Ukraine : Vietnamisation, mais pour qui ? par François Martin

Cette réflexion est proposée par François Martin. Depuis le début du conflit, en 2014, l'objectif des américains était de « vietnamiser » les russes, de les pousser à un conflit long et ruineux. Mais n'est-ce pas le contraire qui se produit ?

Dès la préparation du premier gouvernement post-Maïdan (anticipé par Victoria Nuland lors de sa célèbre conversation téléphonique du 22/01/2014 avec Geoffrey Pyatt, l’ambassadeur des USA à Kiev (1), un mois avant la révolution du 23/02, et confirmé par la suite), celle-ci avait fixé, pour le compte du Département d’Etat américain, la ligne politique à suivre par l’Ukraine pour les années à venir : « pousser les russes au conflit armé ».

Et de fait, toute la suite des actions avait été organisée dans ce but :

Sur le plan civil, « dérussifier » aussi brutalement que possible, afin de faire monter la pression et provoquer une réaction. Par ailleurs, après et malgré la signature des accords de Minsk 1 et Minsk 2 (2), le bombardement continu, pendant 8 ans, des provinces sécessionnistes, sans aucune pause et sans aucune vélléité d’accord (3), avait le même objectif.

Sur le plan militaire, une organisation purement défensive, à travers la construction d’une immense et très solide « ligne Maginot » derrière la ligne de front du Donbass, ligne sur laquelle, ils l’espéraient, les russes viendraient un jour se casser les dents. A l’appui de cela, un partenariat très actif Ukraine/OTAN, le PPP (Partenariat pour la Paix) était censé assurer la coordination, la livraison des armes et la formation. Pour cela, après avoir consacré 5 Milliards de USD pour préparer la révolution et finalement faire sauter le gouvernement de Ianoukovytch, 3,5 autres milliards de USD avaient été dépensés pour cette militarisation (4). 

Lorsque, le 24/02/2022, les russes lancent leur offensive, tout est prêt depuis longtemps, et tout est anticipé. Mais, première surprise, les russes n’attaquent pas de l’est vers l’ouest, à travers le Donbass, pour venir se faire massacrer comme prévu par la « Ligne Maginot » si bien construite, mais à la fois par le nord et par le sud, prenant ainsi les défenses ennemies partiellement à revers, et fixant sur place leurs meilleures troupes. Les plans occidentaux sont déjoués pour ce qui est de l’attaque immédiate, tout autant que ceux qui avaient prévu, en parallèle, d’infliger à la Russie, sur le plan économique, le sort réservé à la Grèce en la privant du système Swift et en coulant en peu de temps son économie. Mais la ligne politique générale demeurait la même, à savoir « vietnamiser » les russes, en leur infligeant des pertes militaires significatives et en les épuisant, sur le plan moral, social et économique, sur le long terme (5). Joe Biden l’avait lui-même annoncé, puisque lors de l’intense campagne médiatique occidentale qui avait précédé l’attaque russe, il avait mis en garde les russes à plusieurs reprises contre ce risque de « vietnamisation ».

L’autre surprise, c’est que la tactique adoptée par les russes n’entre pas dans ces plans américains. En effet, leur décision d’une guerre extrêmement prudente, où très peu de soldats, probablement, sont sacrifiés, et où tout se joue par d’intenses bombardements, terrestres et aériens, qui « liquident » les défenses ennemies, avant des avancées territoriales limitées, les met à l’abri, pour le moment, d’une telle « vietnamisation ». Plus que le gain territorial rapide, qui les obligerait à manoeuvrer et à se mettre en risques, ils ont choisi, là où il y a de la résistance, de détruire en premier lieu les soldats ennemis, et d’abord les plus aguerris, de telle sorte qu’il n’y ait plus, à un certain moment, que des conscrits mal formés et peu efficaces, ou des « brigades internationales » en nombre insuffisant pour influer véritablement sur le cours de la guerre.

