[PAYANT] Préparez activement votre sécession patrimoniale

Dans ce chapitre, je précise ce qu'est la sécession patrimoniale, que l'on pourrait résumer en "mettre son patrimoine à l'abri" face à une tyrannie qui complique l'exercice dès lors qu'elle foule aux pieds le droit de propriété. J'y explique quel type ou quel "niveau" de patrimoine elle vise essentiellement, et comment changer sa philosophie d'investissement ou de placement pour la pratiquer. Enfin, je traite plus particulièrement des placements financiers, et surtout de l'assurance-vie.

J’entends par sécession patrimoniale la stratégie de placement qui consiste à mettre son patrimoine à l’abri des turbulences causées par le nouvel ordre mondial et surtout qui consiste à ne plus nourrir l’expansion de cet ordre. 

En ce sens, la sécession patrimoniale répond à deux questions extrêmement différentes, même si elles se recoupent, et même si nous décidons de les traiter en même temps. D’une part, il s’agit d’anticiper un effondrement global dû au chaos que la caste instaure pour continuer à gouverner. D’autre part, il s’agit de priver cette caste et son système de gouvernement des moyens nécessaires à son expansion, et même à sa survie. 

La caste et la question de la confiscation

En préambule, il faut que chacun mesure bien ce à quoi nous avons assisté ces derniers mois, à quels changements majeurs dans les règles de jeu applicables au droit de propriété. 

D’un côté, la mise en place de l’obligation vaccinale s’est assortie d’une interdiction d’exercer sans indemnité pour les non-vaccinés dans certaines professions. Des médecins ont dû fermer sans préavis ou presque, du fait des lois, des cabinets prospères, avec du matériel coûteux qu’ils n’avaient pas forcément fini de rembourser. Le gouvernement n’a prévu aucune indemnité, même pour les pertes patrimoniales causées par cette mesure. 

Il est inédit, dans l’histoire de la démocratie libérale, que ce type de mesure soit adopté sans indemnité. Rappelons que le premier statut des Juifs, en octobre 1940, avait prévu une indemnisation des Juifs exclus de certaines professions. 

D’un autre côté, les derniers mois ont montré la capacité de nos démocraties prétendument libérales à geler ou confisquer des biens sans état d’âme.

Au Canada, Justin Trudeau a pris des mesures d’exception pour neutraliser le mouvement des camionneurs qui encerclait Toronto. Il a notamment autoritairement bloqué les comptes bancaires des plus activistes, démontrant de cette manière que le régime libéral qu’il prétend incarner était capable de passer outre le droit de propriété dès lors qu’il s’applique à ses opposants. 

Les sanctions massives prises contre des citoyens russes ou des biens russes après l’invasion de l’Ukraine ont banalisé cette idée que l’Etat disposait du droit de bloquer ou de confisquer le patrimoine des personnes dès lors qu’elles étaient jugées coupables par le pouvoir, sans qu’elles n’aient pour autant commis de délit. 

Autrement dit, la conviction s’est répandue, sans véritable opposition dans la caste, qu’acquérir honnêtement un patrimoine tout au long de sa vie ne s’accompagnait plus du droit de le conserver. L’Etat pourrait donc confisquer, comme dans n’importe quel régime totalitaire, et sans que la Justice ne s’y oppose, les biens de ceux qui font usage de leurs droits naturels dans un sens qui ne convient pas au gouvernement. 

Il se murmure par ailleurs que la Commission Européenne préparerait une directive pour faciliter ces confiscations.

Rien n’exclut donc que, dans les mois à venir, refuser de recevoir un vaccin, par exemple, ne s’accompagne d’une confiscation administrative de votre patrimoine, d’un blocage de vos comptes en banque, ou d’un gel, voire d’une spoliation de vos avoirs financiers. Le travail de préparation mentale pour faire admettre ce type de mesure à la population a commencé depuis plusieurs mois, et tout obstacle moral semble désormais dégagé pour que le bourgeois moyen se déclare favorable à ces violations du droit de la propriété. 

On prendra donc les conseils qui suivent (et qui incluent pour une part dans leurs anticipations ces données nouvelles) avec la précaution qui vient d’être dite : les lois peuvent rapidement changer, et les protections que l’on croyait acquises dans l’Etat de droit peuvent tout à fait souffrir d’une remise en cause brutale. 

