Requiem pour l’Europe

L'Europe est morte. Et l'on ne peut même pas ajouter "Vive l'Europe!" car elle ne renaîtra pas de sitôt. En fait, l'Europe a existé entre les traités de Westphalie et la fin du XXè siècle. Et la Russie a été un élément majeur de sa construction. Car l'Europe n'était pas une construction naturelle: elle est née de la volonté des peuples européens de construire une façon de coexister, de créer, de produire, de rêver à un monde meilleur, après que les guerres de religion avaient fait éclater la Chrétienté médiévale. L'Europe est née avec les traités de Westphalie, elle avait été engloutie apparemment par les deux guerres mondiales, mais elle semblait renaître de ses cendres en 1990 . Elle s'est finalement brisée sur quatre écueils: sa soumission au modèle américain, le dogmatisme de l'Union Européenne, les guerres de Yougoslavie et, pour finir, le rejet de la Russie. Requiem.

Il n’y a pas d’Europe sans la Russie

 

L’Europe est morte. Car il n’y a pas d’Europe sans la Russie. C’est ce que le vieux Henry Kissinger a voulu dire, entre autres choses, quand il a demandé, à Davos, que la diplomatie reprenne ses droits dans la guerre d’Ukraine. 

Kissinger a créé avec Nixon la puissance américaine des cinquante dernières années mais il n’oublie pas ce qu’il doit à l’Europe et à son équilibre des puissances. 

La Russie n’était pas signataire des traités (Münster, Osnabrück) qui ont mis fin à la guerre de Trente Ans ainsi qu’à l’affrontement franco-espagnol (Paix des Pyrénées en 1660) et qui fondent une Europe des Etats. Mais elle rejoint le système au début du XVIIIè siècle. Et elle en est une pièce maîtresse: aussi bien pour mettre fin à la démesure napoléonienne que pour abattre la plus terrible menace que l’Europe ait suscité en son sein: l’Allemagne national-socialiste. 

A tel point que, lorsque la Russie est absente, comme entre 1917 et 1922, entre la révolution de février et le traité de Rapallo, l’Europe se défait. 

L'Europe, cette réalité née au XVIIè siècle

Entendons-nous, d’abord, sur ce qu’on appelle “Europe”. Ce n’est pas d’abord une entité géographique. Si de Gaulle la place entre l’Atlantique et l’Oural, c’est d’abord parce qu’elle est une réalité historique et politique. 

Au commencement, il y eut l’Empire romain d’Occident et celui d’Orient. Puis il y eut la Chrétienté et Byzance. Quelques décennies après la chute de Byzance, l’unité de l’Europe catholique se brise. Après un siècle et demi ou presque de guerres de religions (1517-1648), l’Europe naît de la volonté de séparer les querelles religieuses et les querelles politiques, d’appuyer l’appartenance collective des individus sur la souveraineté des Etats. 

C’est le modèle d’organisation de la “post-chrétienté”, sorti du cerveau génial du Cardinal de Richelieu et mis en oeuvre par le cardinal Mazarin dans les traités de Münster, d’Osnabrück (1648) puis des Pyrénées (1660). A partir du milieu du XVIIè siècle, l’Europe, ce sont: 

  • des congrès de paix, qui sont capables de mettre fin aux conflits: Nimègue (1679), Ryswick (1697), Utrecht (1713) sous Louis XIV; Aix-La-Chapelle (1748) et Paris (1763) sous Louis XV; le second traité de Paris par lequel Louis XVI met fin à la Guerre d’Amérique (1783); le congrès de Vienne qui met fin aux guerres napoléoniennes etc…
  • l’Europe c’est aussi une culture avec la proliférations des cours royales et des villes qui cherchent à attirer les talents; c’est un prodigieux développement scientifique, un véritable feu d’artifice qui dure au moins jusqu’en 1914; ce sont les deux premières révolutions industrielles (1770 et 1870). 
  • L’Europe, c’est le triomphe de la laïcité, fille de l’Evangile; c’est la liberté de l’esprit, la tolérance, l’invention de la liberté politique moderne, le parlementarisme. 
  • L’Europe c’est bien entendu aussi l’Etat moderne, avec sa rationalité exacerbée, c’est la modernisation constante de l’art de la guerre, au point de déboucher sur les deux guerres mondiales. 

A toute cette aventure, la Russie a participé, par la volonté modernisatrice de la dynastie des Romanov. De la tournée en Europe occidentale de Pierre le Grand en 1717 à la révolution russe de 1917; la Russie a été un facteur de l’équilibre des puissances; elle a participé à nombre de guerres; elle a apporté sa contribution au débat d’idées, au développement des arts. Elle est devenue une puissance industrielle. 

Même après la révolution bolchevique, la Russie devenue soviétique n’a eu de cesse de rentrer dans le dialogue européen. D’abord parce que le marxisme était sorti du cerveau (fumeux) d’un philosophe allemand; mais surtout parce qu’elle voulait participer à l’aventure européenne. On notera que c’est la Russie de Staline et les peuples de l’Union Soviétique avec elle qui écrasent cette négation absolue de l’esprit européen qu’était le nazisme (avec son rejet de l’héritage judéo-chrétien et de l’humanisme et sa fascination à la fois pour une ère précivilisationnelle et pour le gigantisme américain moderne). 

 

Cette éphémère renaissance de l'esprit européen qui a mis fin à la Guerre froide

Après 1945, ce sont des forces européennes qui ont mis fin à la Guerre froide. Face aux Etats-Unis pour qui les frontières des autres doivent s’abolir pour faire place à leurs idées et leurs marchandises, Charles de Gaulle, Willy Brandt, Margaret Thatcher, Jean-Paul II, Mikhaïl Gorbatchev ont réinventé l’Europe. Ils ont trouvé les moyens de mettre fin à la Guerre froide. 

Ils ont réappris à distinguer entre les querelles idéologiques et les intérêts politiques; ils ser sont souvenus que, si l’Europe rejettait  toute théocratie, elle faisait toute sa place au christianisme; ils ont réappris la culture de la négociation diplomatique qui avait fait le concert des nations. 

