Le Conseil National de la Refondation ou la preuve que Macron est dépassé par les événements

Photo prise le 06 février 1934 sur la place de la Concorde à Paris des débordements de la manifestation faisant suite au scandale Alexandre Stavisky, une vaste affaire d’escroquerie pour laquelle les dirigeants des ligues des Croix de feu et les associations d’anciens combattants avaient décidé d’organiser une manifestation le jour même où Edouard Daladier devait faire sa déclaration ministérielle devant la Chambre. Aux cris de “A bas les voleurs”, les manifestants se regroupèrent place de la Concorde. Le service d’ordre, débordé et laissé sans directives par le préfet de police, tira sur la foule, faisant une vingtaine de morts et une centaine de blessés. AFP PHOTO

Le Conseil National de la Refondation est le nouveau comité théodule qu'Emmanuel Macron a créé pour occuper le théâtre de la communication gouvernementale et politique, pendant que les décisions se prennent ailleurs et de façon toujours plus autoritaire. Mais cette énième bizarrerie baroque du Président n'a pas convaincu grand monde : un quart des invités a boycotté la réunion, et ne sont venus que les seconds couteaux désoeuvrés. Privé de majorité absolue à l'Assemblée, le Président échoue à reprendre la main "hors les murs". Son pouvoir est aujourd'hui menacé.

Malgré une réélection relativement confortable (du point de vue mathématique, s’entend), Emmanuel Macron n’a pas tardé à comprendre que sa majorité était désormais introuvable, et que le simple fonctionnement des urnes n’avait pas permis de dégager un socle de gouvernement légitime suffisant. Rapidement (et peut-être même sans qu’il ne l’ait vraiment anticipé, ce qui paraît incroyable), les élections législatives l’ont privé de sa majorité absolue à l’Assemblée. 

Surtout, le très fort taux d’abstention a manifesté la défiance profonde, pour ne pas dire systémique, instinctive, des Français, vis-à-vis d’un processus électoral verrouillé par des partis obsolètes. 

C’est de ces inconfortables et inquiétants sables mouvants qu’Emmanuel Macron essaie aujourd’hui de se dépêtrer en créant le fumeux Conseil National de la Refondation, auquel n’ont finalement participé qu’une quarantaine de seconds couteaux dont la légitimité est quasiment nulle. 

La méthode Macron face à l’impasse démocratique

On ne le dira jamais assez, la gouvernance mondialisée de Macron, fondée sur la mise en minorité des institutions démocratiques nationales, depuis 2017, n’a cessé de créer des à-coups toujours plus rugueux et plus coûteux pour l’économie nationale. 

On se souvient de la colère des Gilets Jaunes en 2018, qui avait éclaté après l’affaire Benalla, le mépris affiché du Président (“qu’ils viennent me chercher !”) pour l’opinion publique, puis l’instauration d’une taxe sur le carburant destinée à préparer la transition énergétique. L’année suivante, la réforme au forceps des retraites avait suscité la plus longue grève de l’après-guerre. 

Avec beaucoup d’à-propos, la crise du COVID a permis de “congeler” l’opinion. Mais le processus des élections présidentielles a montré la frustration de l’opinion devant une compétition jouée d’avance. 

La perte de la majorité absolue à l’Assemblée s’est imposée comme une suite logique, alors que le Président s’est contenté d’annoncer un changement de méthode dont personne n’a vu la réalisation… à ce jour !

La semaine dernière, par exemple, le Président a fait le choix de traiter les questions énergétiques, au coeur de l’angoisse des Français, en dehors du Parlement, et même du gouvernement, en recourant au Conseil de Défense énergétique, qui constitue une sorte de cabinet noir où se prennent des décisions pourtant capitales pour la nation. On ne pouvait mieux illustrer le mépris naturel du Président pour la délibération démocratique et sa préférence systématique pour la décision autoritaire. 

Un comité théodule pour faire illusion

Donc, faire croire le contraire ! 

Coincé entre son abhorration de la démocratie et son besoin de le faire oublier, de le masquer, Macron tente une manchette en créant un nouveau machin supposé donner le spectacle de sa capacité à gouverner autrement. 

