[PAYANT] Le Sénat a-t-il compris l’envergure du problème McKinsey ?

Pour rappel, mardi 18 janvier deux directeurs associés du cabinet de conseil McKinsey ont été auditionnés par le Sénat. Les Parlementaires ont voulu en connaitre plus sur la nature des missions exercées par ce cabinet et l’étendue de son influence sur les politiques publiques. Depuis que le cabinet anglo-saxon est sous le feu des projecteurs, nous commençons lentement à réaliser l’ampleur réelle de la facture. Même pour les moins dupes d’entre nous, nous sommes néanmoins conscients d’être encore loin d’atteindre la partie immergée de l’iceberg, qu’en est-il du Sénat ?

Vous prouvez lire dans nos colonnes le détail précis d’un compte rendu de la Commission d’enquête et les justifications avancées par les représentants du cabinet, ainsi que le rôle de McKinsey dans la stratégie vaccinale en France.

Le probono et les retours d’ascenseur dans le viseur des Sénateurs

 

La question monétaire ne s’est pas tout de suite imposée durant les premiers débats ouvrant la Commission d’enquête. Par-delà les sommes astronomiques, ce qui a avant tout inquiété les Sénateurs, c’était l’étendue des missions effectuées à titre gracieux par « la Firme ».

Pour cause, la méfiance s’était d’amblée installée : le Président de la Commission avait demandé qu’on lui communique un compte rendu officiel sur l’action publique sur une durée de 10 ans. On lui a fourni un rapport un sur 3 ans … Pas de quoi instaurer la confiance.

 

Karim Tadjeddine l’avait pressenti, puisque dans ses propos liminaires il s’était justifié d’entrée de jeu : le Cabinet n’intervient qu’en complémentarité de l’action publique, jamais en substitution, et il n’accompagne pas les organes législatifs, les parties ou personnalités politique.

 

La Commission relève cependant trois faits majeurs :

Les Sénateurs veulent savoir quelle est la réelle contrepartie de tous ces projets dits gratuits.

 

Le Sénateur Jérôme Basset interroge alors à tout hasard sur les règles déontologiques qui s’appliquent à un candidat tel que Thomas Cazenave (ayant lui aussi participé à la Commission Attali par ailleurs).

la Sénatrice Christine Lavarde s’étonne quant à elle de la présence de M. Thomas London. dans le rapport du Comité Action Publique 2022 alors qu’il n’était initialement pas intronisé par le Premier Ministre lors des pré-travaux dudit Comité.

M.Tadjeddine leur répond: « nos statuts nous interdisent de travailler pour des hommes politiques ». Les employés signent d’ailleurs un code de conduite à cet effet. Cela étant, s’ils veulent avoir une vie politique en dehors de leur vie professionnelle, ce n’est pas son affaire … en tant qu’employeur, il n’est pas habilité à demander à un employé ses opinions politiques.

 

Ce qui est assez comique, c’est qu’il a été lui-même épinglé par les MacronLeaks pour avoir utilisé son adresse mail professionnelle dans ses échanges avec les équipes de campagne d’En Marche …

 

Les Commandes évoquées en Commission

 

Le Président Arnaud Bazin et la Sénatrice Eliane Assassi ont tour à tour demander le détail de plusieurs commandes de conseil, dont voici la liste :

 

  • Une commande la DREES pour une étude d’un montant de 500.000 € sur l’utilisation des données dans la gestion de la crise sanitaire ;
  • Un contrat d’une valeur de 496.800 € afin d’évaluer les évolutions du métier d’enseignant ;
  • Une « prestation d’appui » aux travaux préparant la réforme des retraites auprès de la Caisse nationale d’assurance vieillesse (CNAV) pour un montant de 920 000 € ;
  • La mise en place d’une tour de contrôle stratégique auprès de santé publique France pour un montant de 605 000 € ;
  • La mise à disposition d’un collaborateur à Santé Publique France pour assurer la coordination opérationnelle de la distribution des vaccins, facturée à 170 000 €.

Au sortir de ces interrogatoires, les parlementaires parviennent à avoir les chiffres, mais ils ne parviennent pas à avoir le détail des missions effectuées par le cabinet. Les réponses des deux intervenants restent plus qu’évasives et noyées dans un jargon incompréhensible.



Selon la Commission d’Enquête parlementaire, le montant des prestations occasionnées à l’occasion de la crise sanitaire s’élèverait à 13,5 millions d’euros. Maintenant qu’il a les chiffres, le Sénat aura-t-il le courage d’aller au bout de son enquête ?

Après l’intervention désastreuse de la Ministre Amélie de Montchalin, il n’a maintenant plus aucune excuse …

 

Moi aussi, j'objecte conscience

Rejoignez le rang des objecteurs de conscience. Agissez concrètement pour la résistance. Montez de la mine, descendez des collines ! Le moment est venu.
76 Shares:
2 commentaires
  1. Payant, d’accord, Mckinsey, d’accord, le Sénat, d’accord. Mais pour bien comprendre la racine des problèmes posés et pour qui Mckinsey roulerait, ce ne serait-il pas bien si on commençait par faire l’autopsie de cette organisation dont on ne connaît rien sinon par ses effets plutôt néfastes, aux populations des pays où ils interviennent ? Qui est, sont, le-a-s Big-s patron-ne-s, au sommet de la pyramide ? Qu’elle idéologie est à la base de ce modèle de pratique gestionnaire ? That is the question ! On en sait moins que de la franc-maçonnerie et d’autres métiers d’art du bras long… Pour l’idéologie tout le monde peut le savoir, le management dans sa forme actuellement répandue, càd exportée par les USA, a été créé indiscutablement pour servir les intérêts du régime et de l’idéologie National-socialiste… ça ouvre l’appétit et la porte à des soupçons avérés.

  2. On parle dans les commentaires de contrat passé entre cette société de conseil et l’Etat. Compte tenu des montants pharamineux et des prestations sur des objets distincts, je serai vraiment curieux de voir les marchés publics (s’il y en a). Pour de petits marchés, des recommandations de l’Etat par circulaire imposent de ne pas contracter avec le même prestataire. Mais là sur ces montants, la même société revient souvent. Même pour les avenants cela me semble compliqué sur le plan juridique.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée.

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.

Vous pouvez également aimer