Sécession patrimoniale et inflation

L’explosion de l’inflation, nourrie à la fois par l’expansion de la masse monétaire du fait du “Quantitative Easing” des banques centrales et par la crise de l’offre due aux désorganisations consécutives au COVID puis à la guerre en Ukraine pose plus que jamais la question de l’érosion patrimoniale dans le temps. Quand les prix augmentent, la valeur de l’argent diminue mécaniquement. 

Cette question n’est pas au coeur de la sécession patrimoniale, mais la percute de plein fouet. Il s’agit désormais de protéger son patrimoine face aux menaces étatiques et face à l’inflation. 

En réalité, ces deux types de menace n’en font qu’une seule. L’inflation, et plus encore l’hyperinflation, sont des conséquences directes de l’action menée par les pouvoirs publics. Nous l’avons dit, l’assouplissement monétaire pratiqué depuis plusieurs années par les banques centrales en a déblayé le terrain. Les politiques de zéro-COVID en Chine, de confinement en Europe et en Amérique, ont désorganisé les chaînes d’approvisionnement. L’helicopter money, prôné par la théorie monétaire moderne et par le Great Reset, a débouché sur une surchauffe de la demande aux Etats-Unis. Cet engrenage qui est tout entier une suite d’actions publiques explique la hausse brutale des prix. 

Je pourrais reformuler ce raisonnement en disant plus simplement que les Etats vont tenter de réduire le poids de leurs dettes contractées depuis plusieurs années par le recours à l’inflation, et peut-être à la confiscation. 

N’oublions jamais que Philippe le Bel eut recours à cette confiscation, au début du quatorzième siècle, pour financer ses déficits. 

Toutefois l’inflation et la confiscation représentent deux menaces de nature différente, même si elles ont une origine commune, qui complique la tâche de la sécession patrimoniale. 

L’inflation amenuise la valeur des actifs financiers, et se mettre à l’abri de l’inflation n’implique pas forcément les mêmes mesures que se mettre à l’abri de l’action de l’Etat, et implique encore moins les mêmes mesures qu’assécher le financement de l’Etat. 

Je tâcherai ici de proposer des conseils pour répondre aux trois questions en même temps, mais il faut avoir conscience qu’il s’agit d’un exercice d’équilibriste qui laissera sur leur faim tous ceux qui sont à la recherche d’une rentabilité financière maximale. 

Le propos n’est pas ici de donner des conseils pour gagner le plus d’argent possible en un temps record. Des spécialistes de ces questions existent, qui font cela très bien (selon eux), et mon propos n’est certainement pas de les concurrencer. 

En revanche, je m’intéresse à la question de l’investissement dans la durée, avec le souci politique et pour ainsi dire moral de ne pas favoriser l’action d’un Etat liberticide. Où et comment placer son patrimoine pour le conserver le plus longtemps possible sans favoriser l’emballement de la machine liberticide auquel nous assistons depuis plusieurs années ?

Bien mesurer son patrimoine

La première étape que nous proposons est d’abord de bien mesurer son patrimoine, de bien le “conscientiser” en quelque sorte. 

Depuis que, de loin en loin, je donne des conseils patrimoniaux, je constate que peu de gens ont une compréhension claire de ce qu’ils possèdent et de ce que signifie le mot “patrimoine”. 

En bas de l’échelle, si j’ose dire, il y a ceux qui sont convaincus de “n’avoir rien”, ou de “ne pas avoir d’argent”. Ceux-là sont quand même, très souvent, propriétaires d’un petit pavillon (même s’ils sont endettés et le remboursent patiemment), d’une automobile et d’une télévision. Ce n’est pas grand chose, mais c’est déjà quelque chose. 

D’autres, parmi eux, possèdent une maison plus grande qu’un pavillon de banlieue, une belle voiture, et une épargne en liquide de vingt ou trente mille euros. Ils s’imaginent n’avoir rien, alors que, mis bout à bout, leur patrimoine approche facilement les 200.000 euros. 

De l’autre côté de l’échelle, certains ménages pourtant éduqués et soucieux d’argent, ne comptent dans leur patrimoine que leur “surplus” : leur épargne, investie ou non en actions, et leurs investissements locatifs. Ils excluent de leur patrimoine leur résidence principale, les quelques oeuvres d’art qu’ils ont acheté, et leurs biens professionnels lorsqu’ils en ont. 

