Soupçons grandissants sur une demande européenne de réformer les retraites en France

La Commission Européenne demande-t-elle à la France de réformer ses retraites en échange des 40 milliards promis au titre du plan de relance négocié en fanfare l'été dernier par Emmanuel Macron ? C'est ce que suggère l'hebdomadaire Marianne. Mais on attend les semaines à venir pour en savoir plus. Une chose est sûre : l'argent du plan ne sera pas débloqué sans une mise sous surveillance des actions menées dans chaque Etat-membre, ce qui est le vrai cadeau empoisonné du dispositif.

Depuis plusieurs mois, nous soutenons que la France (et en particulier Bruno Le Maire) met régulièrement en avant sa réforme des retraites pour plaire à Bruxelles, et plus encore à l’allié allemand. Ce point est d’ordinaire passé sous silence par la presse mainstream, qui a peur de nourrir la méfiance des Français vis-à-vis de l’Europe et de l’Allemagne. Mais les choses changent. 

La réforme des retraites, contrepartie du plan de relance ?

Cette semaine, l’hebdomadaire Marianne suggère que la Commission Européenne exigerait de la France une réforme de ses retraites en échange des 40 milliards du plan de relance. En réalité, aucune preuve n’est donnée à l’appui par l’hebdomadaire, qui fait seulement remarquer que seule l’Allemagne a été, à ce stade, récipiendaire d’une demande formelle de Bruxelles de réformer ses retraites. 

Selon Le Monde, c’est la Hongrie qui, pour l’instant, est la seule à s’être entendue mettre les points sur les “i” par la Commission. La question des marchés publics serait au coeur des débats. 

L’hypothèse lancée par Marianne est toutefois très plausible. 

Une mécanique sous surveillance de la Commission

Dans la pratique, le règlement que la Commission soumet à l’approbation du Parlement européen prévoit un droit de regard constant de la Commission sur les plans nationaux de relance. Chaque année, la Commission fera des observations sur ses plans, qui devront pour un tiers au moins prévoir des investissements écologiques et pour un cinquième des investissements en matière d’innovation, mais qui devront aussi intégrer des réformes structurelles. 

Les contrevenants seront épinglés et leur cas discuté au Conseil Européen. Dans ce dispositif global, la France sera sous la pression de l’Allemagne pour diminuer ses dépenses publiques. 

Conflit en vue entre la Commission et la BCE ?

À fronts renversés, cette doctrine plutôt ordo-libérale de la Commission Européenne vise à neutraliser le levier budgétaire dans la relance, quand la Banque Centrale Européenne mobilise fortement l’outil monétaire pour soutenir celle-ci. 

La logique habituelle voudrait que l’inverse se produise. Un conflit larvé devrait rapidement, dans le cadre des plans de relance, opposer le laxisme de la BCE et le rigorisme de la Commission. Christine Lagarde en a jeté les bases en appelant les Etats membres à augmenter leurs dépenses

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7 commentaires
  1. Les propos de Ch Lagarde sont cohérents avec le discours de Marc Carney (BOE) à Jackson Hole en aout 2019. Ce dernier proposait de pousser le système monétaire actuel jusqu’à ses limitesavant de le remplacer par celui aujourd’hui prévu par le “great reset” Pour cela, le COVID à fourni la cause idéale.
    C’est sûr que orthodoxie allemande est mise à rude épreuve

  2. à chaque fois que je lis “l’UE/Brussels a mis en demeure blablabla” , ça m”agace; c’est bien que notre gouverne-ment veut bien suivre; parce que si la Hongrie peut dire niet, pourquoi pas la France? depuis tout ce temps que V. Orban tient tête à Brussels, la Hongrie fait toujours partie de l’UE; jamais ils n’oseront virer un pays!

  3. LE COVID est bien pratique pour faire des reformes que le peuple ne veut pas et dont les dirigeants politiques prétendants n ont jamais osé etablir..
    Les theoriciens de complot ont de beaux jours devant eux…

    1. Vous avez tout à fait raison, c’est un horrible complot …Quant aux réformes dont le peuple ne veut pas il y a à boire et à manger dans vote affirmation . De quel peuple parlez vous du peuple qui finance le Ponzi des retraites par répartition ou de celui qui en profitent sans contrepartie? Une réforme serait acceptable par tous, virer le monople de la sécu et laisser chacun libre de ses choix, les seuls perdants seraient les idéologues et les syndicats qui se font du gras à travers les mutuelles dont on n’aurait plus besoin . Les retraites peuvent aussi être privatisées, sur la base du volontariat avec l’instauration du salaire complet qui a 2 avantages sur le système actuel : ouvrir les yeux à tous ceux qui n’en ont pas envie sur le coût de nos systèmes sociaux que les pleurnichards gauchistes ne veulent pas voir et surtout responsabiliser les français en leur donnant l’occasion de gérer leur vie comme ils l’entendent et pour une fois à leurs frais

      1. En effet, il faut au minimum (ce que je dis depuis des années, et que j’appliquai envers mes employés) que les salariés soient informé chaque mois de la réalité de leur revenu productif total et de l’octroi ponctionné par le système social étatique. pas avec des tas de lignes absconces et des escroqueries comme la répartition” charges salariales et charges patronales”. Je toujours expliqué que toutes les charges étaient volées sur le revenu productif du salarié, rien sur moi ( j’avais assez de payer les miennes ).
        Pas un de mes employés ne m’a jamais traité de profiteur ou de patron exploiteur, vu que chaque mois ils savaient qui profitait d’eux.
        J’ai quand même remarqué, un peu, que mes collègues employeurs n’étaient pas chaud, pour ne pas dire opposé, à l’information des salariés sur leur productivité et le vol de leur revenu par l’État.
        Cette connivence entre État, patronat et syndicats gauchistes pour produire des bulletins de salaire mensongers et manipulateurs me scandalise depuis trente ans. Ce serait une mesure extrêmement simple d’avoir des bulletins de salaire réellement informatifs, et cela changerait totalement l’état d’esprit des salariés. Mais voilà, des dizaines d’années de combines entre ces trois entités a pourri l’ entreprise et le respect de la création de richesse par le travail.

        1. On peut même trouver des avantages à ne pas avoir à gérer l’escroquerie intellectuelle salaire brut/ salaire net . Les coûts administratifs de cette gestion n’ont aucune raison d’être assumés par les entreprises, leur complexité inutile et l’instabilité fiscale, qui ne trouvent de justification que dans la diarrhée législative indispensable pour justifier le gras du mammouth, font parties de charges les plus inutiles qui soient . On ne peut pas pleurer sans cesse sur le manque de compétitivité des entreprises, le chômage structurel et tous les méfaits dus à l’accumulation des charges diverses et souvent avariées sans toucher aux causes réelles de ces défaillances . Il faudra bien que l’on sorte des visions bisounours si on veut améliorer les choses . Le coût excessif des mesures sociales est en grande partie du à l’ineptie de la gestion économique par l’état de ce qui pourrait dépendre tout simplement du droit des contrats . Il faut être sacrément borné pour croire qu’on peut gagner plus en travaillant moins et il n’est pas admissible que des démagogues clientélistes viennent interférer dans les activités privées en imposant des normes locales alors que la concurrence est devenue mondiale pour beaucoup d’entreprises même non exportatrices (35h par exemple mais pas seulement) . Le seul social qui se justifie vraiment est celui qui reste lorsqu’un pays a atteint le plein emploi et ne doit concerner que les gens qui sont dans l’incapacité de s’assumer seuls pour des raisons indépendantes de leur volonté (maladie ou handicap)

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