Sur le plan économique, la hausse des matières premières due aux sanctions permet aisément aux russes de financer leur guerre. Sur le plan moral et social, mis à part les oligarques certainement mécontents (6), pour le reste, Poutine n’a eu aucun mal à convaincre la population de la gravité géopolitique de la poursuite d’une politique d’attente, qui n’avait que trop duré, alors que l’OTAN ne cessait de le menacer de plus en plus près, et donc de l’opportunité de sa guerre. Sur le plan militaire enfin, deux décisions prises dès le début garantissaient une opération « à l’économie » : d’une part, le très petit calibrage de celle-ci, avec moins de 200.000 soldats, ce qui permet à la fois des rotations suffisantes (ce que les ukrainiens ne font pas) et une réserve d’hommes importante si nécessaire, d’autre part, l’emploi, pour l’artillerie, de très peu de matériel sophistiqué (qui ne sert que pour des tests), mais surtout d’armes et de munitions peu coûteuses datant de l’époque soviétique, dont ils disposent à foison, et qu’ils n’ont pas de mal à réapprovisionner à peu de frais.

Mais qu’en est-il « en face » ?

Dans un premier temps, pensant, là aussi, que la masse des armes livrées aux ukrainiens allaient permettre de submerger les russes rapidement, les occidentaux ont « mis le paquet » (7). Mais là aussi, sous-estimant sans doute les difficultés au regard de leur puissance, ils n’ont pas bien évalué quatre facteurs importants : d’abord, la vulnérabilité de leurs chaînes logistiques, obligeant à acheminer ces armes sur plus de 1500 km à découvert jusqu’au front, ce qui permet aux russes de tirer sur les convois et les dépôts comme à la foire… Ensuite, la « démarque inconnue », la « perte » et la revente sous le manteau d’une partie de ces armes, une grande tradition de l’armée ukrainienne, l’une des plus corrompues au monde (8). En troisième lieu, le peu de professionnalisme de la part de l’armée ukrainienne pour manipuler les armes les plus sophistiquées, rendues nécessaires pour contrer l’avancée russe en détruisant avec précision ses dépôts à l’arrière de ses positions. Enfin, le fait que, au moment où ces armes-là ont été livrées, c’est-à-dire très tard, les soldats aguerris et formés n’étaient déjà plus assez nombreux, suite aux destructions russes, pour les intégrer rapidement. Au total donc, d’énormes dépenses, avec un résultat très limité.

Aujourd’hui, le moral occidental est un peu à la baisse… Les dépenses ont été telles, aux USA, que les stocks sont entamés, malgré leur importance, ce qui fait que le dernier « plan » de 3 Milliards de USD annoncé le 24/08 par Biden ne concerne plus l’envoi d’armes prélevés sur ces stocks, mais une commande aux sous-traitants de l’armée, qui ne livreront, au mieux, que d’ici un an… De plus, dans l’attente des midterms, les voix républicaines (9) s’élèvent de plus en plus pour dénoncer le scandale de cette politique folle (mais pas du tout désintéressée…) des néoconservateurs et du lobby militaro-industriel, qui poursuivent encore et toujours un rêve de conquête vers l’est, alors même que les américains du peuple sont de plus en plus pauvres.

En Europe, aussi, on tousse… « Seule la victoire est jolie », dit-on, mais quand elle n’est pas là, les choses deviennent vite compliquées : nos stocks d’armement sont bien entamés, les promesses, malgré les discours martiaux, sont de moins en moins suivies d’effets. En Italie, le gouvernement Dragui a démissionné, aux Pays-Bas, les émeutes paysannes se multiplient. En Allemagne, les manifestations commencent (10), et on craint terriblement l’effet de la pénurie complète de gaz russe qui se profile, ce qui mettrait à l’arrêt, en quelques jours, une bonne partie de l’industrie. Comment, dans ces conditions, justifier les milliards d’Euros prêtés à l’Ukraine, sans aucun espoir de remboursement ? Et surtout, comment justifier la poursuite des sanctions et « l’économie de guerre », pour « aider l’Ukraine jusqu’au bout », lorsqu’on le paye d’un prix pareil, alors qu’aucune menace directe contre nous ne le justifie ?

Partout, la révolte gronde. Les voix s’élèvent contre l’inflation généralisée, qui ne doit rien aux russes, et tout à notre laxisme financier. Mais aussi contre la hausse vertigineuse des carburants, résultat direct de nos sanctions, qui va imposer à nos gouvernements des « chèques sociaux » de plus en plus lourds… Sans compter qu’il faut, en plus, renflouer le gouvernement ukrainien en faillite, ce qui nous coûte entre 5 et 8 Milliards d’Euros par mois….