Il semblait, en 1990, que malgré les deux guerres mondiales, l’Europe renaissait. L’Europe avait su faire passer la politique avant l’idéologie; elle avait retrouvé le sens de la paix, elle avait reconstruit son économie, le sens du tragique d’un Soljenitsyne ou des écrivains d’Europe centrale pouvait la ramener à l’inspiration littéraire et artistique. Mais l’illusion d’une renaissance européenne s’est très vite dissipée. Il est apparu que la fin de la Guerre froide avait été le chant du cygne d’une civilisation qui avait duré un peu moins de quatre siècles. 

 

Le naufrage définitif de l’Europe

  1. Nos milieux dirigeants se sont prosternés devant le modèle américain. Or, par leur messianisme politique, par leur manque de profondeur historique, par leur absence de sens du compromis, les Etats-Unis sont étrangers à l’Europe. Michel Albert l’avait montré dans un livre célèbre (Capitalisme contre capitalisme, 1991), le capitalisme européen contrariait son génie en se financiarisant à l’américaine. Surtout, l’Amérique nous a entraîné dans des guerres sans fin, en particulier au Proche-Orient, et nous a exposé à leur effet en boomerang, à commencer par les vagues migratoires. 
  2. Comme si un dogmatisme ne suffisait pas, les Européens en ont ajouté un second, celui du fédéralisme européen. L’esprit de réconciliation des années 1950 avait créé des institutions pour la coopération. Ce qui se passe à partir de 1990, c’est cependant une profonde idéologisation du projet: depuis 30 ans, l’Union Européenne se construit comme une immense machine bureaucratique, pour qui la production de normes devient une fin en soi. L’économie européenne est bien moins performante que ce qu’elle pourrait être; elle a raté le tournant de la troisième révolution industrielle (même si Klaus Schwab beugle qu’il en est lui à la “quatrième”). Et, surtout, l’UE est impuissante à imposer les intérêts de ses membres dans les relations internationales. 
  3. Dès le début des années 1990, les guerres de Yougoslavie ont montré la disparition de la volonté européenne. S’il y avait eu une véritable renaissance de l’esprit européen, ces petits conflits étaient faciles à empêcher avec une force d’interposition et une conférence diplomatique. Mais nos intellectuels, nos médias et, finalement, nos politiques, sont si américanisés qu’ils ont transformé l’éclatement de la Yougoslavie en un affrontement entre les méchants Serbes et les gentils autres. Aucune notion, dans les chancelleries des années 1990, de ce que l’Europe est ce lieu capable de surmonter les différends entre catholiques et orthodoxes hérités de la vieille chrétienté; aucune reconnaissance envers la Serbie, ce grain de sable dans la machinerie guerrière hitlérienne au printemps 1941. Non, rien que la n-ième pitrerie du cancre Cohn-Bendit déclarant que la guerre du Kosovo était la “guerre d’unification de l’Europe”. Alors qu’elle était le signe que son agonie avait commencé. 
  4. Au moment où se déroulaient les guerres de Yougoslavie, la Russie sortait trop affaiblie du communisme pour pouvoir participer à un règlement du conflit. A partir de l’arrivée de Vladimir Poutine au pouvoir, la Russie a refait ses forces. Toute l’Europe aurait dû s’en réjouir. En particulier parce qu’un nouveau rayonnement russe permettait de contrebalancer l’influence américaine. Mais ce qui l’a emporté, c’est une russophobie de plus en plus affirmée, qui culmine avec l’attitude de nos pays dans la guerre d’Ukraine. Rien ne montre de façon plus terrible la mort de l’esprit européen. 

 

Cette visite de réconciliation qu’Helmut Kohl n’a pas faite à Saint Pétersbourg pour honorer les victimes du siège de Leningrad

L’Allemagne avait marqué, par la visite d’Adenauer à Reims, sa volonté de retrouver une vision “carolingienne” – composante indéniable de l’identité européenne. Lorsque Willy Brandt s’est agenouillé au ghetto de Varsovie, il a approfondi la réconciliation de l’Allemagne avec son héritage européen: les Juifs n’ont-ils pas joué un rôle essentiel dans l’essor de l’Europe à partir du XVIIIè siècle. Et, plus profondément, notre civilisation européenne n’est-elle pas la recherche permanente d’un point d’équilibre entre les héritages de Jérusalem, d’Athènes et de Rome? Quelques années avant Brandt, les évêques catholiques allemands avaient demandé pardon à leurs frères polonais  pour les crimes allemands en Pologne. 

Après ces gestes magnifiques, il en restait un à accomplir. Il n’est jamais venu.

Imaginez ce qu’aurait signifié une visite commune d’Helmut Kohl et Mikhaïl Gorbatchev à Saint Pétersbourg, pour honorer la mémoire des victimes soviétiques du siège de Leningrad – l’un des épisodes les plus atroces de la guerre d’extermination  déclenchée par l’Allemagne nazie contre la Russie et les autres peuples d’URSS. Après un tel geste, “la Maison Commune européenne” aurait été définitivement refondée.

Au récit simpliste d’une victoire américaine dans la Guerre froide se serait substitué celui d’une renaissance de l’Europe. 

Helmut Kohl n’avait pas assez d’imagination pour un tel geste. Et sa société ne l’y a pas poussé. Et pourtant tout aurait dû y pousser les Allemands, de l’admiration réciproque des deux cultures l’une pour l’autre à la vieille sagesse diplomatique de Bismarck, Stresemann et Brandt, qui savaient que tant que l’Allemagne et la Russie s’entendent, échangent leurs ingénieurs, coopèrent dans la vie de l’esprit, l’Europe est en paix. 

 

Requiem pour l’Europe

Il n’y a pas d’Europe sans la Russie. Or l’Union Européenne actuelle s’évertue à couper tous les liens avec la Russie. Nos médias, nos dirigeants se lancent dans des rondes puériles et endiablées en hurlant des slogans russophobes tandis que nos industriels déplorent la destruction consécutive de notre prospérité mais sans avoir le courage de s’y opposer. Le comble du grotesque est atteint quand on met une étiquette “ukrainien” sur un concert de Tchaïkovski ou quand on veut débaptiser un lycée Soljenitsyne. 

