Guerre d’Ukraine – Jour 65 – L’OTAN fait pression sur la Roumanie pour ouvrir un front en Transnistrie

Alors qu'elle a entamé son troisième mois, la guerre d'Ukraine comporte toujours un grand risque d'escalade entre les Etats-Unis et la Russie. Se rendant compte que l'armée ukrainienne est condamnée à perdre la guerre, les Etats-Unis et la Grande-Bretagne essaient de conjurer l'inévitable en organisant en Allemagne, sur la base militaire de Ramstein, un sommet de coordination des livraisons d'armes. En fait, ces acheminements auront de plus en plus de mal à arriver à leurs destinataires du fait de la destruction des voies ferroviaires et, plus généralement, de l'intensification des frappes balistiques de précision sur les dépôts pétroliers, les entrepôts d'armes et de véhicules blindés - sans oublier la corruption endémique du pays qui fait qu'une partie des armes livrées sont revendues. Pris dans une tenaille de plus en plus serrée (frappes de missiles à l'ouest du pays et offensive du Donbass à l'est), le gouvernement ukrainien semble essayer d'ouvrir un autre front, en Transnistrie - éminemment dangereux puisque la Roumanie, membre de l'OTAN, et l'Ukraine enserrent ce petit territoire où se trouvent des troupes russes dédiées au maintien de la paix. Comme le dit l'une de nos sources, le conflit semble devenir une "guerre d'usure". Mais contrairement à ce qu'avaient espéré les Occidentaux, la Russie tient le choc des sanctions; donc la prolongation de la guerre ne sert plus qu'à une chose, conduire, lentement mais sûrement, le pays à une partition de fait, le long d'une ligne qui va de Kharkov à Odessa

Carte des frappes russes sur des sous-stations électriques des chemins de fer ukrainiens

La Bataille d’Ukraine 

A partir de Southfront.org (voir la vidéo pour des cartes détaillées): 

En date du 29 avril, l’armée russe et les forces armées de la République populaire de Donetsk (RPD) et de la République populaire de Lougansk (RPL) poursuivent leur progression régulière aux dépens des troupes de Kiev dans la région du Donbass.

Au sud de la région de Kharkov, autour de la ville d’Izioum, des combats intenses se poursuivent sur toute la ligne de front. Les unités russes progressent vers la route Barvenko-Slaviansk. 

Les forces de Kiev continuent de retirer leurs unités de la tête de pont restante sur la rive gauche de la rivière Severski Donets. Depuis la zone de Liman-Iampol et la région de Severodonetsk, elles tentent de conserver leurs positions les plus avancées à l’est, entre Severodonetsk et Popasnaya, où de violents affrontements se poursuivent.

Sur la ligne de front près de Severodonetsk et Popasnaya, les militaires russes et les forces de la RPD poursuivent leur avancée. Cependant, les forces de Kiev font preuve de résistance. Les gains russes sont réels mais lents.

Près de Donetsk, le principal point chaud est la zone située au nord d’Avdeïevka, où les forces de la RPD ont remporté des succès tactiques. Cinq civils ont été tués et 21 autres blessés, dont deux mineurs, à la suite d’une attaque des forces de Kiev avec des lance-roquettes BM-21 Grad sur le quartier Kirov de Donetsk.

Le 28 avril, des missiles russes ont détruit les installations de l’entreprise Artiom, spécialisée dans les fusées et l’industrie spatiale, dans la ville de Kiev. Ceci s’est passé alors que le secrétaire Général de l’ONU, Antonio Guterres se trouvait à Kiev. Façon pour Vladimir Poutine de rappeler qu’il mène la guerre en même temps qu’il est prêt à négocier la paix.  

Des missiles Kalibr basés en mer ont détruit trois sous-stations électriques de traction dans les zones des nœuds ferroviaires de Fastov, Krasnoselka et Polonnoye.

Dans la nuit, l’aviation opérationnelle-tactique et l’aviation de l’armée de terre ont frappé 112 équipements militaires des forces de Kiev. Parmi eux : 95 rassemblements de main d’œuvre et d’équipements militaires.

Selon le ministère russe de la Défense, environ 500 militaires ukrainiens, 59 véhicules blindés, des affûts d’artillerie et des voitures ont été détruits, ainsi que plus de 60 combattants de la formation nationaliste Donbass près de Roubtsi sur le territoire de la République populaire de Donetsk.

En outre, deux systèmes de défense antiaérienne Buk-M1 et Osa AKM ont été détruits près de Veseloïe et Prishib, ainsi que deux dépôts de munitions près de Novoselovka et Slaviansk.

Les troupes russes de missiles et d’artillerie ont également effectué 1299 frappes le 28 avril. 975 frappes supplémentaires ont été effectuées de nuit. Au moins 58 postes de commandement, 183 points forts des troupes ukrainiennes, 1746 rassemblements de personnel et d’équipements militaires, 246 positions de l’artillerie ukrainienne et 21 dépôts de munitions ont été touchés.

