[PAYANT] Comment les médias et les Big Tech se sont emparés de nos élections présidentielles

Alors que les plateformes Big Tech, telle que Facebook, et les médias subventionnés orientent (délibérément ?) le narratif des élections présidentielles, il est important de comprendre le manque de transparence des plateformes et l’orientation voulue par ces dernières. Dernier exemple en date, le PDG de Facebook aurait aidé à modifier les règles de vote du Michigan en 2020, afin d’aider Joe Biden à remporter la présidence. A l’approche du 1er tour des élections, un grand nombre de citoyens sont encore indécis sur leur futur choix. Manque de temps, d’intérêt ou rejet du monde politique, les explications sont multiples et beaucoup se réfugie sur les sondages, diffusés par les médias, afin d’éclairer leur future décision. A l’origine les sondages étaient là pour donner la « température » à un instant T, or, depuis des années, ils sont devenus un thermostat, permettant de maintenir un système électoral à une « température » relativement stable, décidée par la Caste.

Mark Zuckerberg aurait influencé les élections du Michigan pour aider Joe Biden

Un organisme à but non lucratif lié à des groupes financés par Mark Zuckerberg a travaillé avec Jocelyn Benson, secrétaire d’État du Michigan, pour influencer les élections de l’État en vue de 2020. Ils ont notamment obtenu que l’État modifie sa façon d’utiliser les bulletins de vote par correspondance sans acte de la législature de l’État.

Des documents obtenus en exclusivité par The Federalist, grâce à une demande de documents ouverts montrent que la PDG du National Vote at Home Institute (NVAHI), Amber McReynolds, a travaillé avec Benson pour modifier la politique électorale du Michigan. NVAHI partage des liens de leadership avec le Center for Tech and Civic Life (CTCL), un groupe qui a fait la navette entre l’argent de Zuckerberg et les agences électorales gouvernementales avant l’élection de 2020, comme il avait été précédemment rapporté. Dans plusieurs cas, la NVAHI et le CTCL ont travaillé ensemble pour influencer les élections de 2020.

Dans les mois qui ont précédé les élections de novembre 2020, Mark Zuckerberg et son épouse Priscilla Chan auraient fait don d’un total de 350 millions de dollars à CTCL par l’intermédiaire de la Silicon Valley Community Foundation (SVCF)

Les documents montrent également que l’organisation privée financée par Zuckerberg existe pour pousser les États à adopter le vote postal de masse, comme celui qui a semé le doute lors de l’élection de 2020.

Il est prouvé que les bulletins de vote par correspondance sont nettement plus susceptibles d’être frauduleux, comme l’a conclu en 2005 une commission fédérale bipartisane sur l’intégrité des élections présidée par l’ancien président Jimmy Carter. Cela s’explique par le fait que les bulletins de vote par correspondance offrent plus de possibilités d’influencer, d’obtenir et de trafiquer les bulletins de vote.

Dans un exemple récent, lors d’une élection du conseil municipal de Dallas, au Texas, en 2017, les enquêteurs ont découvert qu’une personne avait frauduleusement signé 700 bulletins de vote par correspondance, soit plus que la différence totale de voix entre les candidats concurrents à l’époque. Lors de l’élection de 2020 dans le Wisconsin, des fonctionnaires ont pris part à un trafic de bulletins de vote et ont utilisé des boîtes de dépôt pour les bulletins de vote par correspondance, ce qui a été jugé par un juge comme une violation des règles de l’État.

Au Michigan, cette organisation hautement partisane a directement affecté les règles de vote.

Le National Vote At Home Institute a concentré ses travaux de 2020 au Michigan sur son objectif principal d’augmenter le vote par correspondance de masse. 

Dans le Wisconsin, le chef d’État de NVAHI, Michael-Spitzer Rubenstein qui travaillait auparavant pour des campagnes politiques démocrates, a personnellement accédé aux bulletins de vote par correspondance, malgré les objections du greffier de Green Bay, Kris Teske.

Teske a ensuite démissionné en raison de la frustration suscitée par l’intervention électorale de groupes tiers comme CTCL (Zuckerberg) et NVAHI.

