[PAYANT] Le moment est-il vraiment venu de fuir la bourse ? par Dimitri de Vismes

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Dimitri de Vismes éclaire notre lanterne, après son excellent article consacré à l'achat de l'or, sur les placements boursiers. Beaucoup annoncent une déculottée sur les places financières dans les prochaines semaines. Mais cela signifie-t-il qu'il faut se tenir à écart de la bourse ? Dimitri de Vismes précise les choses et donne des conseils de bon père de famille pour investir une part de son patrimoine à la bourse sans prendre de risque inconsidéré. Un article à lire par tous ceux qui s'interrogent sur les placements à faire, et qui ne veulent pas boursicoter comme des spéculateurs. Ce premier article sera prochainement complété par une présentation des différentes stratégies d'investissement.

Continuons le tour d’horizon des options pour diversifier et préserver son patrimoine. Les placements boursiers sont souvent perçus comme risqués et incompatibles avec une gestion « bon père de famille ». La réalité est bien sûr plus nuancée et il convient de se pencher plus en détail sur les possibilités et opportunités que ces types d’investissement peuvent offrir sur le long terme. C’est l’objet de cette première partie qui s’adresse surtout aux débutants.

Bien qu’il existe une infinité de formes d’investissements boursiers – OPC, Sicav, ETF, FCP, obligations en tout genre, etc – nous choisissons de couvrir principalement les actions. C’est une des formes d’investissement boursier les plus répandues auprès du grand public. Au-delà de la performance, l’investissement en actions a aussi un intérêt social. C’est en effet par l’entreprise que se développe l’économie locale et le tissu social.

Ce à quoi il faut s’attendre…

Avant toutes choses, commençons par rappeler quelques « lieux communs » :

  • On ne fait pas fortune en bourse. S’il existe des personnes hors normes – Warren Buffet en est l’exemple le plus connu – l’investisseur lambda positionné sur du long terme (au moins 5 ans), pourra espérer une croissance annualisée de son capital de 6 à 7% (avant inflation !). C’est déjà supérieur à la majorité des placements mais c’est insuffisant pour se constituer une rente. Sauf, bien sûr, à disposer d’un capital important (au moins 800.000€ en liquide). Il est possible d’atteindre des rendements supérieurs en étant sélectif sur les actions et discipliné. Dans leur majorité les particuliers perdent de l’argent en « jouant » à la bourse. Ceci est largement lié au biais émotionnel qui fait prendre les mauvaises décisions (ex : vendre au pire moment), le manque de connaissances (achat d’actions de mauvaise qualité) ainsi qu’à une approche trop « court-termiste » qui augmente les probabilités de perte. Nous détaillerons prochainement comment ne pas nous trouver dans la catégorie de ces mauvais investisseurs.
  • Dans un contexte d’inflation à 5% avec une récession quasi-certaine à horizon de 6-12 mois, l’investissement en bourse constitue un placement risqué à court terme. Il est donc fortement déconseillé aux personnes ayant besoin de liquidités à horizon 1 ou 2 ans et il ne doit pas représenter une part trop importante du patrimoine « liquide ». En revanche ce type d’investissement a toute sa place dans une optique de long terme (5 ans) à condition d’être sélectif et de choisir des valeurs de qualité. Aujourd’hui, ne pas investir (où : « rester cash ») signifie accepter de perdre 5% par an. Détenir des actions donne la possibilité de rattraper l’inflation à long terme (les autres options étant actuellement très limitées, voire inexistantes) si toutefois celle-ci ne prend pas des proportions stratosphériques. Pour rappel : nous sommes ici dans une logique de préservation du pouvoir d’achat au long terme, non d’enrichissement (nous verrons ultérieurement comment ce dernier objectif peut être réalisé)
  • L’investissement en bourse offre d’excellentes possibilités de diversification avec une bonne liquidité. En particulier, on peut se positionner sur des secteurs traditionnellement anti-inflation, ce qui peut être utile dans le contexte actuel. On peut être investi en immobilier sans les contraintes de l’immobilier classique (via sociétés foncières), acheter des matières premières, entreprises de tous secteurs et dans différentes régions du monde. Il y a donc toujours un moyen d’être sur le bon créneau, au bon endroit, au bon moment (ex : le secteur du pétrole et gaz ne fait que monter malgré la morosité économique). Cependant, l’investissement en bourse est volatile, c’est-à-dire que les variations peuvent être fortes, dans un sens comme dans l’autre. Il faut donc avoir des placements « anti-fragiles » à côté (ex : devises, métaux précieux) pour compenser.
  • Enfin, rappelons que les cycles boursiers en Europe sont tributaires de la santé économique des USA. « Lorsque les marchés Américains toussent, l’Europe s’enrhume ». En d’autres termes, quand une crise économique frappe les USA, elle frappe aussi l’Europe. Observer les données macro-économiques des USA donne de bonnes indications sur les tendances à venir en Europe. Il existe quelques indicateurs utiles à surveiller.

