[PAYANT] Les dirigeants français ont un plan P (comme Pécresse) mais il pourrait bien faire….Pschitt !

30.05.1968, manifestation de soutien au général de Gaulle.

Cette semaine, dans Les Droites de Husson n°30 - (1) Choisir un outils pour le suivi des sondages de l'élection présidentielle. (2) Fuite en avant vaccinale de Macron, plan P des décideurs et instabilité de l'opinion. (3) Un des plus grands mérites de Zemmour: il révèle le vrai visage de la gauche
N.B. "Les Droites de Husson" font relâche pendant les vacances. Rendez-vous le samedi 8 janvier. Joyeux Noël à tous nos lecteurs !

Choisir un outil pour le suivi des sondages de l'élection présidentielle

Les sondages s’enchaînent en vue de l’élection présidentielle. Mais comment voir ce qui se passe vraiment? La possibilité de traiter des données en nombre important permet la mise en place d’agrégateurs de sondages. Par exemple, aux Etats-Unis, le site Five Thirty Eight a fourni un outil de suivi intéressant tout au long de l’élection présidentielle de 2016: il permettait de se rendre compte que l’élection serait serrée entre Donald Trump et Hillary Clinton. En revanche, en 2020, l’outil était moins convaincant car il n’était pas assez critique vis-à-vis des instituts de sondage, lesquels sous-estimaient volontairement Donald Trump – l’establishment avait d’ailleurs fini par croire à ces manipulations, d’où le vent de panique qui a soufflé dans la nuit du 3 au 4 novembre 2020 lorsqu’on s’est aperçu que Donald Trump allait faire une dizaine de millions de voix de plus qu’en 2016. Et le déclenchement d’une gigantesque opération de bourrage des urnes dans la dizaine d’Etats qui restait à décompter; mais cela est une autre histoire, (Pour ceux que cela intéresse, je recommande le livre de Patrick Byrne)

Revenons à la compilation des sondages. Après avoir examiné un certain nombre d’outils mis à disposition, j’ai choisi datapolitics.fr avec l’outil “Jean-Poll”. 

Les auteurs de cette agrégation ont créé un algorithme à partir de la compilation des données des élections présidentielles depuis 1988 et en pondérant les différents instituts de sondage selon le degré de fiabilité qu’ils ont démontré dans les dernières séquences électorales. Il est possible de vérifier où ils vont chercher leurs données

J’ai mis ci-dessus en capture d’écran les trois courbes qui intéressent le plus les lecteurs de cette lettre: Marine Le Pen, Valérie Pécresse et Eric Zemmour. Il est instructif par exemple de regarder la courbe suivie par les intentions de vote de Valérie Pécresse. Depuis des semaines, elle est entre dix et quinze pourcents. Cela relativise l’idée d’une “percée” suite à son investiture par LR. Et l’on voit que, pour l’instant, Eric Zemmour fait à peu près jeu égal avec elle – quel que soit le discours médiatique qui voudrait que Pécresse s’envole et Zemmour décline.

Au moment où va se terminer l’année 2021, nous mettons une autre capture d’écran ci-dessus et renvoyons à datapolitics. pour une vision des courbes sur les six derniers mois: une lente érosion d’Emmanuel Macron, une baisse plus marquée de Marine Le Pen, une installation d’Eric Zemmour au même niveau que la candidate LR. A suivre. 

Fuite en avant vaccinale de Macron, plan P des décideurs et instabilité de l'opinion

Macron le tacticien tenté par la fuite en avant vaccinale

Emmanuel Macron n’est bon que dans la tactique. Il l’a encore montré en choisissant, mercredi 15 décembre sur TF1, de porter sa première attaque contre Valérie Pécresse sur le sujet des suppressions des postes de fonctionnairesLe lendemain 16 décembre, sur France 2, la candidate des Républicains a été pour le moins confuse quand on lui demandait quels postes elle allait effectivement supprimer. 

Mais il est bien vrai, qu’au-delà de cette capacité tactique, Emmanuel Macron apparaît usé. En cumulé, il n’a eu que 3,8 millions de téléspectateurs lors de cette émission consacrée au bilan de sa présidence. Par comparaison, pour l’émission longue sur C8, “Face à Baba”, Eric Zemmour, sans disposer de la puissance de l’appareil d’Etat, a cumulé plus de deux millions de téléspectateurs. 

