Les confinements COVID ont favorisé un vieillissement cérébral inquiétant chez les ados, selon une étude

Les confinements COVID ont favorisé un vieillissement cérébral inquiétant chez les ados, selon une étude


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Avec la crise du COVID, les autorités sanitaires ont adopté des mesures drastiques pour soi-disant freiner la propagation du virus. Les confinements inutiles en faisaient partie. Désormais, les dommages causés par les confinements apparaissent petit à petit. Une récente étude de l’Université de Washington suggère que les confinements et les restrictions sociales auraient  accéléré le vieillissement cérébral chez les adolescents, particulièrement chez les jeunes filles. A cause des confinements, nombreux sont les jeunes qui ont subi une dégradation de leur santé mentale, et beaucoup ont développé des sentiments dépressifs.

Une étude récente menée par l’Université de Washington a révélé que la pandémie de Covid-19 aurait fait vieillir prématurément le cerveau des adolescents, notamment des jeunes filles. Cette maturation cérébrale accélérée est liée aux confinements et aux interactions sociales limitées durant la crise sanitaire. Notons que les résultats de cette étude ont été publiés dans la revue Proceedings of the National Academy of Sciences.

Effets nocifs des mesures liberticides sur le cerveau des adolescents

Durant les périodes de confinement, de nombreux jeunes ont vu leur routine bouleversée. Les interactions sociales limitées, les fermetures d’écoles et les commandes de rester à domicile ont eu un impact considérable sur leur bien-être. Alors que l’on connaît les effets à court terme du confinement, tels que l’augmentation de l’anxiété et des troubles dépressifs, l’étude menée par l’Université de Washington met en lumière ses effets nocifs sur le développement du cerveau des adolescents américains.

Les chercheurs de l’université de Washington ont mené une étude longitudinale sur les changements cérébraux normaux chez les adolescents en 2018. La recherche impliquait des volontaires âgés de 9 à 17 ans. Mais, la pandémie a interrompu les tests de suivi. Les chercheurs n’ont pu reprendre les travaux de recherche qu’en 2021. Ils ont alors décidé de se concentrer sur les effets de la pandémie du Covid-19 sur le développement du cerveau des jeunes hommes et femmes.

Pour mener à bien cette étude, les chercheurs ont procédé à la mesure de la maturation du cerveau des participants à l’étude. Ils ont alors examiné la quantité de cortex cérébral, la couche externe du cerveau. Les experts ont ensuite comparé les nouvelles analyses avec les données pré-pandémiques. Cette comparaison concerne 80% des participants à l’étude.

Les analyses post-confinement, effectuées en 2021, ont révélé des changements inquiétants. En particulier, l’épaisseur corticale, qui est la couche externe du cerveau, s’est réduite à un rythme accéléré. Alors que ce phénomène fait partie du vieillissement normal, les données ont montré que ce processus s’était déroulé bien plus vite que prévu chez les jeunes ayant vécu les confinements. Les jeunes filles ont été particulièrement affectées, leur cerveau ayant mûri en moyenne de 4,2 ans, contre 1,4 année pour les garçons.

Les confinements à l’origine de ce vieillissement cérébral prématuré

Selon Neva Corrigan, l’auteur principal de l’étude et chercheur scientifique à l’Institute for Learning & Brain Sciences de l’Université de Washington, cet amincissement cortical rapide, lié à des traumatismes et du stress dans d’autres études, a été observé dans des zones spécifiques du cerveau des filles. Ces changements cérébraux pourraient être attribués aux effets psychologiques du confinement, bien que d’autres facteurs, tels que la contraction de la COVID-19, n’aient pas encore été pleinement explorés.

Corrigan a indiqué que cette étude présente des limites. Tout d’abord, la taille de l’échantillon est trop faible. En outre, les chercheurs n’ont pas réuni suffisamment de données concernant le mode de vie et le comportement des participants à l’étude.

Les chercheurs soulignent qu’un amincissement cortical accéléré a déjà été associé à des risques accrus de troubles neuropsychiatriques, tels que la dépression et l’anxiété. Ainsi, les résultats de cette étude font craindre que ces jeunes puissent être plus vulnérables à long terme face à ces pathologies.

« Ce n’est qu’une autre preuve que les confinements ont eu des conséquences qui n’étaient pas anticipées par les décideurs »

a déclaré Corrigan. En plus de la baisse des performances scolaires et de l’augmentation des troubles mentaux, cette accélération du vieillissement cérébral montre l’importance de mettre en place un soutien en santé mentale pour les jeunes.

Patricia Kuhl, co-auteure de l’étude, a ajouté que cet amincissement cérébral est probablement irréversible, même si un retour à une vie sociale normale pourrait en ralentir le processus. Patricia Kuhl a ajouté qu’on peut aussi s’attendre à ce que « la maturation cérébrale reste accélérée chez ces adolescents ». De nouveaux tests et suivis sont donc nécessaires.

Selon Khul, une hausse de l’incidence des troubles neuropsychiatriques, de l’anxiété et de la dépression a été constatée au cours de la pandémie. Elle estime qu’il faut mettre en place un soutien en santé mentale pour les jeunes.

Nous avions déjà évoqué dans nos colonnes qu’à cause du confinement, en France, de plus en plus d’enfants et d’adolescents ont subi une dégradation de leur santé mentale (selon le système de surveillance de Santé publique France). Au Royaume-Uni, selon le rapport d’UsForThem, 161 jeunes âgés de 10 à 19 ans se sont suicidés en 2020 durant la fermeture des écoles.


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