Pourquoi les banques centrales déclarent la guerre au bitcoin

Malgré sa forte volatilité, le bitcoin s'est imposé depuis quelques mois comme l'une des valeurs refuge les plus prisées par les épargnants. Depuis cet automne, les banques centrales lui ont déclaré, en le taxant de tous les maux, et singulièrement en soulignant les risques de perte pour les investisseurs. Mais ce concert de reproches contre un placement qui échappe sa nature même à la régulation des banques centrales ne s'explique pas seulement par la protection du petit épargnant. Il dissimule une crainte pour le système financier lui-même.

Le bitcoin a enregistré hier une chute de quatorze points… après en avoir gagné près de 500 en quelques semaines à peine. Le cryptoactif valait environ 10.000$ à la mi-2020, il s’est “dangereusement” approché des 60.000$ en début de semaine. Il en valait 47.000 mardi. Ces mouvements vertigineux nourrissent les premiers feux des banques centrales.

Les banques centrales en guerre contre le bitcoin

On se souvient que Christine Lagarde expliquait début février que le bitcoin n’était pas une monnaie. Elle a menacé de “réguler” le bitcoin (mais on se demande toujours comment, puisque le bitcoin est décentralisé et n’obéit à aucune autorité…), en prononçant les mots magiques : blanchiment d’argent sale

Est-ce vraiment pour éviter des pertes aux petits épargnants et pour éviter le financement de la mafia que la BCE veut mettre de l’ordre dans le bitcoin ? Naïvement, on peut le croire, mais l’ancienne présidente de la Réserve Fédérale Janet Yellen, devenue Secrétaire au Trésor de Biden, vient de donner au New York Times la vraie raison de ce combat : ” I do worry about potential losses that investors in it could suffer.” 

La crainte d’une perte pour les investisseurs…

Les investisseurs institutionnels ont fait flamber les cours depuis août 2020

Si les cours du bitcoin ont flambé à l’automne, ce n’est pas seulement par l’intervention du Saint-Esprit des monnaies. C’est d’abord et avant tout parce qu’il est devenu une valeur refuge pour les investisseurs institutionnels. Pour la seule première semaine du mois de décembre 2020, les analystes estiment que les investisseurs ont acheté pour près de 450 millions $ d’actifs cryptographiques

Le seul fonds Grayscale aurait acheté pour 4,3 milliards $ de cryptomonnaies en 2020. Et la tendance devrait se poursuivre en 2021. 

Les banques centrales ne pourront rien contre ce mouvement

On comprend bien l’aversion des banques centrales pour ce mouvement qui pousse les marchés à placer leurs liquidités sur des actifs qu’elles ne possèdent pas. D’une certaine façon, le bitcoin est devenu une valeur d’éviction qui menace désormais les grands équilibres systémiques. 

Il n’en reste pas moins que la flambée du bitcoin, parce qu’elle est due aux investisseurs institutionnels qui ne peuvent se permettre d’encaisser de lourdes pertes, est moins fragile qu’on ne le pense. Elle est spéculative, mais le cliquet s’est désormais refermé sur les spéculateurs qui ne peuvent plus se permettre de laisser les cours retomber massivement. 

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6 commentaires
  1. Depuis le temps que les banques centrales manipulent les cours par des interventions aussi stupides que contre- productives pour “sauver” des états surendettés et mettre sous perfusion des zombies qui auraient dus disparaitre, quoi de plus naturel que de se rabattre sur une “monnaie” qui échappe à leur contrôle, d’autant que contrairement à l’or le bitcoin est à l’abri des rapacités étatiques . Quelle est la vraie valeur de l’euro ou de n’importe quelle monnaie fiat aujourd’hui? bien malin qui peut répondre avec certitude . Combien d’actifs pourris dans le bilan des banques centrales, de dettes d’états irremboursables sans la planche à billet . Combien de banques respectent des ratios d’endettement acceptables . Que Lagarde, Draghi et les autres ne viennent pas pleurnicher sur les conséquences de leurs mauvais choix, et cessent de faire semblant de découvrir que leurs attaques à travers les taux 0 ou négatifs soient en train de détruire la confiance . Sans confiance une monnaie ne vaut rien

  2. « contrairement à l’or le bitcoin est à l’abri des rapacités étatiques » : assertion qui mériterait quelques arguments.

    Si les banques centrales se souciaient des particuliers, elles ne manipuleraient pas les taux d’intérêt à la baisse.