La Russie se tourne de plus en plus vers l’Asie et l’Afrique. Voulons-nous la sanctionner encore et encore? Elle ira jusqu’au bout, mettra fin à ce qui la reliait encore à nous en termes de dépendance technologique, d’échanges académiques, de liens culturels. Et notre Europe-croupion, qui ne sera bientôt plus qu’un beau musée, régulièrement tagué par des hordes de racailles, notre Europe sans influence sur le présent et l’avenir du monde, vivra comme un zombie, sans savoir ce qu’elle a perdu. 

L’Europe est morte. On ne peut que la pleurer en évoquant tant de grandeurs et d’obstacles surmontés. Requiem pour une civilisation défunte. 

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63 commentaires
  1. L’Europe va devenir l’équivalent de Porto Rico pour les USA. Nous avons des médias de masse contrôlés et les politiques sous leurs influences. Pensez seulement que tous vos faits et gestes sont connus par Microsoft, Android, Google ou Apple.

  2. C’est remarquable l’antiaméricanisme fondamental et absolu que l’on rencontre en France.
    Il ne vient pas d’une critique fondée et parfaitement justifiée de la société américaine. On pourrait croire qu’il s’agit du ressentiment d’avoir évité 2 fois, et en tout cas en 1941 de devenir une colonnie allemande. C’est plus profond. C’est la haine inextinguible à l’encontre d’une idée qui est de moins en moins la réalité, celle d’Etats-Unis champion des libertés et du capitalisme.
    Soutenir la Russie de Vladimir Poutine, gouvernement corrompu jusqu’à la lie, belliciste, organisant le massacre de journalistes indépendants ou d’opposants politiques modérés, soutenu par les mafieux tchetchenes, c’est incroyable
    Et cela va largement au-delà d’une crainte parfaitement justifiée de rentrer en guerre contre la Russie ou le désir de se prémunir des clowns à roulettes que sont les gouvernements occidentaux et européens en particulier.
    Non , la haine du capitalisme dépasse tout
    Remarquable en plus pour un journal qui se veut libertarien.
    Liberté, vous avez dit liberté ?

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    1. Hermkens, USA champion des libertés… vous y croyez vraiment ? et le capitalisme n’a rien à voir la dedans ! Analyse complètement erronée. Charles de Gaulle (qui lui avait la capacité d’analyser et donc de prévoir), cité par A Peyrefitte : “La vérité c’est que les américains finiront par se faire détester par tout le monde. Même par leurs alliés les plus inconditionnels. Tous les trucages qu’imaginent les américains sont démentis par les événements.”

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    2. L’antiaméricanisme n’est-il pas une réaction à l’american way of life, imposé depuis 1945 (lire par exemple “la CIA en France” de F. Charpier).
      Il ne faut pas se laisser emporter par ses sentiments, mais d’efforcer de regarder les faits.
      Entre les guerres illégales, l’extraterritorialité du droit américain, l’imposture du dollar et l’exportation d’une vision de la société qui n’est pas celle de l’Europe, il est compréhensible que beaucoup de Français se réveillent d’une américanophilie injustifiée. Savoir, de plus, que les Etats-Unis ont été littéralement subvertis par la haute finance dont ils sont le bras armé, n’arrange pas les choses. Sans vouer une admiration sans bornes à Poutine, on peut reconnaître qu’il a osé faire ce que l’Europe aurait dû faire: s’opposer à un pouvoir indû qui lamine les peuples et les Etats.

    3. @ Hermkens Philippe
      Juste une remarque qui provoquera sait-on jamais, une réponse…
      Combien de fois la Russie (URSS y compris) a t’elle jugé utile d’intervenir loin de ses frontières, à l’étranger ?
      Combien de fois depuis leur création, les Etats-Unis d’Amérique ont-ils jugé bon d’intervenir militairement à l’étranger ?

      Quant au capitalisme, il est désormais si je puis dire en roue libre, et nous emmène vers le fascisme

    4. Cher lecteur, vous tombez mal en croyant que je suis anti-américain. J’admire beaucoup la créativité et la vitalité des Etats-Unis. Au Courrier nous sommes libertariens en économie. Cela n’empêche pas de constater que les Etats-Unis sont étrangers à l’Europe telle que je la définis.
      Cordialement.
      EH

      1. Ce n’est pas parce-que les Américains sont un peu différents de nous qu’ils sont étrangers à l’Europe. Ce sont des européens qui ont créé les Etats-Unis, et cela fait que nous avons des points communs avec eux bien plus nombreux qu’avec les Russes. Les USA et l’Europe de l’ouest font partie de la même civilisation, la civilisation occidentale. Ce n’est certainement pas le cas de la Russie. De toute façon si les européens le veulent vraiment, ils n’ont besoin ni des Américains ni des Russes pour exister.

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        1. “Ce sont des européens qui ont créé les Etats-Unis” ==> faux, ce sont des migrants européens qui ont créé les USA. Ils étaient tellement migrants qu’ils ont construit une société à l’inverse de l’Europe. Un citoyen des USA est juste un consommateur, ce que n’est pas un citoyen européen.

          1. Que de conneries dans votre discours!!! Ils ont construit une société qui s’appuyait avant tout sur la liberté qui n’était pas toujours respectée dans certains pays européens. En outre il y avait aussi un aspect profondément religieux pour un certain nombre d’entre eux (protestants d’abord et catholiques après). Mais vous ne connaissez rien à ce pays.

    5. Cher Monsieur,
      Vous dites des bêtises parce que vous prenez les mots pour des idées et vous laissez piégé par eux. Commencez par réaliser qu’il n’y a pas plus nationaliste que les Etats-Unis et vous verrez les choses à l’endroit et comprendrez que votre opposition abstraite entre nationalisme et capitalisme n’a aucun fondement dans la réalité des choses.

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    6. Visiblement, vous n’avez rien compris à cet article qui parle de l’Europe et accessoirement des USA et leur influence pernicieuse sur ce continent qu’ils voient comme un protectorat… Quant à la haine du capitalisme, je n’en vois aucune trace… Laissez donc vos préjugés au vestiaire, cela vous évitera le ridicule!

