22 octobre 2020

Le courrier des stratèges

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Sophie de Menthon : « J’accuse l’administration d’être lente et punitive avec les entreprises »

Sophie de Menthon pousse un très beau coup de gueule contre l’administration, ses lenteurs, et sa défiance vis-à-vis des entreprises et des entrepreneurs. Présidente du Mouvement patronal ETHIC, elle est aux premières loges pour constater les lenteurs, les réticences, les impuissances de la haute administration à exécuter correctement les missions de service public financées par l’impôt. 

« Quel numéro de téléphone pour appeler l’Europe ? » demandait Henry Kissinger… et quel numéro appeler en France pour un renseignement simple ou pour avoir une réponse ? « Bureaucratie aiguë », « Paquebot administratif », « Folie administrative », « Usine à gaz », « Paperasserie complexe et chronophage », « Maquis français des normes » …on ne sait plus comment le dire, le poison français, c’est nos administrations qu’il faut de surcroit nourrir comme un pachyderme affamé : plus de moyens… Ce n’est pas la réforme de l’État qu’il faut promettre, c’est la remise à plat, totale, structurelle, hiérarchique, décisionnaire de ceux qui ont le seul pouvoir de dire NON : l’État profond qui échappe à tout.

J’accuse l’administration…

En tant que présidente du mouvement patronal ETHIC représentant le tissu entrepreneurial français et agissant au quotidien sur le terrain, j’accuse au nom de nos entreprises de toutes tailles, l’Administration d’être lente, punitive, dépourvue de bon sens, d’avoir un ennemi : l’entrepreneur, et une idole la norme.

Aujourd’hui, la vérité éclate, ce sont les entreprises et le grand public qui sont victimes de ces mille-feuilles administratifs, la réalité est là : incapacité totale depuis des années de s’adapter et de se remettre en question. Crise sanitaire et économique, même combat perdu. La multiplicité des strates, des cellules de « décision », des interlocuteurs qui vous renvoient à d’autres…paralysent le système et l’action, non sans une vraie satisfaction ou du moins un vrai réconfort : ni responsables, ni coupables, même pas concernés…

Depuis le début de la crise et de nos échanges avec les puissants des administrations, nous nous apercevons qu’ils sont aussi impuissants que nous ; pleins de bonne volonté mais personne qui puisse dire OUI ou NON, notamment en matière de commandes et d’initiatives de nos entreprises pour concrétiser le retour au travail tant espéré.

À quoi sert le principe de subsidiarité tant prôné au niveau de l’Europe s’il n’existe pas en France ? En ce moment même : pourquoi empêcher un maire de rendre obligatoire le port du masque dans sa commune s’il en a ?

Aucune marge de manœuvre réelle laissée aux organisations patronales, aux fédérations, aux dirigeants aux collectivités locales ; et toujours cette méfiance rémanente vis à vis des entrepreneurs qui sont la seule planche de salut d’un pays en faillite.

Les entreprises sont à votre disposition : utilisez-les ! 

Qu’aurait fait le corps médical sans la mobilisation et les initiatives variées des entreprises pour produire des gels, des masques, du matériel de protection etc. ? Idem pour la reprise. Elles œuvrent dans l’ombre et peinent à obtenir les autorisations ou les informations nécessaires…

Comme si ces blocages à la verticale ne suffisaient pas, on est aussi spectateurs d’une inertie horizontale ! Car en plus les décisions sont « interministérielles » : chaque référent de chaque cellule de chaque ministère de chaque…nous sommes étourdis … et toujours le manque de masques, de tests, de décisions, d’autorisations….

On centralise, on met plus d’État, on fait marcher la planche à billets… par impuissance ? Mais qui a le pouvoir de faire cesser cette oligarchie ? Même pas le Président de la République, ni le premier ministre… alors ?

Depuis le début de la crise et de nos échanges avec les puissants des administrations, nous nous apercevons qu’ils sont aussi impuissants que nous ; pleins de bonne volonté mais  personne qui puisse dire OUI ou NON, notamment en matière de commandes et d’initiatives de nos entreprises pour concrétiser le retour au travail tant espéré.

Quant aux méthodes et aux procédures…peut-on vraiment s’entendre dire qu’il faut « lancer un appel d’offre » pour obtenir la réponse escomptée étant donné l’urgence actuelle ?! C’est le principe du bon sens qu’il faut réactiver.

On centralise, on met plus d’État, on fait marcher la planche à billets… par impuissance ? Mais qui a le pouvoir de faire cesser cette oligarchie ? Même pas le Président de la République, ni le premier ministre… alors ?