Comment le gouvernement a sinistré pour de nombreuses années le domaine skiable français

Hervé Coulaud revient pour nous sur la fermeture des remontées mécaniques par le gouvernement. Il dénonce les incohérences et les non-dits de cette politique qui devrait sinistrer pour de nombreuses années le domaine skiable français.

Hervé Coulaud

Membre de l'observatoire national des corps intermédiaires

Nos voisins européens, Espagne, Suisse, Italie, Autriche, Roumanie… qui possèdent de grandes stations de sports d’hiver concurrentes aux nôtres ont tous ré-ouvert leurs domaines skiables, avec comble du luxe des remontées mécaniques qui fonctionnent!

Le communiqué du Premier Ministre aujourd’hui est une fois encore un bel exemple de mépris pour les professionnels, d’incompétence et de désinvolture sur la manière de s’adresser à tous les entrepreneurs essentiels à l’économie des communes de montagne.

Mépris gouvernemental pour les stations de ski

Ils disent être aux côtés des acteurs de la montagne or ils oublient de préciser qu’ils en soutiennent seulement une partie.

En termes d’honnêteté et de courage on peut mieux faire, car jusqu’à présent de nombreuses entreprises du secteur, en particulier les villages vacances qui représentent la plus grande capacité d’accueil des stations françaises, n’ont touché aucune aide.

Pourquoi soutenir seulement les remontées et les moniteurs de ski si à côté on laisse couler ceux qui leur apportent la clientèle? Nos dirigeants n’ont aucun bon sens et font preuve d’une méconnaissance des paramètres élémentaires de l’économie locale.
A quoi servent les Préfets, les conseillers de cabinet et ce mille feuille administratif peuplé d’énarques qui regardent le petit peuple de France de toute la hauteur de leur auto-satisfaction suffisante.

Ah si! On a bien compris que la décision de fermer les remontées mécaniques a été prise uniquement parce que c’était là le seul levier que la techno-structure avait en main pour soi-disant entraver l’épidémie, tant le reste lui échappe par nature.
La communication gouvernementale fait le reste pour maintenir le flou.

4 milliards pour les stations de ski, vraiment ?

Revenons au cœur du sujet du jour, sur les 4 milliards annoncés, on peut d’ores et déjà déduire les 2,3 milliards de prêts garantis. Cette mesure coûterait à l’Etat seulement la prise en charge de la garantie des entreprises en cessation ne pouvant assumer les remboursements.


Elles seront d’autant plus limitées que les banques accordent des prêts au compte-goutte en fixant des conditions qui éliminent d’office un grand nombre de prétendants.

L’élargissement du fonds de solidarité aux entreprises réalisant moins d’1 million d’€/mois exclut une fois de plus les principales entreprises hôtelières qui constituent la colonne vertébrale des stations.

Déjà les annonces d’Elisabeth Borne en fin d’année concernant le chômage partiel étaient le summum de l’hypocrisie. Elle jouait la bonne samaritaine aux yeux des saisonniers en demandant aux employeurs de les embaucher pour qu’ils puisse percevoir le chômage partiel.
Elle avait simplement omis de préciser qu’en laissant les congés payés et le 13e mois à la charge des entreprises, elle les empêchait simplement d’avoir recours à ce dispositif.


En effet aucun patron responsable ne voudrait assumer cette dépense du fait de l’absence de chiffre d’affaire, tant le risque est grand de compromettre définitivement l’existence de sa société. Elle laissait de plus, au passage, supposer que nos entreprises ne jouaient pas le jeu, un comble de la mauvaise fois!

Dans le même temps l’annonce d’un plan montagne devant doter la France d’une offre plus plus, serait la meilleure blague du moment si ces gens là ne jouaient pas avec le sort tragique de milliers d’employés et de leur famille.

Qu’ils sauvent par de vraies mesures le secteur de la montagne, pour l’instant sacrifié,  et ce sera déjà pas mal.

Ce gouvernement n’est vraiment pas à la hauteur de la crise car il n’assume pas grand-chose, il manque de courage et renvoie sans arrêt ses erreurs sur les autres.

Le domaine skiable français complètement sinistré

Les professionnels de la montagne, parce que ce sont des gens posés, auraient été les premiers à faire preuve de compréhension en disant qu’ils n’aimeraient pas être à leur place, que le gouvernement subit beaucoup de pression et que la tâche n’est pas facile.
Mais cette place ils l’ont choisi, ils se sont même battus pour l’occuper, en conséquence ils doivent faire le mieux possible et surtout ils doivent aux français beaucoup plus de transparence et d’honnêteté.

En réalité non seulement ils ne sont pas à la hauteur mais encore leurs choix plombent l’économie de montagne, laborieusement construite, sûrement à court termes mais probablement aussi pour des décennies.

Il est probable qu’après avoir été sinistré par des incompétents le domaine skiable français,  dont beaucoup de services ne rouvriront pas après la crise sanitaire, aura du mal à récupérer une clientèle qui aura entre-temps découvert les charmes parfois exotiques de stations étrangères prodiguant un accueil chaleureux afin de pérenniser l’effet d’aubaine que notre premier Ministre leur ont procuré avec ingénuité.

A part ça tout va bien dans le royaume de France.

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5 commentaires
  1. Juste un détail, et si je suis d’accord avec vous pour l’ensemble de ce que vous dîtes, pouvez-vous me dire quel politique voudriez-vous à la tête du pays ????
    A ce jour, les Castex et autres ne sont que les marionettes des ponctionnaires de tous poils !!

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