Qui l’emportera, de l’oligarchie washingtonienne ou de Donald Trump alias le peuple américain ? – par Edouard Husson

Qui l’emportera, de l’oligarchie washingtonienne ou de Donald Trump alias le peuple américain ? – par Edouard Husson


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Pour qui suit la politique américaine avec passion - c'est mon cas - il y a bien plus insoutenable de suspense que "House of Cards". Je préfère la réalité: l'affrontement titanesque, digne des dernières décennies de la République romaine, entre les oligarques de Washington (Optimates aurait-on dit à Rome) et ce magnifique défenseur des droits et des intérêts du peuple américain qu'est Donald Trump. (A Rome, il aurait été chef des Popolares).  Si vous avez jubilé un mercredi matin de novembre 2016 et eu le coeur déchiré le 20 janvier 2021 lorsque "45" a quitté en hélicoptère le gazon de la Maison-Blanche, vous n'êtes pas au bout de vos émotions. Tout devrait conduire à la réélection de Donald Trump en 2024 - "45" devenant "47". Mais le camp d'en face est prêt à toutes les infamies, comme l'ont montré la campagne hystérique de 2016, le Russiagate, l'Ukrainegate, les manipulations du COVID, la fraude de novembre 2020, le 6 janvier 2021. Et maintenant la perquisition à Mar-a-Lago. Le "happy end"' serait américain. Mais aura-t-il lieu? Il vaudrait mieux pour la démocratie, aux Etats-Unis et dans le monde.

Le Courrier des Stratèges a rendu compte de la descente du FBI dans la résidence de Donald Trump en Floride (Mar-a-Lago). 

On en sait un peu plus depuis la semaine dernière

+ Les conseils de Donald Trump n’ont pas été informés. 

+ Le FBI a refusé toute présence, de membres de la famille ou d’avocats lors de la perquisition. 

+ au moins un coffre-fort a été perquisitionné en cassant le code, sans demander, ce qui aurait été naturel, au fils de Donald Trump, qui était présent, de l’ouvrir librement. 

+ les agents du FBI, qui étaient venus en nombre, sont repartis en emportant de nombreux cartons. L’ancien président des Etats-Unis s’est en particulier plaint de ce que des cartons avaient été pris qui contenaient des documents concernant les échanges entre ses conseils et lui-même. Ce qui est strictement contraire à la loi. 

+On ne compte plus les atteintes à l’état de droit dans cette affaire, la dernière en date étant que le Ministère de la Justice refuse de publier le mandat qui justifie la perquisition. Au nom de la sécurité nationale car, ce qu’on reprocherait à Donald Trump, c’est d’avoir mise en danger celle-ci. 

Une guerre à mort entre l'oligarchie washingtonienne et "45", pour empêcher qu'il devienne "47"

C’est cousu de fil blanc. A quelques semaines des élections de mi-parcours, le pouvoir démocrate voit se répéter le cauchemar de novembre 2020 et il ne veut pas que se reproduise la catastrophe électorale de novembre 2016. 

En novembre 2016, 74 millions d’Américains – 12 de plus qu’en 2016 ! – se sont portés sur Donald Trump. Et il arrivait à la majorité des grands électeurs en fin de soirée du 3 novembre (malgré le bidouillage des ordinateurs transmettant les résultats) lorsqu’a été déclenchée une opération de bourrage des urnes massif et d’intimidation envers quiconque essayait de s’y opposer. Joe Biden est entré à la Maison Blanche par le trucage des résultats du vote

Les Démocrates ne veulent à aucun prix que le 45è président des Etats-Unis, Donald Trump, qui est plus populaire que jamais – en particulier du fait de son respect de la transition présidentielle en janvier 2020 – succède à Joe Biden en 2024 et devienne ainsi le 47è président des Etats-Unis. 

Visiblement, l’enquête du Congrès sur le 6 janvier 2022 n’a pas permis d’avoir prise sur Donald Trump. (Je fais partie de ceux qui ont conclu ce jour-là à un coup monté pour impressionner les Républicains hésitant à dénoncer la fraude).  Il faut donc relancer la machine à tuer Trump politiquement. Le Russiagate n’a pas marché. L’Ukrainegate a échoué. Et « 45 » est apparemment le candidat  le mieux placé pour les primaires de 2023, en vue de l’investiture du parti républicain. 

On a souligné à juste titre ces derniers jours que l’action du Department of Justice et du FBI est particulièrement maladroite. Les Républicains montent encore dans les sondages et on repère, en particulier, une montée du soutien des électeurs d’origine latino-américaine aux Républicains pour les mid-terms. 

Du point de vue électoral – plus fondamentalement, du point de vue du peuple américain – Donald Trump devrait connaître un soutien croissant dans les deux ans qui viennent. 

Cependant, n’oublions jamais que Donald Trump a affaire à des adversaires qui se moquent du suffrage universel et sont, pour reprendre l’expression de Christopher Lasch dans une révolte contre le peuple américain. 

Nous avons affaire à ce que certains appellent « Deep State » (mais une partie du Deep State s’était ralliée à Trump). Nous avons affaire à un conglomérat devenu bien plus vaste que le « complexe militaro-industriel » dénoncé par Eisenhower il y a six décennies. S’y joignent une grande partie des médias, de la Big Tech, de la gouvernance des grandes entreprises industrielles, de la finance. Une minorité active de l’appareil judiciaire. Les réseaux néoconservateurs. Le réseau multiforme des relais d’influence de la Chine aux Etats-Unis. Les innombrables Américains peuplant les bureaucraties internationales. 

Il ne faut jamais oublier que ces gens ont tout simplement trahi leur pays pour assurer leurs intérêts. Après la mise en scène du 6 janvier 2021, un des plus hauts gradés de l’armée américaine, le général Mark Milley, a appelé ses homologues chinois pour leur faire savoir que si Donald Trump devenait fou et menaçait une autre puissance d’une frappe nucléaire, l’armée le mettrait sous tutelle.   

Ces gens, souvent empêtrés dans des scandales d’argent ou sexuels (ou les deux, comme Hunter Biden, le fils de l’actuel occupant de la Maison Blanche), sont prêts à tout pour rester au pouvoir et empêcher le retour à la Maison Blanche du peuple américain – alias Donald Trump. 

Nul ne peut dire, par conséquent, quelle sera l’issue de la lutte en cours. 


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