      1. Laisses Simone tranquille , elle a quatre vingt dix ans! Tu vas pas lui faire prendre un coup de covid ?
        Je te propose plutôt: ” Malika, la porte est ouverte…”
        Bon! C’est sûr, que c’est un peu plus risqué, mais pas par covid.

        C’est pareil pour : “En voiture Simone…” , aujourd’hui c’est plus : ” En Mercedes Malika…”

        Allo ! Police Woke ???

  3. Nous venons juste de voir comment les gros “protègent” les petits avec l’affaire Robinhood/Gamestop, ils les boutent hors de “leur” marché, parce que… parce que… c’est comme ça et pas autrement, na !

    De fait, parce que ces gens, qui s’amusent à traficoter les cours à longueur de siècle n’ont pas supporté de se faire éjecter avec (grosses) pertes de leurs petites magouilles entre amis – il ne faut pas non plus être candide, certains des petits porteurs étaient sans doute des gros avec quelques faux-nez qui ont sauté dans le train en marche, mais je doute que nous ayons un quelconque éclairage là-dessus.

    Ça reste, malgré tout, un mouvement intéressant qui prouve, malgré quelques zones d’ombre, que la coalition des petits peut faire très mal aux bandits institutionnels et quelque part, ça remet les pendules à l’heure.
    Notons que cette affaire est très loin d’être terminée, car au pays de la liberté capitalistique, les suites légales vont être monstrueusement onéreuses, surtout en dommages punitifs.
    Donc, si de plus en plus de gens se groupent et le font même au niveau international (trivial avec l’Internet), il va y avoir à rire pour nous et à pleurer pour ceux qui verrons leur pognon (factice, puisque ne venant que de la planche à billets dans le seul but qu’ils puissent continuer à faire joujou avec) s’évaporer comme éther au soleil.

    En con-séquence, tout ce que peut dire l’incom-pétente de la bce qui, selon des bruits de couloir insistants, n’a aucun pouvoir autre que de contre-signer la paperasse qu’on lui impose, est bien peu, car ça n’est certainement pas ses couinements qui changeront la face du monde et même pas celle de l’europe – parce que, même si les monnaies virtuelles ne paraîssent pas reliées à la spéculation, elles le sont de fait, tant en qualité de bien spéculé qu’en tant qu’outil de spéculation.

    Pour la monnaie virtuelle, je reste beaucoup plus réservé, d’abord, l’australien qui a clamé être le fameux Sathoshi Moapadzuh n’en a pas l’envergure, ensuite, le bitcoin était déjà beaucoup trop abouti lorsqu’il a montré le bout de son nez pour ne pas avoir bénéficié d’une grosse équipe de développement – ce qui veut dire qu’il a été préparé, puis introduit dans un but précis, et personne ne m’enlèvera de l’idée qu’il a été introduit dans le but de jouer plusieurs rôles :
    1)- prouver qu’il était possible de créer une monnaie intégralement virtuelle intégrant un traçage inviolable,
    2)-prouver que correctement écrit, ce type de monnaie n’est pas hackable autrement que par des moyens standards (le vol, mais de données cette fois-ci), tout du moins à cette heure,
    3)-fournir un galop d’essai impeccable doublé d’un thermomètre à “certaines personnes” dans l’optique de suivi d’un plan dont on retrouve certains détails dans les protocoles des sales de Sion, un peu trop vite évacués pour ne pas porter une certaine vérité, plan qui consiste à terme à nous enlever le cash afin de pouvoir nous contrôler de A à Z en étant à même de couper tout accès à son argent à n’importe qui d’un seul clic de souris.

    Je ne vois donc aucune raison pour que les banques grouinent comme des cochons qu’on égorgent, à moins qu’il n’y ait un point #4 qui ajoute leur éradication dans le plan, ce qui est tout à fait possible, “certains” étant prêts à perdre une bonne partie de leurs colossaux avoirs (dont pas mal de banques) rien que pour avoir barre sur nous et parvenir à achever le plan de leurs ancêtres, seul le but comptant – un genre de remake de la nomenklatura de l’URSS en quelque sorte, mais avec moins de liberté et plus de répression, ces gens ayant peu d’imagination, pas tellement d’intelligence et ne jouissant que du malheur des autres.

    Ce qu’ils oublient, c’est que nécessité faisant loi, l’Homme a toujours trouvé des exutoires, quelque fois surprenants, quand on restreignait ses libertés, on pense au troc de services, aux faux papiers, à la fausse monnaie, etc.
    Donc, Mouët-Hennessy.

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