🎖Mais qui paiera vraiment la nouvelle taxe sur les complĂ©mentaires santĂ© ?

Dans sa quĂȘte dĂ©sormais permanente de milliards pour renflouer les caisses d’un État Ă  la dĂ©rive, le gouvernement a confirmĂ© qu’une taxe “temporaire” serait crĂ©Ă©e sur les complĂ©mentaires santĂ©, accusĂ©es d’avoir fait du gras pendant le confinement. Mais une fois de plus, la question est de savoir qui paie les taxes : les intermĂ©diaires ou les consommateurs finaux. Bref, il faut s’attendre Ă  un renchĂ©rissement des contrats santĂ© au 1er janvier 2021. 

Une taxe sur les complĂ©mentaires santĂ© pour renflouer les caisses de l’État… On connaĂźt dĂ©sormais la musique. Alors qu’Emmanuel Macron a promis de ne pas augmenter les impĂŽts, cette taxe est prĂ©sentĂ©e comme une façon de rĂ©cupĂ©rer le “magot” des assureurs. Mais sommes-nous sĂ»rs que ce sont les assureurs santĂ© qui paieront ?

Une taxe sur les complĂ©mentaires santĂ© Ă  l’affiche

Sans surprise, la rumeur est quasiment confirmĂ©e selon laquelle une taxe sur les complĂ©mentaires santĂ© serait crĂ©Ă©e en loi de financement de la sĂ©curitĂ© sociale, Ă  l’automne, pour faire payer les mĂ©chants assureurs santĂ© Ă©pargnĂ©s par la crise. Il est un fait que, avec le confinement, l’activitĂ© sanitaire en France s’est tout entiĂšre concentrĂ©e sur le virus. Les autres soins ont Ă©tĂ© quasiment suspendus… 

Les assureurs santĂ© estiment que les dĂ©penses non rĂ©alisĂ©es durant cette pĂ©riode reprĂ©sentent bon an mal an 15% des charges annuelles. Soit une sommes d’environ 2 milliards, qui n’auraient pas Ă©tĂ© engagĂ©s. 

Il n’en fallait pas plus pour stimuler les appĂ©tits de Bercy, qui se verrait bien rĂ©cupĂ©rer ces 2 milliards, et quelques miettes de plus. 

Une idée quasi-maniaque

Cette taxe sur les complĂ©mentaires santĂ© n’a rien de nouveau. Son principe revient rĂ©guliĂšrement. Il s’ajoute d’ailleurs Ă  la taxe dĂ©jĂ  existante. Et rĂ©guliĂšrement, le lĂ©gislateur a la tentation de mettre la gomme pour rĂ©cupĂ©rer des milliards.

Ce fut encore le cas l’automne dernier, lorsque la majoritĂ© sĂ©natoriale a proposĂ© de prĂ©lever un ou deux milliards en pensant sur les complĂ©mentaires. Le gouvernement s’y Ă©tait opposĂ©. On le voit mal cette fois plaider contre une mesure que personne ne combattra. 

Mais qui paiera la taxe sur les complémentaires santé ?

Bien Ă©videmment, il s’agit de faire payer les profiteurs. Et pour y parvenir, qu’y a-t-il de mieux qu’une bonne taxe ? C’est un Ă©lĂ©ment de justice sociale, de morale politique, et tous ces arguments qui transforment la fiscalitĂ© en sauveuse du monde. 

Le seul problĂšme Ă©videmment, et les assureurs le savent bien, c’est que les taxes sont toujours, tĂŽt ou tard (mais gĂ©nĂ©ralement immĂ©diatement ou presque) rĂ©percutĂ©es sur les prix. Autrement dit, ce ne sont pas les assureurs qui paieront l’addition, mais les assurĂ©s eux-mĂȘmes. L’opĂ©ration est trĂšs simple : elle sera intĂ©grĂ©e dans la majoration de tarifs, Ă©ventuellement en deux fois, pratiquĂ©e habituellement en dĂ©but d’annĂ©e. 

Comme l’ensemble de la place pratique la mĂȘme politique, cette taxe de justice sociale (comme toute taxe, redisons-le) spoliera un peu plus les consommateurs. Et voici comment, sous couvert de prendre une mesure “morale”, on plume les Français. 

La santĂ© doit-elle ĂȘtre taxĂ©e ?

Au passage, il faut rappeler que, dans la santĂ© comme ailleurs, les pouvoirs publics adorent professer leur foi, mais que les actes ne suivent pas. Car si la santĂ© est prĂ©sentĂ©e comme un bien commun qui doit Ă©chapper Ă  la marchandisation, elle n’Ă©chappe pas du tout (au contraire…) Ă  la taxation. Les URSSAF consacrent d’ailleurs une page entiĂšre aux taux de la taxe de solidaritĂ© additionnelle qui frappe les mutuelles. 

À cette taxe qui pĂšse sur les assureurs, il faut ajouter le “forfait social” (de 8 Ă  20%) qui porte sur les cotisations santĂ© des salariĂ©s, dans le cadre de leur mutuelle d’entreprise. Si le contrat santĂ© est dit “non-responsable”, c’est-Ă -dire qu’il ne rĂ©pond Ă  certaines conditions fixĂ©es par des dĂ©crets, ils sont assujettis Ă  la taxe sur les conventions d’assurance (14%). 

Bref, la protection maladie est aujourd’hui une vache Ă  lait pour le fisc. Pour trois euros versĂ©s par un assureur, un euro revient Ă  l’État. 

Mais de cette taxation exorbitante, les dĂ©fenseurs de l’Ă©galitĂ© Ă©vitent toujours de parler. 

Le dĂ©but d’une longue sĂ©rie de taxes ?

On le comprend, cette taxe sur les complĂ©mentaires santĂ© est un prĂ©texte pour remplir les caisses de l’Etat en faisant croire qu’elle sera payĂ©e par les assureurs. Elle sera en rĂ©alitĂ© payĂ©e par les Français ordinaires, ces payeurs cachĂ©s qui ont bon dos et qui doivent dĂ©sormais s’apprĂȘter Ă  un rackett fiscal qui ne dira pas son nom. 

 

About Post Author

1 Shares:
4 commentaires
  1. la rĂ©ponse est Ă©vidente: c’est le bon GAULOIS qui paiera !!!
    pas un des invitĂ©s Ă  macron en provenance de l’autre cĂŽtĂ© de la MĂ©diterranĂ©e, mais le bon FRANCAIS, bien blanc qui cotise Ă  tout !!!

  2. A quand le prĂ©lĂšvement des taxes uniquement sur le dos des trĂšs riches, au lieu de toujours pomper les honnĂȘtes travailleurs et les retraitĂ©s qui ne touchent pas 2000 € nets par mois ?
    Il faudrait cesser une bonne fois pour toutes de taper sur les gens aux revenus modestes, qui n’ont pas Ă  payer l’addition, fruit de la gestion dĂ©sastreuse de la crise sanitaire du coronavirus.
    A l’inverse, il faut faire payer les patrons du CAC 40, qui gagnent de plus en plus de milliards sur le dos des employĂ©s et des ouvriers…!

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée.

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.

Vous pouvez Ă©galement aimer