[PAYANT] Tiens ! un assureur ose penser la santé à contre-courant du Great Reset….

Un assureur santé doit-il prendre en charge le coût des soins, ou se préoccuper d'abord de "mitiger" le risque maladie dans la communauté affinitaire qu'il regroupe, par des actions de prévention adaptées ? Si beaucoup en parlent, la tendance de ces dernières années persiste à limiter l'assurance santé à l'indemnisation du soin dans la foulée d'une assurance maladie publique qui joue à guichets ouverts. Nous avons tous en tête la liste des assureurs en ligne qui tentent de diminuer les coûts en continuant comme avant mais en utilisant Internet. Pasteur Mutualité ose penser à contre-courant avec sa villa M, et nous vous expliquons aujourd'hui pour quelle raison nous pensons que cet assureur a raison.

Être un assureur santé, est-ce donner de l’argent à des gens qui sont malades, ou aider les assurés à rester en bonne santé ? 

Cette question de bon sens paysan est tranchée de longue date par l’assurance maladie, inventée par le mythique CNR, dont le nom seul apporte une réponse : l’assurance, c’est récompenser la maladie, et donc, par rebonds, pénaliser la bonne santé. 

C’est pour cette raison que la Sécurité Sociale en France n’investit rien ou presque sur la prévention, interdit ou encadre de façon très autoritaire toutes les disciplines qui misent sur elle, comme les médecines naturelles, et se comporte comme une plate-forme assumée des lobbies pharmaceutiques, remboursant à tout-va des pilules à tire-larigot dont les effets secondaires sont parfois (souvent ?) pires que le mal qu’elles doivent soigner. 

L’affaire du Mediator l’a largement prouvé, comme l’affaire des opioïdes aux Etats-Unis, où les pratiques commerciales de Mc Kinsey pour vendre du médicament qui rend malade ont coûté près de 700 millions $ au cabinet dans un scandale retentissant aux USA, au moment même où nous importions ces mêmes méthodes pour pousser les Français à la vaccination. 

L’assureur santé, même digital, est un suiveur

Face à cette stratégie de dépense et d’indemnisation du sinistre sanitaire plutôt que de son évitement, les assureurs complémentaires en santé se comportent massivement comme des suiveurs vis-à-vis de la sécurité sociale. 

Il est vrai qu’il est plus facile de communiquer sur des sommes versées à des assurés en contre-partie de leur police, plutôt que sur les sommes qu’on ne leur a pas versées en leur évitant d’être malades. 

Il n’empêche : si tous les assureurs santé croient de prévention, très peu la pratiquent. 

Nous pensons ici à la vogue artificiellement fabriquée de “l’assurtech”, dont le “pitch” essentiel consiste à expliquer que l’assureur santé digital va faire la même chose que l’assureur santé pédestre, mais sans les pieds, c’est-à-dire sans le réseau de commercialisation composé d’humains. 

L’avenir de l’assurance santé, ce serait donc son passé, l’humain en moins !

Nous avons la faiblesse de penser que des échecs commerciaux retentissants se préparent dans ce secteur dès que l’Etat et ses réseaux de connivence décideront de plier les gaules et de laisser le marché opérer sa sélection naturelle. 

Pasteur Mutualité ose penser autrement

Quelle bouffée d’air, dans cette lessiveuse de platitudes quotidiennement ânonnées sur la digitalisation du risque, que le spectacle offert par la villa M de Pasteur Mutualité, à Paris, qui constitue une sorte de pied-de-nez aux polytechniciens boutonneux qui colonisent l’assurance santé avec leurs idées absconses, leurs préjugés de caste, et leur froideur absolue vis-à-vis de la chose humaine. 

On a là un lieu contemporain mais avenant, imaginatif, dont Pasteur a confié la direction artistique à Phlippe Starck. Ce pari qui n’est pas loin d’une forme de dandysme a au moins réussi à sortir l’assurance des ennuyeuses pages économiques de la presse spécialisée pour séduire Elle et quelques autres publications. 