Leur recherche en matière de conseils patrimoniaux se résume à : comment placer mon épargne ? 

Ces visions restrictives font l’impasse sur ce qu’est au sens propre le patrimoine (étymologiquement le cadeau des ancêtres), et que l’on pourrait définir comme ce que l’on possède dans la durée. 

Ceci inclut des biens qui viennent à l’esprit, comme l’épargne au sens large (y compris les livrets réglementés, l’assurance-vie, les portefeuilles boursiers), ou l’immobilier (y compris sa résidence principale), et des biens moins évidents, comme les téléphones portables, les bijoux, les oeuvres d’art. 

Les conseils qui suivent englobent toute cette gamme patrimoniale que j’aime bien présenter comme les valeurs d’usage : entre mettre deux mille euros de côté, sur un livret A, par exemple, et acheter un tableau à mettre dans son salon avec la même somme, ou un beau bijou à sa femme, il ya une seule et même logique patrimoniale. Simplement, dans un cas, vous placez votre argent dans un actif financier dont vous n’avez pas l’usage immédiat, et dans l’autre vous investissez dans une valeur d’usage. 

Dans les deux cas, la question est de savoir le prix que vous retirerez de cette valeur d’usage si vous la revendez. Si le tableau que vous avez acheté à deux mille euros en vaut le triple dix ou quinze ans plus tard, vous avez fait un bon placement. Si c’est une ignoble croûte invendable, vous avez mal placé votre argent. Entretemps, toutefois, vous aurez peut-être pris du plaisir à le regarder tous les jours pendant votre dîner. Cette satisfaction-là vaut peut-être, pour vous, tout l’or du monde. Vous êtes seuls à le savoir. 

Qui peut faire une sécession patrimoniale ?

Dans la pratique, tout le monde ne peut pas pratiquer la sécession patrimoniale. Il y a effectivement une question de “volume” du patrimoine qui joue, même si ce volume est beaucoup plus flexible qu’on ne le pense souvent. 

Donc, si vous êtes pratiquement sans domicile fixe, et que votre patrimoine se résume à une table, un lit et deux chaises, et que vous vivez d’allocations versées par l’Etat, vous n’avez aucun intérêt à pratiquer la sécession patrimoniale, puisque vous dépendez des largesses de la collectivité, et que vous n’avez rien à protéger. C’est d’ailleurs l’un des objectifs du Great Reset d’éroder le plus possible les patrimoines pour rendre le plus grand nombre possible de gens dépendants de l’Etat, rebaptisé abusivement “solidarité”. 

Inversement, si votre patrimoine est suffisamment important pour que vous n’en assuriez plus la gestion vous-mêmes, la sécession patrimoniale vous intéresse peu, pour plusieurs raisons. La première est que vous appartenez probablement à la caste mondialisée et que vous n’avez aucune raison de “cracher dans la soupe” comme on dit vulgairement. La deuxième est que vous avez probablement les moyens de pourvoir à cette sécession par vous-mêmes. La troisième est que vous l’avez probablement déjà pratiquée en plaçant votre argent à l’étranger, notramment dans un paradis fiscal, pour échapper aux foudres du fisc français. 

La sécession patrimoniale s’adresse donc aux gens qui sont “entre deux”, c’est-à-dire au ventre mou des Français, qui pensent appartenir aux fameuses classes moyennes dont tout le monde parle mais que personne n’a jamais rencontré. 

Pour donner quelques éléments précis sur ce sujet, on rappelera simplement que le patrimoine moyen des 10% des Français les plus riches est de 1,3 million €, mais que ce chiffre ne signifie pas grand chose. En effet, entre les 90 et les 95 % des Français les plus riches, ce patrimoine reste inférieur à 1 million €. Seuls 2% des Français détiennent un patrimoine supérieur à 1,3 million. 

Autrement dit, très peu de Français (moins de 2%) détiennent des sommes colossales qui font monter la moyenne globale, mais 98% des Français ont un patrimoine inférieur à 1,3 million. Et j’ai la faiblesse de croire qu’il y a plus de préoccupations communes entre un ménage qui détient un patrimoine de 300.000€ et un autre qui détient un patrimoine de 1,3 million€, qu’entre ce ménage à 1,3 million€ et le milliardaire qui possède des usines dans le monde entier. 

