[PAYANT] Victoire de Macron : chronique d’une Grande Sécu annoncée

La victoire d'Emmanuel Macron donne le coup d'envoi à une nouvelle séquence politique qui devrait faire tomber pas mal de masques. Selon toute vraisemblance, au-delà ou malgré les déclarations complaisantes sur le "changement de méthode", le nouveau quinquennat s'annonce à la fois autoritaire et "social"... au sens d'une étatisation grandissante de la "protection" apportée par l'Etat. Pour la sécurité sociale, l'ère d'une nouvelle extension commence probablement.

La réélection d’Emmanuel Macron pose un problème de taille. Le nouveau Président a, selon le ministère de l’Intérieur, remporté un peu moins de 19 millions de voix, soit deux bons millions de moins qu’en 2017. Il se situe en recul de 10% par rapport à son résultat précédent, alors même qu’au premier tour, il avait progressé d’1 million de voix. 

Autrement dit, la victoire d’Emmanuel Macron repose sur une base démocratique fragile, et son salut aux législatives ne pourra venir que de là où se trouve son ultime réservoir de voix : de la gauche. 

Macron, prisonnier de la réforme des retraites

Pour comble de malheur, Emmanuel Macron s’est engagé sur une réforme des retraites à 65 ans, à propos de laquelle il pourra difficilement manger son chapeau. Cette réforme est contestée à la fois par Marine Le Pen, sa rivale du second tour, et par Jean-Luc Mélenchon qui s’est d’ores et déjà lancé dans la course aux législatives. 

Foulant allègrement aux pieds la promesse du Président à peine réélu sur un changement de méthode pour gouverner, Bruno Le Maire n’a pas hésité à expliquer à la radio, dès potron-minet, que le gouvernement pourrait utiliser le 49-3 pour faire adopter cette réforme controversée. 

On mesure l’impopularité sociale à laquelle Macron se promet avant même que son nouveau mandat n’ait commencé. 

Et pourtant, c’est à gauche que se trouve la réserve de voix pour conquérir une majorité à l’Assemblée. Donc, il va falloir offrir des compensations…

La Grande Sécu, une contrepartie idéale pour séduire les mélenchonistes

Malgré la réforme des retraites, Macron sera donc bien obligé de donner des gages sociaux. Et il se trouve qu’il a sous la main le laborieux rapport du Haut Conseil à l’Avenir de l’Assurance Maladie (HCAAM) qui lui propose de nationaliser complètement la protection sociale en matière de santé, pour les dépenses hospitalières, en tout cas. 

L’occasion est trop belle : pour se refaire une virginité politique, Emmanuel Macron pourrait rapidement annoncer urbi et orbi qu’il réduit comme peau de chagrin le domaine des assureurs privés, taxés de tous les maux, et qu’il épanche celui du gentil Etat protecteur qui a sauvé les Français à coup de vaccins contre les horribles complotistes d’extrême-droite. 

Le mouton échappe au loup pour mieux être dévoré par le berger

De nombreux assureurs santé ont appelé, durant l’entre-deux-tours, à faire barrage au Rassemblement National. C’est notamment le cas du Président de la FNMF. 

Le retournement de situation serait cocasse. Car il est sûr que les ennemis du fascisme ne seront pas mangés par le loup brun dans les semaines qui viennent. 

En revanche, ils pourraient bien servir de plat de résistance au berger affamé. 

Nous n’en doutons pas : les salariés mis au chômage grâce à ce choix tactique apprécieront. 

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5 commentaires
  1. En plein dans la cible le missile Kalibr. 🎯 Bien vu maqueron. Encore plus de déclassement pour petits bourgeois progressisses. Bientôt les chèques carburant pour aider les papiers coloriés qu’on appelle l’euro.

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