Le directeur de l’OMS aurait dissimulé des épidémies en Éthiopie

De nationalité éthiopienne, Tedros Adhanom Ghebreyesus, n’est pas médecin, il a été élu Directeur général de l’OMS en mai 2017 pour un mandat de 5 ans par les États Membres de l’Organisation, lors de la Soixante-Dixième Assemblée mondiale de la santé. Depuis la création de l’OMS en 1948, c’est le premier de la Région africaine à remplir les fonctions de chef du principal organisme de santé publique dans le monde. Sa biographie sur le site de l’OMS fait l’éloge d’un grand professionnel, mais que sait-on de cet homme au passé politique tumultueux ?

La note bibliographique de l’OMS l’encense : « Lorsqu’il était ministre de la Santé (en Ethiopie), entre 2005 et 2012, il a mené une réforme complète du système de santé, renforcé les bases de la couverture sanitaire universelle et élargi l’accès aux services pour tous, y compris dans les zones les plus reculées du pays. Sous sa direction, l’Éthiopie a investi dans ses infrastructures de santé, mis au point des mécanismes innovants de financement de la santé et étoffé ses personnels de santé. La création d’un programme de vulgarisation pour les soins de santé primaires, qui a permis de déployer 40 000 agents de santé féminins dans tout le pays […]. Entre autres résultats significatifs, on peut noter que la mortalité infantile et maternelle a reculé d’environ 60 % par rapport aux niveaux de 2000 ». Il s’agit ici d’un effet de vitrine dont on peut facilement comprendre qu’il n’a rien d’objectif. La réalité est un peu plus nuancée.

Tedros, homme politique avant tout

Le site d’information italien Corvelva est un peu moins élogieux : Tedros est membre du « Front de libération du peuple tigré » (TPLF en anglais). Le TPLF a été classé comme organisation terroriste par le gouvernement des États-Unis dans les années 1990 et est toujours répertoriée aujourd’hui dans la base de données américaine des organisations terroristes.

Le TPLF se revendique comme un parti révolutionnaire communiste, Tedros a mené une campagne de guérilla contre la dictature de Mengistu, puis a formé une coalition avec deux partis ethniques après son exil. Il est originaire de la région du Tigré (ethnie minoritaire de 6% de la population éthiopienne et opposant au régime) dans un pays comptant de nombreuses ethnies, il a intégré le TPLF comme haut responsable après la destitution de Mengistu. Tigraionline l’a identifié comme troisième membre le plus important du comité permanent du bureau politique, ses fonctions au parti sont plus larges que celles de son mandat de ministre de la Santé de 2002 à 2012. En 2020, il est suspecté de « fournir des armes au Front de libération du peuple tigréen (TPLF), qui tient d’une main de fer cette région du nord de l’Ethiopie et défie le gouvernement fédéral depuis des mois ».

Un bilan controversé

Tedros était ministre de la Santé à une époque où le régime était accusé de cacher des épidémies. Une épidémie de choléra s’est propagée dans la région en 2007, touchant des milliers de personnes dans les pays voisins. Au moment de l’épidémie en Éthiopie, le gouvernement a simplement renommé l’épidémie “diarrhée aqueuse aiguë” (AWD). Les organisations internationales ont été mises sous pression pour éviter de la définir en tant que choléra (bien que les Nations Unies aient identifié le virus infecté). Les fonctionnaires ont reçu l’ordre de ne pas révéler le nombre de personnes infectées.

En 2012, il a été nommé ministre des Affaires étrangères et a immédiatement réprimé les journalistes et les opposants au gouvernement, y compris une tentative d’extradition de ceux qui ont fui en exil au Yémen. Les deux pays ont également entamé des négociations pour traquer et expulser les dissidents du Yémen et les emprisonner en Éthiopie.

La Fondation Bill & Melinda Gates aurait joué un rôle important pour promouvoir Tedros au poste de directeur de l’OMS. Après les investissements massifs de Gates dans des programmes de santé en Éthiopie, par ailleurs facilités par Tedros, la fondation a voulu promouvoir des programmes similaires à l’échelle mondiale et a fait don de milliards à l’OMS à cette fin.

