[PAYANT] La Caisse d’Epargne sera-t-elle une victime collatérale du Crédit Suisse en pleine déconfiture ?

Hier, nous avons évoqué les rumeurs qui entourent le Crédit Suisse. Comme nous l'évoquions, l'actionnaire principal de cette banque n'est autre qu'un fonds américain... détenu à 100% par Natixis, filiale (désormais d'investissement) de la BPCE (Caisse d'Epargne). Pour l'instant, tout le monde retient son souffle et évite de poser les questions qui fâchent. On peut néanmoins se demander quel serait l'impact, sur la banque française, d'une chute du Crédit Suisse.

Comme l’indiquait la presse économique ce matin, le destin du Crédit Suisse est tout sauf tracé :

Dans l’actualité des entreprises, Credit Suisse restera sous les feux de la rampe, les investisseurs recherchant des informations sur son plan de restructuration, car ils craignent que la banque suisse ne soit pas en mesure de financer la réorganisation sans demander des fonds supplémentaires, des craintes qui ont d’ailleurs joué un grand rôle dans la faiblesse du CAC 40 et des autres bourses européennes hier matin.

Pour l’instant, insistons sur ce point, il est difficile de savoir si oui ou non le Crédit Suisse est sur le point de chuter, et les analystes se disputent âprement sur le sujet. Ce qui est sûr, dans tous les cas, c’est que la situation de la banque est tendue et que ses dirigeants peinent à rassurer. 

Quel est le lien entre la Caisse d’Epargne et le Crédit Suisse ?

Comme nous l’indiquions hier, l’actionnaire principal (10% des parts) de Crédit Suisse est un fonds américain… détenu à 100% par Natixis, filiale de BPCE. Potentiellement, une déroute financière du Crédit Suisse pourrait donc avoir un impact sur la valorisation des participations de Natixis, ce qui aurait, par ricochet, un impact sur la valorisation de la Caisse d’Epargne. 

Il est important ici de savoir raison garder : la faillite de Crédit Suisse n’est pour l’instant pas inéluctable, elle est même évitable. En outre, l’impact d’une faillite de Crédit Suisse sur Natixis est pour l’instant très difficile à mesurer, et ne doit surtout pas être surestimé. 

Cette précaution vaut encore plus pour la Caisse d’Epargne et le dommage que causerait une faillite de Crédit Suisse (insistons sur ce point : dans l’hypothèse non avérée où cette faillite se produirait) sur la banque française. 

La seule attitude raisonnable à cette heure est d’accorder une attention accrue à l’évolution de ces structures, sans en tirer de conséquence trop rapide. 

Comment la Caisse d’Epargne a “segmenté” le risque Natixis

Cette modération dans l’inquiétude se justifie d’autant plus que la Caisse d’Epargne a mené un véritable travail de segmentation de son risque systémique depuis plusieurs mois. 

En effet, le groupe a progressivement “repris” les activités assurantielles anciennement dévolues à Natixis. Celles-ci sont désormais ventilées dans la banque elle-même. 

Au sein de Natixis ne restent pratiquement plus que les activités d’investissement :

La constitution d’un nouvel ensemble « Global Financial Services », qui réunirait les métiers globaux du Groupe BPCE au service des grandes clientèles : gestion d’actifs et de fortune (« Natixis Investment Managers », « Natixis Wealth Management »), Banque de Grande Clientèle (« Natixis Corporate and Investment Banking »)

BPCE a donc cantonné les risques financiers en pratiquant son propre Glass-Steagall en quelque sorte : d’un côté, les activités “grand public”, de l’autre, les activités financières les plus risquées. Entre BPCE et Natixis, on ne peut guère jurer qu’il existe une parfaire étanchéité, mais il est sûr que les activités grand public de Natixis ne seront pas directement mises en danger par un éventuel bouillon du Crédit Suisse. 

Les initiés ont d’ailleurs remarqué que cette séparation des activités s’est faite en bon ordre sous l’égide de Laurent Mignon, qui a attendu le mois de septembre pour quitter le navire, après avoir fait monter les femmes et les enfants dans les canots de sauvetage. Il a notamment piloté le retrait de Natixis de la bourse, ce qui évite au groupe de “boire le bouillon” en cas de dévissage. 

Ce professionnalisme du capitaine est allé jusqu’à accompagner le transfert à la BPI, en loi de finances pour 2023, des activités d’assurance export jusque-là assumées par Natixis (article 38 du PLF). 

Une situation à suivre

En l’état, on peut donc considérer que la Caisse d’Epargne a, dès 2019, fait ses diligences pour limiter les dégâts en cas de crise financière qui impacterait Natixis. Les épargnants peuvent donc aborder l’exercice avec une forme de sérénité. 

Il n’en demeure pas moins qu’il faudra observer avec attention l’évolution de la situation boursière, et tout spécialement celle de BPCE. 

Sécession patrimoniale, libertarisme, vaccins...

Téléchargez nos dossiers indispensables

9,90 par dossier
  • Les conseils patrimoniaux de Machabert
  • Le libertarisme selon Bonnal
  • Les vaccins selon Aventin
Vous aimeriez plus d'infos brèves confidentielles et plus de décryptages hot toute la journée ?

Le fil Telegram Rester libre ! est pour vous

C'est gratuit, c'est rapide, c'est crypté, c'est confidentiel
Je m'abonne

About Post Author

68 Shares:
2 commentaires
  1. La Caisse d’Epargne sera-t-elle une victime collatérale du Crédit Suisse en pleine déconfiture ?
    Réponse : QUE NOS BANQUIERS SONT DES ÂNES APRES CEUX DU CREDIT LYONNAIS. Il faut dire qu’ils sortent tous de l’ENA, n’est-ce pas Eric…

  2. Me voilà (un peu) rassuré pour la caisse d’épargne…
    Que pensez-vous de La Banque Postale ? Pierre Jovanovic sur son blog ne cesse de nous recommander de fuir cette banque, en publiant nombre de cas de clients empêchés de récupérer leur argent. Je sais qu’elle a été durablement plombée par l’obligation de reprendre la banque Dexia en faillite, mais il s’agit d’une banque publique, qui bénéficie en principe d’une couverture à 100% par l’Etat. N’est-ce pas une garantie de sécurité ?

    Répondre moderated
Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée.

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.

Vous pouvez également aimer