En outre, deux systèmes de missiles anti-aériens ukrainiens S-300, un lanceur de missiles tactiques Tochka-U et une station de guerre électronique ont été détruits près de Barvenkovo. 

Dans le même temps, les moyens de défense aérienne russes ont abattu 13 drones ukrainiens, dont le “Bayraktar-TB2″, à la frontière russo-ukrainienne, dans la région de Novovodiannoïe”.

L’impression générale qui se dégage chez de nombreux observateurs est celle d’une inévitable victoire russe. Elle expliquerait la précipitation avec laquelle les Américains ont décidé d’envoyer du matériel plus moderne à l’Ukraine. Cela expliquerait aussi la tentation apparente de déclencher une opération de l’OTAN en Transnistrie

Une vidéo représentative de l’armée ukrainienne? 

Toujours sur le site de Southfront.org, qui abonde en vidéos, on en trouve une où des soldats ukrainiens se plaignent d’avoir été abandonnés par leur commandement.  

Nous sommes des militaires de la 79e Brigade, 2e et 3e bataillons. Nous sommes situés dans le village de Yampol.

Nos commandants nous ont conduits dans la forêt pour creuser, nous avions deux ou trois pelles pour beaucoup de gens… nous avons été attaqués – nous n’avons même pas eu le temps d’attacher une baïonnette.

Nous sommes restés là pendant 5-6 jours, et les commandants nous ont abandonnés… Et maintenant, on nous fait déserter pour le fait que nous avons survécu… Il y a encore beaucoup de cadavres qui gisent là, dans ces fosses.

Je demande votre attention, surtout les volontaires qui nous aident, les officiers qui nous ont abandonnés – nous avons appelé l’artillerie, et il n’y avait rien – aucune aide.

Nous avons été battus par l’aviation – pas de défense aérienne. Nous avons été stupidement jetés pour la viande. Alors nous sommes sortis et avons demandé à l’aîné – c’était un commandant de brigade adjoint ou un commandant de bataillon – Comment ça se passe ? Il a dit : “Mike, le commandant de la DSHV (brigade d’assaut), a donné l’ordre d’aller au corps à corps sur les chars..”

Par conséquent, nous faisons appel à vous – Aidez-nous, car nous sommes considérés comme des déserteurs… Nous sommes jugés comme des ennemis, des déserteurs qui ont quitté le champ de bataille. Nous n’avons pas quitté la bataille – nous avons décidé de survivre.

Nous avons mené le combat, avec des machines automatiques contre les blindés, et ceux qui étaient encore en vie sont sortis vivants du chaudron. Les 70% restants de nos gars sont étendus dans les bois, des cadavres.

Outre le fait qu’ils veulent nous rendre coupables de tout – nous pensons que nos commandants sont coupables, probablement le général de secteur, qui – je ne sais pas. Nous demandons à être emmenés à Mykolaiv, car un assaut s’y prépare. Ils ont décidé de nous laisser ici parce qu’ils veulent nous achever pour que vous ne sachiez pas la vérité.

Les 95ème et 79ème brigades sont séparées. Les gens (le personnel) – nous sommes des réservistes, il y a des militaires sous contrat, quelques personnes, mais nous ne citerons pas de noms. Même les militaires sous contrat comprennent que c’est un cul. Nous avons été jetés en pâture.

…Les officiers fuient le champ de bataille. Pensez-y, parce que sinon, ils nous mettront en prison.

Une heure avant la percée, nos officiers ont quitté le poste de commandement et nous ont abandonnés. Quand la percée est arrivée, on a demandé du soutien, ils ont dit : “occupez une défense circulaire”, alors qu’ils n’étaient plus au KSP (poste de commandement et d’observation). Quand on est allé au KSP, le KSP était déjà vide. Un char contre trente, et nous sommes sortis par groupes de 2, 3, 5 personnes. Quand nous sommes arrivés à la deuxième ligne, il n’y avait personne qui était censé nous couvrir.

On n’abandonne pas, on veut se battre, mais pas dans la 75e brigade d’assaut.

…Nous ne pouvons pas nous battre alors que les blessés sont abandonnés, les officiers s’enfuient en voiture, ils ne veulent même pas ramasser les blessés – c’est une honte. De telles personnes – ne sont pas des officiers – ce sont des chacals“.

La crise du monde occidental

+ Ci-dessus, un montage photo humoristique en Australie sur les “bushmasters” envoyés en Ukraine et qui ont toutes les chances de finir soit détruits par un missile russe soit dans le stock de l’armée russe. 

Il est par ailleurs assez cocasse de constater que des gouvernements obsédés par le changement climatique n’hésitent pas à brûler du kérosène sans compter pour envoyer du matériel militaire en Ukraine. 

