Sommes-nous sûrs que l’Europe ne nous décourage pas de nous réformer ?

L’appartenance à l’Europe encourage-t-elle ou décourage-t-elle les réformes en France ? Si la réponse à cette question allait de soi par le passé, la création de l’euro, et plus encore l’intervention massive de la BCE dans le jeu économique sèment désormais le doute. Sommes-nous sûrs que l’Europe n’est pas un paradis artificiel (et éphémère) qui retarde notre évolution ? Il est en tout cas évident que, depuis François Hollande, la France joue à plein la stratégie du passager clandestin dans l’Union et en profite pour prendre du bon temps sans moderniser son économie. 

Alors, l’Europe… avantage ou inconvénient ? À la lecture du projet de loi de finances pour 2021, le bon sens consiste désormais à nous interroger sur les méfaits de notre adhésion à l’Union Européenne en termes de compétitivité internationale et d’encouragement ou non à nous moderniser. Voici une petite liste des arguments pour et contre notre appartenance à l’Union Européenne, vus du point de vue de notre capacité à affronter la compétition internationale et à moderniser le pays. 

 

Le marché unique a obligé les entreprises à se moderniser

Rendons à César, etc. Le marché unique a constitué un choc de compétitivité majeur qui a forcé les entreprises françaises à se moderniser pour résister à la concurrence européenne. Certes, cette ouverture a impliqué quelques "ajustements" dont les Français n'ont pas voulu entendre parler. Comme le discours de la "protection" a continué à s'imposer alors que notre principal concurrent, l'Allemagne, se réformait en profondeur, nous savons aujourd'hui clairement comment tout cela s'est terminé : désindustrialisation, délocalisation, tertiarisation à outrance de notre économie, faute de pouvoir encore produire dans de bonnes conditions dans notre pays. Mais, au total, le marché unique a constitué une opportunité pour rebattre beaucoup de cartes et développer des "champions" nationaux.

L'Union Européenne a dynamisé nos exportations

Pour mémoire, la France exportait, en 1957, pour 1 milliard € de biens par trimestre. En 1986, elle exportait pour 40 milliards € de biens chaque trimestre. En 1992, le cap des 60 milliards trimestriels était franchi. En 2000, c'était le cap des 100 milliards que nous passions. En 2018, nous dépassions la barre des 190 milliards trimestriels. Ces chiffres sont intéressants, parce qu'ils montrent que, entre 1957 et 2000, l'Europe a beaucoup profité à la France et aux entreprises françaises. Depuis 2000 et la création de la zone euro, cette croissance s'est substantiellement ralentie.

Grâce à la BCE, nous empruntons à taux très bas

Les Français y sont peu sensibles, mais la création de la monnaie unique constitue une véritable aubaine financière pour eux, dans la mesure où la "garantie" de la BCE (qui est celle de l'Allemagne, en réalité, et de quelques autres radins comme la Hollande ou l'Autriche) leur permet d'emprunter à taux très bas. Et quand cette garantie ne suffit pas, la BCE peut discrètement récupérer des dettes souveraines à taux bas. Grâce à cet argent facile, nous pouvons vivre très au-dessus de nos moyens...

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À cause de la BCE, nous vivons au-dessus de nos moyens

C'est dit, su et répété de longue date, les interventions très efficaces de la BCE ont permis de juguler la crise des taux qui a failli abattre la Grèce il y a dix ans. La politique de taux très bas permet de s'endetter pour rien ou presque. L'argent facile est une tentation très forte pour les Français : on emprunte sans limite, en trouvant toujours un argument bidon pour justifier ce laxisme. En bout de course, c'est la BCE qui paie... du moins en apparence, car l'addition finira par être salée.

À cause de la dolce vita de la BCE, nous nous zombifions

Comme nous pouvons vivre au-dessus de nos moyens grâce aux interventions de la BCE, nous ne prenons pas garde au départ accéléré de nos entreprises de main-d'oeuvre. Obligée de jouer dans la même cour que leurs concurrentes, les entreprises françaises ne peuvent plus guère maintenir leurs établissements sur le sol français compte tenu des règles de protection excessives en faveur des salariés. D'où des départs industriels en masse... et un remplacement de nos usines par un tourisme de masse qui transforme la France en immense club de vacances. Bref, l'économie française ressemble de plus en plus à la Thaïlande ou au Mexique. Et plus à un pays industrialisé.

À cause de l'argent facile de l'UE, nous ne réformons pas

Autre inconvénient dû à l'argent facile de la BCE, il permet de nourrir grassement un État obsolète et incompétent. La crise du coronavirus en a donné la démonstration : nos services publics coûtent cher, nous obligent à nous endetter, et produisent peu ou mal. Si la possibilité de s'endetter à bas prix n'existait pas, nous serions contraints d'adopter des réformes pour réduire les déficits publics, et donc obtenir un meilleur rendement des services publics en proportion des sommes qui leur sont allouées.

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2 commentaires
  1. Oui, effectivement, nous ne nous reformons rien et la France navigue à la godille avec des tombereaux de lois de circonstance et bien sûr à grands frais et à crédit . Dernier exemple en date, ce week end, nous vous avons renouveler sans tambours ni trompettes 1/3 de vos 348 sénateurs qui vont pouvoir continuer à profiter tranquillement de la vie sous les dorures d’un des palais de l’ancien régime pendant 6 ans avec approximativement 19 000 euros d’argent de poche par mois…à condition de rester sénateur de base évidemment et de ne pas chercher à devenir questeur par exemple … N’était-il pas à l’ordre du jour, , il y a seulement encore 3 ans, de réduire le nombre d’élus en France et Laurent Wauquiez, lui aussi, alors tout nouveau président de son parti politique, ne disait-il pas qu’aux Etats-Unis, “ils ont 100 sénateurs pour faire tourner tout le pays”? D’ailleurs, serait ce pas en fait une des raisons qui l’a fait sortir du paysage des décideurs ? Allez, dormez en paix bonnes gens; nous veillons à votre avenir et “parlerons toujours du changement pour que rien ne change”. Et rassurez vous c’est pareil à tous les échelons du mille-feuille territorial. Ainsi, sur cette communauté de communes, EPCI intermédiaire pour une cinquantaine de milliers d’habitants, un président et 7 ou 8 vice présidents serait suffisant en terme d’efficience mais on a un exécutif qui rassemble une trentaine de copains… avec indemnité évidemment… Alors, in fine, ou voulez-vous qu’il y ait des gens volontaires et en position pour réellement réformer le système ???

  2. Oui en il y a beaucoup de monde en France pour diriger, administrer, manager, gérer, redistribuer mais personne pour faire et créer de la richesse et des entreprises, bizarre bizarre…. Ceux là ont disparu ou s’il en reste ou s’il en apparaît ils n’ont qu’une idée c’est de foutre le camp, en tout cas les meilleurs, on garde les chasseurs de primes ou ceux qui sont dans la phase chasseur de prime, après taillod….

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