ūüéĖPEL ouvert avant 2011 : Bercy devrait servir la soupe aux banques qui veulent r√©cup√©rer 4 milliards

Si vous disposez d’un livret PEL (plan √©pargne logement) ouvert avant 2011, vous avez du souci √† vous faire. Vous risquez de figurer parmi les premi√®res victimes du racket fiscal que Bercy pr√©pare sur l’√©pargne sous des pr√©textes vari√©s. Rassurez-vous, tous les livrets finiront par y passer. Mais le v√ītre sera le premier. Voici pourquoi, voici comment… votre banque a d√©cid√© de r√©cup√©rer 4 milliards sur votre dos.¬†

D√©tenteurs d’un livret PEL ouvert avant 2011, votre argent int√©resse votre banque, et devrait rapidement fondre comme neige au soleil. C’est ce qui ressort clairement du rapport sur l’√©pargne r√©glement√©e de la Banque de France, que nous reproduisons ici, et dont nous vous d√©chiffrons les coulisses. Nous vous livrons notre analyse critique du sujet, qui donnera probablement lieu √† une r√©forme l√©gislative en 2021. Les √©pargnants de ce pays rendront gorge dans les ann√©es √† venir pour renflouer les caisses d’un Etat qui d√©pense sans compter.¬†

Les PEL ouverts avant 2011 dans l’oeil du cyclone

Nous reproduisons ici la phrase d’introduction du rapport sur l’√©pargne r√©glement√©e qui est consacr√©e au PEL, et sp√©cialement aux livrets ouverts avant 2011. Elle est sans ambigu√Įt√© et comporte tous les mots-cl√©s qui pr√©parent le terrain √† une belle r√©forme l√©gislative qui devrait tailler dans le vif des r√®gles applicables √† ce placement.¬†

Premier mot-cl√© : “les populations les plus favoris√©es”. Le PEL est fortement concentr√© sur les plus riches, para√ģt-il. Le s√©same est prononc√©. D√®s lors que ce placement profite aux plus riches, il convient donc d’en modifier rapidement les r√®gles pour punir ces imp√©trants avec le soutien large de l’opinion publique.¬†

Deuxi√®me mot cl√© : les droits de ce livret sont acquis et transmissibles. L√† encore, devant tant de stabilit√© aux √©pargnants, comment ne pas rugir de col√®re et revendiqu√© un rabotage imm√©diat pour r√©cup√©rer cet argent qui est vol√© √† la solidarit√© nationale…

Traduction : Bercy pr√©pare fissa un texte pour faire payer les riches. On notera au passage que sur un en-cours global de 282 milliards, les livrets √† taux garanti ouverts avant 2011 repr√©sentent un ensemble de 115 milliards, ce qui n’est pas une paille.¬†

Les catégories les plus ciblées

Les amateurs de graphique liront attentivement celui que nous reproduisons ci-dessus, qui montre que 10% des d√©tenteurs d’un livret concentrent 40% des en-cours. Bien entendu, personne n’est capable de dire quel est le niveau de revenu exact, ni le patrimoine total de ces 10% de bienheureux. Mais cette incapacit√© m√©thodologique n’emp√™che pas la Banque de France de d√©cr√©ter autoritairement qu’il s’agit des plus riches ! donc qu’ils doivent √™tre tax√©s.¬†

Apr√®s tout, qu’importe les d√©tails, pourvu qu’on ait l’argent. Et le niveau moyen des journalistes √©tant ce qu’il est, rares sont ceux qui prendront la peine de fouiller la base des chiffres produits. Et personne ne prendra soin de faire remarquer que 40% des en-cours sont tout de m√™me d√©tenus par les 8 premiers d√©ciles de patrimoine, qui ne sont pas forc√©ment les plus riches, bien loin de l√†.

4 milliards √† r√©cup√©rer…

Ce faisant, la Banque de France calcule que, si l’on appliquait la r√©forme de 2011 aux livrets ouverts avant 2011, les banques r√©cup√©reraient 4 milliards cruciaux pour le “financement de l’√©conomie”, cette belle expression qui sert de pr√©texte √† tout, sauf √† financer l’√©conomie bien entendu. Dans la pratique, les banques, qui se sont enrichies gr√Ęce au monopole de distribution de ces produits √† la glorieuse √©poque des taux √©lev√©s, sont oblig√©es de puiser dans leur bas de laine (et notamment dans les dividendes √† verser √† leurs actionnaires) pour r√©mun√©rer les √©pargnants sur le fondement de la promesse qui servit, en son temps, √† attirer le chaland.¬†

En temps de vache maigre, les banques aimeraient bien garder les clients, mais se d√©barrasser des promesses de r√©mun√©ration qu’elles leur ont faites. Et, bien entendu, les 4 milliards ainsi r√©cup√©r√©s ne serviront pas √† investir dans l’√©conomie, mais √† verser des dividendes aux actionnaires mis au r√©gime sec depuis le confinement de mars.¬†¬†

Bercy ne dira pas non aux banques

C’est une r√®gle intemporelle dans ce pays : Bercy ne dit jamais non aux banques, qui b√©n√©ficient sans cesse de mesures favorables √† l’abri des regards. Nous les √©voquons r√©guli√®rement.¬†

Il existe une raison syst√©mique √† cette connivence entre les banques et Bercy : pour l’essentiel, les banquiers fran√ßais sont d’anciens fonctionnaires de Bercy ! et tout fonctionnaire de Bercy en position de r√©glementer la vie des banques est susceptible d’√™tre t√īt ou tard recrut√© par l’une d’elles √† prix d’or.¬†

Tiens… par exemple, le gouverneur de la Banque de France qui signe le rapport que nous citons, Fran√ßois Villeroy de Galhau est un ancien dirigeant de la BNP. Mais il ne faudrait pas oublier qu’il est d’abord un inspecteur g√©n√©ral des Finances sorti de l’ENA en 1984. En 1988, il rejoint la direction g√©n√©rale du Tr√©sor (comp√©tente pour la r√©glementation bancaire). Il fut ensuite directeur g√©n√©ral des imp√īts.¬†

Pensez-vous qu’il existerait une connivence naturel entre un fonctionnaire du Tr√©sor charg√© de prendre position sur le PEL et les banquiers qui pourraient le recruter et qui lui demandent d’appliquer une mesure largement souhait√©e par la Banque de France, dirig√©e par un ancien de Bercy pass√© par la banque ?

Inévitable rabotage de votre épargne

Bref, il est in√©vitable que les banques, mises en position critique par les taux n√©gatifs de la BCE, obtiennent de Bercy un changement de r√©glementation permettant de baisser la r√©mun√©ration de tous les PEL. Pour l’instant, la mesure ne touche que les PEL, parce qu’ils sont pr√©tendument d√©tenus par les “riches” (et nous avons dit combien cette affirmation n’√©tait pas document√©e). Politiquement, cette attaque est facile √† faire passer dans une opinion chauff√©e √† blanc par la peur de la crise. Mais n’ayez aucun doute : notre Etat Moloch-Baal a une faim insatiable d’argent pour nourrir ses fonctionnaires ob√®ses. Et il trouvera toujours un bon pr√©texte pour vous piquer vos √©conomies.¬†

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2 commentaires
  1. bonjour
    pourquoi ne pas considérer que ces accords sous le manteau peuvent etre combattus au titre d abus de droit par une action juridique des détenteurs de ces plans ; comment l état et surtout bercy peut légalement remettre en cause les clauses contractuelles signées entre un particulier et sa banque ?

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