+ “Mais vous ne vous rendez pas compte….”. Le très macronien Figaro, qui a abandonné depuis longtemps la citation de Beaumarchais qui ornait son exergue (“sans la liberté de blâmer, il n’est point d’éloge flatteur”) redécouvre le réel. Un reportage sur ces familles qui ont accueilli des Ukrainiens en imaginant que c’était pour quelques jours…. Décidément, l’Occident, à l’occasion de la guerre en Ukraine, sort du déni de réalité. Loin de l’opposition abstraite entre des médias entre les “pro” et les “anti”, il y a une réalité simple: accueillir des réfugiés, c’est un énorme effort, qui doit être mené, financé, accompagné dans la durée. Les gouvernants occidentaux ont le dilettantisme  qui caractérise souvent les gens “très riches” pour parler comme François Hollande. Ils  prennent, pour les autres, des engagements qui ne sont pas tenables. C’est tout à fait irresponsable de ne pas tout faire immédiatement pour arrêter cette guerre par la négociation.  

+ En deux mois de guerre, l’Union Européenne a importé pour 43 milliards d’hydrocarbures de Russie. 

+L’Allemagne soutient les demandes de sanctions sur les importations de Russie d’uranium — Politico, citant cinq diplomates européens anonymes. Cette décision pourrait porter atteinte à l’approvisionnement en uranium des réacteurs de l’UE construits par la Russie, ainsi qu’aux nouveaux projets nucléaires Selon les  diplomates, les sanctions contre l’industrie nucléaire russe ont été discutées lors d’une réunion avec les ambassadeurs de l’UE et de la Commission en début de semaine, la Pologne et les États baltes étant à l’origine des appels à l’action

+ Une gigantesque pression est exercée sur les parlementaires moldaves pour qu’ils acceptent de laisser passer des troupes roumaines vers la Transnistrie. 

+ Pendant que les Roumains et les Moldaves sont soumis à chantage par Washington pour envisager une opération contre la Transnistrie et que les dirigeants polonais rêvent d’annexer la Galicie orientale, la Biélorussie masse quelques troupes à la frontière avec la Pologne

+ La propagande occidentale a décidé que le pilote ukrainien imaginaire qui avait abattu 40 avions russes était mort au combat écrasé par une force ennemie supérieure! Le récit s’adapte au réel!

Le nouvel équilibre des puissances

+ Quelle tristesse pour la France et pour les pays de l’Union Européenne que ce soit la Chine totalitaire qui dise les choses: “Les États-Unis portent une responsabilité indiscutable dans le début de la crise en Ukraine” -(un porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères).  

+ Quelle sera la portée de l’argumentation russe, telle qu’exprimée par Sergueï Lavrov sur le média Al-Arabiya: “Il est évident que les tentatives de l’Occident collectif d’interférer avec le cours naturel de l’histoire, de résoudre ses problèmes aux dépens des autres, sont vouées à l’échec. Le monde d’aujourd’hui a plusieurs centres de décision, il est multipolaire. Nous voyons comment les États d’Asie, d’Afrique, d’Amérique latine se développent de manière dynamique. Une réelle liberté de choix se dessine pour chacun, y compris en matière de modes de développement et de participation aux projets d’intégration. Notre opération militaire spéciale en Ukraine contribue également au processus de libération du monde de l’oppression néocoloniale de l’Occident, fortement impliquée dans le racisme et le complexe d’exclusivité“? 

Essayons de nous mettre dans l’état d’esprit de beaucoup de dirigeants et de sociétés du monde: 

  • Depuis 1991, les Etats-Unis ont bombardé et disloqué des Etats qui résistaient à l’ordre washingtonien. 
  • La Russie est – après la Syrie grâce au soutien de la même Russie – le premier Etat qui résiste victorieusement à l’ordre américain. Admettons même que les Russes puissent être unilatéralement considérés comme les agresseurs dans ce conflit ukrainien. La plupart des pays non occidentaux n’en tiendraient même pas compte tellement le passif américain est lourd. 
  • Le prochain G20 se tiendra en Indonésie….où Kadyrov combattant musulman considéré comme le libérateur de Marioupol est devenu un véritable héros. quand donc les Etats-Unis ont demandé au président américain de ne pas inviter la Russie au prochain G20, ils ont été poliment éconduit. Poliment puisque l’Indonésie accepte finalement d’inviter Zelenski. 

En somme, il se pourrait qu’avec leur réputation d’être patauds en communication, les Russes soient en fait en train de gagner la bataille de l’opinion mondiale. Si notre analyse est confirmée, on peut dire que le discours occidental n’aura plus qu’un effet: éviter les divergences d’opinion trop visibles en Amérique du Nord et dans l’Union Européenne. 

