[PAYANT] Préparer sa réserve d’eau pour le collapse : quelques trucs et astuces

Dans la préparation du collapse qui nous guette, la réserve d'eau fait l'objet d'énormément de commentaires et d'appréciations parfois très différentes. Qu'il s'agisse des quantités à prévoir pour "tenir" ou de la meilleure façon de la stocker, les divergences d'appréciation sont nombreuses. Je vous propose un petit tour critique de la question aujourd'hui.

Le stockage de l’eau en vue d’un collapse est un enjeu majeur, puisqu’un humain peut survivre à 15 jours de jeûn, mais certainement pas à 15 jours sans boire. Disposer d’une réserve d’eau est donc vital. Encore faut-il savoir comment la constituer. 

Quelle réserve d’eau avoir à disposition ?

Sur la quantité d’eau à prévoir pour tenir pendant 15 jours, des avis très divergents existent. 

D’une manière générale, les “prescripteurs” ont tendance à gonfler artificiellement la quantité d’eau nécessaire à stocker. 

Une fiche de l’OMS suggère une quantité de 2,5 à 3 litres par jour et par personne pour assurer son hydratation.  

Pour une famille avec deux adultes et deux enfants, cela signifie donc qu’il faudrait stocker près de 200 litres d’eau potable pour tenir 15 jours sans approvisionnement extérieur…

On mesure ici la différence entre des propositions sur le papier et la réalité possible car, en admettant même que vous stockiez cette quantité dans des contenants de 5 litres, cela signifie tout de même posséder 40 bonbonnes d’eau à la maison…

Encore ne s’agit-il ici que d’eau à boire, ce qui ne tient pas compte des autres besoins auxquels l’eau pourvoit : l’hygiène et la cuisson des aliments principalement. 

On voit aisément que la stratégie de stockage de l’eau n’est pas une mince affaire si l’on veut se conformer aux règles quasi-officielles du survivalisme. 

L’art de la nuance est indispensable

Pour bien mesurer son besoin en eau à stocker dans l’hypothèse d’une quinzaine de jours de rupture, il faut donc un peu finasser pour éviter de stocker trop d’eau, qui se révèlerait inutile.

Il faut ici commencer par une règle absolue sur tous les sujets de survie : le stockage n’obéit pas à des règles universelles et intemporelles. Il doit s’adapter aux besoins de chacun. 

Si, d’ordinaire, vous ne consommez pas plus d’un litre d’eau par jour, que ce soit au robinet ou en bouteille, il n’est peut-être pas utile de vous mettre en tête que votre consommation doit soudain passer à 3 litres par jour. 

D’autres facteurs que vos habitudes de consommation influent sur les quantités à prévoir : si vous habitez Marseille et que vous vous préparez à survivre en plein été, le besoin en eau sera forcément différent du besoin à la montagne en plein hiver. Là encore, il faut éviter les grandes règles intemporelles et adapter sa stratégie à sa situation. 

Enfin, si vous disposez d’un puits dans votre jardin ou si vous vivez dans une région pluvieuse, votre stockage en eau ne va évidemment pas se présenter de la même façon qui si vous occupez un appartement à Nice…

Les quantités minimales à prévoir

En appartement, il est vrai que votre intérêt est de prévoir des quantités plus importantes, surtout si vous vivez dans le Sud, que l’été approche et que vous êtes loin de centres possibles d’approvisionnement. 

Il faut vous placer dans la configuration où les magasins d’alimentation auront été pris d’assaut, et que les approvisionnements en eau minérale deviendront impossibles. Si vous y ajoutez un blocage des réseaux de distribution d’eau potable, vous voilà coincés et contraints de trouver une alimentation directe à l’extérieur, ce qui peut devenir aléatoire. 

Dans cette hypothèse, disposer de quatre ou cinq bonbonnes d’eau potable va vous rendre un très très sérieux service pour les premiers jours. Voilà qui vous laissera un peu de temps pour chercher du ravitaillement le plus tôt possible. 

Si vous êtes bien inspirés, vous vous doterez de petits compléments utiles pour faire face. Par exemple, la bière est constituée 90% d’eau douce et ne se périme pas facilement. Le vin est composé à 85% d’eau et peut résister plusieurs années s’il est bien conservé. 