    7. Bien d’accord avec l’article de monsieur HUSSON.
      Sinon, bravo ! tout le monde a bien répondu au monsieur qui glorifie son pro-américanisme. C’est Androïd, google, microsoft etc qui cont être contents : ça va crépiter chez les robots catégorisateurs d’opinions françaises à partir du vocabulaire utilisé.
      Heureusement qu’on s’en fiche !

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    8. “Les américains ont empêché que la France devienne une colonie allemande en 1941”, vraiment ? Bilan de la seconde guerre mondiale : 25 millions de morts côté soviétique et 292 000 morts côté américain. Si une grosse partie de l’armée allemande n’avait pas été mobilisée puis décimée sur le front russe, les américains auraient vite rebroussé chemin. Ha oui, c’est vrai qu’ils avaient “la bombe” et qu’ils auraient pu en larguer une à Caen et une autre à Paris pour nous “libérer” !

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      1. C’est un fait que l’on oublie souvent quand on parle du rôle libérateur de l’Europe par les armées américaines. L’armée allemande que les GI’s ont eu à affronter en France à partir de juin 1944 pour la Normandie et août 1944 pour la Provence, n’a plus grand chose à voir avec la Wehrmacht de mai-juin 1940. Cette armée a été épuisée dans les déserts d’Afrique, et littéralement laminée dans les terres russes. Elle est de plus harcelée par des maquis qui sabotent ses approvisionnements logistiques. Et l’on ne peut pas dire que les armées américaines se sont avérées particulièrement brillantes dans ces campagnes (comme dans celle d’Italie d’ailleurs où le génie opératif d’un Juin a empêché le commandement américain de faire pas mal d’âneries), il suffit de se reporter à la bataille des Ardennes et le vent de panique à l’état-major américain.
        Et puis on oublie que les Américains n’ont pas débarqué pour libérer la France mais pour vaincre l’Allemagne. La stratégie américaine était de remonter par la côte le long de la Manche jusqu’à la Belgique et le Luxembourg et de plonger au cœur de l’Allemagne. C’est de Gaulle qui a fait infléchir cette stratégie, notamment pour éviter que l’insurrrection parisienne devienne un deuxième Varsovie. Nous entérinons le récit qu’ont écrit les Américains, via en particulier leur propagande cinématographique, de la Seconde Guerre mondiale.
        En plus, depuis une chanson bien bête de Sardou, on doit croire que sans les Américains…

    9. Je vous invite à lire Georges Bernanos et Simone Weil, ça vous ouvrira peut-être les yeux sur le modèle américain.
      Quant à la Russie de Poutine, vous répétez consciencieusement la propagande états-uniennes. Qui de la Russie de Poutine ou de la belle démocratie américaine a mené le plus de guerre depuis 2001 ?
      Pour la corruption, qui a corrompu l’État russe sous Eltsine sinon l’administration américaine ?
      Pour le massacre des journalistes ou d’opposants modérés, c’est du même acabit que les massacres de l’armée russe en Ukraine.
      Enfin, pour la mafia, l’Amérique est experte en la matière et elle a soutenu les mafias dans les Balkans, celle de Bosnie et celle du Kosovo.
      Il est vrai que les Américains accusent toujours ses adversaires de ses propres vices.

  3. Suicide d’un continent, l’Europe. Trente ans après le suicide d’une nation, la Yougoslavie.
    Trente ans sans n’avoir rien appris, rien compris.
    Les peuples tissent la corde qui va les pendre, tels les français qui réélisent Macron à 58 %.
    Plus dure sera la chute et la réanimation des peuples européens.
    2022 : Europe, année zéro.

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  4. Le capitalisme est antinomique du nationalisme L’individualisme est le contraire du collectivisme Et le nationalisme est une forme de collectivisme
    Il est donc impossible d’être nationaliste et libéral
    Et le Courrier des Stratèges est nationaliste, mais certainement moins anticapitaliste et anti liberal que la quasi-totalité des autres médias..

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    1. Étrange modèle de syllogisme à 4 propositions dont la première et la troisième sont pour le moins discutables (question de définitions, c’est évident) et, de ce fait, mènent à une conclusion hautement fantaisiste. Comme quoi idéologie et logique font rarement bon ménage…

    2. Prétendez vous à une démonstration? Plutôt une pirouette de Bozo le clown. Les USA ne sont ils pas ultra nationalistes? En plus d’impérialistes. La Chine n’est elle pas nationaliste? En plus de capitaliste.

    3. Mais vous racontez n’importe quoi là… Le capitalisme n’est antinomique de rien du tout puisque la Chine prouve que l’une des pires dictatures actuelles peut s’en servir à l’envi… Quant aux USA, vu le niveau de “connivence” – crony capitalism – atteint, je ne vois pas trop où se trouve ce “libéralisme” que vous décrivez, en particulier depuis la nomination du vieux débris corrompu jusqu’à l’os… Quant au nationalisme, il peut être beaucoup de choses, y compris libéral car il s’agit avant tout de défendre ses racines contre toute sorte “d’invasions étrangères” – pas que celles bien visibles, agitées systématiquement par le pouvoir pour détourner l’attention de tout le reste! Très manifestement, la profondeur de votre analyste est fort réduite et mériterait d’être approfondie bien davantage!

    4. Le mondialisme ne peut que conduire au totalitarisme, de même que l’anarchisme.
      Ne reste comme alternative que le patriotisme, lequel peut fort bien organiser un système économique et politique libéral, comme on le voit dans un certain nombre de pays et dans l’Histoire ; sachant que de toute façon le système parfait n’existe pas, et qu’un système tendant vers le libéralisme est le pire des systèmes, à l’exclusion de tous les autres.
      Refuser le patriotisme, c”st vouloir, implicitement au moins, le mondialisme.
      Et je suis toujours étonné que les idéologues d’un “libéralisme” dogmatique mal compris réclament à cor et à cris la fin des frontières, alors même que la suppression des frontières ne peut se faire que si on est deux, dans un cadre contractuel (le contrat = base du vrai libéralisme), et non s’imposer unilatéralement comme ils le croient.