Ce que fait Lavrov, avec une fausse ingénuité, c’est de retourner contre les Occidentaux le discours sur la diversité des cultures:

Aujourd’hui, nous ne parlons pas d’une nouvelle “guerre froide”, mais, comme je l’ai déjà noté, de la volonté persistante de Washington et de ses satellites, qui s’imaginent être les “arbitres du destin de l’humanité”, d’imposer un modèle américano-centrique de l’ordre mondial. On en est arrivé au point où la minorité occidentale tente de remplacer l’architecture centrée sur l’ONU et le droit international formés après la Seconde Guerre mondiale par son propre “ordre fondé sur des règles”. Ces règles sont écrites par Washington et ses alliés eux-mêmes, puis imposées à la communauté internationale comme étant contraignantes.

Il faut comprendre que les États-Unis poursuivent cette ligne destructrice depuis plus d’une décennie. Il suffit de mentionner l’agression de l’OTAN contre la Yougoslavie, l’attaque contre l’Irak, la Libye, la tentative de destruction de la Syrie, les “révolutions de couleur” orchestrées par les capitales occidentales dans un certain nombre de pays, dont l’Ukraine. Tout cela a coûté des centaines de milliers de vies, a conduit au chaos dans diverses régions de la planète.

Ceux qui suivent une voie indépendante en matière de politique intérieure et étrangère, les Occidentaux tentent de les supprimer par les méthodes les plus brutales. Et pas seulement la Russie. Nous voyons comment la “pensée en bloc” est imposée dans la région Asie-Pacifique. Qu’est-ce que la stratégie dite indo-pacifique promue par les États-Unis, qui a une orientation anti-chinoise prononcée. Dans l’esprit de l’archaïque doctrine Monroe, les États-Unis cherchent à dicter comment et selon quelles normes l’Amérique latine doit vivre. Cela explique les nombreuses années d’embargo commercial illégal contre Cuba, les sanctions contre le Venezuela, les tentatives de “faire vaciller” la stabilité au Nicaragua et dans certains autres pays. Dans le même ordre d’idées, et la pression continue sur le Belarus. Cette liste peut être poursuivie.

De toute évidence, les tentatives de l'”Occident collectif” d’entraver le cours naturel de l’histoire, de résoudre ses problèmes aux dépens des autres, sont vouées à l’échec. Le monde d’aujourd’hui possède plusieurs centres de décision, il est multipolaire. Nous voyons comment les Etats d’Asie, d’Afrique et d’Amérique latine se développent de manière dynamique. Chacun dispose d’une réelle liberté de choix, notamment en ce qui concerne les modes de développement et la participation aux projets d’intégration. Notre opération militaire spéciale en Ukraine contribue également au processus de libération du monde de l’oppression néocoloniale de l’Occident, fortement mêlée de racisme et d’un complexe d’exclusivité.

Plus tôt l’Occident acceptera les nouvelles réalités géopolitiques, mieux ce sera pour lui-même et pour l’ensemble de la communauté internationale”.

+ Selon la Banque Mondiale

La guerre en Ukraine a provoqué un choc majeur sur les marchés des produits de base, modifiant les structures mondiales du commerce, de la production et de la consommation de telle sorte que les prix resteront à des niveaux historiquement élevés jusqu’à la fin de 2024, selon le dernier rapport de la Banque mondiale sur les perspectives des marchés des produits de base.

L’augmentation des prix de l’énergie au cours des deux dernières années a été la plus importante depuis la crise pétrolière de 1973. Les hausses de prix des produits alimentaires – dont la Russie et l’Ukraine sont de grands producteurs – et des engrais, qui dépendent du gaz naturel comme intrant de production, ont été les plus importantes depuis 2008.

“Dans l’ensemble, il s’agit du plus grand choc de produits de base que nous ayons connu depuis les années 1970. Comme c’était le cas à l’époque, le choc est aggravé par une recrudescence des restrictions au commerce des denrées alimentaires, des carburants et des engrais”, a déclaré Indermit Gill, vice-président de la Banque mondiale chargé de la croissance équitable, des finances et des institutions. “Ces développements ont commencé à faire planer le spectre de la stagflation. Les responsables politiques doivent saisir toutes les occasions d’accroître la croissance économique au niveau national et éviter les actions qui porteront préjudice à l’économie mondiale.

Les prix de l’énergie devraient augmenter de plus de 50 % en 2022 avant de diminuer en 2023 et 2024. Les prix non énergétiques, notamment ceux de l’agriculture et des métaux, devraient augmenter de près de 20 % en 2022 et se modéreront également au cours des années suivantes. Néanmoins, les prix des produits de base devraient rester bien supérieurs à la moyenne des cinq dernières années. En cas de guerre prolongée ou de sanctions supplémentaires à l’encontre de la Russie, les prix pourraient être encore plus élevés et plus volatils que prévu actuellement.

En raison des perturbations du commerce et de la production liées à la guerre, le prix du pétrole brut Brent devrait atteindre une moyenne de 100 dollars le baril en 2022, son plus haut niveau depuis 2013 et une augmentation de plus de 40 % par rapport à 2021. Les prix devraient se modérer à 92 dollars en 2023 – bien au-dessus de la moyenne sur cinq ans de 60 dollars le baril. Les prix du gaz naturel (européen) devraient être deux fois plus élevés en 2022 qu’en 2021, tandis que les prix du charbon devraient être 80 % plus élevés, les deux prix atteignant des sommets historiques.

