L’application anti-COVID sera obligatoire dans les bars et les restaurants

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Une loi sécuritaire liberticide est en préparation en France, mais la crise du COVID permet de ne pas en parler et de ne surtout pas évoquer son contenu réel. Dans la pratique, cette proposition de loi émanant du groupe La République En Marche permet à de nombreux députés d’autres groupes d’abonder dans le sens d’une utilisation toujours plus liberticide des moyens numériques et informatiques disponibles. A l’issue de cette loi, la reconnaissance faciale en temps réel devrait devenir possible… comme en Chine, ouvrant la voie aux pires dérives imaginables. Parallèlement, la surveillance de la population par drone devrait se développer. Ce scénario rejoint curieusement les propositions du forum de Davos pour un « grand reset technologique » permettant d’exploiter les technologies dernier cri pour mieux surveiller les populations.

Issue notamment des travaux du députés Fauvergue, ancien patron du RAID, la loi de sécurité globale, actuellement en discussion à l’Assemblée Nationale rejoint curieusement des préoccupations déjà exprimées par le World Economic Forum de Davos, dans le cadre de son « Great Reset » (Grande Table Rase) proposée par son fondateur Klaus Schwab. On trouvera notamment dans l’ouvrage de celui-ci une promotion de la reconnaissance faciale (nous citons l’extrait utile de son livre ci-dessous, en anglais), présentée comme un outil de lutte contre le coronavirus. Dans le cas de la loi de sécurité globale, la proposition est plus largement sécuritaire, mais elle inspire de la même vision sociétale : utilisons les derniers moyens technologiques pour promouvoir le contrôle social.

Le Reset technologique français à l’oeuvre

Il aura donc fallu une pandémie pour que soit préparée dans l’indifférence générale une loi qui permettra un grand bond en avant technologique, digne du Grand Reset de Klaus Schwab. On notera par exemple que la proposition de loi, dans son article 22, autorisera la surveillance des rues par des drones équipés de caméras à reconnaissance faciale permettant l’identification des personnes en temps réels.

Vous avez bien lu. Ce texte n’est pas de la science-fiction. Il autorisera, dès sa promulgation, la police à identifier qui marche dans les rues. Bien entendu, tout cela est fait pour « protéger les manifestations » ou « lutter contre le terrorisme », mais on comprendra bien que personne ne s’occupera de savoir si l’identification générale et numérique des manifestants est faite au nom de leur protection, ou au nom de la protection de l’Etat. Dans la pratique, un drone passant au-dessus d’une manifestation permettra de nourrir, en temps réel, une vaste base de données recensant les citoyens disciplinés et les citoyens indisciplinés.

Et en cas de problème, on expliquera simplement qu’il s’agissait de lutter contre le COVID : on vérifie où se trouve le virus…

La France n’est donc pas très en avance sur les sujets technologiques en général, mais dans le domaine de la police et de la surveillance, elle n’a pas grand chose à envier aux autres.

As the last few pages have exposed beyond a reasonable doubt, the pandemic could open an era of active health surveillance made possible by location-detecting smartphones, facial-recognition cameras and other technologies that identify sources of infection and track the spread of a disease in quasi real time.

Klaus Schwab, Great Reset, p. 127

La stratégie sécuritaire bat son plein

Comme on le voit, derrière la communication fumeuse sur le coronavirus, se cache une véritable logique de réforme expéditive, qui aspire d’ailleurs à procéder par ordonnance et non par texte directement discuté à l’Assemblée. D’où une infinité de discussions sur la confiscation que le gouvernement entend promouvoir sur l’élaboration de textes d’application qui seront tous plus cruciaux les uns que les autres.

Une fois de plus, le gouvernement profond est à l’oeuvre, qui prend en charge les réformes vraiment importantes pendant que des os à ronger du genre confinement ou lutte contre les séparatismes sont livrés à l’opinion pour faire diversion.

Grand Reset et contrôle social

Ce n’est probablement pas un hasard complet si le groupe En Marche se mobilise pour faire passer, ni vu ni connu, un texte qui est bien plus liberticide et problématique que tous les autres textes connus jusqu’ici dans le domaine de la sécurité. Même après les attentats de Charlie Hebdo, qui ont débouché sur une loi autorisant les services secrets à fouiller pratiquement sans contrôle judiciaire dans les communications téléphoniques de Monsieur et Madame Tout le Monde, personne n’avait osé introduire la surveillance ordinaire des citoyens avec une reconnaissance faciale des images traitée en temps réel. Il est vrai qu’à l’époque la technologie n’était pas forcément au point.

Désormais, elle l’est. Et elle devrait permettre de surveiller efficacement la totalité de la population… à l’abri des regards. Bien entendu, vous ne trouverez pas tout de suite, au commissariat de Brive-la-Gaillarde ou d’Aurillac, un bureau dédié à la surveillance des gens honnêtes. Cette fonction continuera à se dérouler dans l’ombre. Mais elle aura bien lieu, et elle permettra d’industrialiser le fichage politique et sociétal des citoyens.

« Art. L. 242‑3. – Le public est informé par tout moyen approprié de la mise en œuvre de dispositifs aéroportés de captation d’images et de l’autorité responsable, sauf lorsque les circonstances l’interdisent ou que cette information entrerait en contradiction avec les objectifs poursuivis.   

Article 21 de la loi de sécurité globale

Le drone, un sujet du Grand Reset

Si nous n’affirmons pas que la loi proposée par le groupe LREM est directement inspirée par les conclusions du « Great Reset » de Davos (et plus encore par l’ouvrage « La quatrième révolution industrielle » de Klaus Schwab), on est néanmoins troublé par la similitude des thématiques.

On a retenu en tout cas, que, durant le premier confinement, de nombreux Français ont eu la surprise de voir des drones très insistants surveiller leur jardin ou leur résidence secondaire, à la recherche d’une infraction en matière de confinement. On retient aujourd’hui que l’utilisation de drones équipés de caméras doit être autorisée  par une loi qui sera déclinée en ordonnances à la main du gouvernement. Cette loi prévoit une liste de situations où la surveillance est autorisée. Elle est suffisamment large pour filmer une bonne partie de la population dans sa vie quotidienne.

Certes, nous n’en sommes pas à l’objectif chinois de filmer toute la population pour distribuer des bons points et des mauvais points à chacun. Mais le doigt, et même la main, et même l’avant-bras, sont désormais dans l’engrenage, sans qu’un débat démocratique ne soit prévu. Et sans que cette information ne soit clairement portée à la connaissance du public.

La loi elle-même telle que nous la citons prévoit un cas très large de maintien du secret sur ces opérations de police lorsqu’elles ont lieu.

Great Reset à bas bruit

Sans le dire, sans en débattre, sans l’expliquer, et même en le niant, la France est donc entrée bien avant ses concurrents, à de nombreux égards, sur les rails du Great Reset que Davos évoquait. C’est à la fois un objet de désolation et de consolation.

Consolation, parce que toutes les apparences indiquent que notre pays est dépassé, en déclin, certains diront en voie de tiers-mondisation. Et là, nous avons des preuves éclatantes données à son dynamisme : avant les autres, nous entrons dans une univers de la performance en matière de surveillance des individus.

Désolation, parce que, jour après jour, nos bonnes vieilles libertés qui prospéraient sur notre joyeux bordel, se meurent et cèdent la place à une société de la surveillance de masse qui am is à son service tous les moyens technologiques pour apprivoiser et soumettre ce que notre culture comptait de meilleur. On peut appeler cela le Great Reset à bas bruit.


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