[PAYANT] Macron annonce des hausses d’impôt pour les classes moyennes

Emmanuel Macron déclare sa candidature par l'intermédiaire d'une lettre aux Français. Le texte de cette lettre procède du registre habituel qu'on connaît par coeur : du bla-bla généraliste à la Mc Kinsey pour annoncer qu'il va sauver la patrie et nous rendre heureux. Mais, en lisant entre les lignes, on comprend en filigrane quel programme se prépare. Dans la pratique, Macron annonce des impôts sur le patrimoine qui vont faire mal... et même probablement très mal.

La lettre de candidature à la présidentielle d’Emmanuel Macron fait l’objet d’une analyse par ailleurs aujourd’hui dans nos colonnes. Mais un point important est à souligner : le programme fiscal qu’il dessine de façon sibylline correspond à ce que nous décrivons depuis plusieurs semaines :

Il n’y a pas d’indépendance sans force économique. Il nous faudra donc travailler plus et poursuivre la baisse des impôts pesant sur le travail et la production. 

Cette phrase anodine contient tous les malheurs qui vont peser sur la classe moyenne. 

Nous les décortiquons ici pour vous. 

Travailler plus

Tiens ! Macron ne parle plus d’un grand système unique de retraite par points, supposé rendre les gens heureux. Il parle seulement de travailler plus, c’est-à-dire de repousser l’âge légal de la retraite et, pourquoi pas, d’augmenter le temps de travail hebdomadaire, par exemple par accord majoritaire d’entreprise. 

Nous verrons lors de son prochain quinquennat ce qu’il en est réellement, mais le report de l’âge légal de départ à la retraite est ici à peu près acté. 

Baisse des impôts sur le travail

Grande annonce de Macron : les impôts “sur le travail” vont baisser. 

Cette expression peut être compris de deux façons :

  • soit ce sont les impôts des “travailleurs” qui vont baisser, ce qui peut prendre diverses formes : baisse de l’impôt sur le revenu, si cela est encore possible, baisse de la CSG, baisse des cotisations sociales (qui ne sont pas impôts au sens propre, mais qui font partie des prélèvements obligatoires). Dans un registre plus étendu, cette expression pourrait désigner une baisse de la TVA, mais cela paraît peu probable
  • soit ce sont les impôts que les employeurs payent sur le travail et tout particulièrement les cotisations sociales, notamment en matière de retraites

Macron peut vouloir désigner les deux opérations en même temps : baisse des impôts pour les salariés (par exemple avec une hausse des seuils de l’impôt sur le revenu), et baisse des cotisations retraite pour favoriser l’emploi. 

Baisse des impôts sur la production

C’est devenu une tarte à la crème (au demeurant fondée) : les entreprises françaises payent 120 milliards d’impôts sur la production (c’est-à-dire pour avoir le seul droit d’exister, sans même dégager le moindre bénéfice), dont un tiers sur les salaires (c’est-à-dire sur le seul fait de recruter pour produire), quand les entreprises allemandes n’en paient que 20 milliards.

Le prochain gouvernement devrait s’attaquer à ce problème sans ménagement.

Les impôts sur le patrimoine vont donc augmenter

Il serait évidemment illusoire de croire que, dans une situation de gouffre colossal des finances publiques, les impôts vont baisser. 

Ce qu’il faut comprendre de la phrase de Macron, c’est que CERTAINS impôts vont baisser, mais que D’AUTRES vont augmenter pour compenser la perte de recettes. 

Ces autres impôts sont déjà connus, nous les listons rapidement ici :

  • impôts sur les successions, probablement dès le premier euro
  • avantages fiscaux de l’assurance-vie
  • impôts sur l’immobilier, particulièrement sur les propriétaires
  • mise en place plausible de l’impôt notionnel sur les loyers (imposition des propriétaires à l’équivalent d’un loyer)
  • impôts sur les plus-values des biens immobiliers

Imposer les entrepreneurs ?

Ce qu’on ne sait pas encore, c’est jusqu’où Emmanuel Macron poussera cet appétit fiscal sur le patrimoine. 

En particulier, il avait reçu un rapport d’experts l’an dernier, proposant d’imposer les revenus des entrepreneurs au même niveau que les revenus des salariés, c’est-à-dire de considérer les revenus du capital comme des revenus du travail. 

Cette folle mesure accablerait encore plus les entrepreneurs. Elle semblait inscrite dans les tablettes d’un projet de loi qui n’est finalement pas passé cet hiver. 

On suivra de près cette affaire, car le rapport en question proposait notamment de taxer les plus-values non réalisées…

Calendrier de mise en place

Selon toute vraisemblance, ces dispositions fiscales interviendront dès le projet de loi de finances 2023.

Il faut donc vous préparer à des arbitrages rapides entre les annonces qui seront faites cet été (non stabilisées), les dispositions qui seront présentées dans le projet de loi début octobre, et la mise en oeuvre en janvier de l’an prochain. 

Nous vous aiderons, bien entendu, à franchir cette étape délicate. 

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4 commentaires
  1. “nous verrons lors de son prochain quinquennat”, “interviendront dès le projet de loi de finances 2023”. Vous tenez donc pour acquise la réélection du bonhomme. L’emploi d’un conditionnel serait peut-être moins désespérant que celle d’un futur, même si, au fond, nous demeurons sans beaucoup d’illusions.

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