« Je ne sais plus quoi faire. J’essaie d’expliquer le processus, mais il n’est pas entendu »a déclaré Teske. “Je ne comprends pas comment des gens qui ne connaissent pas le processus peuvent nous dire comment gérer l’élection.”

Le mastodonte des médias sociaux, qu’est Facebook, et sa capacité à faire la police de la désinformation  a donc été au centre de cette ingérence électorale.

Pendant l’élection de 2020, Mark Zuckerberg, PDG de Facebook, a dépensé des centaines de millions de dollars pour inciter les électeurs démocrates probables à voter.

La censure des Big Tech, un danger pour la démocratie

Le problème des GAFAM est un peu différent de celui des médias plus traditionnels. Ils ont une ligne éditoriale et une pensée très clairement imposée par leurs propriétaires respectifs, bien qu’ils s’en défendent et prétendent militer pour la liberté d’expression, mais ils ne semblent jamais soumis à aucun contrôle de la part des États où ils sévissent.

De grandes sociétés privées peuvent-elles décider qui a le droit de s’exprimer et à quel sujet ? Sur sa censure, Jordan Bardella déclarait :

« Je n’ai rien publié qui pouvait prêter à la polémiqueLes réseaux sociaux se sont octroyé le droit de contrôler la parole publique. Après avoir censuré le Président des États-Unis, ils n’ont plus de limite. Nous entrons dans un climat de mise sous tutelle des libertés d’expression. C’est très inquiétant ! »

Jean-Luc Mélenchon alertait également :

« Aujourd’hui ce sont les interventions de Trump, demain ce sera peut-être autre chose. Nous avons devant nous ce danger, que les réseaux sociaux nous soient coupés à nous aussi ».

Comment cette censure a-t-elle été rendue possible ? Avant que les incidents du Capitole, le 6 janvier 2021, n’offre aux Gafam le prétexte qu’ils attendaient, il y avait bien eu déjà quelques alertes inquiétantes. Le 5 novembre 2020, alors que les Américains sont suspendus à leur poste de télévision pour savoir qui de Donald Trump ou de Joe Biden est le vainqueur de l’élection présidentielle, CBS, MSNBC, ABC News décident d’interrompre brutalement le discours du patron de la Maison-Blanche après que le président en exercice a évoqué une fraude électorale massive. Sur CNN, Anderson Cooper, l’un des journalistes vedettes de la chaîne d’information en continu, se déchaîne en direct : « Voici le président des États-Unis. Voici la personne la plus puissante du monde. Il nous apparaît comme une tortue obèse renversée sur le dos, qui se débat sous le soleil brûlant et qui comprend que son heure est venue. » Quant au modérateur de Twitter, il censure les tweets de Donald Trump au motif que les messages du président des États-Unis relèveraient de vulgaires fake news.

Le créateur de Facebook, le premier, retire au président des États-Unis le droit de publier des contenus sur sa plate-forme « jusqu’à ce que la transition pacifique du pouvoir soit terminée ». Twitter lui emboîte le pas et prive Donald Trump de toute expression publique sur son réseau social. Un bannissement permanent sans autre forme de procès.

Les « coups d’Etat » de la Silicon Valley sont récurrents et révèlent un mépris des oppositions et des démocraties.

En sélectionnant la parole politique, les opérateurs privés se comportent comme des autocrates. Ils sont un danger pour la démocratie.

Comment un sondage peut vous manipuler

Plus importante à l’occasion de l’élection présidentielle, l’influence des sondages s’exerce sur certains électeurs, la stratégie des acteurs politiques et la couverture médiatique.

Il est évident que les médias usent et abusent de sondages pour faire dire au peuple ce qu’il n’a jamais dit et lui faire croire n’importe quelle spéculation. Et nous voilà alors dans de la désinformation et la manipulation.

Pour les sondages, il s’agit de la fameuse preuve sociale. En nous inondant de statistiques auxquelles nous allons soit nous confronter (« je ne rentre pas dans la norme ») soit nous conformer (« j’appartiens bien à la norme »), les instituts de sondage et les commanditaires de ces sondages tentent de nous faire gober un message un peu indigeste.

L’influence des médias est extrêmement forte et manipule considérablement le choix des votants.

