Passe Vaccinal et l’hypocrisie d’une certaine partie de l’opposition : pas d’accord mais un peu d’accord quand même

Deputies during the weekly session of questions to the government at the French National Assembly. Paris, FRANCE-14/12/2021//01JACQUESWITT_choix039/2112141641/Credit:Jacques Witt/SIPA/2112141647

Par Lauriane B. – Selon les chiffres avancés par le ministre de la santé, on comptait hier 335 000 nouvelles contaminations au Covid-19. La flambée des cas positifs se poursuit en France et dans l’hémicycle le délire continue. Entre hystérie collective et réunion de promotion pour la vaccination, nous avons assisté impuissants à la débâcle du débat démocratique où une partie de l’opposition était persuadée de s’opposer.

Les députés Communistes, Insoumis ainsi que Rassemblement National, certains députés non-inscrits et certains députés isolés dans leur groupe avaient déclaré qu’ils ne voteraient pas le texte. Parfois pour des questions de conviction, parfois pour des questions de méthode mais sans être en désaccord avec le fond. Les Républicains et le groupe Socialistes et apparentés soutenaient officiellement le texte mais se positionnent en gardien des libertés lorsque la majorité dépasse les bornes. C’est sur la délimitation des bornes qu’il y a parfois un problème.

Cas emblématique des mineurs : le ventre mou de l’opposition se positionne en sauveur

Dans son avis publié le 4 janvier, la Défenseure des droits s’inquiète du sort des mineurs dans l’application du passe vaccinal. Elle préconise d’en exclure les jeunes de 12 à 18 ans puisque les formes sévères les affectent rarement et que les mineurs de 16 ans ne peuvent être vaccinés qu’avec accord de leurs parents, de ce fait la décision ne leur appartient pas.

En commission des lois, la possibilité de continuer à présenter un passe sanitaire – et non un passe vaccinal – pour la participation à des sorties scolaires concernant les mineurs de 12 à 16 ans avait déjà été votée.

Lors de la séance à l’Assemblée National du 5 janvier, Stéphane Peu, député PCF, souhaite aller plus loin et propose de ne pas appliquer le passe vaccinal aux enfants de 12 à 18 ans, en rappelant d’ailleurs les arguments avancés par la Défenseure des droits. C’était apparemment un peu trop osé pour le groupe Socialistes et apparentés, qui sur proposition de la député Cécile Untermaier, indique plutôt le souhait d’appliquer un passe sanitaire en réincluant le test de dépistage de 24h.

Olivier Veran, en se félicitant d’être à l’écoute des parlementaires, dépose un sous-amendement introduisant la possibilité pour les mineurs de 12 à 16 ans de présenter un passe sanitaire, en faisant la distinction entre activités extrascolaires et périscolaires, et les activités d’ordres privés dans les établissement recevant du public, toujours soumis au passe vaccinal (bon courage pour démêler quelle activité relève de quel passe …)

Le ministre de la Santé fléchit légèrement sur ses positions et s’en suit une séance d’autocongratulation assez gênante de la part de certains membres de l’opposition s’agissant de la cohésion de la représentation nationale.

La présidente de la Commission Yaël Braun-Pivet remercie chacun des groupes pour leur « esprit d’ouverture », le Ministre pour son « écoute du parlement » et se lance elle aussi dans une envolée lyrique « je crois que quand nous fonctionnons comme ça nous honorons notre mandat, donc simplement merci à tous, et j’espère que nous voterons dans une belle unanimité ».

La mesure est adoptée à 386 votes pour et 2 contre. C’est tout ce que nos jeunes méritent, vraiment ? dans un contexte où le taux de suicide de cette tranche d’âge augmente, c’est tout ce que nous pouvons faire pour eux : leur permettre de garder un peu plus de libertés que prévu sur présentation d’un test valable 24 h ?

Ce moment de concorde s’est cependant produit avant l’incident de séance qui a hystérisé l’Assemblée Nationale.

Des députés vexés, confus et méprisés par le gouvernement

A peu près tous les groupes parlementaires s’accordent pour admettre la nécessité de la vaccination. En réalité les débats tournent autour de la méthodologie. Entre ceux qui soutiennent carrément une vaccination obligatoire dans une « démarche pédagogique et positive » sans l’application d’un passe vaccinal, ceux qui veulent lever les brevets sans obligation de se vacciner, ceux dont le président de groupe est pour le vote du passe mais votent contre … il en résulte que les débats parlementaires (lorsqu’ils sont apaisés) ressemblent surtout à une réunion de promotion pour la vaccination plutôt qu’au Serment du jeu de paume.

A peine les propos du Président de la République révélés que l’Assemblée s’embrase, sans doute parce qu’il devient maintenant très inconfortable d’expliquer que des objectifs purement sanitaires motivent l’adoption de ce texte.

Les oppositions, bien que favorables à la mise en place du passe vaccinale pour la plupart, n’assumaient cependant pas de voter sur la base d’un texte édicté pour « emmerder » les français. Cette situation de blocage soulève toute l’hypocrisie de la situation. Effectivement, soit les députés ne savent pas lire, soit ils ne comprennent pas les conséquences des mesures qu’ils votaient jusque-là. Le Président de la République a juste été clair sur ses objectifs pour une fois – ce qui est assez rare pour être souligné. Dans ce contexte les députés ont refusé de reprendre les débats sans la présence de Jean Castex, lui sommant de s’expliquer sur les propos tenus par le Président.

Le Premier Ministre s’est rendu au palais Bourbon mercredi 5 janvier pour pratiquer la langue de bois devant une Assemblée déroutée. Il déclare simplement avoir, tout comme le chef de l’Etat, « une difficulté avec les non-vaccinés », et se contente de rappeler les bienfaits de la vaccination avant d’ajouter que par pragmatisme, le gouvernement a introduit le passe sanitaire, et que le passe vaccinal n’est qu’une suite logique.

Jean Castex apprécie définitivement son costume d’instituteur de la IIIe République. Le texte a été adopté ce matin à 5H30 avec 214 voix pour et 93 contre. Nous reviendrons dans un prochain article sur le détail des discussions de l’adoption des différentes mesures.

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8 commentaires
  1. Il va _vraiment_ falloir que le prochain soit celui qui tranche le nœud Gordien, le terme étant seyant, vu la proportion de têtes de nœud dans l’hémicycle – quant’aux absents, ils n’ont absolument aucune excuse et sont tous à mettre dans le même sac que ceux qui ont voté pour cette insanité.
     
    Et le seul que je vois capable de faire ça, non-pas par convoitise du trône, mais par devoir, c’est Ph. de Villiers.

  2. Effectivement tout ceci n’est que du théâtre, comme pendant les procès staliniens chacun joue son rôle plus ou moins bien, mais en vrai il n’y a aucune opposition réelle, ils font tous semblant pour donner l’illusion que nous sommes en démocratie avec un état de droit. Ca fait des décennies que ça dure, je ne les écoutent plus depuis longtemps, ce sont des serpents.

  3. J’appelle a la secession ! C’est plus possible de continuer à financer un pays dans lequel on n’a pas les mêmes droits que les autres. Où la citoyenneté est soumise à injection répétée massivement. SECESSION bordel.
    Sinon merci pour votre travail.
    Et j’insiste ^^ SECESSION

  4. Un jour, proche, ils ne seront plus député ou ministre. Et ils devront, chaque jour, regarder derrière eux. Surtout pour les familles qui déplorent un décès ou une anomalie rédhibitoire d’un de leurs proches en rapport (et c’est facile de faire le lien sans autopsie) avec cette imposition totalitaire.

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