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    5. Voilà ce qu’expliquait le général de Gaulle à Alain Peyrefitte en 1962 : “Ce que nous faisons n’a rien à voir avec le nationalisme. Le sentiment national est un sentiment naturel à toutes les nations, à tous les pays. Il est aussi naturel que l’amour filial ou que l’affection familial. Il est souhaitable qu’une nation veuille vivre, se défendre, se perpétuer. Un peuple n’est bien dans sa peau que s’il forme une nation indépendante. Le nationalisme, ça consiste à affirmer sa propre nation au détriment des autres. Le nationalisme, c’est de l’égoïsme. Nous, ce que nous voulons, c’est que “tous” les peuples affirment leur sentiment national. Que tous les peuples du monde forment des nations et soient protégés par des États qui coopèrent entre eux. ”
      Il me semble que l’on peut alors affirmer que les États-Unis sont probablement le premier pays nationaliste, toujours enclin à ne voir que leur intérêt le plus étroit, inapte à toute coopération entre États, et c’est parce que c’est un pays fondamentalement nationaliste doublé d’une vanité qui le fait prendre pour la plus belle nation de l’histoire du monde qu’il a basculé dans un impérialisme le plus irrationnel qui soit.

  5. Monsieur Edouard Husson, je suis ce jour empreint d’une immense naïveté, alors je réponds à votre prose dont le style a le charme d’une Volkswagen.
    Ce qui aurait pu être un texte excellent digne d’une Ferrari, d’une Aston Martin ou s’approcher d’une Roll Royce ou d’une bugatti, ne s’avère finalement que Lada ou Dacia, quoique cette phrase est irrespectueuse pour ces deux derniers constructeurs, tant votre texte est truffé d’erreurs gravissimes et que je suppute volontaires.
    J’ai tiqué une première fois sur votre expression de « l’héritage judéo-chrétien », et une deuxième fois sur votre Europe de 400 ans.
    Ainsi vous tirez un trait sur le moyen âge, Les conquêtes arabes et les reconquêtes chrétiennes, les croisades, On oublie toujours de rappeler que lors des croisades l’Espagne était occupé par les Sarrazins. Vous sautez sur charlemagne, comme à saute-mouton, vous rayez la république de Venise, l’invention de la banque moderne, Vous biffez les cathédrales et les guerres franco-anglaises, vous oubliez le saint empire germanique, vous oubliez la découverte du nouveau monde et de l’orient, Christophe Collomb, Marco Polo, vous oubliez la justice et Saint Louis, l’imprimerie de Gutenberg. Vous avez dû employer une fois le mot « Romain » et aucune fois le mot grec, et aucune fois non plus les mots d’Égypte, d’Inde, de Mésopotamie.
    Comme tous les véritables européens, j’aime la Russie, pourtant je pense que votre texte lui donne trop d’importance.
    Vous avez un biais, terriblement malsain, qui vous fait passer à côté de ce qu’est la véritable Europe, alors s’il vous plaît, oubliez là, vous cesserez ainsi de lui faire du mal et de poursuivre sa destruction.
    Soit vous êtes inconscient, un idiot utile, soit vous êtes un traître à l’idée européenne et à l’Europe.
    Reprenez vos livres et étudiez. Vous arriverez peut-être à duper quelques personnes, mais il suffit d’une personne telle que moi pour rétablir la vérité sur le tissu de mensonge par omission que vous avez fait.
    Pour finir j’ai juste envie de vous traiter de Cohn-Bendit 2.0
    J’imagine que vous allez être fâché et vexé, c’est la vie, au moins soyez fier, vous avez dérangé un VRAI Européen et pour ma part je ne me soumettrai jamais, plutôt mourir.

    Salutations.

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    1. Cher Monsieur, merci de votre long message. Je pense qu’il y a un malentendu. Tout ce dont vous parlez, et qui est admirable, et notre héritage, ne se désignait pas comme “Europe”. Avant “l’Europe”, il y a eu la Jérusalem, Athènes, Rome, Byzance, la Chrétienté, les Croisades, les Grandes Découvertes et tout ce que vous mentionnez. Cela ne s’appelait pas encore Europe. Bien cordialement. EH

  6. La Russie n’a rien d’européenne. C’est un pays asiatique. Le 3/4 du pays de trouve dans le continent asiatique. Les Russes connaissent mieux les Mongols que Jules César ou Péricles. Bref, comme toujours on réécrit l’histoire pour nous faire de la propagande pro-russe. L’Europe est née grâce à la Rome Antique et Athènes, en particulier l’Europe occidentale. Ce qui n’est certainement pas le cas de la Russie.

    1. Cher lecteur, que faites-vous, par exemple, de l’auto-désignation de la Russie comme “troisième Rome”? Ou bien de l’usage courant de la langue française dans la haute société russe jusqu’en 1914? Ou bien du rôle des ingénieurs allemands dans la construction de l’industrie russe? Cordialement. EH

      1. La Russie serait la troisième Rome? Arrêtons de dire n’importe quoi. Une Rome qui est aux ordres de l’Etat russe. Et quel est le rapport avec l’usage de la langue française ou l’apport des ingénieurs allemands? On pourrait dire la même chose avec le Japon qui s’est développé grâce à l’aide occidentale avant la deuxième guerre mondiale et après. Cela ne fait pas du Japon un pays occidental pour autant. L’histoire de la Russie et ses origines sont très différentes de beaucoup de pays européens. Sa culture peut avoir des points communs avec la notre, mais c’est à peu près tout. La langue russe n’a aucun point commun avec la majorité des langues européennes issues du grec et du latin.

        1. La langue russe contient environ 25% de mots allemands et autant de mots français mais à part ça, elle n’a aucun point commun avec nos langues… mais oui, bien sûr… Vous devriez d’urgence changer de lunettes, mon cher monsieur car votre vision est bien trop trouble!

          1. C’est vrai que l’alphabet russe est très proche de l’alphabet latin. C’est à vous d’acheter des lunettes. Que vous le vouliez ou non, les russes sont une civilisation à part de notre civilisation.