“Les marchés des produits de base subissent l’un des plus grands chocs d’approvisionnement depuis des décennies en raison de la guerre en Ukraine”, a déclaré Ayhan Kose, directeur du groupe Perspectives de la Banque mondiale, qui produit le rapport Perspectives. “L’augmentation des prix des denrées alimentaires et de l’énergie qui en résulte a un coût humain et économique considérable, et risque de freiner les progrès en matière de réduction de la pauvreté. La hausse des prix des produits de base exacerbe les pressions inflationnistes déjà élevées dans le monde entier.”

Selon les prévisions, les prix du blé devraient augmenter de plus de 40 % et atteindre un niveau record en termes nominaux cette année. Cela mettra la pression sur les économies en développement qui dépendent des importations de blé, notamment en provenance de Russie et d’Ukraine. Les prix des métaux devraient augmenter de 16 % en 2022 avant de s’atténuer en 2023, mais ils resteront à des niveaux élevés.

“Les marchés des produits de base subissent une pression énorme, certains prix des produits de base atteignant des sommets historiques en termes nominaux”, a déclaré John Baffes, économiste principal au sein du groupe Prospects de la Banque mondiale. “Cela aura des effets d’entraînement durables. La forte hausse des prix des intrants, tels que l’énergie et les engrais, pourrait entraîner une réduction de la production alimentaire, notamment dans les économies en développement. La moindre utilisation des intrants pèsera sur la production et la qualité des aliments, ce qui affectera les disponibilités alimentaires, les revenus ruraux et les moyens de subsistance des pauvres.””

La Banque Mondiale se trompe sur un point: la guerre d’Ukraine n’est pas à elle seule la cause de la crise. Les confinements liés au COVID-19 et la politique à tendance hyperinflationniste de Joe Biden avaient largement enclenché les problèmes ici désignés. La guerre d’Ukraine ajoute aux problèmes préexistants. C’est bien la raison pour laquelle l’Union Européenne est suicidaire de s’aligner comme elle le fait sur les Etats-Unis. 

Le duc de Richelieu (1766-1822), Gouverneur de Nouvelle Russie de 1803 à 1814. Ici sa statue face au port d’Odessa

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  1. Sur la guerre d’usure qui semble s’engager entre l’Ukraine et la Russie, il faut bien comprendre que nous n’allons pas assister à une guerre de tranchées. Ici, c’est juste les Russes qui usent les Ukrainiens. Si on fait un bilan à partir de toutes les informations collectées ça et là, et que nous y accordons crédit, nous avons d’un côté une armée ukrainienne qui a engagé toutes ses forces dont les réserves et a même vidé les prisons pour constituer des troupes. Cette armée semble avoir un commandement jusqu’à l’échelon bataillon particulièrement médiocre. Elle nécessite le soutien et le renforcement de troupes étrangères pour l’action sur le terrain et surtout, la fourniture constante de matériels et de munitions (point clef sur lequel je reviendrai). En face, il semblerait que la Russie n’a engagé que 10% de ses effectifs militaires et entre 5 et 7% de ses matériels (munitions comprises). En conséquence, quand l’armée russe avance prudemment, elle use effectivement l’armée ukrainienne mais s’use elle-même fort peu, voire pas du tout si on compare aux Ukrainiens. Ces derniers peuvent être plus ou moins bien fortifiés, quand ils manqueront de munitions ou d’armement (et ça peut arriver vite), ils ne vont pas lancer des cailloux mais devoir décrocher probablement sous le feu ennemi, et c’est une phase très périlleuse, ou s’ils sont fixés, ils n’auront plus qu’à périr ou se rendre (et je ne parle des ressources alimentaires et en eau). Toute la problématique pour les Russes est de couper tous les ravitaillements, de quelque nature qu’ils soient, aux forces “retranchées” ukrainiennes. Manifestement, ils en ont les capacités et semblent le faire très bien – même les Australiens l’ont compris. Si la logistique ukrainienne ne peut pas suivre, ces phases lentes et prudentes doivent permettre aux forces russes d’user la corde morale et physique des troupes ukrainiennes jusqu’à ce qu’elle craque. Cela pourrait être plus rapide que nous l’imaginons et nous pourrions voir des zones de front s’effondrer totalement.
    Pour la diversion en Transnitrie, il faut espérer que les dirigeants moldaves et roumains sont moins fous que Biden et ses conseillers. La Russie a les moyens de calmer les ardeurs dans ce coin sans que ça change grand-chose au Donbass mais quand des troupes de l’OTAN, imprudemment engagées, se seront faites étriller, que feront les dirigeants américains et européens ? Déclareront-ils la guerre à la Russie ? Nous sentons bien que les Américains cherchent à créer le prétexte pour provoquer cette guerre, puisque manifestement, ils n’arrivent toujours à pas liguer le monde contre la Russie, ils voient même le risque que certains de leurs clients-laquais pourraient se détourner d’eux. Opposés au monde multipolaire mais leur récit fantasmorique (le soft power, comme ils disent) fonctionnant de moins en moins bien, ils ne leur restent que la force (leur hard power, donc), surtout celle accumulée par des budgets militaires effarants, d’autant plus effarants que le déficit américain est abyssal mais camouflé par le dollar qui domine le monde, domination que l’action russe remet en cause.
    J’espère vraiment que nous n’aboutirons pas à cette guerre mondiale que ne semblent pas redouter les faucons de Washington, car, sans parler des horreurs que cela entraînerait, ça me ferait mal au ventre que mon pays s’engage dans une guerre contre la Russie par pure servilité à l’égard des Américains. Ces derniers sont persuadés d’avoir la meilleure armée du monde. Pourtant, vu leurs exploits ces trentes dernières années, il n’y a pas de quoi pavoiser, et au sol, on peut craindre le pire pour des troupes américano-otaniennes engagés face aux Russes.

