Joueur d’échecs contre joueur de poker – Russie contre Occident – par Jean Goychman

Prenant un peu de recul sur l'actualité, se pose aujourd'hui la question de savoir comment on est arrivé à la situation présente en Europe. Le 24 février, l'armée russe entrait dans les territoires des républiques autonomes de l'Est de l'Ukraine. Ce fut une levée générale contre ce qui était immédiatement qualifié comme « une agression contraire au droit international, à l'éthique, à la démocratie, à la souveraineté des nations » et j'en oublie probablement

Tout l’Occident a joué la surprise.

Précédée d’un certain nombre d’avertissements que personne ne voulait entendre, peut-être parce que personne n’y croyait vraiment, cette opération militaire a montré que Vladimir Poutine ne « bluffait » pas et que, en bon joueur d’échecs qu’il est certainement, cette attaque avait été le résultat d’une stratégie soigneusement mise au point. Cette capacité qu’ont les joueurs d’échecs de prévoir plusieurs coups à l’avance repose essentiellement sur ce talent qui est de prévoir la réaction de l’adversaire en fonction des pièces placées sur l’échiquier.

Or, l’adversaire, c’est à dire l’Occident en général et l’OTAN en particulier, avait fourni un certain nombre d’indices dont Poutine avait, à l’évidence, tenu-compte dans son évaluation du rapport des forces en présence. Pourtant, pour des raisons de communication, cet adversaire, voulant victimiser l’Ukraine, a préféré jouer la surprise et l’indignation devant cette lâche attaque. Même si le procédé est un peu « éculé », il offre l’avantage de canaliser la sympathie vers la victime. Vladimir Poutine le savait également et c’est probablement la raison pour laquelle il a feint d’attaquer Kiev par le Nord depuis le Bélarus. C’est également typique d’un joueur d’échecs qui veut égarer son adversaire avec de fausses pistes. Si l’attaque s’était déroulée uniquement depuis l’Est et le Sud du Dombass, les troupes de l’armée ukrainiennes cantonnées dans l’Ouest auraient certainement, du moins pour partie, fait mouvement vers l’Est en renfort des troupes déjà stationnées à la limite du Dombass.

Le joueur de poker connaît son jeu, mais pas celui de l’adversaire, contrairement au jeu des échecs où tout est sur l’échiquier.

Le retrait des troupes russes de la région de Kiev a été interprété par l’Occident comme une victoire ukrainienne, mais ce n’était qu’un « effet d’annonce », sorte de « coup de bluff » cher aux joueurs de poker, mais dont la portée stratégique est restée nulle.

Les sanctions : autre coup de bluff

Afin de montrer sa détermination dans la défense des valeurs dont tout le monde parle mais que personne n’explicite, l’Etat profond américain, seul décideur in fine de la politique américaine imposée à l’Union Européenne, a fait adopter par l’Occident un ensemble de sanctions économiques.

S’exerçant à l’encontre de la Russie et destinées à détruire son économie, elles étaient censées la faire plier afin qu’elle offre une capitulation sans conditions. Le résultat de ce coup de bluff est sans appel : cet embargo général a été très contre-productif pour les pays européens et a permis à la Russie de développer ses exportations vers d’autres pays qui ne demandaient que cela. Encore une fois, ce coup et sa riposte montre la différence entre le joueur de poker et le joueur d’échec. D’après vous, qui s’en sort le mieux ?

Dollar contre rouble, qui va gagner ?

Autre aspect de ce combat, la partie financière. La suprématie du dollar, pour ne pas dire son monopole en tant que monnaie de réserve internationale, a conduit l’Etat profond à l’utiliser comme arme suprême, persuadé que la Russie allait devenir exsangue, privée de ses moyens de paiement.

La rapidité avec laquelle cette dernière a exigé de ses clients de régler leurs achats avec des roubles indique que c’était envisagé de longue date. Bilan actuel de l’opération, le rouble atteint son niveau le plus élevé depuis longtemps.