Les déterminants du vote sont multiples. Les enquêtes d’opinion semblent agir sur une partie des électeurs qui, tels des stratèges, cherchent à peser le plus possible sur l’issue du scrutin.

Les sondages électoraux sont au cœur de la couverture médiatique. Télés, radios et presse écrite se regroupent pour acheter des études qui deviennent la matière première du commentaire électoral. Cela incite à rendre compte de la campagne dans le registre particulier de la « course de chevaux ». La campagne électorale est décrite un peu à la manière dont un commentateur décrit une course hippique. Cela ne contribue pas à relever la confiance en l’élection et dans la politique. Ce registre contribue à marginaliser le débat sur les enjeux et les projets. Il renforce aussi la personnalisation de la compétition dans la logique d’une sorte de série télévisée.

L’importance croissante des sondages durant les campagnes électorales, notamment à travers l’émergence des rolling (enquêtes quotidiennes), influencerait-elle si fortement le choix des électeurs qu’elle en viendrait à le fausser ? Une enquête Ifop pour le Syntec menée lors de la campagne présidentielle de 2012 avait révélé que les trois quarts des personnes interrogées considéraient que les sondages d’intention de vote influençaient le choix des Français, mais dans le même temps seuls 13 % estimaient que ces enquêtes influaient leur propre choix électoral.

Ce hiatus spectaculaire sur le mode « l’influence, ce n’est pas moi, c’est les autres » ne doit pas occulter le fait que plus d’un électeur sur dix admettait être influencé par les sondages pour voter. Les résultats électoraux très serrés passés (défaite de Lionel Jospin en 2002 à 180 000 voix près, voire celles de François Fillon ou Jean-Luc Mélenchon en 2017) pourraient alors légitimer cette critique sur des sondages à l’influence démesurée sur l’électorat.

De même qu’un manager va faire évaluer l’efficacité de sa publicité via les médias par les instituts de sondage, le pouvoir politique, pour évaluer l’impact de ses argumentaires diffusés à grande échelle par les médias, commandera-t-il un sondage pour évaluer l’impact de sa propagande. La démarche est la même pour certains organes de presse qui peuvent ainsi mesurer l’efficacité idéologique de leurs articles politiques.

Le timing du sondage a aussi beaucoup d’importance. Par exemple, si l’on veut détériorer l’image d’un acteur politique, il est nécessaire d’organiser un sondage peu de temps après la tenue de propos qui peuvent le discréditer.

Les informations obtenues, dont la diffusion publique est très minoritaire, sont stockées dans d’immenses banques de données et peuvent être utilisées à des fins très diverses : du simple objectif commercial de vendre un produit efficacement à un objectif de manipulation de masse des esprits en vue de conquérir ou de conserver le pouvoir. Et dans ce cas, les sondages sont des instruments de pouvoir.

Il n’est pas nécessaire d’avoir lu Foucault ou Deleuze pour comprendre que ce maillage des esprits peut être un redoutable outil de contrôle social dans une société très autoritaire.

Quels sont les effets des sondages sur une élection ?

Depuis soixante ans, les sondages d’opinion jouent un rôle primordial et controversé dans le déroulement des campagnes électorales. Leur multiplication pour l’élection présidentielle 2022 s’explique par l’utilisation d’Internet et par la nécessité des chaînes d’information de nourrir leurs émissions en continu.

L’influence des sondages en politique peut être comparée à la théorie des « réponses cognitives ». Celle-ci montre que les opinions des autres comptent dans les prises de position individuelles sur des candidats ou des enjeux. En clair, les opinions d’une personne peuvent changer quand elle connaît celles des autres. La personne penche vers des arguments qui ne lui seraient jamais venus à l’esprit en temps normal ; elle s’interroge sur les raisons qui expliquent que tant de citoyens favorisent un candidat ; elle trouve des raisons pour le soutenir à son tour. Cette théorie offre une explication convaincante du comportement des individus moyennement impliqués vis-à-vis d’un enjeu, ce qui est souvent le cas pour une partie des citoyens lors d’élections.

Deux effets des sondages ont été beaucoup étudiés par les sociologues et les chercheurs en marketing politique : l’effet bandwagon et l’effet underdog.