On se trouve ainsi, paradoxalement, à front renversés : la puissance « moyenne », la Russie, qui devait être « vietnamisée », semble poursuivre son chemin de grignotage, comme une chenille, sans jamais s’arrêter. A l’inverse, la « très grande » puissance composée des USA et de l’Europe, excusez du peu, semble, malgré ses gigantesques moyens, s’approcher progressivement du bout de sa logique. Et face à cela, Poutine, visiblement, ne fait aucun effort pour « accélérer la cadence » (11). Il montre qu’il a tout son temps. Il semble bien s’être organisé pour une guerre longue, voire très longue, que nous-mêmes ne pourrons pas tenir.  Il devait être englué, et c’est nous qui le sommes. A la politique américaine (« nous allons te vietnamiser ! »), il semble répondre : « chiche ! ». De fait, plus le conflit dure, et plus nous y laissons nos forces vives, nous européens d’abord, mais aussi les américains, malgré qu’ils soient moins vulnérables que nous (12).

Ceci ne pourra pas durer éternellement, et notre puissance n’y fera rien. Si nous voulons la surenchère, nous y laisserons notre chemise. Les russes ont tiré les leçons de l’Afghanistan, mais pas nous celles du Vietnam.

Car en effet, cette affaire ukrainienne ressemble fort à celle du Vietnam. D’un côté, les russes se battent sur leurs terres historiques, et dans leur arrière-cour directe. .Ils connaissent parfaitement le terrain. Ils défendent « leur peau » contre un ennemi lointain et puissant qui tente de venir coloniser « leur » terre et de les tuer. Cette guerre est, pour eux, existentielle, une question de vie ou de mort. Ils sont le Nord Vietnam. De l’autre, les ukrainiens sont des vassaux et des valets, un Etat fantoche et corrompu. Ils font la politique d’une puissance étrangère, qui a pris le pouvoir chez eux, et y fait sa guerre, pour son propre intérêt. Ils sont le Sud Vietnam. La révolution du Maïdan de Février 2014, c’est le coup d’Etat du 2 Novembre 63, où les américains ont éliminé le Président du Sud Vietnam Ngo Dinh Diem pour le remplacer par Duong Van Minh, un homme à leur botte. Ils jouent le même rôle dans les deux cas : la conquête coloniale sous couvert de « liberté ». La différence, c’est qu’ici, les soldats américains ne sont pas présents en masse, mais qu’ils envoient les locaux pour se faire massacrer à leur place. Mais pour le reste, c’est bien le même scénario. Qui, alors, vietnamise l’autre ? Dans le conflit vietnamien, qui a gagné ?

 

Nous refaisons l’erreur du Vietnam. Nous ne vaincrons jamais les russes. Ils sont historiquement « chez eux », pas nous. Ils se battent pour de vraies raisons, la défense de leur territoire, pas nous. Ils se sont organisés pour une guerre de 50 ans, pas nous. Comme au Vietnam, plus nous resterons, plus nous le paierons cher. Ils nous épuiseront, et nous chasseront, la queue entre les jambes. Sans un « discours de Phnom Penh » (13), nous n’en sortirons jamais. Nous ne sommes pas Bobby Fischer. Au jeu d’échecs patient et défensif, à l’économie, pion après pion, les russes sont beaucoup plus forts que nous.

 

Notes :