Nous croyons savoir que Pasteur a su mettre d’importants moyens pour réaliser cette opération patrimoniale. Certains y ont peut-être trouvé à redire. Mais l’effet est en tout cas infiniment plus efficace que le financement d’une équipe de cyclistes ou d’une radio périphérique dans un coin paumé du Languedoc. 

Et pour cette seule audace, il fallait saluer l’innovation de Thierry Lorente, le directeur général du groupe, qui a pris ses risques “d’entrepreneurs” pour délivrer un hôtel de luxe en plein Paris… et en plein marasme du tourisme sous l’effet du COVID.

Pasteur et sa communauté affinitaire

Les initiés le savent, Pasteur est un assureur spécialisé dans la couverture des médecins, population complexe… puisqu’elle regroupe ceux qui sont capables de soigner, c’est-à-dire aussi de se soigner eux-mêmes. 

Mais il est vrai qu’à la différence des majors généralistes, Pasteur est d’abord une entreprise affinitaire. Ses assurés appartiennent au même monde, assez fermé, élitaire, et partagent souvent des valeurs communes. 

Thierry Lorente tire assez logiquement profit de cet avantage comparatif en inventant un lieu dédié aux besoins de sa communauté. La Villa M est d’abord un lieu d’accueil, un trait d’union présentiel entre les assurés, un espace de rencontres réelles. Là où les assureurs de la start-up nation déshumanisent, Pasteur fait le pari contraire, et nous avons la faiblesse de penser que cette intuition est bien plus futuriste que le low cost technologique. 

Et si assurer, c’était aussi rassurer ?

La Villa M a donc la vocation d’accueillir physiquement les assurés de Pasteur (mais pas que… le lieu doit être ouvert et rentable à terme), en leur permettant de recevoir des formations, d’échanger entre eux, de bénéficier de services de la part de leur assureur. 

Au fond, c’est l’espace de la chaleur humaine et du service solidaire, au sens originel du terme. 

Le projet mérite d’être bien médité, car il nous semble procéder d’une logique différente des “partenariats” traditionnels.

On se souvient ici du centre de santé d’Audiens, ou du projet caressé un temps par Guillaume Sarkoy de rapprocher Malakoff et la Générale de Santé. Ces idées procédaient du principe selon lequel l’assureur avait un lien pour ainsi dire naturel avec l’offre de soins. Soigner, toujours soigner !

L’intérêt de la Villa M est de ne pas centrer son offre sur les malades, mais de l’élargir à tous ses assurés, en leur proposant un lieu pour se fédérer au gré de leurs envies. 

Au fond, l’assureur ne se propose pas seulement d’être là quand la maladie se déclare, il se propose d’être là tout le temps. C’est rassurant, plutôt qu’assurant !

Et la clé de l’innovation dans l’assurance est peut-être là…

Quel devenir pour la Villa M ?

La Villa M est évidemment un lieu assez ironique. On se souvient peut-être (les anciens savent de quoi nous parlons) quels tourments la caste des Polytechniciens commissaires-contrôleurs a réservés à Thierry Lorente dans le scandale Assor qui éclaboussait les leurs (dont André Renaudin, alors parrain de la caste). 

Que n’avons-nous entendu sur le plouc Lorente qui ne comprenait rien aux codes implicites de l’aristocratie parisienne ?

Et finalement, le plouc se révèle d’une créativité bien plus forte que les porteurs de cravate qui confondent intelligence et conformisme.

La Villa M, nous en sommes convaincus, est une intuition puissante, qui n’en est qu’à ses débuts. 

Rassurer plutôt qu’assurer, c’est probablement le marché de demain, et les formes de cette rassurance n’en sont qu’à leurs débuts. Voilà un métier bien plus humain, bien plus riche et bien plus enrichissant, dans tous les sens du terme, que le low cost des portails standardisés, sans âme et sans homme, que certains esprits étriques nous présentent comme un avenir indépassable. 

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