On comprend les deux utilités de cette mascarade. 

La première est de lui permettre de contourner les obstacles parlementaires. Macron est minoritaire au Sénat. L’Assemblée Nationale ne lui est que relativement acquise et le grand désordre du débat parlementaire en juillet a montré que la partie serait difficile à jouer. Mettre le Parlement en balance avec une assemblée de fortune où siègent des personnalités influençables et de second ordre lui redonne un oxygène sans changer de méthode. 

La seconde utilité relève de la communication. Elle constitue une sorte de vitrine où la capacité du Président à un dialogue moderne pourrait se donner libre cours, loin du carcan républicain traditionnel.

Dans tous les cas, il s’agit bien de passer par-dessus l’épaule de la Constitution. Nous sommes ici dans la continuité des violations répétées de l’état de droit pratiquées depuis deux ans sans vergogne, avec la validation sans sourciller du Conseil Constitutionnel et du Conseil d’Etat. 

Macron est dépassé par la situation

Sur le fond, nous comprenons tous ce que signifie la création de ce conseil national de la refondation : Macron n’accepte pas sa mise de fait en minorité démocratique, et cherche à reprendre la main en dehors des institutions. 

Le fait que le second personnage de l’Etat, le président du Sénat, ait boycotté cette séance du Conseil, en dit long sur l’échec de cette tentative. 

Dans le même temps, le Président ne veut pas se plier aux règles démocratiques. Il continue à gouverner à coup de conseils de défense totalement opaques. Il continue à imposer une logique mondialiste sans tenir compte des tendances exprimées par l’opinion lors des élections. 

Cette cécité s’accompagne d’une dangereuse fuite en avant : Macron se raidit et tente le passage en force. C’est le déférement de Raoult devant les tribunaux, et partout des menaces, des répressions, des procédures judiciaires contre les opposants (on citera notamment le cas Pavan). 

Bref, le Président est devenu un petit marquis qui tente de rétablir sa situation à coup d’ukazes, mais qui est confronté au mur d’une société qui renâcle. 

Le jeu auquel nous assistons est une simple stratégie dilatoire qui vise à amuser la galerie, à gagner du temps, et à émousser l’opposition. Nul ne sait à quoi ressemblera l’effet boomerang de cette prise de risque inconsidérée. 

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11 commentaires
  1. La censure du GVT arrivera quand la rue commencera à grogner, aux premières coupures ou restrictions. Le poudré sera alors obligé de dissoudre. La nouvelle chambre sera encore pire pour le marcheur. Le pays encore plus bloqué.
    Bon a rien, coupable de tout, et surtout haït des français, il devrait avoir du mal à rester en place, pas parce que nos députés vont se sentir subitement pousser des gonades, non. Ils vont juste se réveiller par peur du lampadaire de quartier.

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  2. Certains, avec cette stratégie suicidaire de long terme, se sont retrouvés enterrés par des tonnes de bombes déversées sur le bunker terminal. Une certitude nous étreint désormais, le psychopathe ira jusqu’au bout de ses certitudes sataniques et sacrifiera le peuple français ou partie de ses intérêts pour ne pas avoir à se justifier de son entêtement adolescent typique des artistes ratés. L’Histoire nous bassine sempiternellement qu’elle ne se répète pas, le DSM V dit le contraire concernant les psychopathologies mortifères. Il faut le répéter sans cesse : ce type est à enfermer, comme tous ses collègues de Davos. Pour les plus âgés d’entre eux, Dame Faucheuse s’en occupera assez rapidement et de la même manière que l’Histoire enterra l’URSS grâce à la gérontocratie des membres du Politburo. Pour les plus jeunes d’entre les cinglés au pouvoir, il va falloir que le peuple s’en mêle et outrepasse la barrière symbolique des institutions, qui ne servent strictement plus à rien comme le prouve ces ultimes avatars microbiens. Alors, entre le pire autocrate criminel que la France ait eu à sa tête depuis 1945, un minable comparativement aux géants de notre Histoire, et le pire d’un peuple poussé à son incandescence et dans ses retranchements vitaux, que choisir ? Le Peuple a toujours raison. Patience, quand le fruit est mûr (ou pourri), il tombe de lui-même.