Mais ce n’est pas tout. La démonstration que le dollar n’est plus seul comme monnaie de réserve peut avoir des conséquences désastreuses pour ce dernier à moyen-terme. Sa double nature de monnaie domestique des Etats Unis et de monnaie internationale a fait de lui le pilier fondamental de la puissance américaine, au moins aussi important que son appareil militaire. Cela a également permis aux Etats-Unis de financer gratuitement leur dette publique depuis des décennies en l’exportant dans le monde entier. Robert Triffin avait analysé ce fonctionnement dès 1960 et avait conclu que la survie d’une telle monnaie était hasardeuse dans le temps. Cela n’a pas pu échapper à nos joueurs d’échec qui ont vu l’opportunité de porter un coup important à ce monopole dont la conséquence peut provoquer une crise financière majeure en raison d’une création de dollars qui ne pourraient plus quitter le territoire américain.

L’initiative appartient désormais au joueur d’échec

Plus de quatre mois après le début des opérations militaires, où en sommes nous ? Sur le terrain, l’avantage semble appartenir aux troupes russes, qui ont avancé lentement et méthodiquement, selon un ordre établi qui devrait continuer à se dérouler. Sur le plan géopolitique, les effets des différentes mesures commencent à se faire sentir. L’augmentation des prix devient préoccupante, même si elle n’est pas de même amplitude d’un pays européen à l’autre. Leur dépendance énergétique à la Russie témoigne d’une imprévoyance coupable, non pas tant que le danger vienne de la Russie, mais du fait que l’Union Européenne a toujours considéré que les Etats Unis serait leur indéfectible allié. Quel manque de clairvoyance ! Certains signes avant-coureurs annonçaient pourtant que cette alliance n’était peut-être pas aussi fiable qu’on pouvait le croire (affaire des sous-marins australiens, entre autres)  et justifiaient à postériori les propos peu amènes de de Gaulle :

« Car depuis lors, la Russie soviétique s’est dotée d’un armement nucléaire capable de frapper directement les États-Unis, ce qui a naturellement rendu pour le moins indéterminées les décisions des Américains quant à l’emploi éventuel de leur bombe » (propos tirés du discours du 07 mars 1966)

Malheureusement, les gouvernements européens n’ont pas voulu en tenir compte et se retrouvent seuls face à la Russie en raison de leur appartenance à l’OTAN dont ils ont feint de croire que ce bouclier les protégeraient pour l’éternité. Car cette guerre entre la Russie et l’OTAN par l’Ukraine interposée n’est pas la nôtre, alors que nous allons cependant, de par cette implication, en subir les effets dévastateurs. Pire encore, c’est l’Europe elle-même qui risque de saborder son avenir en tant que continent, à un moment de l’Histoire où la perspective d’un futur monde « Westphallien » basée sur la régionalisation dont les continents deviendraient les « unités comptables »

Les Etats-Unis, depuis Bismarck, ont toujours voulu séparer la Russie du reste de l’Europe, et particulièrement de l’Allemagne, mais est-ce vraiment dans notre intérêt de faire en sorte que la Russie se tourne définitivement vers l’Asie ? Comment pourrions alors nous procurer les ressources indispensables à notre existence en tant que nation européenne souveraine.

De quelle culture sommes-nous le plus proche ? Celle du joueur de poker ou celle du joueur d’échec ?

La newsletter du jour

Tous les jours, le récapitulatif des articles du Courrier des Stratèges

Nous ne spammons pas ! Consultez notre politique de confidentialité pour plus d’informations.

About Post Author

57 Shares:
9 commentaires
  1. “pire alors c’est l’Europe qui risque …” Il ne me viendrait pas à l’idée d’utiliser le mot pire pour évoquer la disparition de l’UE et de sa monnaie mal foutue . Pour le reste de l’article, hé oui, quand on donne les clés de la cave à un poivrot il ne faut pas s’étonner qu’il la vide . Nous sommes dirigés par des accros de la dette et de la fausse monnaie, en plus la plupart d’entre eux sont corrompus jusqu’à la moëlle et totalement soumis à des intérêts qui ne sont pas les nôtres que peut-on attendre de ces racailles?