Pour faire simple, et pour fixer les esprits, je dirais volontiers que la sécession patrimoniale concerne plutôt les personnes qui ont une résidence principale, et plus de 10.000 euros d’épargne financière. Bien évidemment, plus vous possédez au-delà de ce plancher, et tant que vous n’avez pas confié la gestion de votre fortune à un conseiller qui s’occupe de tout, mieux vous êtes concerné par cette sécession patrimoniale. 

Statistiquement, si vous vous situez dans ces tranches de patrimoine, votre richesse est très majoritairement constituée par des biens immobiliers (à commencer par votre résidence principale), et marginalement par des actifs financiers et de l’épargne. Les chiffres de l’INSEE montrent que, tendanciellement, plus votre patrimoine est élevée, moins l’immobilier y tient une place importante. Mais celle-ci reste fortement majoritaire quoi qu’il arrive. 

Si vous correspondez à cette cible, vous pouvez pratiquer la sécession patrimoniale, et vous y avez même intérêt car, tôt ou tard, la caste aura besoin de rogner votre patrimoine (sous des prétextes toujours plus farfelus) pour protéger son niveau de vie. 

Valeur d’usage contre valeur de placement

Une dimension essentielle me paraît à retenir aujourd’hui : l’Occident a dépassé son optimum millénaire, comme, au deuxième siècle, l’empire romain avait dépassé son optimum pour entrer dans trois siècles de décadence progressive. Pour mémoire, c’est en 165 que commence la peste antonine, à partir de laquelle l’empire n’a cessé de décliner. On peut considérer que l’épidémie de coronavirus est l’équivalent de la peste antonine : elle donne le coup d’envoi d’un lent déclin de notre civilisation au profit de l’axe russo-chinois. 

Cela ne signifie pas forcément que nous allons connaître un effondrement foudroyant. Mais cela signifie à coup sûr que les conditions réunies depuis trois ou quatre siècles pour assurer notre prospérité “glorieuse” ne le sont plus et que nous allons connaître un déclin en “sifflet” marqué par des affaissements brutaux réguliers. Nous sommes probablement en train de connaître le premier de ceux-ci. 

Dans cette logique globale, il faut comprendre que les années qui viennent seront marquées par une imprévisibilité structurelle et par des risques majeurs qui semblaient impossibles ou d’une extrême rareté il y a encore dix ans. 

Parmi ces risques, on compte les catastrophes climatiques ou industrielles disruptives (comme des accidents nucléaires majeurs causés par la nature ou par la guerre), des catastrophes sanitaires (organisées ou non), et des destructions économiques importantes, dues à des crises plus ou moins spontanées. 

J’ai évoqué dans mes premiers chapitres l’agenda du chaos planifié par la caste pour conserver son pouvoir. Il faut comprendre que cet agenda constitue la principale menace qui pèse sur votre patrimoine et qu’il faut désormais cesser de penser en “valeurs de placement”, c’est-à-dire en valeurs à acquérir pour s’enrichir dans la durée. 

Nous entrons dans une décennie où plus rien ne sera prévisible. 

Il ne faut donc pas hésiter à investir dans des valeurs d’usage, c’est-à-dire des biens dont vous profiterez de votre vivant, et que vos héritiers seront heureux de recevoir après votre mort, parce que ces biens auront encore de la valeur. Mais la spéculation sur la plus-value durant votre propre existence va devenir un exercice d’autant plus aléatoire qu’il ne fera qu’abonder les causes de l’instabilité. 

Les seules valeurs dont la promesse (trompeuse selon moi) sera spéculative, seront des valeurs présentées par la caste comme “d’avenir”, et qui serviront seulement à alimenter un système de chaos. C’est le cas des placements boursiers gérés par des fonds qui sont largement à l’origine du chaos actuel. 

Arbitrage général sur votre mix patrimonial

Le conseil essentiel à suivre pour réaliser sa sécession patrimoniale consiste donc à diminuer rapidement la part des actifs financiers dans son patrimoine pour y augmenter les valeurs d’usage ou, à la rigueur, les valeurs refuges. 

Dans ces valeurs d’usage, je place les biens durables dont vous profiterez personnellement, vous ou les vôtres. 