    1. Concernant l’armement des troupes ukrainiennes, le journaliste indépendant Thomas Röper qui s’est rendu dernièrement dans le Dombas , a rapporté avoir constaté avec d ‘autres journalistes , l’abandon d ‘armes envoyées pas l’Otan. Ces armes n’avaient apparemment pas servi et un journaliste américain présent, lui-même ancien militaire formateur à l’emploi de telles armes , a expliqué qu’il y en avait pour des milliards.
      Source antispiegel.ru

  2. Lorsque Lavrov affirme que le “cours naturel de l’histoire” est la voie menant à un monde multipolaire, il décrit une évolution en cours et énonce sur le mode du constat ce qu’Emmanuel Todd disait sur le mode de la prospective il y a 20 ans, dans “Après l’empire”. En effet, l’essayiste français expliquait alors que la perception inégalitaire des peuples, dans laquelle s’arc-boute la puissance impériale américaine, va contre les forces de l’Histoire, en l’occurrence un profond et lent courant d’émancipation, à la fois économique et politique.

    Paradoxalement, la mondialisation aura rendu le mondialisme ringard.

    Todd
    Perception inégalitaire des peuples
    Déclin inéluctable des USA comme puissance impériale. Forces de l’Histoire (émancipation des peuples ne voulant plus payer un tribut aux USA

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  3. Quels que soient les tenants et les aboutissants, c’est la Russie qui a attaqué l’Ukraine et l’a envahie. Des millions d’ukrainiens sont sur les routes ou dans des abris, des civils tués par centaines. Poutine est un dictateur et un meurtrier. Ce sont des faits ! Je suis désolée qu’une personne intelligente comme vous nous serviez “la Pravda” dans votre revue.

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    1. “Quels que soient les tenants et les aboutissants…”
      C’est le résumé de la position française, où on agit dans l’instant, dans l’urgence, dans le mimétisme, dans l’affectif … On se rit du passé, on se moque de l’avenir.

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    2. On ne va pas refaire une nouvelle fois pour vous la recherche de responsabilités dans le déclenchement de cette guerre. Admettons au pire que les torts sont partagés. Le post de Serge ci-dessous montre à l’évidence qu’elle était inéluctable.
      Si la Russie n’avait pas attaqué le 24 février, nous savons maintenant que l’Ukraine aurait envahi le Donbass à la mi-mars. La Russie serait alors entrée dans le conflit avec trois semaines de retard, mais le résultat en nombre de réfugiés et de morts civils aurait été le même. Alors que l’attaquant ait été Zelensky ou Poutine, quelle différence ? La guerre quand elle est là traîne toujours son cortège de mort et de souffrance.

      1. Le Donbass est un territoire ukrainien. Il n’aurait pas pu être “envahi” mais récupéré par les ukrainiens ! Les russes n’avaient pas à l’occuper. Que diriez-vous si le même scenario s’était produit en Alsace avec les voisins allemands ? Il faut arrêter de tout inverser !

        1. Il y a une différence avec l’Alsace, et elle est de taille, c’est que le gouvernement central n’a jamais lâché ses bataillons exterminateurs sur le pays (vous avez entendu parler des massacres d’Odessa en 2014 ?) et ne se livre pas à un bombardement régulier de la population civile. Ces bombardements, parfaitement documentés par les observateurs de l’OSCE, ont fait 13 000 morts depuis 2014, dont 3 500 civils.
          Il y a de nombreux exemples de pays abritant plusieurs ethnies qui vivent en bonne intelligence. En général ces pays ont une constitution fédérale et ont plusieurs langues officielles (Canada, Belgique, Suisse…). C’est la voie de la sagesse et c’est ce que prévoient les accords de Minsk, endossés par l’ONU. Pourquoi les gouvernements ukrainiens successifs ne sont ils pas capables de comprendre cela ?
          Pourquoi les gouvernements français et allemand, garants des accords de Minsk n’ont ils pas été capables de comprendre cela ?