Il n’était pas nécessaire d’attendre la nomination de Tedros pour comprendre que l’OMS est avant tout une organisation politique avant d’être une organisation de santé publique. Sans les soutiens de la troïka mondialiste, il est certain que Tedros n’avait aucune chance d’arriver à la direction de l’OMS, c’est un homme de paille qui ne reculera cependant pas devant les instructions qui lui seront transmises, notamment dans le cadre de la politique mensongère autour du Covid.

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4 commentaires
  1. S’il est tout à fait vraie qu’une épidémie de choléra à été amoindrie par l’euphémisme de “diarrhée aqueuse aiguë” durant la période durant laquelle le Dr. Todros Adhanom était ministre de la santé en Éthiopie, il reste que les avancées en matière de santé publique durant les années du gouvernement du TPLF (en vérité, de la coalition EPRDF), n’ont jamais été égalées depuis (et ne le seront sans doute plus jamais, puisque le pays s’enfonce chaque jour en peu plus dans la guerre civile et la gabegie).

    Ces avancées en matière de santé publique sont (étaient ?) très réels, et devaient sans doute beaucoup aussi à l’implication des ‘partenaires en développement’ (dont la Fondation… Gates). L’Éthiopie a été, durant quelques années, un bel exemple de ce que des dollars et une motivation politique forte, peuvent accomplir pour une population pauvre, sans moyens et sans services de santé.

    Un homme de paille de Bill Gates, le Dr. Todros, alors ? Probablement, oui (et des Chinois surtout, mais c’est une autre histoire). Mais quant à l’accusation d’avoir fourni des armes en 2020 au TPLF, c’est une plaisanterie de mauvais goût, qui trouve son origine dans la propagande simpliste du gouvernement éthiopien en place à l’heure actuelle. Et les Américains n’ont certainement pas mis le TPLF sur une liste d’organisations terroristes dans les années 90… puisque c’est eux-mêmes qui avaient placé cette organisation aux commandes de l’Éthiopie, en 1991, et que le gouvernement issu du TPLF est resté un des meilleurs alliés des USA dans la région, deux décennies durant.

    On peut ne pas avoir confiance dans le bon docteur Todros Adhanom… (et ne pas aimer ce que fait l’OMS depuis deux ans), mais si l’on veut que ces critiques restent crédibles, il ne faut pas verser dans les approximations hasardeuses.

    Yves-Marie Stranger
    (auteur de Un Galop en Éthiopie)

  2. Mr. Stranger (j’aime ce pseudo!)
    Comme la princesse D. aurait pu le dire: “dollars + bienveillance = que du bonheur”
    mais qui dit dollar dit : développement ou arrivée de chacals, hyènes, vautours, (armes, vaccins, etc)
    donc, les bourgeoises occidentales en mal de charité type ONG, feraient mieux de rouler leurs liasses de billets et de se les carrer dans le ….
    et le monde , surtout les pauvres nécessiteux désignés comme tels, se porteraient beaucoup mieux….

    1. Bonjour Akim,

      Je ne suis pas loin de partager votre sentiment (en général).

      Mais si l’Éthiopie est/était loin d’être… une utopie, ce qui a caractérisé le pays dans les trois décennies du régne TPLF/EPRDF (91-2018), a été des avancées considérables dans une santé de promixité qui a eu un impact direct sur la vie des gens au jour le jour (soin des mères, des nourrissons…). Et aussi dans l’éducation, les transports… C’est cette capacité de l’état à mettre en place une politique volontariste qui a ouvert toute grandes les vannes de l’aide internationale à l’Éthiopie, et lui a donné l’image de la ‘Chine de l’Afrique’, telle que colporté par des médias comme The Economist. C’est époque est révolue, et le pays est entré dans une nouvelle ére, descendante.

      Jusqu’en 2018, si beaucoup de ces avancées ont été financées par une floppée d’organismes humanitaires, le gouvernement éthiopien a la plupart du temps maintenu son pouvoir décisionel. En d’autres termes, L’Éthiopie a toujours su garder le beurre et l’argent du beurre… ou, accepter le beurre et garder… ses birrs* (et le sourire des ‘partenaires en developement’ !), chose quasi impossible pour la plupart des pays, qui tombent alors sous le contrôle de l’étranger, et des intérêts publique-privés internationaux.

      *le birr (prononcé… beurre), est le nom de la monnaie éthiopienne.

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