Alors est-ce pour cela qu’ Emmanuel Macron  choisit la fuite en avant sur le sujet de la vaccination? Passer du “pass sanitaire” au “pass vaccinal” est un moyen de maintenir la société française sous le boisseau. Imagine-t-on que le pouvoir puisse exiger ce “pass vaccinal” au moment du vote? Ce serait le scénario radical d’un pouvoir aux abois. En tout cas, Eric Zemmour a-t-il tort de dire qu’Emmanuel Macron essaie de détourner l’attention de toutes les questions que se pose la société française ? 

Le plan P des décideurs français

Evidemment, nous savons bien comment réfléchit le monde dirigeant français. Il pense que si Emmanuel Macron devait décrocher, il a désormais à disposition une candidate de rechange, Valérie Pécresse, un plan P! Je m’étais trompé en pensant que les décideurs français pousseraient Michel Barnier à partir du mois de septembre. Sans doute Michel Barnier était-il trop autonome, trop peu susceptible de devoir quelque chose à qui qui que ce soit vu son parcours à la Commission Européenne. Et puis il n’était pas assez versé dans la communication. Les décideurs français, les médias, veulent de l’image. Barnier faisait de la politique comme dans les années 1970, quand il est entré chez les jeunes gaullistes. C’est tout de même beaucoup plus facile de faire mousser Valérie Pécresse, friande de coups médiatiques, de petites phrases et d’annonces éphémères.  Dans nos colonnes, Eric Verhaeghe a développé le scénario d’une “hollandisation” d’Emmanuel Macron, dissuadé de se présenter et d’une installation, à sa place, de Valérie Pécresse.  J’ajouterai  un point à son analyse: Le monde dirigeant apprécie d’autant plus Valérie Pécresse qu’elle peut être “tenue”. Ce n’est un secret pour personne que le couple qu’elle forme avec Jérôme Pécresse est au cœur des réseaux du capitalisme de connivence à la française. La candidate ne pourra jamais attaquer Emmanuel Macron sur le dossier de la vente d’Alstom puisqu’il lui faudrait répondre elle-même à des questions qu’elle n’a aucun intérêt à voir soulevées pendant une campagne. 

Une fois que l’on a dressé ce tableau, on en revient pourtant à la question: quel va être l’impact de la fuite en avant vaccinale  d’Emmanuel Macron ?  On peut imaginer un basculement de l’opinion française dans l’envie d’un grand chamboulement. Il y a, dans l’opinion, un refus diffus de la troisième dose.  La perspective de réinjections régulières commence à être clairement rejetée. On parle de plus en plus ouvertement, dans les pharmacies, des effets secondaires lourds, en particulier de syndromes de Guillain-Barré.

 

Plan P pour…Pschitt…? 

Pour ma part, je pense que le coup de 2017 – la mise en place orchestrée d’un candidat du système – ne peut pas se reproduire si facilement. On a eu en fait en 2017 un concours de circonstances improbable: la faiblesse structurelle du Président en place (pas de comparaison possible entre les 15% d’opinions favorables de Hollande à l’automne 2016 et les 35% d’Emmanuel Macron aujourd’hui); le déchaînement des juges contre François Fillon –  il se dit bien, dans les salles de rédaction, qu’une salve d’attaques très violentes va être déclenchée en janvier contre Eric Zemmour (la journaliste Géraldine Woessner en parlait ouvertement en marge du meeting de Villepinte); mais il est peu probable que ce dernier resterait passif à l’exemple de François Fillon; enfin, la victoire d’Emmanuel Macron a été possible parce qu’il a réunifié tout le centre grâce au ralliement de François Bayrou; en 2022, Emmanuel Macron et Valérie Pécresse vont se disputer l’électorat centriste

De mon point de vue, tout se met en place donc, pour une possible implosion du système politique sous la pression d’une société en colère. Et à ce régime-là, le gagnant à droite devrait être Eric Zemmour. Marine Le Pen est usée.