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  3. Le fiasco annoncé du CNR macronien est une bonne nouvelle. On sent un petit frémissement de contestation dans les corps intermédiaires qui commencent peut-être à rechigner à obéir au doigt et à l’œil. Pour l’instant, c’est encore timide mais c’est un début. Difficile de prévoir la suite mais à l’aune du narcissisme délirant du personnage, je crois qu’il faut être concret. Le CNR a été boudé ; il faudrait aussi que chaque déplacement, chaque interview, chaque discours le soit aussi. Un vide sidéral autour de lui peut contribuer à son départ volontaire. Parallèlement, je pense qu’il serait prudent de s’appuyer sur les parlementaires pour faire monter la contestation et non pas directement par la rue. En réponse à des manifestations monstres pouvant se terminer violemment, Macron aurait un plaisir certain à actionner l’article 16 de la constitution. Au contraire, si cette contestation passe de préférence par des élus, il n’aura comme solution que la dissolution qui a toutes de confirmer son absence de majorité. Je précise que je ne suis du tout certain de la sincérité de nos parlementaires à défendre les intérêts du Peuple et de la Nation mais il faut être, à mon avis, aussi tacticien que possible face à un manipulateur sans scrupule.

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  4. E. Macron ne veut pas plier aux règles démocratiques et constitutionnelles… et il a été choisi pour cela. Cela ne relève pas de la cécité, il sait très bien ce qu’il fait et toute son action est porté par son mépris du peuple, qui n’est que le reflet du mépris de la caste au pouvoir.
    Ses conseils et autres “grand débat” prétendument démocratiques, ainsi que sa rhétorique de guerre son des artifices de communication qui lui permettent d’avancer en tétanisant toute opposition. Car, malgré l’affirmation de mars 2020, nous ne sommes pas censés être en guerre… Mais il se trouve que l’état de guerre est le seul qui puisse justifier la mise en sourdine des droits, liberté d’expression comprise.
    Les “conseils de Défense” simulent cet état de guerre alors qu’objectivement, nous ne sommes pas en guerre. Cependant, les médias nous enferment dans la réalité virtuelle de la guerre, ce qui permet de faire passer n’importe quel abus inconstitutionnel.
    Je peux me tromper, mais je pense que McKinsey a défini toute la stratégie de pouvoir présidentiel, après avoir contribué à placer le pion mondialiste Macron au pouvoir.

    1. Je me range à votre avis et j’extrapole: maqueron est un guignol, simple collabo du gouvernement mondial. McKinsey son officier traitant. Joe bidet est un autre guignol du Deep State, zelenski, etc. La liste est longue et grassement payée. Du coup maqueron faisant le cacou dans des conseils de défense style carré VIP, me semble une faveur, une gâterie du board accordée à son narcissisme de drag queen. Un costume de plus à côté de loup de mer sous-marinier nucléaire ou top gun pour l’otan au dessus de Moscou. Plus c’est gros mieux ça passe comme disent ses camarades de jeux africains.

    1. Quelle “masse des pandores” ? Que je sache, la majorité des forces de gendarmerie n’est pas affectée au maintien de l’ordre des manifestations, et parmi la minorité qui l’est, tous n’ont pas la propension à viser la tête avec leur matériel de guerre. Sachons distinguer le bon grain de l’ivraie.

  5. Laissons Macron nous expliquer ce qu’il fait et pourquoi il ne fait rien. Il n’a pas besoin d’un panel d’auditeurs captifs pour cela. Il y a un parlement devant lequel seul le premier ministre peut parler. C’est là que le bât blesse.: Macron ne sait ni travailler en équipe ni manager un gouvernement. Il reste un pur technocrate de l’idéologie schwabiste. Preuve que cette idéologie est sans fondement humaniste réel, comme la variole du singe.

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