        2. Le droit international depuis 1945 est bâti sur deux principes difficilement compatibles qui sont :
          1. l’intangibilité des frontières,
          2. le droit des peuples à disposer d’eux-mêmes.
          Au Kosovo par exemple la communauté internationale a fait prévaloir le deuxième principe et a retiré ce territoire à la Serbie pour en faire un pays indépendant.
          Dans le cas du Donbass l’Occident privilégie le premier, la Russie privilégie le deuxième, et il n’y a pas d’arbitre…

      2. ne pas oublier que pour les habitants du Donbass et les Russes la guerre a commencé en 2014! Cette guerre du Donbass n’existe pas dans les médias occidentaux. Cela explique sans doute la surprise de Madame Sarfati lors du déclenchement de la bataille actuelle par les Russes le 24 février.
        j’ajoute qu’à vrai dire la question pour nous ne devrait plus être de savoir si les Russes portent la première responsabilité. mais de nous inquiéter devant l’inconscience avec laquelle Macron, le Maire & Cie ont déclenché une guerre économique tous azimuts contre la Russie, aux côtés des Américains, mais sans avoir pris la précaution de construire des lignes de défense économique. Les économies de l’UE risquent d’être brisées par l’effet booemerang des sanctions. On n’avait jamais vu une telle politique à courte vue dans l’histoire de l’Europe, où des pays expliquent que leur propre affaiblissement est une bonne chose pour mener une guerre (économique pour l’instant).

    3. Etes-vous consciente que vous répétez les jugements moraux sur Poutine diffusés à longueur de temps sur les médias occidentaux au lieu de réfléchir aux intérêts stratégiques en jeu et à l’enchaînement des causes et des effets?
      Toute guerre s’accompagne d’une propagande de guerre. Des deux côtés. N’en écoutez pas qu’un seul, vous comprendrez mieux.
      Personnellement, je savais par de nombreuses lectures que les deux guerres mondiales du siècle dernier avaient été habilement provoquées par la diplomatie britannique. Mais cela restait très théorique. A présent, en observant les manoeuvres américaines – pas seulement en 2022, mais bien avant – je comprends mieux ce qui a pu se produire au siècle dernier.

      1. Pour le coup, je ne partage pas votre analyse. La Grande-Bretagne ne voulait pas de la Première Guerre mondiale. Et dans la seconde elle a sauvé la civilisation européenne. Cordialement. EH

  4. J’ajoute à propos des ravitaillements de quelque nature qu’ils soient, il y a aussi la relève des troupes. Est-ce que les Ukrainiens ont la ressource humaine pour relever leurs troupes sur le front ? Et en ont-ils aussi la possibilité de manœuvre ? D’après le correspondant de guerre du Times Anthony Loyd, en 2 semaines, dans la région de Peski au Donbass, l’armée ukrainienne aurait perdu deux brigades. Autrement dit, il ne semble pas que les troupes au contact soient ou puissent être relevés.
    Les livraisons d’armement et de munitions américano-otaniennes ne peuvent qu’encourager le gouvernement ukrainnien a envoyé de jeunes troupes recrutées à la va vite, non préparées et mal encadrées sur le front mais dans des conditions désastreuses (sans entrer dans les détails, la relève sur la zone d’engagement est un acte de combat qui ne s’improvise pas et nécessite un commandement de contact rodé). En clair, ces troupes sont envoyées à la boucherie.

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  5. Après ces 2 mois de combat et les diverses informations qui ont pu sortir, on peut constater:
    – Les ukrainiens avaient massé plus de 100 000 soldats dans l’est du pays. Avec des réserves opérationnelles constituées dans les très grandes villes.
    – Les stocks de munition étaient importants puisque plus de 2 mois après le début, les ukrainiens continuent de bombarder et tirer des missiles malgré le nettoyage russe et la coupure de la majorité des voies d’approvisionnement.
    – Toutes les villes un peu importantes de l’est avaient été bunkérisées par les ukrainiens, type Verdun.
    – Toutes les unités de combat ukrainiennes ont été accompagnées par des représentants des néonazis locaux, si ce n’est complétées par des bataillons extrémistes qui ne rendent compte qu’au ministère central.
    – Toutes les troupes ukrainiennes ont été formées et continuent d’être encadrées par les militaires US/OTAN. Les mercenaires “officiels” sont incités en nombre, probablement avant le début du conflit, à rejoindre les rangs des troupes ukrainiennes pour les “durcir” sur le théâtre d’opérations.
    – Toutes les informations stratégiques sont fournies, depuis avant le début du conflit, par les occidentaux.
    – Les ports de la mer Noire et de la mer d’Azov avaient été rééquipés pour des bâtiments que la marine ukrainienne n’a pas. Et toutes les installations durcies.
    – Un tas d’armes modernes, sans rapport avec un pourcentage dédié aux éléments d’élite d’une armée classique, avait été déployé et continue de l’être.
    – Le territoire ukrainien est truffé de laboratoires de recherche biologique.
    J’en oublie forcément, mais sans aucun parti pris, je constate, et je ne dois pas être le seul, que l’Ukraine était prête à lancer une très grosse opération et certainement bien plus large que la “reconquête” du donbass, soit la RPL et la RPD, grosso-modo 4-5 millions de “sécessionnistes”. Et que l’opération spéciale de Poutine était pour la Russie le seul moyen d’éviter un massacre RPD-RPL mais aussi une invasion forte et continue du ventre mou de la Russie. Les mouvements type révolution colorée ou conflit restreint en Biélorussie, Arménie, Kazakhstan n’étant là que pour fixer des troupes russes. C’est donc bien une défense de la Russie toute entière que Poutine affirme par son opération.