 

Notre caméléon préféré

Et Valérie Pécresse aura du mal à faire croire sur toute la durée de la campagne qu’elle est de droite, même si notre caméléon préféré a gardé son camouflage de droite depuis quelques jours: 

+ reprise du slogan de Jean-Marie Le Pen et du FN aux élections législatives de 1986: “le courage de dire, la volonté de faire”! 

++ plagiat permanent d’Eric Zemmour: reprise de ses formules contre Macron, visite à Nanterre après la procession attaquée par des musulmans; visite de la cathédrale de Strasbourg; annonce d’un voyage en Arménie. 

Mais combien de temps cela durera-t-il? 

Un des grands mérites de Zemmour: il révèle le vrai visage de la gauche

A la fin du passage d’Eric Zemmour chez Cyril Hanouna, Alexis Corbière a perdu ses nerfs. Après avoir été le contradicteur du candidat sur les sujets d’éducation, Corbière s’était rassis dans le public. Le dernier interlocuteur d’Eric Zemmour était Stanislas Rigault, président de Génération Z, le mouvement des jeunes qui soutiennent Zemmour. Dans le feu de la discussion, Rigault s’est permis de dire que les députés de “La France Insoumise” avaient du mal à dire “Vive la France”. Fureur de Corbière, qui interrompt le jeune homme depuis le public….et se fait moucher plusieurs fois. On regardera la première vidéo ci-dessus. 

Ce n’était pas tout. Une fois sorti du plateau, quelques minutes plus tard,  Rigault a été pris à partie par Raquel Garrido, conseillère municipale de Bagnolet et femme d’Alexis Corbière.  La seconde vidéo postée ci-dessus montre une personne bien vulgaire et vindicative. Apparemment, ce couple de notables de gauche a été dérangé dans son confort par la pugnacité d’Eric Zemmour et de Stanislas Rigault. 

D’une manière générale, c’est l’un des grands mérites d’Eric Zemmour: il n’accepte pas l’asymétrie du débat politique installée par la gauche grâce à la pusillanimité de la droite. Il riposte. 

Ajoutons que le candidat semble bien continuer sur la lancée de son meeting à Villepinte.  Sa capacité à parler sans notes, y compris sur des sujets techniques, durant les 3h17 de “Face à Baba” confirme une véritable métamorphose. On regardera en particulier le passage sur l'”économie avec Eric Revel. 

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7 commentaires
    1. Le coup d’état c’est fait, sans pétes ni fracas, propre clean ecolo silencieux, surtout passé inaperçu. L’armée et la gendarmerie font leur boulot, rester l’arme au pied coûte que coûte, très dur mais ils y réussissent.

  1. Du point de vue des candidats, la vision d’État Major, je partage ce qu’écrit maintenant Monsieur Husson . Les rôles sont bien campés. Du point de vue des électeurs cette fois, j’ignore s’il serait d’accord avec moi pour dire que l’élection se joue avec l’arrivée dans les sondages de l’opinion des non politisés. Les 50 à 55% d’inscrits dont les revenus sont protégés. Les retraités, salariés du CAC40, fonctionnaires et assimilés. Le centre gÔÔÔÔÔÔÔÔÔÔche socialo qui se considère éclairé. Dans les faits il est financièrement protégé mais pas forcément heureux. Beaucoup sont en panique avec les cours du PS en chute libre. Ah le PS! Le livret A du pays des socialo, la France depuis 40 ans. Le PS sombre dans le tourbillon woke & pastèque, le carnaval créole, la victoire de l’Algérie à la Coupe arabe de football. Que de désagréables surprises! Rendez nous Mitterrand 1981!

    Pour que ce régime socialo de 40 ans tombe, qu’il lâche le fromage, il faudra convaincre les vaches à lait de son électorat de se risquer sur Zemmour ou Marine Le Pen, abandonner le Livret A douteux que sont maqueron, baillerou et/ou Valérie détresse. Razzia sur le PS comme maqueron a su le faire en 2017, cette bataille arrive en janvier moment qu’a choisi maqueron. Marine avait anticipé avec son virage gauche-gauche. La transformiste Valérie détresse mutera très vite en chirac vendant l’Huma sur les marchés. C’est là que Zemmour aura besoin de Florian Philippot &ses Patriotes. Au 1e tour. C’est là aussi que les milieux dirigeants se rallieront au favori des bookmakers, pas avant.

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