        2. Vous dites encore des âneries… l’alphabet russe vient en grande partie de celui du grec et que je sache, la Grèce fait bien partie de l’Europe, elle a même joué un rôle central dans son développement… oui, vous avez effectivement besoin d’urgence de consulter un opticien, mon cher monsieur!

          1. C’est en parti faux. Ce n’est qu’un cousin lointain de l’alphabet grec. L’alphabet russe est une variante de l’alphabet cyrillique qui a été créé dans l’empire bulgare en s’appuyant sur le grec ancien et l’alphabet glagolitique.

          1. Bon clash des 2 mains 🥊🥊🥊 Ça me rappelle le combat MArvin Hagler vs. Tommy Hearns. Jean-Louis D. a eu son compte avant la cloche 😵💫 Bonne nuit les petits 💤

          2. Et donc? Anne de Kiev est d’origine européenne, ce qui fait de la Russie est un pays totalement européen? De toute façon le vrai problème de fond est la politique russe. La Russie peut être une grande puissance, ce qui veut dire qu’elle peut faire la pluie et le beau temps en Europe et cela n’est pas foecément une bonne chose pour nous.

        1. Vous confondez la géographie et l’histoire. Géographiquement, une grande partie du territoire se trouve en Asie, c’est un fait. Mais historiquement et donc “civilisationnellement” (désolé de ce barbarisme), la Russie est foncièrement, fondamentalement européenne. Les capitales de la Russie, Saint Petersbourg et Moscou sont en Europe, et ça n’est pas par hasard.

    2. Avez-vous regardé récemment une carte de géographie et vu que les villes les plus importantes de Russie se trouvaient toutes à l’ouest et non à l’est de cet immense pays? Quand on s’intéresse à ce pays, on se rend vite compte à quel point les pays européens plus à l’ouest ont joué un rôle central dans le développement de celui-ci, y compris au niveau de sa langue comme je l’ai déjà écrit dans un autre commentaire… Il serait temps d’ouvrir les yeux quand même! Et au passage, je vous rappelle que c’est l’Oural qui est censé délimiter l’Europe de l’Asie…

    3. “Le 3/4 du pays de trouve dans le continent asiatique”

      Et la majorité des Russes, où vivent-ils, en Europe ou en Asie ?
      Et l’origine de la Russie (le Rous de Kiev), en Europe ou en Asie ?

      La Russie a certes une composante asiatique, mais minoritaire : elle est très largement européenne. Ses grands scientifiques, écrivains, compositeurs, penseurs étaient/sont chrétiens (ou de culture chrétienne).

      1. Il y a certes une composante européenne en Russie très peuplée, mais une nation ne se limite pas qu’à la géographie. Ses origines historiques sont différentes des nôtres. Un Russe ne raisonne pas forcément comme un Français ou un autre européen.

        1. Et un Roumain ne raisonne pas forcément comme un Français, et un Anglais non plus, etc.

          Avec ce raisonnement, personne ne raisonne comme personne… la réalité est que la Russie est européenne plus que toute autre chose, si le terme “Europe” a un sens.

  7. Bonjour,

    à lire , ce que je fais actuellement …

    LE GRAND ECHIQUIER … L’Amérique et le reste du monde
    de Zbigniew Brzezinski
    conseiller du président Carter de 1977 à 1981.
    Paru en 1997, “indispensable pour comprendre la politique internationale”
    … ce que j’essaye de faire !

    Je n’en suis qu’ à la page 77 de ses 273 ,
    et n’étant ni historien , ni spécialiste …
    je me surprends à déjà mieux comprendre ce qui se “trame” aujourd’hui !

    Des commentaires ci-dessus … qui détient la vérité …
    peut-être que l’avenir nous le dira … si nous sommes toujours vivants …
    (j’ai 72 ans !)

    Bon courage!
    ,

  8. Bel article ! La Russie fait effectivement partie de l’Europe. Quant à l’avenir de cette dernière, je pense qu’il est nécessaire d’être lucide tout en laissant ouvert le champ des possibles (c’est un principe gaullien, me semble-t-il). Les forces de renouveau sont souvent insoupçonnées et la rupture des liens avec la Russie n’est pas irrémédiable. Le pont Alexandre III n’est pas encore devenu un symbole périmé.

  9. La Russie, européenne bien sûr.
    Et bien entendu, la France aurait dû rester neutre dans l’affaire ukrainienne, au lieu de prendre fait et cause pour un pays totalement corrompu – ou les Biden père et fils ont pu faire de si juteuses affaires.
    La recherche d’un cessez-le-feu basé sur un compromis aurait dû être notre ligne de conduite. Arrêt de l’expansion russe (pas de “Novorossia”) d’un côté, acceptation de l’indépendance des Républiques du Donbass et de la Crimée de l’autre, au nom du droit des peuples à disposer d’eux-mêmes.

    PS : il faut quand même rappeler que la Russie a connu beaucoup d’heures sombres dans son Histoire, des excès du tsarisme au bolchevisme notamment. Et que le totalitarisme communiste n’avait rien à envier au totalitarisme nazi. Certes les Soviétiques ont beaucoup participé à la défaite de l’Allemagne nazie, mais : 1/ il y a aussi eu le pacte germano-soviétique 2/ après la WWII, l’URSS a fait main basse sur toute l’Europe de l’ouest, au point qu’encore aujourd’hui, tous les pays depuis les pays baltes jusqu’à la Roumanie restent très méfiants envers Moscou. Et probablement que jamais les Russes ne se seraient alliés avec les Occidentaux pour défaire Hitler s’ils n’avaient été attaqués par ce dernier.

  10. Article fort intéressant et lucide, commentaires tout aussi élevés.
    Face à une telle dégradation apparente des politiques et surtout de ce que fut la morale, je m’en tiens aux citations d’espérance.
    Me vient à l’esprit celle de Sainte Thérèse d’Avila : ” Que rien ne te trouble, que rien ne t’épouvante, tout passe. Dieu est toujours là. La patience obtient tout. À qui possède Dieu, rien ne lui manque.”
    Ou celle de Marcel De Corte : ” Répétons-le inlassablement : il importe de résister et de maintenir en nous la nature humaine intégrale que nous possédons et le surnaturel qui nous a été révélé. Prions inlassablement.”

