Le nouveau règlement européen relatif aux essais cliniques s’applique à la vaccination Covid

Le nouveau règlement européen relatif aux essais cliniques s’applique à la vaccination Covid


Partager cet article

Le 7 décembre 2021, la député Michèle Rivasi a posé une question prioritaire à la Commission européenne concernant les dispositions applicables aux vaccins covid-19, qui sont toujours en phase d’essai clinique et sous autorisation conditionnelle. La question est de savoir si le règlement (UE) n°536/2014 du 16 avril 2014 relatif aux essais cliniques de médicaments à usage humain les vaccins Covid s’applique.

Dans le doit de l’Union européenne, un règlement est un acte juridique d’application direct, c’est-à-dire qu’il ne passe pas par le processus législatif interne d’un Etat membre – comme la directive européenne – pour décider des moyens à mettre en œuvre afin de remplir les objectifs du texte. Une fois entr

é en vigueur, il devient obligatoire uniformément dans tout le territoire de l’Union.

La question de la phase d'essai clinique enfin posée

Dans le cadre de la vaccination Covid-19, les vaccins disponibles en France sont en phase 3 d’essais cliniques, jusqu’au 27 octobre 2022 pour Moderna et au 2 mai 2023 pour Pfizer. Jusqu’à ces dates, il s’agit de médicaments expérimentaux utilisés dans un essai clinique.

On pouvait légitimement se demander si les dispositions du règlement (UE) n°536/2014, spécifiquement prévues à cet effet, s´appliquaient au présent cas de figure.

Les députés Européens peuvent poser un nombre défini de questions avec demande de réponse écrite à la Commission européenne, c’est donc Mme Rivasi qui adressera cette question le 7 décembre 2021.

La réponse de la Commission

La commission communique une réponse écrite le 13 janvier 2022 . Ce règlement s’appliquera à compter du 31 janvier 2022 pour tous les essais cliniques menés dans l’UE et que doit être garanti « la protection des droits, de la sécurité et du bien-être des participants à des essais cliniques ».

Son article 3 rappelle en principe général qu' »un essai clinique ne peut être conduit que : si les droits, la sécurité, la dignité et le bien-être des participants sont protégés et priment tout autre intérêt ».

L’article 29 du règlement en l’espèce impose la mise en œuvre d’un consentement éclairé de tout participant à un tel essai, sous forme documentée, qui informerait de la nature de l’essai, ses objectifs et des diverses implications en découlant (notamment au niveau des risques et des inconvénients) ; la durée et les conditions de l’essai ; le droit de refuser de participer à l’essai en question, ou de se rétracter – sans possibilité d’en être sanctionné ultérieurement. Ce règlement précise que « l’unique conséquence de la non-participation [d’une personne à un tel essai] est que les données le concernant ne sont pas utilisées dans le cadre de l’essai clinique ».

Cette clarification de la part de la Commission est la bienvenue, a l’heure ou plusieurs états membres de l’Union franchissent le pas de la vaccination obligatoire – ou en sont terriblement tentés – même si l’on peut regetter cependant que cette clarification soit arrivée si tardivement. Pour information, le traité sur le fonctionnement de l’Union européenne précise dans son article 288 que les règlements sont directement applicables dans les États membres, il pourrait donc être invoqué devant les juridictions nationales.


Partager cet article
Commentaires

S'abonner au Courrier des Stratèges

Abonnez-vous gratuitement à la newsletter pour ne rien manquer de l'actualité.

Abonnement en cours...
You've been subscribed!
Quelque chose s'est mal passé
Lutter contre l'entrisme islamiste ou restreindre encore la liberté d'expression? par Elise Rochefort

Lutter contre l'entrisme islamiste ou restreindre encore la liberté d'expression? par Elise Rochefort

Saisir les biens des complotistes ou des antisionistes, sous couvert de lutte contre les atteintes à la République ? Voilà une possibilité que les lois sur l'entrisme en discussion aujourd'hui prévoient explicitement. Entre les murs du Palais-Luxembourg et de l’Hôtel de Beauvau, deux visions de la protection républicaine s'affrontent pour neutraliser un ennemi désormais identifié comme "pernicieux" : l’entrisme. Alors que la loi de 2021 sur le séparatisme est jugée insuffisante pour saisir cett


Rédaction

Rédaction

Les nouveaux péages de l’IA: comment les GAFA referment Internet pour nourrir leurs IA, par Eric Lemaire

Les nouveaux péages de l’IA: comment les GAFA referment Internet pour nourrir leurs IA, par Eric Lemaire

Les géants de la tech sont en train de transformer Internet en copropriété privée pour leurs IA. OpenAI verrouille ses modèles, Google privilégie Gemini dans ses services, Apple interdit l’accès profond à iOS sauf pour ses partenaires, Microsoft pousse Copilot partout et Meta réserve ses données sociales à ses propres modèles. Derrière le discours sur la “sécurité” ou la “qualité”, une logique simple : empêcher les concurrents d’accéder aux données, aux outils et aux usages nécessaires pour ent


Rédaction

Rédaction

Hantavirus : vers une nouvelle orchestration de la peur ...

Hantavirus : vers une nouvelle orchestration de la peur ...

Le patient zéro a désormais un nom : Leo Schilperoord, 70 ans, ornithologue néerlandais reconnu dans les milieux spécialisés. Embarqué le 1er avril à Ushuaia avec son épouse Mirjam à bord du MV Hondius, il présente ses premiers symptômes le 6 avril avant de mourir cinq jours plus tard en mer. Son épouse décède à son tour le 26 avril en Afrique du Sud. L’infection à l’hantavirus sera confirmée officiellement le 4 mai. L’affaire, relayée par le New York Post via les avis de décès locaux est tragiq


Lalaina Andriamparany

Lalaina Andriamparany

Après la condamnation d'Aberkane, l'errance de la dissidence...

Après la condamnation d'Aberkane, l'errance de la dissidence...

Nous assistons aujourd'hui à une accélération phénoménale de la pression systémique sur ceux qui osent sortir du rang. L’actualité nous offre un cas d’école avec la condamnation récente d’Idriss Aberkane en Suisse. Au-delà de la figure médiatique que tout le monde connaît, ce verdict pose une question centrale pour notre liberté : comment rester souverain dans un monde qui cherche à vous imposer une mort sociale dès que vous déviez de la doxa? Le couperet de Neuchâtel : 24 mois pour une "gest


Éric Verhaeghe

Éric Verhaeghe