Couper l’électricité des respirateurs artificiels : une opération marketing concertée ?

Couper l’électricité des respirateurs artificiels : une opération marketing concertée ?


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Le porte-parole d'Enedis a déclaré lundi  à la télévision que les coupures d'électricité annoncées pour janvier concerneraient également les "personnes à haut risque vital", c'est-à-dire les personnes sous respirateur artificiel à domicile. Il n'en fallait pas plus pour faire monter la tension d'un cran autour de ces possibles pénuries énergétiques. Curieusement, Emmanuel Macron s'est tout de suite emparé du sujet pour faire appel à la responsabilité collective. La même mécanique qu'au moment du COVID, avec des annonces anxiogènes suivies d'appel à l'engagement individuel, revient donc... comme par hasard ?

La polémique qui a suivi les propos du porte-parole d’Enedis vaut la peine d’être suivie, pour ce qu’elle révèle des principes d’ingénierie sociale qu’elle mobilise pour nous faire accepter artificiellement une baisse de notre consommation individuelle d’énergie.

Ainsi, lundi, ce porte-parole a déclaré à la télévision :

« Les personnes à haut risque vital (…) sont éventuellement délestables. Ils sont non-prioritaires si je peux me permettre de leur dire ainsi » (…).

« On a eu une attention particulière à leur égard, on les prévient, ils ont un numéro dédié pour appeler et avoir toutes les informations nécessaires. Et à J-2 [de la coupure : N.D.L.R] on va les appeler, leur envoyer un SMS ou un mail. Si on sait qu’ils vont être délestés et qu’ils ne peuvent pas prendre les précautions qu’il faut, alors on va envoyer quelqu’un, et éventuellement on va les aider à aller dans un endroit qui ne sera pas délesté ».

Les coupures d’électricité rendues inévitables par l’incurie d’EDF mettraient donc en danger la vie des plus fragiles. Cette annonce tonitruante et forcément anxiogène a donné à Emmanuel Macron l’occasion de se mêler au débat.

Macron entre en scène sur les coupures d’électricité

Il n’en fallait évidemment pas plus pour qu’Emmanuel Macron prenne sa grosse voix et dénonce publiquement l’alarmisme de ce second couteau d’Enedis. La circonstance est suffisamment curieuse pour qu’on s’y arrête. Dans la France de Macron, c’est un porte-parole d’Enedis qui annonce calmement au détour d’une conversation à la télévision que des personnes sous respirateur artificiel pourraient ne plus être approvisionnées en électricité. Et c’est au détour d’un micro-trottoir que le chef de l’Etat commente directement ces propos en expliquant que tout ça, c’est à cause de la guerre, et qu’il faut rester « unis ».

Voilà qui ressemble, de pied en cap, à une « opération de communication », comme on dit, où l’anxiété est utilisée par de très grandes entreprises pour permettre au pouvoir de jouer aux sauveurs et aux preux chevaliers qui appellent le bon peuple à s’unir derrière lui.

Faire baisser spontanément la consommation électrique

Les amateurs d’ingénierie sociale connaissent le principe d’engagement de Cialdini, pour mieux manipuler les esprits. On demande au consommateur « d’outer » son soutien, son adhésion, son amour pour une marque, en manifestant publiquement ce soutien.

La mécanique à l’oeuvre ici n’est pas différente. La sortie du porte-parole d’Enedis donne à Macron l’occasion de pousser les Français ordinaires à dire : « non, je ne veux pas tuer un malade en consommant trop d’électricité ». Et Macron ne lésine pas sur la sauce : il rappelle que les coupures peuvent être évitées si chacun s’engage à baisser préventivement sa consommation.

Et ça marche… on en veut pour preuve ses messages passés en boucle par BFM :

Et pendant ce temps, personne ne se demande à quoi tiennent vraiment ces coupures d’électricité. La guerre en Ukraine, comme le dit Macron sans être contredit par les prétendus journalistes ? Vraiment ?

Rappelons ici le contenu de la stratégie bas carbone publiée par le gouvernement en mars 2020


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