    Répondre moderated
  2. Article brillant qui explicite la profondeur du jeu russe. Avec le précédent de la Crimée, il était évident que les Russes avaient anticipé et étaient prêts à faire face à toute la palette des sanctions envisageables. Ils ont en sept ans développé leur agriculture pour devenir un des premiers exportateurs de céréales mondiaux, ils ont prévu comment contourner l’interdiction d’utilisation du dollar et de l’euro, ils ont prévu comment contourner le système SWIFT, ils ont développé leur puissance militaire en mettant en service des armes hypersoniques imparables, ils ont avec le soutien des BRICS déployé un discours ravageur contre l’architecture de sécurité unipolaire dominée par les Etats-Unis, ils ont amplifié la dépendance européenne aux matières premières qu’ils produisent.
    Pour ma part je n’en reviens pas de l’aveuglement des gouvernants occidentaux, qui ont cru qu’il suffirait d’appliquer la même palette de sanctions qu’en 2014 pour mettre la Russie à genoux… Mais qu’est-ce qu’ils croyaient ? Pour pratiquer moi-même les échecs, je témoigne que les bons joueurs d’échecs passent des semaines entières à analyser les parties passées et à en tirer les enseignements (il n’y a pas qu’eux d’ailleurs, les militaires, les diplomates, tous les professionnels impliqués dans leur métier le font aussi…).

    Je me permets d’ajouter qu’une autre sanction que vous n’avez pas évoquée, le gel des réserves de change de la Russie et des avoirs des oligarques, est là-aussi en train de se retourner contre ses auteurs. En effet de nombreux pays et des particuliers aisés réfléchissent à ce qui leur arriverait si un jour les Etats-Unis décidaient subitement qu’ils ne sont plus leurs amis. Ils sont déjà en train de rechercher des pays plus sûrs pour abriter leurs liquidités… Cela signe à terme la fin du dollar comme monnaie de réserve mondiale. Je ne pense pas que les Américains l’avaient envisagé ! Mais honnêtement je crois que les Russes non plus et cela a été pour eux une divine surprise…

    Enfin sur le plan géopolitique, les Etats-Unis ont tenté un gigantesque coup de bluff, en essayant d’entraîner les Nations-Unies dans une condamnation unanime de la Russie à devenir le paria de la communauté internationale. Même si une très large majorité a voté une condamnation de principe, les trois-quarts des nations, représentant 80% de la population mondiale, ont refusé d’imposer des sanctions à la Russie. Quel désaveu ! Cet isolement de l’Occident a certainement signé la fin de l’hégémonie américaine sur l’architecture de sécurité mondiale. Je précise cependant que le résultat n’était pas garanti d’avance : les USA ont exercé d’énormes pressions sur tous leurs “obligés”. C’est à mon avis la résistance de l’Inde qui a tout fait basculer.

    Il m’apparaît que le joueur de poker a en fait “fait tapis”. Il a misé tout ce qu’il avait, fort imprudemment. Et il ne s’attendait pas à devoir perdre autant.

    Répondre moderated
  3. Les USA ne font plus peur à personne. Leur situation intérieure est alarmante, leur puissance militaire passablement décrédibilisée, leur softpower a pris un sérieux coup de vieux ainsi que leur leadership devenu, comment dire, risible à partir de l’élection de Joe bidet &Kabala harris. Les Russes ont magnifiquement manœuvré. Non pas qu’ils aient toujours su qu’ils allaient envahir l’Ukraine, je ne le crois pas, mais ils se sont préparés à toutes les éventualités loooooongtemps à l’avance.

    L’ue est dans une terrible situation d’impasse dont seule l’Allemagne peut nous sortir. Comment? En lâchant la bande du Davos, les neocon, l’Ukraine &la cia pour renouer des relations mercantiles avec la Russie &la Chine. La Chancellerie actuelle peut y arriver, sans éclat, avec le soutien tacite des populations.