L’entreprise et la création de valeur

Il n’est pas rare de connaître quelques personnes ayant acheté les traditionnelles actions Air Liquide, Michelin ou L’Oréal. Certains associent naturellement l’achat d’action au « trading », « spéculation » ou « krach ». D’autres y voient un sport d’ultra riches au service d’un capitalisme débridé et inhumain.

Au commencement, il y a l’entreprise. Celle-ci produit des biens ou des services pour dégager une rentabilité. La rentabilité, ou « marge », se traduit sous forme de bénéfices qui peuvent être réinvestis dans l’entreprise pour la faire croître. Alternativement ces bénéfices peuvent être distribués aux actionnaires de l’entreprise sous forme de dividendes. C’est par l’entreprise que l’on crée de la valeur. C’est aussi souvent des entreprises que naît l’innovation.

En France, plus de 99% des entreprises sont des PME / TPE (petites, moyennes ou très petites entreprises). Ces entreprises emploient près de la moitié de la masse salariale en France et sont responsables d’environ 1/3 du chiffre d’affaires total des entreprises françaises (source : les Echos, 2020). Pré-Covid, les PME représentaient trois quarts des entreprises réalisant de la R&D en interne.

L’entreprise – a fortiori petite – est LE moteur principal de la croissance économique. Investir dans une entreprise est donc un moyen de participer réellement et directement à la création d’emplois et de valeur, tout en étant rémunéré. Cela peut aussi constituer une première étape vers la sécession en prenant en main son capital.

Quel intérêt à financer des logements sociaux avec un livret A qui ne rapporte pas 1% – ou de souscrire au dernier plan LDD – quand on peut soutenir l’activité d’une PME dans un secteur en croissance et obtenir une meilleure rentabilité sur le long terme ?

Bien sûr, cela demande quelques connaissances et un peu de temps, ce qui n’est pas à la portée de tout le monde. D’autre part, il est utile de savoir se positionner dans un cycle économique pour mieux savoir quand investir. Ce papier et les suivants sont là pour apporter quelques réponses.

Les actions : un placement rentable

Les entreprises évoluent dans un monde marqué par des phases de croissance, de récession, crises et d’événements en tous genre qui les obligent à s’adapter perpétuellement, sous peine de disparaitre. C’est ainsi que, même les plus grosses compagnies finissent par s’éteindre pour être remplacées par d’autres entreprises ayant su mieux s’adapter qu’elles. Qui se souvient qu’il fut un temps ou Nokia et Kodak étaient les leaders de leur marché ?

La valorisation des entreprises (appelée « capitalisation ») suit globalement les cycles de croissance ou décroissance macroéconomiques. Un certain nombre d’indices bien connus (CAC 40 pour la France, Dow Jones pour les USA, Nikkei pour le Japon…) permettent de mesurer la capitalisation des grandes entreprises. Les méthodes de calcul des indices peuvent différer suivant les pays mais ils sont globalement construits sur le même principe.

Voici le graphique du S&P 500 ajusté de l’inflation. Celui-ci montre l’évolution de la capitalisation de 500 entreprises parmi les plus importantes aux USA. En gris correspondent les périodes de récession économique qui coïncident avec une chute des cours.

Ce qu’il est intéressant de constater, c’est que sur le long terme, les actions sont un très bon placement. Celui/Celle qui aurait investi en 2007 (au pire moment, juste avant la crise des subprimes) aurait aujourd’hui doublé sa mise (inflation déduite). Comme on peut le voir : il n’est pas rare de connaitre des baisses de l’indice de 30%, voire 50%.

Nous pourrions comparer les actions avec plusieurs classes d’actifs sur le long terme et nous constaterions que dans une grande majorité des cas, les actions « sur-performent » les autres.

Une action a une réalité matérielle, contrairement aux obligations qui sont des contrats.

Mais qu’est-ce qu’une action ? C’est simplement un titre de propriété qui donne à son détenteur – l’actionnaire – un droit de vote sur la politique de l’entreprise, ainsi que la possibilité de percevoir un dividende (« coupon ») lorsque l’entreprise a une politique de redistribution des bénéfices.

Qu’est ce qui détermine le prix des actions

Le prix des actions est fixé par l’offre versus la demande. Les ordres d’achat et de vente sont enregistrés dans un carnet d’ordre (consultable sur le site de n’importe quel broker, par ex : boursorama.com) et le prix de l’action est constamment mis à jour en fonction du prix de la dernière transaction réalisée. Certaines actions s’échangent très cher (ex : Hermès, a plus de 1,000 EUR), d’autres a moins de 1 EUR. Le prix d’une action n’a aucun rapport avec la qualité de l’entreprise mais dépend d’une multitude de facteurs comme par exemple le nombre d’actions en circulation.

Contrairement au prix d’un bien ou d’un service standard, celui d’une action comporte une dimension psychologique très forte. Les actions qui font « rêver » – typiquement : les technos, le luxe, les bio technologies – peuvent s’échanger beaucoup plus cher que les actions du secteur agro-alimentaire ou de l’automobile. Tout ceci, a niveau de profit égal par ailleurs.

