Attentat de Villejuif : l’Islam est-elle la religion naturelle de la collapsologie?

L'attentat de Villejuif a été perpétré par un jeune radicalisé dont le profil est révélateur des grandes peurs que l'Occident nourrit aujourd'hui, et auxquelles l'Islam apporte une réponse quasi-superstitieuse. Dans le grand effondrement narcissique de l'homme blanc, la survenue de cet acte pose d'importantes questions qui interrogent le modèle occidental lui-même.

L’attentat de Villejuif a finalement donné lieu à une saisine du Parquet National Anti-Terroriste (PNAT), après que la thèse du “déséquilibré” a été évoquée. A y regarder de plus près, le profil du terroriste ne manque pourtant de soulever des questions. 

L’attentat de Villejuif, entre islamisme et folie

La conférence de presse de la procureure de Créteil a permis de tirer plusieurs éléments au clair. L’auteur de l’attentat, un jeune Français de souche récemment converti à l’Islam, âgé de 23 ans, avait des antécédents psychiatriques reconnus. Il a même fait l’objet d’un internement de plusieurs semaines. 

Ce parcours, "c'est celui d'un garçon très vite repéré comme ayant des hautes capacités intellectuelles, mais avec également un aspect plus sombre de sa personnalité, avec un suivi psychiatrique engagé très tôt, dès l'âge de 5 ans. Il était donc suivi par de multiples médecins psychiatres et a fait l'objet de plusieurs hospitalisations, dont certaines à la demande de ses parents", a décrit Laure Beccuau. Sur ces internements, "d'après les derniers éléments qui seront à parfaire lors de l'enquête judiciaire", Nathan C. serait sorti du dernier établissement psychiatrique qu'il a fréquenté en mai 2019. "Il est alors soumis à un traitement médicamenteux, qu'il a interrompu en juin 2019", a conclu la procureure.

Malgré ces antécédents qui illustrent clairement la difficulté de dresser une frontière claire entre folie et terrorisme, l’auteur des faits a multiplié les signes de préméditation de son acte. Il aurait vidé son appartement méticuleusement avant l’attentat, puis aurait choisi minutieusement ses victimes, demandant aux Musulmans de réciter une prière pour être épargnés. 

Ce sont ces marques de discernement, cette intentionnalité dans le geste, qui expliquent la saisine du parquet. Celle-ci constitue un précédent intéressant, parce qu’elle montre qu’un “déséquilibré” peut être désormais soupçonné d’avoir commis un attentat en tant que tel. Et c’est ici que la frontière traditionnellement dressée, pour les musulmans (les Chrétiens auteur d’actes anti-musulmans étant par principe jugés par la presse bien-pensante responsables de leurs actes et immédiatement taxés d’extrémisme de droite), entre folie et terrorisme vole de façon significative en éclats.

Islamisme et crise psychotique

Il faudrait plus de détails sur le profil psychiatrique du terroriste pour disserter utilement sur ses faits et gestes. Mais en l’état on peut relever de nombreuses coïncidences entre le parcours de ce jeune et celui des schizophrènes victimes de crises de fin du monde ou persécutés par des voix intérieures qui leur commandent d’obéir à des pulsions plus ou moins agressives. Dans ces moments-là, le pire peut survenir, et il est bien difficile de faire la part entre la raison et la folie. 

La question qui se pose face à la prolifération d’attentats isolés commis par des déséquilibrés est de savoir si l’Islam, dans sa version la plus radicale, n’est pas le réceptacle le plus naturel de la crise schizophrénique. Au fond, lorsqu’un schizophrène cherche un cadre rationnel, non délirant, pour donner du sens aux voix qu’il entend, le salafisme n’est-il pas aujourd’hui, dans la panoplie de moyens offerts par la société, le véhicule le plus simple à emprunter ? 

Dans la pratique, le principe même de l’Islam, qui est la voix de Dieu transmise par le Prophète commandant le Jihad sur terre, est une formule idéale pour tous les candidats qui cherchent à se convaincre que les voix qui les possèdent ne sont pas fous. Dès lors que le Coran lui-même légitime le passage du kouffar au fil de l’épée, la conversion des schizophrènes en phase agressive est très tentante. 

L’islamisme et la fin du monde

Plus généralement, le principe d’une purification radicale et simpliste du monde proposée par le salafisme comme programme politique universel correspond parfaitement aux angoisses de fins du monde qui structurent le débat public en Occident. Il suffit d’écouter la structure de pensée des collapsologues pour saisir en quoi le salafisme lui apporte des réponses : l’homme a voulu défier la nature et il sera détruit par elle. Seule une purification du mal consumériste par une réorganisation globale de la société peut assurer un sauvetage de la planète. 

Il n’est pas dit ici que les collapsologues sont tous des salafistes, loin de là. En revanche, l’ambiance de fin du monde maintenue en toile de fond par tous ces prophètes de malheur nourrit une angoisse collective à laquelle l’islamisme apporte une réponse tentante pour certains. Ah! si le monde obéissait à un Dieu purificateur, tout irait bien mieux…

Greta Thunberg et l’islamisme

Dans la pratique, les proximités de structure entre le psychisme du jihadiste et celui de Greta Thunberg sont si troublantes qu’on peut se demander dans quelle mesure l’angoisse du fin du mnde qui possède l’Occident aujourd’hui ne constitue pas  un terreau favorable pour une conversion en masse.

Que nous dit en effet Greta Thunberg, si ce n’est que le monde va disparaître à cause du consumérisme occidental? Et qu’un retour à un mode de vie radicalement différent, où l’ordre des choses serait dicté par une puissance non humaine relève désormais de l’urgence.

On pourrait épiloguer longuement sur cette nouvelle cosmologie qui se met progressivement en place, et cet article est loin, très loin, d’en faire le tour. Mais une chose est sûre : l’idée d’une disparition imminente de l’humanité faute d’avoir trop joui des biens de consommation, propagée de façon répétitive et émotionnelle à la manière des sectes les plus perverses, déséquilibre psychiquement les esprits les plus fragiles, et les rend prompts à se satisfaire des réponses simplistes, binaires, apportées par des supersititions comme l’Islam radical.  

Il est ici indispensable, pour se prémunir contre ce genre de tentation, que l’Occident remplisse le vide spirituel laissé par l’église catholique depuis Vatican II… et qu’il propose une vision du monde où il relégitime sa place. 

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