Les études sociologiques menées aux Etats-Unis indiquent que les sondages peuvent avoir deux effets.

D’abord, un effet bandwagon qui renforce le candidat donné en tête. Auréolé de son statut de leader, celui-ci parvient à attirer de nouveaux électeurs qui, par conformisme, veulent suivre le plus fort […].

Par exemple, en 2017, nombre d’électeurs de gauche ont préféré voter pour Emmanuel Macron parce qu’arrivant en tête dans les sondages, il était plus susceptible de battre le candidat de droite.

Mais il existe aussi l’effet inverse avec l’effet underdog. Là, le candidat qui est donné battu suscite la compassion de certains électeurs qui vont alors rallier son camp.

En 1995, aucun institut de sondage n’avait prévu l’arrivée en tête de Lionel Jospin au premier tour, devant Jacques Chirac et Édouard Balladur (le favori éliminé). Cette surprise s’explique en partie par la crainte d’une partie de l’électorat, alimentée par les enquêtes d’opinion, de voir la gauche absente du second tour.

Les électeurs qui s’intéressent le plus à la politique sont ceux qui sont le moins susceptibles de changer d’avis. En revanche, les sondages influencent énormément les médias et les journalistes se basent sur les enquêtes pour opérer inconsciemment (ou pas) un « cercle des éligibles ». La majorité de leurs articles sera focalisée sur les favoris, réduisant de fait la portée médiatique des autres candidats. Les sondages influencent avant tout le cercle politico-médiatique qui, lui, va influencer les électeurs. Le processus est tout à fait indirect.

Des instituts de sondage influenceurs de la macronie ?

Le bateau est en train de chavirer, mais comme par hasard, les instituts de sondage nous disent que tout va très bien chez MacronLand et que le Président sans programme et sans campagne fleurte avec les 30 % d’intentions de votes.

En effet, au moment où la France traverse une crise politico-sociale sans précédent marquée par une indignation populaire sur McKinsey, à la mauvaise gestion de la crise sanitaire ou la restriction des libertés individuelles, les instituts de sondage nous disent que la cote de confiance du plus jeune président de la Vème République est en hausse.

C’est assez inquiétant de constater le matraquage (près de 5 sondages journaliers) auquel les instituts de sondage font usage ces dernières semaines pour redorer le blason d’Emmanuel Macron, d’autant plus que beaucoup de Français restent convaincus que ces sondages ne reflètent pas la réalité.

En pleine crise, alors que les Français, dans leur immense majorité, exigent des décisions démocratiques fortes, il est urgent de demander des comptes aux instituts de sondage. Pour qui roulent-ils? Qui les détiennent? Quels sont les liens qui existent entre eux et le pouvoir? Et combien sont-ils payés pour manipuler l’opinion publique?

Par exemple, Harris Interactive et ses pratiques malsaines ont été dénoncées en 2011 par Médiapart. En effet, d’après le site d’investigation, Harris “payait” les sondés. D’après la même source, une somme de 7 000 euros avait été offerte par l’institut à un participant à travers un jeu-concours. En réponse à Médiapart, Harris avait démenti la révélation parlant d’une simple incitation financière.

Il y a sans aucun doute une connivence indéniable entre le pouvoir et des manipulateurs d’opinions (grassement payés avec l’argent du contribuable) qui a atteint un niveau d’indécence indigne d’une démocratie.

Parlons du « principe d’équité » mis en place par l’Autorité de régulation de la communication audiovisuelle et numérique (Arcom), qui vise à répartir le temps de parole de chaque candidat en fonction de son “poids politique”. Derrière cette notion, sont pris en compte les résultats des anciens scrutins, le nombre d’élus de chaque parti, mais aussi les intentions de vote dans les sondages. Jean Lassalle, le 27 mars, a “cru comprendre qu’il s’agissait du fils de madame Macron qui règle les sondages”. De quoi crier à une “dictature molle”. Ce n’est pas la première fois que cette rumeur surgit, depuis l’élection de 2017, et la montée en flèche du candidat Emmanuel Macron dans les sondages, le fils de Brigitte Macron, Sébastien Auzière, a commencé à attirer l’attention.

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