30 septembre 2020

Le courrier des stratèges

Prenez de l'avance sur l'actualité

Raphaël Enthoven, le pied dans la chaussure de Marion Maréchal qui l’empêchera d’avancer

Raphaël Enthoven devrait faire partie de la « convention » que Marion Maréchal organiserait à la fin du mois de septembre, où figureront également Ivan Rioufol, Eric Zemmour et Laurent Alexandre. Cet attelage ressemble assez largement au mariage de carpes et de lapins, et on peine à lui trouver un avenir politique clair. Raphaël Enthoven a d’ores et déjà dénoté en prenant des positions dans la presse qui devraient irriter une partie de la base traditionnelle de la petite-fille de Jean-Marie Le Pen.

On lira avec attention les propos de Raphaël Enthoven dans Le Point:

Avez-vous subi des attaques depuis l’annonce de votre participation ?

Non. Pas grand-chose. Quelques cris d’orfraie du côté des diabolisateurs sans mains, qui trouvent, depuis leur moquette, que je vends mon âme en mettant les miennes dans le cambouis. Quelques antisémites d’extrême droite et d’extrême gauche qui ne doutent pas que je sois « payé » (j’aimerais bien, vu le temps que je vais passer à préparer mon intervention, mais non).

L’accusation d’antisémitisme comme « gri-gri » pour se protéger ne ressemble guère aux pratiques historiques de la base qui accorde ses suffrages au Rassemblement National. Rappelons que Raphaël Enthoven a épousé la fille de Bernard Henri-Lévy, grand ami de son père, avant de vivre en couple avec Carla Bruni. Comme Bernard Henri-Lévy, Enthoven semble rompu à l’exercice du procès en antisémitisme pour tous ceux qui lui déplaisent.

De notre point de vue, Marion Maréchal commet une erreur de casting et peinera à rassembler, avec cet étrange attelage, les bases populaires dont elle aura besoin pour couper l’herbe sous les pieds de sa tête. Si son opération peut convaincre certaines élites parisiennes de la dédiaboliser, elle devrait éprouver de vraies difficultés à « mordre » sur l’électorat de masse. En outre, Eric Zemmour est une figure intellectuelle populaire dans la droite décomplexée, mais rien ne prouve que cette popularité demeure longtemps dès lors qu’il s’agira d’aborder des problèmes politiques concrets, dans la mêlée des polémiques.