21 octobre 2020

Le courrier des stratèges

Prenez de l'avance sur l'actualité

Laisser les Français aller au bout de leurs illusions à la Chavez et à la Maduro

La crise n’en est, en France, qu’à ses balbutiements, avec sa masse de subventions en tous sens, mais déjà les esprits s’échauffent à ne pas vouloir encaisser le choc de rigueur qu’elle imposera. Et partout fleurissent les solutions à la Maduro et à la Chavez, avec des appels à l’impôt, à la nationalisation et à l’étatisation à tout crin. Face à cette hystérie qui relève plus du réflexe névrotique que de la rationalité politique, il faut laisser faire et attendre que ça passe. En prenant éventuellement des mesures raisonnables pour mettre son patrimoine à l’abri. 

La tentation de Chavez et de Maduro envahit la France, droite comprise, sans même que cette emprise idéologique ne soit claire pour ceux qui la propagent. Le dernier éditorial de la « souverainiste » Natacha Polony est édifiant sur ce point. Le souverainisme est devenu, dans l’esprit de certains, confusion naturelle avec étatisation à outrance de la société civile. Au fond, comme on disait en France en 1793, la loi peut tout, et il suffit de vouloir pour avoir, puisque tous ces « souverainistes » vont s’empresser de mettre au placard le scandale de l’économie néo-libérale pour la remplacer par la volonté populaire et ses grands imprécateurs. 

Nos lecteurs se souviennent que nous avions évoqué cette inévitable dérive maduriste en France dans un éditorial publié il y a une dizaine de jours. Sur le fond, nos pronostics n’ont pas changé d’un pouce. Sur la forme non plus : un épisode maduriste est inévitable en France, mais il sera de courte durée. 

Le madurisme, cette illusion d’esprits amollis par le confort

Pour comprendre le caractère inéluctable de l’expérience maduriste en France, il faut en saisir la racine, et identifier le besoin auquel elle correspond. 

Face à l’immense destruction de valeur qui est à l’oeuvre du fait de la crise, beaucoup pressentent le pire : il va falloir se retrousser les manches pour rattraper le retard dans la production de richesse. Donc, il va falloir bosser comme 4, comme 10 peut-être. Après deux mois de confinement, la nouvelle est saumâtre. Et chacun se lance dans la course aux idées pour expliquer que les efforts devraient plutôt être demandés au voisin. 

Alors que certains pays ont encore un fight spirit, la vie de coqs en pâte menée par les Français à l’abri des innombrables protections dont ils bénéficient leur a amolli l’esprit. Ils préfèrent suivre n’importe quel marchand de rêve, n’importe quel bonimenteur qui leur promet des lendemains faciles, plutôt que de se retrousser les manches pour reconstruire le pays. 

Voilà qui ne procède pas autrement que l’idéologie madurienne : si la réalité ne vous convient pas, on va la changer pour vous. Faites-nous confiance !

La mode est au souverainisme madurien

Pour paraphraser Natacha Polony, grande pourfendeuse du néo-libéralisme, et adepte des grandes machines étatiques, il faut donc se convertir au « souverainisme », entendu comme un déni de toute contrainte économique qui pèserait sur la société française. Vous pensez que vous n’avez pas à trinquer pour la récession qui est en cours ? Devenez souverainistes, et vous récupérerez ainsi la maîtrise de votre destin : vous n’aurez plus à travailler pour produire des richesses. Vous récupérerez celles que de méchants néo-libéraux vous volent. 

Ce discours pourrait également être tenu par des communistes. L’objectif de tous ces idéologues du « il suffit de vouloir maîtriser son destin pour y arriver », qu’ils soient de droite ou de gauche, n’est évidemment pas de changer la réalité des Français, mais de prolonger leurs douces espérances à grandes bouffées de haschich idéologique. Le néo-libéralisme, c’est la dictature des marchés. Abolissez les marchés, et la démocratie reviendra. 

Comme c’est simple… On en mangerait au petit déjeuner. 

