Budget 2023 : la fin de l’abondance, sauf pour une bureaucratie pléthorique…

Le budget 2023 entre dans son cycle de discussions au Parlement. Il a été présenté hier par la fine équipe de Bercy, dans des conditions toujours aussi hallucinantes. Pour la petite histoire, le ministère de l'Economie annonce une hausse du pouvoir d'achat de près de 5% pour tous les Français l'an prochain... Derrière ces traditionnelles annonces surréalistes, et en opposition complète avec ce que ressentent tous les Français dans leur vie quotidienne, le budget 2023 est surtout marqué par un deux poids deux mesures : la fin de l'abondance pour le secteur privé, l'augmentation des moyens pour la bureaucratie qui a élu Macron en mai 2022. Charité bien ordonnée...

Le budget 2023 permet de dévoiler la véritable stratégie de gouvernance déployée par Emmanuel Macron, au-delà des postures et des éléments de communication. C’est dans le budget 2023 que l’on comprend la nature même du fait macroniste. Pour ce faire, il faut reconstituer les arbitrages de ce budget en analysant les grandes masses sur lesquels il repose, et qui constituent l’axe fondamental à partir duquel Bercy a conçu, au printemps 2022, ce que serait le prix de la crise post-COVID, énergétique et ukrainienne et comment il serait réparti entre Français. 

Encore un déficit public de 5%

Comme il se doit (ce sont les fameuses règles de la propagande officielle, qui n’existe bien entendu que dans l’esprit des conspirationnistes), le budget 2023 est fait pour “protéger les Français et aller vers le plein emploi”. On en sortirait presque son mouchoir. 

Dans la pratique, il continue à mettre tout le pays en danger avec un déficit budgétaire démesuré : 5%, loin des annonces faites encore très récemment à l’Union Européenne. 

En début d’année, Bercy s’était engagé à réduire le déficit à 4,4% du PIB en 2023. Pour la énième fois, ce temple de l’européisme qu’est le ministère des Finances foulera au pied ses engagements européens. 

Dans la pratique, cela signifie que, sur un budget de 340 milliards de dépenses “intérieures” (on enlève ici la contribution à l’UE), un tiers de l’ensemble sera financé par de l’emprunt. Voilà une véritable folie en matière de gestion publique, et il ne faut pas être grand clerc pour comprendre que cette stratégie n’a pas d’avenir durable. 

Une explosion des dépenses de fonctionnement

À l’heure où les Français sont supposés se serrer la ceinture pour sauver la planète, la bureaucratie fait tout le contraire. 

On retrouvera ici le résumé des dépenses de fonctionnement prévues pour 2023 :

Les “crédits budgétaires” vont donc augmenter de 14% en 2023 ! Si l’on peut comprendre l’augmentation de 3% des crédits de la défense (guerre oblige !), on reste dubitatif sur le + 3,6% de l’éducation nationale et sur le + 6,7% du travail et de l’emploi. 

On a évidemment bien compris l’affichage officiel (plus de protection, plus d’emplois), mais l’expérience des 10 dernières années montre que plus les moyens de l’éducation nationale augmentent, plus le niveau des élèves baisse… S’agissant de l’emploi, les employeurs peinent tous à trouver des candidats pour leurs emplois vacants. 

En compensation de ces hausses vertigineuses, aucun ministère n’est appelé à se serrer la ceinture. La fin de l’abondance, décidément, ne sera pas pour l’administration. 

Près de 20.000 emplois publics créés 

Du côté des créations d’emplois, les explications du projet de loi de finances sont tout simplement hallucinantes. 

Le schéma d’emplois prévu pour 2023 contribue à hauteur de +4 617 ETPT à l’évolution des plafonds annuels d’autorisations d’emplois.
Les plafonds annuels d’autorisation d’emplois augmentent au total de +19 361 ETPT par rapport aux plafonds autorisés par la loi de finances initiale pour 2022 du fait, outre de l’impact du schéma d’emplois de l’année (+4 617 ETPT), des éléments suivants :
• l’effet en année pleine des variations d’effectifs prévues en loi de finances initiale pour 2022, à hauteur de +526 ETPT ;
• des mesures de périmètre et de transfert en 2023 à hauteur de +13 443 ETPT, correspondant pour l’essentiel au passage sur le titre 2 :
• des AESH antérieurement rémunérés sur le hors titre 2 à l’occasion de la signature d’un contrat à durée indéterminée avec le rectorat et également dans le cadre de la bascule progressive de tous les
contrats à durée déterminée d’AESH vers le titre 2 d’ici 2025 ;
• des assistants d’éducation (AED) dès lors qu’ils signent un contrat à durée indéterminée avec le rectorat (les AED en CDD demeurant rémunérés par les établissements publics locaux d’enseignement sur les crédits hors titre 2).
• des corrections techniques nettes à hauteur de +774 ETPT, principalement au titre du service national universel (+394 ETPT) et des volontaires du service militaire adapté (+135 ETPT).