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  6. de toute façon, les Russes n’ont pas d’autre opposition à part la résistance des troupes ukrainiennes. Les pays d’Europe n’ont aucune armée à opposer (la Grande Bretagne et la France qui ont une expérience du combat récente n’ont que des forces armées échantillonaires) et les USA sont plutôt préoccupés par la Chine.
    Les envois d’armes ne sont que de la poudre aux yeux (que des vieux matériels déclassés) et se moquent des ukrainiens.

  7. Je partage l’avis ci dessus que
    ” Si la Russie n’avait pas attaqué le 24 février, nous savons maintenant que l’Ukraine aurait envahi le Donbass à la mi-mars. La Russie serait alors entrée dans le conflit avec trois semaines de retard “, mais avec un risque encore plus grand de voir l’Ukraine utiliser ses armes biologiques.
    Le conflit ukrainien est BIEN un enchaînement des causes et des effets successifs depuis et avant le putch de Maidan,qui remonte depuis le début de l’encerclement de la Russie DANS LES ANNEES 50 par l’OTAN s’installant royalement dans les pays de l’Est, en recourant si necessaire à la guerre comme les bombardements en 1999 de la Serbie en larguant des bombes sur lesquelles on pouvait lire Joyeuses Pâques (cela en dit très long de la Méchanceté des gouvernants Américains), comme au Kosovo en y installant la plus grand base américaine et ainsi de suite…
    Alors rien ne sert de répéter les jugements moraux sur Poutine, tous les médias occidentaux s’y donnant à cœur joie, La guerre d’Ukraine a bien commencé en 2014 par le coup d’État de Maïdan organisé par les États-Unis qui a fait près de 40.000 morts dans les provinces du Donesck et du Dombass
    Pour comprendre cette guerre qui n’est pas une lubie de Poutine se réveillant un matin, comme on veut presque nous le faire croire dans les médias occidentaux,
    il est nécessaire de rappeler que la pensée stratégique américaine depuis le milieu de la décennie 1990, s’appuie principalement sur la théorie géopolitique de Halford John Mackinder selon laquelle il faut tenir le « Heartland », principalement la plaine s’étendant de l’Europe centrale à la Sibérie occidentale, selon sa célèbre devise :
    « Qui gouverne l’Europe orientale domine le Heartland, qui gouverne le Heartland domine l’île-monde, qui gouverne l’île-monde domine le monde. »
    D’où l’encerclement de la Russie petit à petit par l’OTAN

    Zbigniew Brzezinski (le conseiller de cinq Président américains dont le dernier OBAMA) l’explique dans son livre le Grand échiquier livre

    Le Heartland pour faire simple est la Mère Russie ; il s’agit du territoire central de « l’île mondiale », riche, pourvu en ressource, facilement autonome et par ailleurs logiquement occupé par l’une des nations les plus anciennes, sinon la plus ancienne, de l’humanité actuelle
    Le Rimland représente l’anneau encerclant immédiatement le Heartland ; il est constitué de l’Europe, du moyen-orient et de l’orient (Inde, Chine, Indochine, Japon, zone australienne). Ce premier anneau autour du Heartland est la zone de confrontation naturelle entre les hégémonistes de l’anneau extérieur et le Heartland, une zone de médiation, de guerre par procuration qui a naturellement été le lieu des conflits de la guerre froide entre le capitalisme américain, le capitalisme bolchevik en son temps, la grande Russie désormais.

  8. Nous allons nous embarquer à bord du Titanic et probablement sombrer face à l’iceberg russo-ukrainien que les US ont gentiment fait surgir dans l’océan européen.
    Les Russes sûrement excités par les livraisons d’armes à l’Ukraine réalisées par l’Europe, nul doute que Dame Von Leyen et damoiseau Emmanuel vont faire assaut de leurs petits muscles et, OTAN aidant, nous entraîner dans une partie d’échecs dont, quelle qu’en soit l’issue, nous finirons mat.

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