Vous pensez spontanément à l’immobilier pour abonder cette catégorie. Vous avez raison, s’il s’agit d’un immobilier qui vous profite directement ou que vous réservez vos enfants ou vos proches. Il s’agit donc de votre résidence principale ou secondaire, mais certainement pas de l’immobilier spéculatif que vous avez acquis pour arrondir vos revenus. 

Dans cette dernière catégorie, je place tout spécialement les produits immobiliers défiscalisés à vocation sociale comme les “Pinel” ou les “Scellier”, qui enrichissent la banque prêteuse et le promoteur immobilier, mais ne vous rapportent pas grand chose au final. Par ces dispositifs, vous avez acheté sur plan un deux pièces mal fini dans la banlieue de Montauban ou de Grenoble, où vos enfants n’iront jamais vivre. 

J’ajoute dans ces catégories de valeur d’usage tout ce qui va prendre de la valeur et dont vous allez pouvoir profiter. Il s’agit au premier chef des oeuvres d’art, mais cela inclut les voitures de collection, les beaux livres, les bijoux, les meubles de prestige. Au lieu de placer 20.000€ en bourse, vous pouvez décider d’acheter une commode Louis XV signée ou une Rolls Royce d’occasion. 

S’agissant des valeurs refuges, expression dont le sens est en soi contestable, vous pouvez bien entendu acheter de l’or ou des métaux précieux. J’y reviendrai. 

Tout le reste, c’est-à-dire l’épargne en euros, les valeurs boursières, l’assurance-vie, doivent être vendues ou limitées au maximum. Conservez autant que possible une épargne de précaution, et oubliez l’économie spéculative pour de longues années. 

Bien penser son usage immobilier

Chacun des points évoqués ci-dessus mérite une explication propre. 

Tout d’abord, sur l’immobilier, trois cas de figure peuvent se présenter : soit vous considérez posséder déjà ce qu’il vous faut et vous disposez par ailleurs d’actifs financiers, soit il vous reste à acquérir une résidence principale, soit vous imaginez partir à l’abri dans les mois qui viennent pour éviter la catastrophe. 

Il me semble que chaque cas peut être traité de façon connexe. 

C’est un projet sain de quitter les métropoles pour s’installer dans une ville de taille moyenne (20.000 habitants, c’est bien), voire à la campagne. L’idéal est d’y choisir une maison ancienne avec du caractère, dotée d’un jardin adapté à vos capacités. Si vous imaginez pouvoir vous consacrer utilement à un potager, choisissez une maison avec un terrain qui le permet. Si vous n’avez pas la main verte, contentez-vous d’un jardin d’agrément qui améliorera les conditions de revente. 

Sur le choix des destinations, j’entends beaucoup d’urbains me parler spontanément d’aller vers le Sud, dans le Midi, ou dans le Sud-Ouest. La Côte d’Azur fait rêver beaucoup de gens. Chacun, bien entendu, est libre de ses choix. Il faut juste avoir à l’esprit que vivre toute l’année dans un endroit n’est pas la même chose qu’y passer une ou deux semaines de vacances. Il me paraît plus prudent d’identifier des biens où vous vous sentirez bien et qui vous mettront durablement à l’abri, plutôt que des idéaux chers et finalement peu protecteurs ou difficiles à vivre. 

Cette stratégie d’achat d’un bien ancien et confortable dans une petite ville vaut aussi pour ceux qui ont déjà leur résidence principale mais n’excluent pas de s’extraire vers un refuge “au cas où les choses tourneraient mal”. 

Quant à ceux qui possèdent déjà un bien loin des métropoles qui risquent de s’agiter, le moment est peut-être venu de le vendre à bon prix pour profiter de la vague d’émigration intérieure, et d’acheter le bien de ses rêves, l’hôtel particulier avec des colombages et des poutres apparentes au milieu d’un parc où l’on se dit qu’il fait bon vivre. 

Dans tous les cas, il faut que ce bien donne envie à vos enfants d’y vivre le moment venu. Ils ne le reprendront pas forcément, mais cela signifie que vous pourrez le vendre utilement le moment venu. 

Comme le hasard fait parfois bien les choses, vous pouvez, pour assouvir votre envie d’un bien avec du cachet, entrer dans le dispositif du “Malraux”, grâce auquel les travaux entrepris sur certains biens anciens sont transformés en crédit d’impôt. 