Bref, le contribuable vient d’écoper, au fil des mesures cumulées depuis plusieurs années, de près de 20.000 créations d’emplois publics. Ce record supérieur à celui des années Hollande, montre bien la priorité donnée par Emmanuel Macron à la dépense publique et à l’emploi public sur l’emploi privé. 

Là encore, la transformation d’emplois temporaires en emplois pérennes procède d’une mauvaise gestion dont les intentions sont bien connues : il s’agit d’un électoralisme basique, doublé d’une volonté de “faire plaisir aux services” toujours demandeurs de plus de moyens…

Pour la petite histoire, l’Etat emploiera, en 2023, près de 2 millions de personnes…

Jamais on n’avait vu aussi nettement que l’administration avait pris le pouvoir en France. 

Et les salaires, alors ?

Pour l’instant, le projet de loi de finances brouille savamment les pistes sur l’évolution de la masse salariale dans cet ensemble. Ce n’est évidemment qu’une question de temps pour en savoir plus. 

Le Courrier suivra attentivement les mesures salariales “catégorielles” pour mesurer les hausses de rémunération dans le secteur public. 

D’ici là, une réalité crue se dégage : alors qu’Emmanuel Macron s’apprête à faire porter de lourds efforts sur les salariés du privé, notamment en réformant leur régime de retraite, la bureaucratie se sert goulument, augmente ses moyens, ses emplois en saignant allègrement le pays. 

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11 commentaires
  1. La première photo qui illustre l’article qui semble être une salle type conseil des ministres, c’est réel cette grisaille ou ça a été retouché ? C’est d’un mauvais goût et d’une tristesse !

    1. Cessons d’utiliser les mots socialisme, libéralisme, étatisme, capitalisme etc… qui nous entraînent dans la confusion et des guerres de religion, mais observons plutôt le mot crapulerie, qui instrumentalise tous ces éléments, ces outils et les pervertissent à des fins de prédation comme un malfaiteur utiliserait un véhicule ou un marteau. C’est beau la verdure, l’humanisme, les saintes paroles et c’est pourquoi ils sont également utilisés comme armes de guerre et de prédation, comme jadis la religion ou des idéologies égalitaires. On n’attrape pas les mouches avec du vinaigre.
      C’est bien d’une guerre dont il s’agit, une guerre invisible, plutôt économique et psychologique (l’une et l’autre sont liées par la condition humaine) et l’arme principale : le monétaire qui phagocyte l’énergie et le mental humain et en dépit de toutes bonnes volontés submergées par une vague titanesque de corruption qui balaye tout sur son passage et remplit toutes cavités.
      Cette vague corruptrice qui pervertit le capitalisme par une fausse compétitivité et une finance parasite en symbiose avec un étatisme de république bananière et sa gabegie criminelle qui conduit au parois de la nasse que sont la masse monétaire inflationiste et les taux d’intérêts de la dette, antichambre du totalitarisme, avec un nouvel ingrédient de son alchimie scientifique : la haute technologie.
      La mauvaise utilisation de l’attribution divine: l’intelligence et le verbe ainsi que la puissance des nombres ne nous délivre pas de la faiblesse corporelle mais au contraire nous rend encore plus captif de la matière.
      Cette matière, épreuve et impasse ou s’écrasera l’injustice et ceux qui la suivent.
      Je pense, sans faire de prosélytisme stupide, que nous devons reconsidérer l’action de celui (je ne suis pas digne de prononcer son nom) qui nous a montré le chemin par la croix. Attention au faux Christ.

    1. Les services du premier ministre sont un fourre-tout pour tout ce qui n’a pas trouvé de rattachement naturel. Un exemple que je connais bien, le secrétariat d’état à la mer (dont on vient de parler puisque son futur chef sera Didier Lallement) est maintenant rattaché au premier ministre. Autrefois ministère de plein exercice, puis rattaché aux transports (étonnant quand on connaît la décrépitude du transport maritime français) il lui fallait bien un point de chute…

  2. La France est au fond du trou et ils continuent de creuser…
    Avec la hausse des taux déjà engagée, c’est suicidaire.
    Ou alors ils s’en foutent car ils savent que les dettes publiques seront effacées lors du passage à l’euro numérique en 2024 ! Hypothèse évoquée ici ou là, mais sur laquelle les analystes restent très discrets.

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