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Les petits mensonges du  madurisme

Ce qu’oublie de dire une Polony, pour autant que ce sujet l’intéresse, c’est évidemment que le souverainisme qu’elle appelle de ses voeux créera beaucoup plus de contraintes que le « système néo-libéral » actuel pour le Français moyen. Car, dans la dictature des marchés que nous subissons, nous pouvons emprunter à vil prix, sans créer d’inflation, grâce à la signature de la vertueuse et horriblement libérale Allemagne. Cette petite astuce nous permet de consacrer un tiers de notre PIB aux politiques sociales. 

Dès lors que nous réalisons le Frexit, ou une manoeuvre équivalente, nous devons, pour financer les immenses besoins de notre très gourmande bureaucratie et des innombrables pauvres qu’elle a créés pour stabiliser son règne, nous montrer capables de gérer correctement nos affaires. Cette étape suppose de tailler dans les dépenses sociales et les emplois publics, un moment douloureux à passer qu’aucun leader « souverainiste » ne prend le temps d’expliquer aux Français. Mais nous ne le faisons pas, nos emprunts auront la même odeur que la poudre à canon : ils sentiront le soufre, et nous ne sommes pas prêts de trouver l’argent pour combler les trous. 

L’autre solution consiste, comme le proposait Marine Le Pen, à emprunter directement à la Banque Centrale (que nous recréerons pour la circonstance). Cela s’appelle faire tourner la planche à billets, et chaque fois que cette solution a été utilisée en France, elle s’est traduite par une hyper-inflation, et, dans les 24 mois, par un renversement des régimes en place. 

Attendre patiemment le retour de bâton

Mais, pour l’instant, comme ce souverainisme madurien ne relève pas du réalisme politique, mais au contraire de l’illusion amplifié à grandes bouffées de haschich triomphaliste sur le mode : « prenons notre destin en main », il est impossible de le contrer. De gauche comme de droite, les bonimenteurs de tous poils se sont donnés le mot pour désigner toute parole réaliste comme inspirée par le « néo-libéralisme » ou le « mondialisme ».

On peut légitimement reprocher aux élites françaises d’avoir recouru au manichéisme pour imposer des décisions étatistes absurdes. Mais les souverainistes n’ont pas encore pris le pouvoir qu’ils utilisent déjà la même méthode : tous ceux qui essaient de rappeler qu’il y a les idéologies et la réalité, deux entités très différentes de l’Être, se font catégoriser comme suppôts d’Adam Smith et de Laurent Joffrin. 

Face à cette hystérisation du débat, il ne sert à rien d’argumenter. Il faut laisser faire. Et laisser l’expérience maduriste prendre forme. Rapidement elle se heurtera à des réalités têtues. Non, les Sanofi dont les 3/4 des effectifs sont hors de France, ne relocaliseront pas leur activité pour faire plaisir aux idéologues de la dépense publique. Non, Wall Street ne disparaîtra pas du jour au lendemain, et oui, la crise sera longue et coûteuse

Face à tous ces obstacles, les Français comprendront en moins de 6 mois de madurisme que la vie est quand même plus agréable chez les méchants néo-libéraux allemands, et ils balaieront leurs bonimenteurs, dans un coup de balai dont ils ont le secret. 

Protéger son épargne

En attendant ce moment, il faut profiter de la vie et ne pas se biler. On ne peut rien contre un peuple sous emprise hypnotique. Il faut laisser à la drogue le temps de dissiper ses effets. Ouvrez-vous une bonne bouteille de Bordeaux (ou de Bourgogne, pour les amateurs), ou de Cognac, ou de rhum, et sirotez sans angoisse votre élixir en attendant que vos compatriotes se réveillent. Et prenez du bon temps à capter leurs slogans binaires, certains sont drôles et même régénérants. 

Entretemps, veillez à ne pas laisser trop d’avoirs dormir en France, car le madurisme se termine généralement dans un bad trip paranoïaque où sortir du lot moyen peut coûter très cher. Moyennant cette précaution, vous allez voir, on va vivre une époque formidable.