  11. Le “zèle”, si on peut dire, avec lequel certains ici veulent priver la Russie d’une appartenance à l’Europe témoigne de l”animosité que la presse occidentale a réussi à inciter contre cette nation, ceci à la faveur d’une guerre concoctée de longue date et provoquée par la connivence anglosaxonne . Géographiquement, l’Europe s’arrête aux montagnes de l”Oural et les 3/4 de la population russe vit dans la partie européenne du pays. L’Histoire russe est indéniablement imlbriquée dans celle de notre continent, notamment par son interaction avec celle de l’Allemagne et le réflexe immédiat qui a conduit la Russie à se tourner vers l’Union Européenne après la chute de l’URSS montre bien oû elle se situe elle-même. Le rejet d’une Russie forte et souveraine au sein de l’Europe est moins de nature culturelle que politique, j’en veux pour preuve que les gournements américains ne voyaient aucun inconvénient à l’entrée de la Turquie dans l’UE et ceux qui font semblanr de ne pas comprendre feraient bien de se demander comment le destin d’un pays comme la Finlande s’imbrique dans celui du Portugal pour que les deux trouvent naturellement leur place au sein d’une même union . L’honnêteté intellectuelle voudrait qu’on prenne tous ces éléments en considération avant d’émettre des opinions aussi arrêtées.

    1. Cela n’a rien à voir avec le presse occidentale. Un pays dont l’identité a été en partie façonnée par l’Empire Mongol qui a duré un siècle 1/2 et qui est à cheval sur l’Europe et l’Asie, n’est pas uniquement européen. Et si on suit le raisonnement de ceux qui veulent à tout prix que la Russie soit européenne comme la France ou le Pologne, alors autant dire que les frontières de l’Europe s’arrêtent à la Chine. Et si la Russie est forte c’est toute l’Europe qui sera sous son influence. Et après on va se plaindre de l’influence américaine chez nous. On n’est plus à une hypocrisie près. En réalité certains ont une vision pro-russe qui est avant tout idéologique ou politique, mais qui n’a rien à voir avec la réalité.

      1. Et l’identité française (par exemple), pas “façonnée” par bien des influences non européennes, à commencer par celle exercée par ses 10 à 15 millions de citoyens originaires – à une, deux ou trois générations – de pays non européens, particulièrement africains ?
        À ce compte-là, la France n’est pas européenne non plus. La Russie s’est étendue géographiquement vers l’est et le sud, intégrant ce faisant des éléments asiatiques à son identité, et nous faisons la même chose depuis des décennies en important massivement des éléments africains et moyen-orientaux notamment. Nous avons pourtant bien plus d’affinités, historiquement, avec la Russie… ce n’est pas être “pro-russe” ou (soyons fous) “anti-américain” que de dire cela, c’est voir les faits tels qu’ils sont.

        1. Ben voyons!!!! L’excuse bidon de l’immigration, il fallait la trouver. On intègre rien du tout et c’est bien là tout le problème. A ce rythme là, en effet nous ne serons plus des européens.

      2. Le problème est que vous ne discuteź que pour avoir raison et que vous assenez des faits historiques moins pour étayer une argumentation que pour imposer ce que vous considérez être la vérité. Puisque l’Histoire vous tient tant à coeur, jetez donc un oeil sur celle de la Péninsule Ibérique et dites-nous si à l’échelle des critères qui détermineraient, selon vous, la non-appartenance de la Russie pour l’essentiel à l’Europe, l’Espagne et le Portugal y ont toute leur place.
        Belle Pentecôte et bon dimanche!

        1. Désolé si ce que je dis ne correspond à votre vision des choses, mais ce n’est pas mon problème. L’Espagne et le Portugal ont toute leur place en Europe et en particulier en Europe occidentale. Ils ont toujours gardé la culture gréco-romaine même après l’occupation des musulmans. Alors que pour la Russie l’empire mongol a contribué à la façonner. https://fr.rbth.com/histoire/85004-russie-heritage-tataro-mongols. On peut discuter indéfiniment sur le sujet et je ne fais que m’y intéresser. Cela ne veut pas dire que nous devons rejeter les Russes, j’ai beaucoup d’estime pour ce peuple, j’en ai beaucoup moins pour leurs dirigeants.

  12. Excellent article qui se centre sur une réalité objective : le poutine bashing et les mensonges sur les causes et le déroulement de cette guerre quasi-civile ; guerre civile entre ‘russophones’ et entre nations européennes ensuite. Les U.S.A. ont un intérêt évident : couper les nations européennes otanisées de leur frère russe doté de richesses minières, de bons joueurs d’échecs, de mathématiciens, de grands écrivains et musiciens, de fusées balistiques ou d’armes hypersoniques. C’est tellement évident que cela crève les yeux et rend aveugle la caste oligarque qui envoie ses enfants au MIT, harvard et young leader.
    Excellent article qui fait apparaître entre ses lignes la déchristianisation du continent européen, donc sa dévitalisation. Dans le titre de l’article, le terme requiem est choisi à dessein.
    Une baignoire se vide, une tornade se forme près du siphon : c’est cela l’extrême-centre nihiliste, celle du broyeur de crâne élyséen qui adopte une verticalité waspOwoke suicidaire, celle des modérés en régime d’apparences trompeuses. ‘Tout sauf Macron’ est la réponse à une réalité deshumanisante anti-transcendante. Le terme requiem veut nous signifier l’existence d’une verticalité de l’homme debout et vivant. Le terme requiem est une invitation à participer à une liturgie dans laquelle Poutine et De Gaulle assisteraient main dans la main. ‘De Brest à l’Oural’ présent à Notre-Dame pour bien définir que la part asiatique de la Russie est l’affaire de la Russie, cette nation européenne. Le ‘grand Satan américain’ manipule notre caste oligarchique sur le dos des peuples européens qui sont foncièrement et historiquement amis des Russes de Moscou et de Kiev. Faites le plein de diesel, de pots de moutarde et regardez le cours de l’euro par rapport au rouble, vous allez alors pouvoir parler de pouvoir d’achat avec le gamin élyséen, et aussi avec le socialiste et nationaliste chancelier allemand qui troque ses voitures pour des chars de combats. Ayez aussi en tête la carte des vingt ou trente bases militaires américaines ‘made in Germany’. Protectorat, amgot, …