  4. c’est le brin depuis quelques semaines sur CS.
    Je ne compte plus le nombre d’articles signés par deux auteurs (par X est indiqué à un endroit, par Y est écrit en dessous). C’est pas bientôt fini ce bordel ?!

  5. Sur ce sujet, je vous conseille cette vidéo : https://www.youtube.com/watch?v=l1khUaCsYHA&lc, publiée le 15 mai 2022 et intitulée “Pourquoi les USA, la Russie et la Chine jouent à leur façon ?”

    Pour ceux que ça intéresse, je vous reproduis l’échange que nous avons eu, Anton et moi, dans le fil de discussion (ça vous évitera de galérer en tentant de retrouver les messages).

    Enfin, je vous conseille vivement cette chaîne YouTube, au contenu très pertinent et éclectique.

    MARC LEGRAND

    Bertrand Scholler a tout à fait raison quand il évoque l’étranglement des économies occidentales par la Chine, sous couvert de lutte contre le Covid-19 (stratégie dite du zéro Covid) qui, de facto, rompt les chaînes d’approvisionnement en direction de l’Occident.

    Je le dis depuis au moins un mois et demi, il s’agit d’une action concertée, préparée de (très) longue date, entre la Russie et la Chine qui jouent ici main dans la main, et l’Occident n’a semble-t-il toujours pas compris qu’il est pris en tenailles entre le joueur d’échecs (Vladimir Poutine) et le joueur de go (Xi Jinping), en effet.

    Comme d’autres, j’ai fait mienne cette analogie, exposée par Scholler, dite des joueurs de poker (Etats-Unis), d’échecs (Russie) et de go (Chine), et comme lui, j’ai vu ce trouble-jeu chinois avec le Covid-19… ceci expliquant peut-être cela.

    Par contre, je le trouve étonnamment naïf quand il affirme que la Russie ne veut pas le chaos en Europe ; à vrai dire, la Russie, je l’avais expliqué, a tellement bien manipulé l’Occident (via l’art de la MASKIROVKA, ou camouflage) que ce dernier s’est lui-même contraint à prendre des mesures contraires à ses propres intérêts, vu que les sanctions économiques antirusses font plus de mal aux économies occidentales qu’à l’économie russe (livraisons d’armes = guerre longue = sanctions antirusses qui perdurent = économies occidentales durablement affaiblies).

    Ce qui me fait dire que la Russie sait aussi très bien jouer au jeu de go.

    D’ailleurs, et ce fait n’est pas assez souligné, à mon sens, par Scholler, les trois joueurs ont un jeu privilégié, mais ils n’en font pas une fixette pour autant. Par exemple, les Etats-Unis jouent au jeu de go contre la Russie, avec le containment (ou endiguement) durant la Guerre froide et jusqu’à nos jours (vassalisation de l’Ukraine), et contre la Chine (dans le Pacifique avec les rideaux d’îles occupées depuis longtemps par les Etats-Unis ou alliées à elles comme Taïwan). Ensuite, la Russie a joué au poker à Cuba, en 1962, ce qui a créé la crise des missiles qui faillit détruire la planète. Enfin, la Chine va sans doute tenter un coup de poker à Taïwan, ce qui est à mon sens un très mauvais calcul de la part de Pékin, saisi par l’hubris, la démesure, faustienne, et finalement occidentale.

    Par contre, peu jouent aux échecs aussi bien que la Russie, mais cela peut changer. C’est déjà arrivé, mais sur des évènements moins remarquables.

    Pour conclure, j’évoquerai juste le plan à très longue date de la Russie qui a très bien compris qu’elle avait un ennemi (les Etats-Unis) et un faux-ami (la Chine), ce dernier étant appelé à devenir un ennemi, du fait de l’hubris dont je parlais juste avant.

