[PAYANT] Êtes-vous vraiment capable de quitter la France ? par Marc Bouzy

Suite de la série sur l’expatriation avec Marc Bouzy et Nikola Bilandzija, les spécialistes de l’expatriation de Schöne Rente, avec de nouvelles réponses aux questions que vous ne vous êtes pas posés. Si vous pensez que l’expat c’est bon que pour les retraités et les étudiants, que vous n’êtes plus l’un et pas encore l’autre, détrompez-vous. Dans cet article, voici le bestiaire des expats, tous les profils avec avantages et inconvénients. Spoiler : tout le monde est concerné, mais pas n’importe comment…

Nous avons vu dans un article précédent qu’avant toute expatriation, il était nécessaire de réfléchir posément et froidement à son projet au travers de trois axes que sont la famille, le patrimoine et la situation professionnelle.

Cet article va se concentrer sur ce point uniquement et va détailler la galerie de portraits des expats, le bestiaire des Français de l’étranger.

L’expatrié officiel : le fonctionnaire en mission ou le salarié en poste à l’étranger

Au sommet des profils types pour l’expatriation, nous avons tous les mêmes clichés en têtes, du fonctionnaire envoyé en mission à l’étranger, ou du salarié d’une grande entreprise bénéficiant d’un statut d’expatrié très profitable aux multiples avantages. Loin d’être une image erronée, ce cliché correspond à la réalité… et ne concerne qu’une minorité de personnes. Être français et partir à l’étranger dans de telles conditions est tout à fait confortable et vous permet d’éviter les nombreux risques ou aléas liés à l’expatriation. La destination importe peu, car il y a une projection du statut initial vers l’étranger, une bulle statutaire qui va enrober l’expatrié et le protéger des aspects les plus administrativement rugueux de l’expatriation. L’inconvénient majeur de ce statut, c’est qu’il est bien souvent temporaire et que le retour a été planifié dès le départ. Peut-on toujours parler d’expatriation ? Ne serait pas plutôt un simple voyage ? Si votre objectif est précisément de rompre avec les institutions françaises, avec un tel profil, c’est raté.

Le retraité : objectif niveau de vie, option optimisation patrimoniale

Second cliché qui lui aussi est tout à fait réel, celui des retraités qui vont aller couler des jours heureux au soleil en bénéficiant d’un meilleur niveau de vie. La vie professionnelle étant achevée et la pension étant perçue régulièrement, la question de la subsistance est résolue. Seul le volet des dépenses est à considérer, ainsi que de la préservation de la meilleure qualité de vie possible. Pour ce profil, il est nécessaire de privilégier un bon logement, bien situé afin de pouvoir bénéficier de tous les avantages de son nouveau pays et d’un niveau de vie plus élevé qu’en France. Détaché du marché du travail local ou de l’état du business, les préoccupations principales seront les conditions de vie immédiates, la préservation du patrimoine dans une logique de consommation ultime ou de transmission, et bien évidemment la santé. Dans cette optique, le pays idéal est celui au climat clément, au niveau de vie plus faible pour bénéficier de l’effet richesse, d’un système de santé performant et d’une relative proximité avec la France, pour ne pas perdre le lien avec la famille.

Il convient de distinguer un retraité n’ayant que sa pension pour tout viatique de celui à la tête d’un patrimoine qui peut être conséquent. Si sans patrimoine l’affaire est déjà intéressante avec un gain de niveau de vie immédiat, le transfert de ses actifs dans un pays étranger peut prendre tout son sens, notamment si ce pays ignore l’impôt successoral et que les héritiers ont déjà par ailleurs constitué leur patrimoine.

L’Etudiant : étudier, mais pas que…

Dans une logique radicalement opposée, faire ses études à l’étranger avec le bac en poche, y trouver des formations qui correspondent à son orientation est bien évidemment un avantage pour démarrer une carrière, tester un métier, développer ses compétences à l’international. Ces mots constituent le slogan tout fait qui est répété jusqu’à plus soif, le poncif des études à l’étranger, option Erasmus de préférence.

En réalité, une année à l’étranger est souvent peu productive du point de vue de l’acquisition des connaissances académiques. Elle est toutefois capitale car c’est une expérience en soi, l’expérience de la vie, de l’apprentissage de l’autonomie dans un contexte extérieur, qui a d’autant plus de valeur qu’il est fait jeune. L’on y trouvera ce qu’on y a apporté : d’aucuns du sérieux et du travail, beaucoup d’autres de la fête, des amis ou amies. Là encore, peut-on vraiment parler d’expatriation ? Certains étudiants ont tranché la question au travers d’un contrat de travail local, signé il y a un, deux, dix ou vingt ans. Le billet de retour a parfois été jeté dans le puits de ses ambitions.

