, sur Sud Radio. Et elle a rappelé sa suggestion, que le candidat “de la droite nationale” le mieux placé – Marine Le Pen ou Eric Zemmour – se range derrière l’autre pour être assuré d’arriver au second tour – et dans de bonnes conditions. Marion Maréchal a ajouté que si Eric Ciotti avait été élu comme candidat LR, on aurait pu se poser la question à trois et non plus à deux. 

En fait, non seulement la campagne présidentielle  a vraiment commencé cette fin de semaine  des 4-5 décembre; mais il se peut que l’on ait eu un instantané de ce qui va se passer. En n’installant pas Eric Ciotti immédiatement comme son futur Premier ministre, Valérie Pécresse s’est privée de toute ligne de défense face à l’offensive d’Eric Zemmour. Même si elle gagne des voix sur Emmanuel Macron au centre, elle en perdra autant au profit d’Eric Zemmour.  Admettons qu’il y ait une petite dynamique suite à l’investiture par le Congrès, on peut difficilement imaginer, désormais, Valérie Pécresse dépassant le score le plus élevé atteint par Xavier Bertrand dans un sondage de l’été: 16%.  

Eric Zemmour va inévitablement attirer à lui une partie des déçus de LR. Et s’il réussit son pari de s’adresser à un électorat populaire, il peut reprendre un mouvement de hausse. A partir du moment où Zemmour recommence à monter, il est possible que la campagne de Marine Le Pen patine à nouveau et que la candidate perde du terrain. 

A la date du 5 décembre, on assiste à une configuration nouvelle, où nous savons que les chances de LR de parvenir au second tour sont désormais réduites. et où personne ne peut prédire qui, de Marine Le Pen ou d’Eric Zemmour, ira affronter Emmanuel Macron

En fait, si vous l’avez bien écouté, Eric Zemmour n’a pas attaqué le Rassemblement National, à Villepinte. Il a fait porter l’essentiel de ses critiques sur la direction de LR et sur la candidate Pécresse. Son intérêt immédiat est bien de faire basculer dans son escarcelle l’essentiel des bataillons d’Eric Ciotti pour imposer un nouveau rapport de force à Marine Le Pen. 

Peut-être la question de la candidature unique de la droite nationale se posera-t-elle en février, avec un Zemmour passé devant Marine Le Pen. Cette campagne n’a pas dit son dernier mot ! 

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2 commentaires
  1. Merci pour cet ajustement tactique. En effet si Z grignote LR comme c’est son intention en lançant Reconquête! 45 ans jour pour jour après la création du RPR, alors pécresse devra grignoter hildingo, mélenche et maqueron pour penser se faire élire (dans ses rêves bien sûr).

    Au bout de cette chaîne de réactions il se pourrait que la gÔÔÔÔÔÔÔÔÔÔÔÔÔche se raccroche à Marine Le Pen et surtout que maqueron soit privé de 2d tour 🍭 (vénère le vieux beau) et on aurait le fameux débat entre Z et Marine… puis une coalition à l’allemande aux législatives.

    C’est audacieux je sais mais les Français sont surprenants parfois. Ils lâchent d’un coup.

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