    Mais comme la Russie ne peut pas battre l’un ou l’autre, de la même manière que les Etats-Unis ou la Chine ne peuvent pas battre la Russie (entendez, sans être détruits aussi), il ne reste à la Russie que la manipulation souterraine pour que les Etats-Unis et la Chine s’entretuent, ce qui laissera l’un et l’autre très affaiblis et la Russie pourra reprendre la main en Europe qui, elle, ne sera plus dominée par les Etats-Unis, et tombera dans l’escarcelle russe.

    Toutefois, ce pari est risqué, comme tout pari complexe, car les Etats-Unis pourrait décider, battus pour battus, de tout détruire afin que rien ne survive, ou l’Europe peut, débarrassée des Etats-Unis, se refaire une santé de fer et devenir une menace pour la Russie, se relevant des cendres de son effondrement économique, indirectement causé par la Russie.

    L’arroseur serait alors arrosé.

    En tout cas, encore une fois, félicitations pour la qualité de vos vidéos, la façon dont vous menez vos interviews, et la pertinence de vos invités qu’il est très enrichissant d’écouter.

    A ce titre, Bertrand Scholler devrait contacter Xavier Moreau qui, j’en suis certain, serait ravi d’échanger avec lui, si ce n’est pas déjà fait.

    P. S.
    Habitant non loin d’une célèbre base militaire française, j’ai noté des manœuvres d’entraînement d’ampleur et d’intensité INEDITES, comme si on se préparait VRAIMENT à la guerre, dès le 12 février 2022, soit avant même l’intensification des frappes de l’armée ukrainienne contre les forces séparatistes du Donbass et les populations civiles de cette dernière.

    C’est là que j’ai changé d’avis sur la possibilité d’une intervention militaire russe en Ukraine, car il devenait évident que l’Occident était derrière l’Ukraine pour pousser la Russie à intervenir, faisant ainsi passer le Kremlin pour le méchant de l’histoire.

    ANTON MALAFEEV

    Très bonne analyse. Digne de NEW POINT de VIEW.

    Quand vous dites ” il ne reste à la Russie que la manipulation souterraine pour que les Etats-Unis et la Chine s’entretuent”. Je pense que dans le monde actuel, plus que n’importe quand dans l’histoire, la manipulation est devenue une arme à part entière. Puisque les USA manipulent l’Europe et l’Ukraine, pendant que la Chine manipule aussi tout le monde à sa manière.
    L’autre problème, la Russie a toujours était très mauvaise dans le soft power et la communication. Donc là dessus, clairement, l’Occident pour l’instant a beaucoup plus la main que les Russes. Et les Chinois ont une culture très différente, c’est pourquoi on ne perçoit pratiquement pas leur communication. C’est fait très différemment, mais sûrement.

    Pour le reste, je suis d’accord. Dans n’importe quel combat, on ne peut pas utiliser uniquement sa propre arme. Il faut s’adapter. Donc tout le monde joue aux 3 jeux simultanément. Évidemment

    MARC LEGRAND

    Il est clair que l’époque est marquée par un abaissement moral, éthique et spirituel terrifiant. Et ce n’est que le début, hélas.

    Après, je ne mettrais pas la Russie dans le même panier car la maskirovka, vous le savez sans doute, est vraiment constitutive de l’âme russe (de plus, c’est un art à part entière). Un peu comme la ruse à la Sun Tzu chez les Chinois ; le souci de ces derniers tient à l’abâtardissement de leurs pratiques, influencés en cela par le bluff du poker menteur étasunien et, plus généralement, par l’orgueil faustien occidental. La démesure, l’hubris, encore une fois, les perdra et la Russie en profitera.

    Cette dernière n’a pas le choix. C’est une question de survie, sans quoi la Chine la croquera, à terme. Pour les Etats-Unis, il n’y a aucune justification vitale à leur bellicisme ; ils écrasent les autres car ils aiment ça, en bon nihilistes qu’ils sont devenus, reniant en effet leur héritage chrétien.

