2 mars 2021

3 thoughts on “🎖RĂ©forme des retraites : le point sur ce qui risque bien d’exploser Ă  nos figures

  1. La rĂ©forme de la retraite avec la mise en place d’un rĂ©gime commun et une trĂšs longue pĂ©riode de transition nĂ©gociĂ©e pour les nombreux rĂ©gimes de retraite dit spĂ©ciaux revenait Ă  faire financer longtemps les coĂ»teux avantages du secteur public et para public par la caisse Ă  peu prĂšs Ă  l’Ă©quilibre du rĂ©gime gĂ©nĂ©ral (salariĂ©s du privĂ©) et les caisses de retraite complĂ©mentaires des salariĂ©s et des professions libĂ©rales qui disposaient d’une bonne rĂ©serve du fait d’une bonne gestion paritaire.

    Maintenant que la crise fait revoir les grandes ambitions rĂ©formatrices d’un prĂ©sident obsĂ©dĂ© par le rĂŽle de l’Ă©tat et anti libĂ©ral contrairement Ă  ce que disent ses comptenteurs de gauche, voici venu le temps de faire payer la facture par les retraitĂ©s, par le biais d’une dĂ©sindexation gĂ©nĂ©rale des pensions, voir une diminution de celles-ci Ă©voquĂ©e par les plus fanatiques.

    Qu’importent le dĂ©ficit permanent de l’Ă©tat malgrĂ© les taux d’imposition et les taxes sur les classes moyennes sans Ă©quivalent ailleurs, on prĂ©fĂšre taper dans les dĂ©penses de la sĂ©curitĂ© sociale et des caisses de retraite. Peu importe que le dĂ©ficit de la sĂ©curitĂ© sociale soit beau plus limitĂ©, alors que de gros efforts ont Ă©tĂ© fait depuis 20 ans dans ce domaine. Peu importe si le dĂ©ficit actuel du Ă  la chute des cotisations des entreprises du fait du covid 19 va se rĂ©sorber automatiquement quand les activitĂ©s reprendront, alors que le dĂ©ficit de l’Ă©tat continuera Ă  filer aprĂšs. Peu importe si les hĂŽpitaux publics français dont les charges de gestion (frais indirects hors mĂ©dical) reprĂ©sentent le double de la moyenne des hĂŽpitaux europĂ©ens font supporter cette surcharge par la sĂ©curitĂ© sociale. Peu importe Ă©galement que la sĂ©curitĂ© sociale supporte maintenant le coĂ»t de la rĂ©duction des charges sociales, par dĂ©cision du gouvernement suite au passage autoritaire aux 35 heures (lois Aubry 1 et 2). Peu importe enfin que les rĂ©gimes des retraites des salariĂ©s soient considĂ©rĂ©s par les employeurs eux-mĂȘmes comme des complĂ©ments de salaire justifiĂ©s par un niveau des salaires plus faible en France, avec un niveau de productivitĂ© du travail plus Ă©levĂ© par rapport aux autres pays europĂ©ens. De ce fait les entreprises privĂ©es payent volontiers les charges sociales pour les retraites, qui garantissent un diffĂ©rĂ© de salaire pour les salariĂ©s. Les entreprises sont beaucoup plus hostiles aux taxes sur la production fixes qu’elles voudraient voir baisser de maniĂšre plus importante et aux cotisations qui ont pour objet le financement de politiques qui n’ont rien Ă  voir avec les salariĂ©s, comme par exemple le financement des allocations familiales (politique natalitĂ©) qu’ils voudraient voir transfĂ©rĂ©es sur le budget de l’Ă©tat.

    Le prĂ©sident et le gouvernement savent tout cela. Ils savent faire la diffĂ©rence entre l’Ă©tat, la sĂ©curitĂ© sociale et les caisses de retraite. Dignes successeurs des prĂ©sidents et gouvernements prĂ©cĂ©dents, ils savent utiliser la sĂ©curitĂ© sociale pour financer leurs programmes et les dĂ©penses de l’Ă©tat, grĂące au contrĂŽle de son budget par le parlement qui a Ă©tĂ© imposĂ© il y a plus de 20 ans, en asseyant l’Ă©tat sur paritarisme et en l’Ă©crasant sous son poids. Depuis 20 ans les comptes de la sĂ©curitĂ© sociale se sont dĂ©gradĂ©s comme par hasard. Ils feront pareil demain avec les caisses de retraite complĂ©mentaires. En attendant ils vont faire porter l’effort du redressement des finances sur les retraitĂ©s, plutĂŽt que sur le secteur public, qui a la prĂ©fĂ©rence des hauts fonctionnaires qui nous gouvernent.

    A un vieille dame qui l’interrogeait sur sa faible pension de retraite lors d’un dĂ©placement du prĂ©sident dans une ville du nord de la France en 2018, le prĂ©sident avait rĂ©pondu que le fait d’avoir cotisĂ© ne lui donnait pas de droit Ă  la retraite, qu’elle dĂ©pendait de la situation Ă©conomique du pays (confondant au passage droit et soutenabilitĂ©). On a vu depuis qu’aux agents du service public Ă©tait accordĂ© un droit Ă  la retraite supĂ©rieur Ă  celui du privĂ©, sans effort de financement (les cotisations sont trĂšs infĂ©rieures dans le cas des rĂ©gimes spĂ©ciaux, les entreprises publiques abondant ces rĂ©gimes pour des montants Ă©normes avec l’aide de l’Ă©tat, dans le cas des fonctionnaires les retraites sont payĂ©s par l’Ă©tat, hors budget). Et il leur est accordĂ© de plus un rĂ©gime spĂ©cial dans le traitement de la rĂ©forme des retraites, exonĂ©rant les agents du secteur public des efforts et des effets de la convergence sur plusieurs dizaines d’annĂ©es. Tout est dit.

  2. Bravo pour ce résumé exhaustif !
    La GrĂšce est un bon exemple d’inflexion d’un systĂšme Ă  bout de souffle et dont les rĂ©formes Ă  marchĂ© forcĂ©e ont Ă©tĂ© conduites par un gouvernement socialiste, un paradoxe mais demain en France il pourrait bien ĂȘtre conduit par un gouvernement autoritaire et rĂ©pressif.

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