  1. Cf Conversation entre l’assistante du secrétaire d’État et l’ambassadeur US en Ukraine, par Andrey Fomin (voltairenet.org)
  2. Qui n’étaient, de l’aveu même de Kiev, que des « trèves » pour se réorganiser après les défaites militaires subies.
  3. Honte à nous, français et allemands, garants de ces accords, qui avons laissé faire, en toute connaissance de cause ! Et en plus, pendant cette période, nous autres français avons été l’un des principaux fournisseurs d’armes à l’Ukraine, en contradiction totale avec ces accords, qui prévoyaient la démilitarisation de la zone !
  4. On peut penser que les 30 laboratoires de recherche microbiologiques opérés sur le territoire ukrainien par les américains (et financés partiellement par Hunter Biden, le fils de Joe Biden…), censés étudier les meilleurs souches de virus à envoyer en Russie via les oiseaux migrateurs, avaient le même objectif, ainsi, peut-être, que les travaux qui semblent avoir été découverts récemment dans la centrale de Zaporijia pour doter l’Ukraine du nucléaire militaire.
  5. Pour cette raison, il était très important pour les américains de torpiller dès le début toute tentative de médiation entre ukrainiens et russes. Deux des négociateurs de la délégation ukrainienne des premiers pourparlers en Biélorussie ont été assassinés le lendemain de leur retour à Kiev. Puis, le massacre de Boutcha est arrivé fort à propos pour fermer cette porte définitivement.
  6. D’où le Forum International de Saint Pétersbourg du 24/06, pour leur « remonter le moral » et essayer de les entraîner dans la « nouvelle économie » à l’est
  7. Au total, les occidentaux ont déjà dépensé jusqu’ici près de 80 Milliards de USD !, sans résultat très convaincant… Cf https://lecourrierdesstrateges.fr/2022/07/25/ukraine-il-y-a-aussi-une-guerre-economique-par-francois-martin/
  8. Cf https://lecourrierdesstrateges.fr/2022/07/25/ukraine-il-y-a-aussi-une-guerre-economique-par-francois-martin/
  9. Notamment celle, récente, de l’ex-député Ron Paul, une « conscience » de la politique américaine. Ron Paul — Wikipédia (wikipedia.org)
  10. https://www.youtube.com/watch?v=FZo_MtKHHKg
  11. Et ceci déconcerte nos analystes, s’il n’ont pas compris cette stratégie
  12. C’est leur population, et le contexte électoral, qui constituent leur « maillon faible »

About Post Author

106 Shares:
13 commentaires
  1. « le PPP (Partenariat pour la Paix) était censé assurer la coordination, la livraison des armes »
    Ce n’est pas à l’honneur des Occidentaux d’inventer de tels paradoxes!

    Répondre moderated
  2. Cher Monsieur,
    Le PPP n’est pas propre à l’Ukraine. Il est censé assurer une « collaboration » avec tous les pays européens non membres de l’OTAN, mais en réalité, cette collaboration va tellement loin qu’on peut facilement la lire comme une otanisation qui ne dit pas son nom, et qui prépare une intégration de fait avant qu’elle ne le soit de droit. C’est par exemple le càd avec la Finlande, qui effectue depuis longtemps des manœuvres avec l’OTAN et avec qui, je pense, l’interoperabilité des matérielles est déjà effectives. Ça fait partie des nombreuses choses que les gens ne savent pas, et qui expliquent le degré d’emprise des USA sur toute l’Europe.
    Cordialement,
    François Martin

    Répondre moderated
  3. Merci pour cette démonstration brillante de la stratégie russe initiale de contournement de la “ligne Maginot”. Je n’avais pas compris jusqu’alors la stratégie ukrainienne initiale au Donbass, fondée sur l’importance des fortifications statiques. Le précédent historique du contournement de la ligne Maginot par les Allemands aurait dû nous éclairer. Présenté de cette façon, tout devient évident. Mais il est vrai que nous n’avons eu aucune image de ces redoutables fortifications ukrainiennes…

    Pour la quasi-totalité des commentateurs, le but initial des Russes était de prendre Kiev et de renverser le gouvernement Zélensky, tentative qui s’est soldée par un échec lamentable. Outre le fait que cet objectif n’a jamais été revendiqué par les Russes, le faible volume des forces engagées sur Kiev n’était pas en cohérence. L’objectif de la diversion est bien plus convaincant.

    1. En effet. La voici :
      Discours du Général de Gaulle, prononcé au Cambodge le 1er Septembre 1966, où celui-ci affirme : « Bref, si longue et dure que doive être l’épreuve, il est certain aux yeux de la France qu’elle n’aura pas de solution militaire. Dès lors, et à moins que le monde ne roule vers la catastrophe, seul un règlement politique pourra rétablir la paix ». https://fr.wikipedia.org/wiki/Discours_de_Phnom_Penh

  4. Les Russes ne sont pas pressés. L’hiver arrive et l’histoire montre que toutes les campagnes militaires ont été interrompues par l’hiver russe : Napoléon, Hitler. Les Ukrainiens demandent des vêtements d’hiver pour 200 000 soldats. Ils n’auront plus que des effectifs non professionnels pour cet hiver et ce sera la fin. Les Russes sont bien préparés pour l’hiver et attendront que l’Europe soit gelée par la récession, les grèves, le chômage et l’inflation. Tous ceux qui savent le savent le savent. La Russie terminera la guerre contre l’Occident en hiver, comme toujours. L’Ukraine est juste le chihuahua de l’oncle Sam. L’histoire n’est qu’un éternel recommencement. Une opération militaire n’est qu’une démilitarisation sur un champ de bataille brûlé. Il n’y a aucun intérêt à brûler d’autres terres, il suffit de continuer à massacrer les mêmes, en laissant l’ennemi construire ses propres chaudrons. C’est la stratégie russe et elle fonctionne très bien. Zelensky et les réalisateurs de films savent que l’hiver est la ligne morte, c’est pourquoi ils ont jeté tout ce qu’ils pouvaient avant la pluie et le froid. Mais c’est juste de la folie.