    Sur le soft power et la communication, les Etats-Unis trichent tout le temps, achètent tout le monde et ont des moyens tels qu’ils peuvent influencer une bonne partie de l’opinion publique mondiale à leur profit. Du côté russe, on s’adresse visiblement plus à l’intelligence des citoyens, ce qui fonctionne en Russie où l’influence des mass-médias occidentales est relativement contenue par la loi, mais échoue en Occident où les citoyens sont perfusés à BFMTV ou CNEWS.

    Pour l’anecdote, je suis historien militaire et j’ai étudié la presse française sous l’Occupation allemande. Je peux vous assurer, et je vous invite à le vérifier par vous-même, que la presse française de 1943 racontait sensiblement moins de mensonges aux Français sur la guerre menée par l’Allemagne, même quand les défaites se sont accumulées pour le IIIe Reich, que la moindre chaîne de télévision, le moindre quotidien, la moindre radio française en 2022 à propos de l’Ukraine et de la Russie… c’est pourquoi je parle de médias d’occupation pour qualifier les mass-médias français actuels.

    En tout cas, je préfère l’approche de Poutine qui respecte ses citoyens quand il leur parle de sujets essentiels. Comparez le discours de Poutine du 22 février 2022, ou celui du 24, avec la façon méprisante, infantilisante et débilitante dont use Macron quand il s’adresse aux Français… dans ce pays, nous sommes pris pour des demeurés par des sociopathes pervertis jusqu’à l’os. C’est insoutenable. Vous verrez qu’il viendra un temps où les gens fuiront l’Ouest pour l’Est, comme, du temps de la Guerre froide, les habitants du bloc de l’Est votaient avec leurs pieds en passant à l’Ouest.

    Pour finir sur ce point, la Russie racontant nettement moins de bobards que l’Occident, elle aura toujours un train de retard. Les mensonges étant toujours plus séduisants, spectaculaires, vraisemblables car simplistes.

    Enfin, je persiste à croire que si, à talent égal, c’est le joueur de go qui l’emporte, comme l’a bien expliqué Bertrand Scholler, il me semble que la Chine n’a pas les moyens de ses ambitions. Elle échouera. L’histoire, d’ailleurs, le démontre, l’annonce. La Chine est un Etat, même dans des dimensions moindres, bien plus ancien que la Russie, elle a été colonisée, pas la Russie, elle a un potentiel démographique inégalable, pas la Russie, etc., et pourtant elle reste derrière la Russie, à tout point de vue ; la Chine, c’est un peu l’Empire ottoman de l’Extrême-Orient, « l’homme malade » de l’Asie… puissant vu de loin, mais colosse aux pieds d’argile quand on y regarde de plus près.

    Avec son histoire très longue, la Chine devrait dominer le monde depuis très longtemps mais ce n’est pas le cas. Elle échouera encore.

  6. De toute façon dans cette Europe décadente qui finance la promotion des Drag-Queens dans nos écoles, nos ploucs de dirigeants rentiers à vie pensent plus important de les rubans des Gays Prides et autres LGBTIQ Prides avec ces énergumènes qui n’ont rien d’autres à faire que de se trémousser comme des adolescents à la recherche de nouveaux orifices.

    Pendant ce temps là dans une nation civilisée, Poutine décrète un jour férié pour les familles, l’amour et la fidélité.

    Cette Europe de la perversité et de l’auto-suicide va juste mourir en silence ce n’est qu’une question de temps et bientôt ces élites psychopathes et pervers du bulbe devront prendre leurs jambes à leur coup pour éviter de se faire lyncher par leurs peuples respectifs.

    Répondre moderated
  7. Moi je l’aurais plutôt intitulé ” Jouer d’échec contre jouer du serpent et de l’échelle” Il faut un minimum d’intelligence pour jouer au Poker quand même!

    Répondre moderated
  8. « une agression contraire au droit international, à l’éthique, à la démocratie, à la souveraineté des nations »
    Les mêmes qui avaient approuvé ce qui s’est passé en Serbie, en Libye, en Irak, j’en passe…

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée.

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.

Vous pouvez également aimer