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  13. Cette Europe technocratique a été pondue par les cerveaux limités des énarques français, qui voulaient une organisation bureaucratique centralisée sur le modèle de la France, où la taille des carottes et des navets aurait été standardisée du Cap Saint Vincent au Cap Nord. Las toute l’Europe déteste le centralisme jacobin, les anglais ont tiré les premiers, les français risquant d’être les derniers. Mais sur les cendres de la Commission Européenne qui n’est qu’un bâtiment présomptueux va renaître l’Europe des Nations et des Peuples, attendues par toute un continent le incluant la Russie. Nous vivons qu’une phase, celle des crétins comme Micron adeptes des dîners de cons. En général, le boomerang leur revient à pleine vitesse dans la gueule. Patientons. Que sont 10-20 à l’échelle de l’Histoire. Les humains contraints par leur courte durée d’existence voudraient que cela aille rapidement… Les Rastignacs qui ne laisseront aucune trace sont pressés par le temps, il leur faut paraître au plus vite. Il est vrai qu’il est difficile et paradoxal de ne pas être pressé et de ne vouloir aller qu’au rythme des pieds et du cheval en pleine époque des missiles hypersoniques. Mais la sagesse vient en marchant.

  14. Aimant beaucoup le requiem comme composition musicale, je ne pouvais qu’être accroché par votre titre. Je partage votre présentation de l’Europe et votre principe de faire naître l’Europe comme entité politique ou concept de civilisation à partir de l’œuvre diplomatique du cardinal de Richelieu. Bien sûr, il y a eu avant une Europe géographique au sein de laquelle, sur la longue période du Moyen Âge, s’édifiait une Chrétienté qui n’a jamais été achevée (selon Bernanos, c’est parce que nous n’en avons pas eu le courage), mais ça n’était pas justement un projet européen tel que la modernité le conçoit (ce que ne semble pas avoir compris l’un de vos contradicteurs).
    En revanche, je ne vous suis pas tout à fait avec l’Europe qui s’est édifiée à partir de 1945. Il ne me semble pas que les initiateurs du projet, MM. Robert Schumann et Jean Monnet, cherchaient une Europe de la coopération entre les États, qui est l’Europe du général de Gaulle, mais d’emblée une Europe inféodée, soumise aux intérêts des États-Unis, supranationale. D’ailleurs, de Gaulle disait cela en 1966, quand lors d’un conseil des ministres, on s’inquiétait de l’arrivée des capitaux américains dans les entreprises des pays du Marché commun : ” Le traité de Rome n’avait nullement prévu la situation que crée la pénétration par l’Amérique des entreprises des pays membres. Il avait prévu et organisé l’interpénétration des six pays par les entreprises de leurs partenaires, mais il n’imaginait pas que les Américains seraient les grands bénéficiaires de l’opération, avec la connivence de nos cinq associés. Ce n’était pourtant pas sorcier de l’imaginer. C’était même le mandat des hommes politiques qui ont assumé la paternité du projet.”.
    Et c’est effectivement pour cela que l’Europe agonise. Le projet européen voulu par Schumann et Monnet est le cancer de l’Europe, une longue agonie qui a eu, une très brève rémission avec de Gaulle aux affaires en France pendant dix ans, mais depuis Maastricht, c’est le cancer généralisé. Nous avons abandonné l’idée de civilisation européenne en abandonnant l’idée de nations, c’est-à-dire la reconnaissance qu’il n’y avait de civilisation européenne que parce qu’il y avait une civilisation française, une civilisation allemande, une civilisation italienne, etc. Nous avons cru à la bêtise que c’était ces civilisations qui étaient la cause des deux guerres mondiales, appelées parce que cela servait l’idéologie mondialisante mais à tort “guerres civiles”, mais cette U.E “de la paix” n’a pas empêché la guerre des Balkans des années 90 et maintenant la guerre d’Ukraine. Au contraire, l’inexistence de l’Europe a favorisé ces guerres, ou plutôt c’est l’UE qui a favorisé ces guerres en s’alignant sur les positions américaines.
    Les nations ne se sont finalement pas remises de la Seconde Guerre mondiale, surtout à cause de la peur du péril soviétique qui pesait sur elles. Elles ont pris le pli de s’abriter derrière les États-Unis et, après la chute de l’URSS, la structure de l’U.E., la mentalité de ses dirigeants, n’a pas permis à l’Europe de se libérer de cette tutelle, bien au contraire, ils ont renoncé totalement à l’indépendance de l’Europe, et s’ils exigent des nations qu’elles renoncent à leur souveraineté, ce n’est pas pour qu’il existe une souveraineté européenne mais qu’au contraire l’Europe soit plus docile encore envers Washington. L’U.E. poursuit cette fuite en avant, répétant quand les choses ne vont pas : “c’est parce qu’il n’y a pas assez d’intégration européenne”. Les cancéreux de Bruxelles et de Stasbourg trouvent qu’il n’y a pas assez de métastases, voilà leur logique.

  15. L’Europe n’existe plus depuis 1945 et le déroulé des troupes américaines cherchant uniquement à limiter la pénétration russe (soviétique à l’époque) vers l’ouest. En tentant l’AMGOT partout puis en instituant la guerre froide avec le mur, physique, sociétal et financier, afin de bien marquer la “différence” sans aucune notion historique. Tout ce qui est “Europe” depuis n’est que la tentative de créer un état américain (51ème) de l’autre côté de l’Atlantique, probablement comme une résurgence de la conquête de l’ouest dans l’autre sens. Bref, nous autres européens n’existons plus que comme des “natives” à finir d’évangéliser et mixer, et il n’y a aucune énergie ni plus aucun moyen financier indépendant pour tenter de refaire une union d’il y a 400 ans. Et maintenant, nous ne sommes plus que des proxy pour zone de conflit actuelle ou à venir, ailleurs, pour le bien du dollar, leur monnaie mais notre problème. RIP.

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