    Répondre moderated
  5. Article réaliste qui nous change de bien d’autres et des chaînes Tv et radios généralistes, encore ce jour parlant de contre attaques substantielles et victorieuses de l’armée ukrainienne en passe de reconquérir Kerson et de continuer vers l’ouest. Je pense depuis le début du conflit, et je l’ai dit ici et ailleurs que la Russie s’arrêterait sur une ligne de Karkiv ( oblast ) à Odessa ( oblast également ) et un large couloir jusqu’à la Transnitie. J’avais prévu la fin pour mi/fin octobre mais je pense que j’ai été un peu presomptueux et je me rallie volontiers à vos prévisions. J’ai simplement mal pour ma France et ce que fait ce président qui l’a bafoué. Un AC

    Répondre moderated
  6. Cher Monsieur,

    Votre analyse est tout à fait convaincante et stimulante (du moins en ce qui me concerne), et, elle propose une problématique inédite (à ma connaissance) pour réfléchir la situation historique engendrée par le coup d’Etat étatsunien du 22 février 2014 à Kiev et ses enjeux, jusqu’à la conjoncture actuelle.

    Pour dire les choses très vite. Evidemment

    Cordialement

    Merci sincèrement à vous.

    JPS

    Répondre moderated
  7. Moi, je ne crois pas à la revente des canons et des obus mais ils ne savent tout simplement pas s’en servir, pas les entretenir, pas les réparer ce qui les rendrait non opérationnels. Ils ne savent pas lire les notices dans un alphabet différent, ils ne comprennent pas les systèmes de coordonnées, etc. Il ne faut pas oublier que c’est un simple bidasse qui utilise l’arme au bout de la chaîne alimentaire où on peut mourir à tout moment sur le front.

    Le pauvre bougre envoyé au front + arme sophistiquée occidentale = inadéquation

    Les USA peuvent mettre des techniciens hautement formés dans leur armée car leurs pertes humaines sont extrêmement faibles sinon adieu les techniciens formés, ils ne veulent plus “jouer” s’ils risquent de mourir à tout moment.
    La multiplicité des systèmes d’armes sophistiquées est une plaie ouverte, il faut du simple , de l’homogène, du cohérent pratique à entretenir, de l’habituel… C’est vital pour les soldats au front qui sont dans des conditions sévères de conflit, l’occident à tout simplement noyé l’Ukraine avec ses livraisons d’armes modernes construites suivant des normes totalement différentes en provenance de milliers de km.
    Ceux qui misent sur les armes et pas sur les hommes perdent dans une guerre donc c’est une vietnamisation mais pour les USA qui veulent oublier que les référendums d’auto détermination du Donbass étaient majoritaires à plus de 90% . Avec tant d’erreurs et de cynisme, de nombreux oblast vont se rallier progressivement à la Russie que seule la terreur Zelenskienne empêche sauf que la terreur est une arme à double tranchant qui se retourne facilement contre son auteur.

    L’erreur des USA est simple, ils ont mené une réflexion stratégique avec la motivation de “penser à nuire à la Russie” et non pas “aimer l’Ukraine”, ils ont été inspirés par Satan et non par le Christ

    Répondre moderated
  8. Cher Monsieur,
    je suis d’accord avec vous, à l’excepté de la revente des armes. C’est un sport national depuis 1991 dans l’armée ukrainienne, l’une des plus corrompues au monde. Je vous invite à lire mon autre article en NDBP (le revoici : https://lecourrierdesstrateges.fr/2022/07/25/ukraine-il-y-a-aussi-une-guerre-economique-par-francois-martin/) et vous aurez tous les détails.
    Cordialement,
    François Martin

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée.

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.

Vous pouvez également aimer