La question des valeurs refuges

Une question récurrente porte bien entendu sur l’achat de valeurs refuges, et parfois, désormais, sur l’achat de cryptomonnaies. Faut-il en acheter ou pas ?

Pour faire simple, cette question appelant par ailleurs de nombreux commentaires spécialisés, il faut marteler que, par les temps qui courent, l’achat d’or est un placement de bon sens, à condition d’y passer un peu de temps et d’avoir un endroit sûr pour le stocker. 

D’une manière générale, les acheteurs avertis préfèrent toutefois acheter des lingots en “physique”, c’est-à-dire faire l’acquisition d’un lingot en bonne et due forme qu’ils stockent à leur domicile ou dans un coffre à la banque. Proportionnellement, les pièces sont en effet plus coûteuses… 

Pour ce qui concerne l’or, il ne faut jamais oublier que le coût du stockage est un élément important de l’arbitrage. L’avantage de l’or physique est que vous pouvez le monnayer quand vous le voulez, alors que, acheté sous forme d’avoir bancaire, il peut vous être confisqué. L’inconvénient est qu’il peut vous être dérobé lors d’un cambriolage si vous le stockez chez vous. 

Il est à noter qu’il existe des formules de cartes de crédit émise sur un compte en or. Cela peut se révéler pratique si vous tenez à “monnayer” votre or sans difficulté. Dans ce cas, il vous suffit de vous rendre à un distributeur de billet qui accepte la carte en question, et de retirer de l’argent comme si de rien n’était. C’est le détenteur de votre or qui se charge de faire la conversion à votre place, moyennant la commission plutôt modeste que vous lui laissez. 

Evitez les placements bancaires

Dans tous les cas, et c’est surtout vrai en période d’inflation élevée, évitez de laisser de l’argent dormir à la banque, particulièrement sur un livret rémunéré à un niveau moindre que l’inflation. C’est le cas des livrets A, de Développement Durable et autres arnaques qui enrichissent les banques. 

Non seulement cet argent nourrit des organismes comme les HLM grâce auxquels l’Etat intervient dans la vie économique et “achète” les suffrages de pauvres gens, mais en plus ce placement vous appauvrit, puisqu’il est moins rémunéré que l’inflation. 

Il peut donc vous servir, au mieux, à abriter de l’épargne de précaution, c’est-à-dire des sommes dont vous pouvez avoir besoin en urgence pour renouveler votre lave-linge ou payer une réparation de votre voiture. 

En revanche, ne laissez surtout pas sur ce compte l’argent qui servira à financer les études de vos enfants ou l’apport pour acheter votre maison. 

Faut-il vraiment éviter la bourse ?

Une question annexe porte sur les investissements en bourse. Depuis plusieurs années, les esprits lucides soulignent le déséquilibre entre les cours en bourse et la réalité des entreprises. C’est particulièrement vrai dans l’économie numérique, où certaines entreprises bénéficient de capitalisations boursières jamais connues dans l’histoire, alors qu’elles ne dégagent aucun bénéfice et semblent même en situation d’agonie. Simplement, elles ont bonne réputation, et un comportement mimétique pousse à gonfler le cours de leur action au mépris du bon sens. 

Ces déséquilibres manifestes, bien connus des initiés, laissent craindre depuis longtemps une sévère correction, repoussée jusqu’ici (après un épisode douloureux au moment du premier confinement) par des interventions massives en sous-main sur les marchés. Nul ne sait combien de temps les cours pourront être maintenus artificiellement à des niveaux élevés. 

Pour savoir si vous devez par principe vous tenir à l’écart de la bourse, il faut prendre le problème de façon un peu plus stratosphérique et mathématique.

Nous entrons dans une période de forte inflation et, jusqu’ici, les sciences économiques n’ont jamais montré que l’inflation avait un effet par principe négatif sur les cours en bourse. Ceux qui soutiennent que l’inflation va nuire aux placements financiers prennent donc pas mal de liberté avec l’état du savoir sur le sujet. 

Tout au plus peut-on penser que, en période de stagflation, les actions sont pénalisées par le manque de croissance économique.

En revanche, le placement boursier peut poser un problème moral s’il apporte des capitaux à des entreprises activement impliquées dans le Great Reset et la dictature sanitaire. Par exemple, si vous refusez d’être vacciné et que vous placez vos économies dans des actions Pfizer, vous avez un véritable problème de cohérence, puisque vous aidez une entreprise dont vous boycottez les produits. 