Donc, si vous vivez à 4 en appartement, disposer de 5 bonbonnes de 5 litres, de l’équivalent de deux ou trois tonneaux de bière et de quelques cubis de vin (ou d’une quantité équivalente) peut vous permettre de tenir un peu plus longtemps…

Après tout, la survie pendant le collapse peut aussi être l’occasion de déboucher quelques bonnes bouteilles pour limiter votre consommation d’eau minérale. 

Et l’eau de pluie, alors ?

Certains petits malins vont évidemment s’imaginer qu’ils peuvent récupérer l’eau de pluie pour subvenir à leurs besoins. 

La réalité est un peu plus compliquée que cela. Figurez-vous que l’État, qui vous protège, vous interdit de le faire ! C’est un arrêté du 21 août 2008 qui le prévoit…

Bien entendu, si nous étions en circonstances exceptionnelles, l’affaire se présenterait sans doute un peu autrement. Mais il faut retenir que les eaux de pluie ne sont pas propres à la consommation, surtout si elles se promènes dans vos gouttières en métal après un passage sur le toit. 

C’est pour cette raison que la collecte de l’eau de pluie obéit à des règles particulières. Il faut ici distinguer la collecte à partir des gouttières et la collecte sans gouttière, à partir d’un récupérateur à l’air libre. 

Dans tous les cas, vous avez besoin d’une vraie logistique si votre intention est de vous rendre autonome par l’eau de pluie, avec une cascade filtre pour limiter les risques de contaminations diverses. Certains sites vous donnent une bonne représentation de l’effort à fournir

La purification finale de l’eau

N’oubliez jamais que, en phase de collapse, la purification de l’eau peut-être un enjeu, surtout si vous avez la mauvaise idée de parier sur l’eau de pluie pour compléter vos besoins. Il vous sera indispensable d’utiliser des procédés plus ou moins chimiques pour éviter le pire (sans garantie de succès). 

Mettez donc le paquet sur les systèmes de purification d’eau qui, dans la durée, peuvent se révéler très coûteux. De nombreux sites détaillent ce sujet, mais la méthode la plus sûre est celle du filtre à cartouche, par exemple à charbon actif.

L’astuce de l’eau de riz

Ce que les sites survivalistes ne vous disent pas clairement, c’est que, en cas de collapse, il faut vous attendre à faire de sérieux compromis sur l’hygiène, notamment alimentaire. Et donc vous préparer à subir une bonne tourista qu’il n’est pas inutile d’anticiper. 

Sachez que, à Madagascar, où l’eau est de mauvaise qualité, les locaux utilisent un remède miracle pour régler ce problème : l’eau de riz. 

Concrètement, les Malgaches “ajoutent” de l’eau au riz, qu’ils font mijoter ensemble assez longuement… pour manger le riz, mais surtout pour boire l’eau ainsi percolée de riz bien cuit. L’absorption de ce breuvage est efficace contre les désagréments intestinaux. 

Si vous voulez trouver la recette de l’eau de riz, vous pouvez par exemple consulter ce site (ne vous attendez à aucune découverte gustative inoubliable, cela dit…). 

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2 commentaires
  1. Réserve d’eau de Vie bien sûr, comme son nom le laisse bien entendre, comment pourrait on s’en passer. En plus de la valeur d’échange que cela représentera dans ce monde gris dégradé et triste sans télé qui approche à grand pas… il faut bien que l’on trouve de quoi se remonter les bretelles.
    N’oublions pas quand même un peu de la vulgaire eau de cuisine, question de cuire les pâtes mais alors que sous un capteur de vapeur. Celle-ci ce sera de l’eau À vie !
    Pour les wc l’eau c’est fini évidement quel gâchis, même plus de l’eau de javel qui elle remplacera le gel hydro-alchoolique. Lui on le sublimera pour en récupérer la quintessence… pour mettre dans le briquet à grand-papa et en humer un peu, juste en passant. Mais oui il y aura toujours moyen de casser le bourdon.

  2. Il ne faut pas oublier que l’eau de son chauffe-eau est potable (c’est celle du robinet). Ce qui fait au minimum 100 litres disponibles.
    Idem pour l’eau dans le réservoir de votre chasse d’eau des toilettes, 30 litres de plus !

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