S’expatrier pour repartir à zéro : la seconde chance

Les réseaux d’expatriés sont peuplés d’un autre cas de figure, celui de la seconde chance. Lorsque le démarrage de sa carrière en France ou ailleurs n’a pas été celui escompté, lorsque la carrière prometteuse s’est arrêtée d’un coup, lorsqu’un mauvais coup du sort vous a ciblé personnellement et individuellement et que l’avenir vous est tout tracé sur 10, 20 ou 30 ans dans un immobilisme le plus parfait, quand vous savez que votre maximum est atteint et que vous êtes dans une case bien fermée avec aucun espoir d’en sortir, qu’avez-vous réellement à perdre ? A jouer l’étudiant tardif, celui qui fait son baluchon et part tenter sa chance ailleurs ? Bien évidemment, la seule option valable sera le sérieux et le travail. Vous savez pourquoi vous partez, et armé d’une volonté de revanche sur la vie, vous allez lui montrer. Contrairement au retraité, peu importe le niveau de vie, le système de santé. Seul comptera l’état des affaires, la situation fiscale et économique. C’est la ruée vers l’or et vous foncez avec votre pioche. Seule certitude, vous allez en suer !

Il faut distinguer l’expat qui est venu chercher sa seconde chance de celui qui n’a pas eu le luxe de le décider et dont l’expatriation est avant tout un projet de fuite, un projet de survie qui doit plus au hasard qu’à la préparation soignée. Dans ce dernier cas de figure, la nostalgie, le ressentiment et l’impréparation seront des poisons puissants qui vont lourdement pénaliser les projets du candidat.

Le risque majeur est celui de rater sa transition et de subir un déclassement. Vous éviterez ce risque si vous êtes perçu dans votre pays d’accueil comme quelqu’un qui va apporter quelque chose de plus que ce que vous êtes venu prendre, ce qui n’est clairement pas le cas en cas de départ contraint et forcé. Rattraper cette mauvaise perception de départ sera une tâche quasi impossible.

Le profil idéal : l’indépendant ou le télétravailleur

En matière d’expatriation, vous avez une nouvelle catégorie qui prend très rapidement de l’ampleur grâce à internet et aux nouvelles technologies, celle de l’indépendant, du freelance habitué à travailler seul de son domicile. Que le domicile soit en France ou bien à l’étranger, rien ne change pour ses clients pour peu qu’il n’y ait ni décalage horaire ni difficulté de connexion. Si vos clients ne sont pas rebutés par des factures étrangères, vous avez une carte à jouer, d’autant plus que la fiscalité locale peut être suffisamment avantageuse pour proposer un rabais sur vos tarifs sans nuire à votre rémunération. Là aussi, vous pourrez bénéficier d’un effet niveau de vie si vous avez bien choisi votre destination. Si vous êtes dans l’Union Européenne avec des clients professionnels en France, vous pourrez facturer en exonération de TVA.

Une variante nouvelle qui est apparue à la suite du COVID est celle du télétravailleur parti s’installer à l’étranger. Ceci requiert bien sûr le soutien de votre employeur et un métier qui s’y prête. Dans ce cas de figure vous serez salarié d’un employeur dans un pays mais fiscalement résident dans un autre. La législation allemande se prête nettement mieux que la française à cette situation. Les avantages peuvent être immenses, une fois surmonté la problématique fiscale afin d’être parfaitement en règle dans les deux pays, car aucun des deux systèmes d’imposition n’a été pensé dans cette optique.

Démarrer une activité en tant qu’indépendant à l’étranger si vous ne l’avez jamais été va être un défi important, car en plus des difficultés liées à votre changement de pays, vous allez accumuler les difficultés du lancement de votre offre, de réussir à créer votre portefeuille de clients. Certains pays, contrairement à la France disposent de conditions qui permettent de partir de presque rien et d’atteindre des sommets, de devenir réellement riche. Qui vous a dit que cela serait facile ?