A contrario, certaines entreprises cotées en bourse peuvent correspondre à certains de vos objectifs généraux, et il n’est pas absurde, alors, de les aider à se développer en plaçant un peu de votre argent dans leur capital. Et, le pire n’étant jamais sûr, il est même plausible que ces entreprises se développent, gagnent de l’argent, et vous apportent une belle plus-value.

Tout ceci suppose en revanche des arbitrages au cas par cas qui ne s’improvisent pas. Le mythe selon lequel on peut devenir riche en plaçant son argent aveuglément à la bourse, ou en suivant les conseils de quelques boursicoteurs, n’a pas de sens et ne fera que vous appauvrir, et même vous ruiner. 

Que faire de son assurance vie ?

Une question souvent posée, qui est vraiment sérieuse est : que dois-je faire de mon contrat d’assurance-vie ?Comme les assureurs en ont convaincu la presse subventionnée, l’assurance-vie est le placement préféré des Français, et beaucoup de Français détiennent au moins un contrat, parfois avec seulement quelques milliers d’euros placés dans ce compartiment si étrange de l’épargne. 

Je dis que l’assurance-vie est un placement étrange parce que, en réalité, elle n’a d’assurance que le nom, et elle tient plus de l’optimisation fiscale que du contrat qui vous protège contre un quelconque risque. Ces dernières années, sa rentabilité a beaucoup baissé du fait des taux directeurs négatifs des banques centrales, qui ont compliqué la rémunération des contrats. 

Dans tous les cas, il faut avoir conscience que l’assurance-vie est un produit que les assureurs savent en sursis, tant il répond à un modèle obsolète et non soutenable en l’état. On peut même ici parler d’exercice d’équilibriste, puisque les assureurs sont dans l’incapacité de rémunérer correctement les contrats assis sur du “monétaire”, c’est-à-dire sur la rémunération au taux proche des banques centrales. Dès qu’il existera une meilleure offre de rémunération sur le marché, les clients demanderont la sortie de leur contrat d’assurance-vie pour opter en faveur de ces nouveaux placements. Les assureurs-vie devront donc restituer des dommes qu’ils ont souvent placées discrètement sur des marchés parfois déprimés. 

Le métier d’assureur-vie est réglementé, et les assureurs ont pour obligation d’acheter de la dette d’Etat. En leur apportant votre épargne, vous alimentez donc indirectement le train de vie d’un Etat liberticide. 

Je parlais de cohérence à propos des actions. Je reprends le terme ici pour souligner que le contrat d’assurance-vie est d’abord un moyen de financer l’Etat et les dépoenses publiques. 

Du point de vue de la sécession, avoir un contrat d’assurance-vie n’a donc pas beaucoup de sens. 

La question est de savoir ce que vous devez faire du contrat sur lequel vous avez placé 10.000€ et que vous avez souhaité récupérer. C’est à mon avis l’occasion de vous interroger sur les achats de valeurs d’usage que je vous ai conseillés plus haut, en conservant, si cela vous rassure, 2 ou 3.000€ en épargne de précaution supplémentaire.

Le bienfait ultime de la sécession patrimoniale

Vous l’avez compris, la sécession patrimoniale ne vous rendra pas riche, mais elle peut vous éviter de devenir pauvre. Elle consiste à réorienter son mix patrimonial vers des valeurs d’usage qui devraient résister aux effondrements à venir et dont la valeur augmentera avec l’inflation. 

Par les temps qui s’annoncent, ne pas tout perdre et ne pas alimenter un Etat liberticide, c’est déjà beaucoup. 

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4 commentaires
  1. “Il est à noter qu’il existe des formules de cartes de crédit émise sur un compte en or”
    ==> Connaissez-vous des banques our organismes proposant de telles offres ?

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  2. merci pour cet article instructif et très accessible.
    Il est vrai qu’acheter des tableaux par exemple et les contempler tous les jours donne beaucoup de plaisir et représente donc une valeur d’usage.
    personnellement j’ai deux critères de choix principaux d’abord mon goût. ce que l’on appelle parfois le coup de cœur et l’appréciation de ce qu’est la valeur de revente.
    Et ce n’est pas facile car le marché de l’art est un monde de requins.
    en tout cas j’ échangerais volontiers sur le sujet

    Répondre moderated
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