D’une manière générale, les entreprises à forte croissance seront valorisées plus cher (PER plus élevé – le PER étant le prix de l’action rapporté au bénéfice net par action) que celles opérant sur un marché mature. La raison est que les investisseurs anticipent une croissance future des bénéfices, donc une meilleure rentabilité. Celle-ci va souvent de pair avec des risques plus élevés. Ces entreprises versent peu ou pas de dividendes.

Au contraire, les entreprises à faible croissance organique, dans un marché mature (typiquement : la grande distribution) ont une visibilité de leurs revenus bien meilleure. L’investisseur sait à quoi s’attendre et par conséquent il n’a pas de raison de « surpayer » l’action si les risques sont plus limités. L’entreprise est donc généralement moins chère. Attention : nous parlons ici du prix rapporté aux bénéfices (le PER) et non du prix absolu de l’action qui n’a aucune signification particulière.

Il n’est pas mauvais ou bien d’acheter une action cher (l’achat d’une entreprise en croissance peut être tout à fait justifié, tout dépend de la stratégie) mais il faut connaitre ce que l’on achète. Une des stratégies possibles consiste à acheter des actions peu chères – le PER n’étant qu’un élément d’évaluation parmi d’autres – sur des critères de bilan ou de compte de résultat.

Investir en bourse

On peut acheter des actions sur un marché boursier (en France : Euronext), via un compte-titre, PEA (plan d’Epargne en Actions) ou PEA-PME pour les résidents fiscaux français. Ces deux dernières options offrent un avantage fiscal particulièrement intéressant (prélèvements sociaux de 17,2% sur les plus-values seulement) cinq ans après l’ouverture du compte. Nous ne saurions que conseiller à nos lecteurs – particulièrement les jeunes – d’ouvrir un PEA afin de bénéficier de cet avantage fiscal après 5 ans. Cela n’engage aucunement à investir mais laisse la possibilité de le faire dans le futur. Si d’autre part vous décidiez de vous expatrier, vous n’auriez pas de CSG à payer ce qui rendrait votre défiscalisation totale (toujours après 5 ans d’existence du PEA) !  Les détails sur la fiscalité du PEA peuvent être consultés ici :

Impôt sur le revenu – Comment sont imposés les revenus d’un plan d’épargne en actions (PEA) ? | service-public.fr

La principale limitation des PEA / PEA-PME est qu’ils n’offrent accès qu’au marché européen : pas possible d’acheter en Asie et aux USA. Il faut un compte-titres pour cela. L’accès aux pays européens varie selon les brokers. C’est un point qu’il faut vérifier au préalable. Les frais de courtage peuvent aussi varier fortement selon les brokers. Les banques en ligne pratiquent généralement des frais moins chers que les banques traditionnelles. Voici un comparatif de brokers, comme il en existe beaucoup sur internet :

Comparateur de courtiers en bourse – BFM Bourse (tradingsat.com)

Seules les entreprises dites « cotées » – c’est-à-dire qui ont émis des actions sur le marché – peuvent faire l’objet de transactions. Sur le marché Français, il en existe environ 700 (Eurolist compartiments A, B, C, Alternext), ce qui offre un large choix. On y trouve des mastodontes comme Total énergies (140 Milliards de capitalisation) et de très petites entreprises valorisées quelques millions d’euros. Un marché boursier est ouvert la semaine entre 9h et 17h30, période pendant laquelle s’effectuent les transactions.

La liquidité est un critère important à prendre en compte. La liquidité, c’est la facilité avec laquelle on peut acheter et revendre une action. En règle générale : plus la taille de l’entreprise est grande, plus celle-ci a émis d’actions, plus il est facile d’acheter / vendre l’action au prix ou elle est cotée (cad évaluée) à l’instant t. A contrario, les titres d’une petite entreprise sont moins échangés et il peut être difficile de trouver un acheteur / vendeur au prix souhaité. Il faut donc être plus patient. Certaines entreprises peu liquides cotent « au fixing ». C’est-à-dire que le prix de l’action est déterminé ponctuellement dans la journée après accumulation des ordres d’achat / vente dans le carnet d’ordre.

Une fois achetées, les actions vont générer deux types de revenus : des dividendes, et des plus-values qui sont liées à l’augmentation de la valeur des actions.

En résumé

  • Les placements boursiers sont volatiles – donc risqués à court terme – mais rentables à long terme
  • Ils doivent être utilisés en complément d’autres placements, surtout dans le contexte actuel
  • Ils ne doivent mobiliser que l’épargne non nécessaire
  • Ils permettent de s’exposer à tous types d’actifs, notamment ceux qui montent avec l’inflation
  • Dans le contexte économique actuel, il est d’autant plus important de sélectionner des actions de qualité (nous verrons par la suite quelques critères pour les définir)

Dans la deuxième partie nous parlerons des profils d’investisseurs et de quelques stratégies d’investissement possibles.

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2 commentaires
  1. “Volatil” et non “volatile” (sauf comme adjectif d’un nom féminin : “cette action est volatile” ; mais “un placement volatil”). Sinon, on parle d’un oiseau. 🙂
    Cordialement

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