Le profil le moins adapté          

Beaucoup d’entre vous qui me lisent seront frustrés, ne se sentant pas concernés à juste titre : les salariés ou fonctionnaires en France. C’est la catégorie la plus importante. Ni mystère ni miracle, dans votre cas partir sera une gageure. Vous savez ce que vous allez perdre. Renoncer au statut, renoncer à votre travail et l’échanger contre de fortes incertitudes. Vous partez avec peu d’atouts et vous risquez le déclassement à l’arrivée. Dans ce cas de figure, vous aurez deux options : celle de l’entrepreneuriat ou celle du salariat local, avec un potentiel nettement plus fort du côté de la création d’entreprise. Alors faut-il se résigner à rester ? Les réussites les plus éclatantes des Français de l’étranger sont à ranger dans cette catégorie, celle de ceux dont le prix du départ a été un tel sacrifice que la réussite n’est plus une option, mais une obsession.

Salarié local ?

Être salarié, c’est le confort de recevoir son salaire à la fin du mois, c’est éviter le stress de la fin de mois propre à tous les entrepreneurs, celle de la surveillance stressée des rentrées d’argents.

Devenir salarié à l’étranger consiste à rentrer dans une situation économique et sociale différente, avec ses avantages et inconvénients. Autant le dire tout de suite, viser un poste de salarié dans un pays au niveau de vie et aux conditions d’emploi très inférieures à celle de la France peut se révéler catastrophique et très risqué, bien que vous puissiez tirer votre épingle du jeu en trouvant la perle rare, l’offre aussi alléchante qu’improbable.

Vos atouts dans cette aventure seront votre maîtrise du français d’une part car certains employeurs peuvent s’arracher les francophones natifs à l’accent impeccable (sauf si vous êtes partis dans un pays francophone, auquel cas votre accent français vous pénalisera), et d’autre part votre métier si vous avez des compétences rares ou intéressantes. Attention, si certains métiers ne connaissent jamais la crise, d’autres sont profondément inutiles à l’étranger.

En tout état de cause, et quelque soit votre profil, il est toujours nécessaire de tester votre destination, d’aller y faire un tour en repérage : identifier des employeurs potentiels, échanger avec des entrepreneurs ou indépendants localement, visiter des logements, aller regarder l’état des hôpitaux, des écoles.

Schöne Rente accompagne les projets d’expatriation en Bulgarie. C’est un pays méconnu des Français qui présente de vrais avantages : membre de l’Union Européenne, imposition forfaitaire à 10 % IS et IR, services de santé de qualité en ville, gain immédiat en qualité de vie et surtout une application assez souple des confinements et règles sanitaires, sans oublier un taux de vaccination COVID de moins de 30 % de la population.

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2 commentaires
  1. Êtes-vous vraiment capable de quitter la France ?

    Non.

    La France est une glu, un marécage, une tourbière. Les pieds dedans, on n’avance plus. Pire, on s’enfonce. Dès lors, regarder l’horizon alors qu’on ne voit plus que les bords de l’étang contaminé par le socialisme (qui actuellement fait sa mue chavezo-mélenchoniste hyper autoritaire) devient extrêmement difficile.

    Seules les élites qui organisent et perpétuent le marigot – à destination des pauvres c.a.d. la population sous le revenu médian (50% des Français), le socialisme ne créant que de la pauvreté et l’important massivement du Sud – peuvent s’extraire de la fange et externaliser leurs enfants, qui, fils de hauts fonctionnaires ou élus nationaux mettent la progéniture de luxe à l’École Alsacienne, qui, les exportent par les cursus d’État privatisés pour leur caste dans les écoles pour milliardaires du Nouveau Monde afin de creuser encore plus le ravin entre le Peuple et la Haute.

    Qui a dit que nous étions en 1789 ?

    Pourtant issus de deux camps idéologiques antagonistes, Pierre Bourdieu et Jérôme Fourquet (Christopher Lasch aux USA) font les mêmes constats… Versailles et la cour se sont réinventés par les caprices et les excès de l’énarchie corrompue jusqu’à l’os – à l’exception du « taulier » comme le nomme Jiff sur ce fil. En fait, la caste a raison d’externaliser ses bambins dorés à l’or 18 carats, le Peuple volcanique est à nouveau en phase d’éveil, la Terre gronde, les phases sismiques à 9 sur l’Échelle de Richter étant de plus en plus rapprochées. Il est désormais patent que cela ne va pas bien se terminer pour elle.

    « Ils affirment que tout va bien » à l’image des élites de Saint Pierre en 1902, quelques semaines avant l’explosion de la Montagne Pelée. Profitez donc bien des festivités somptueuses, élites hors sol…

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