L’inflation est-elle vraiment pour demain ?

La Fed a annoncé qu’elle ne craignait pas le retour de l’inflation et que la création monétaire durerait jusqu’en 2024. Est-ce possible ?

Il faut retenir trois choses des annonces d’hier de la Banque centrale américaine :

 

  • Le rebond de l’économie américaine sera plus fort que prévu 6,5% en 2021 (contre 4,2% prévu fin 2020)
  • La chute du chômage qui devrait être à 4,5% en fin d’année (contre 5% prévu fin 2020)
  • Pas d’inflation donc politique monétaire laxiste garantie jusqu’en … 2024

 

Sur les marchés financiers, les intervenants semblent avoir traduit cela par « quoiqu’il arrive sur le front de l’inflation la Fed ne se battra pas ». Du coup, l’or s’est agité et a progressé de 1% dans la foulée des annonces.

 

Évolution du cours de l’once d’or en $ depuis 2008

Source https://or.fr/cours/or/usd

 

L’or – dont le cours a doublé depuis 2008 -entamait une consolidation depuis août 2021.

 

Depuis que la grande expérience monétaire du XXIème siècle a commencé en 2008 avec les rachats de dettes publiques puis privées par les banques centrales, l’inflation – définie comme la hausse d’un panier de produits et services courants choisis par l’administration – est annoncée par quelques-uns mais jamais arrivée jusqu’à présent.

 

Les tenants de la monnaie honnête ressemblent aux guetteurs du « Désert des tartares » : leurs yeux sont grillés par le soleil du désert et nul nuage de sable n’annonce la grande invasion de l’inflation. Ces mêmes tenants de la monnaie honnête considèrent que l’or reste jusqu’à nouvel ordre le flic des monnaie. S’il s’agite, c’est suspect. S’il s’endort tout va bien. Contentons-nous de noter que le flic n’est pas en alerte rouge.

 

La monnaie hélicoptère pourrait-elle être sans conséquences ?

 

Jusqu’à présent l’inflation a touché l’immobilier et les actifs financiers car la création monétaire se déversait au travers des banques.

La monnaie hélicoptère de Trump puis de Biden est supposée changer la donne. Ceux qui reçoivent des chèques vont les dépenser dans des biens de consommation usuels, pense-t-on.

Mais des sondages ont révélé que beaucoup d’Américains iraient spéculer sur les marchés actions avec leur pécule tombé du ciel. Et puis beaucoup de biens de consommation usuels sont importés, notamment d’Asie.

 

Est-il possible que la tendance entamée depuis treize ans se poursuive sans plus ?

 

Qui a besoin d’inflation ?

 

Une autre façon de voir les chose consiste à se demander à qui profite le crime de l’inflation non combattue ?

 

Les gouvernements surendettés souhaitent de l’inflation afin de pouvoir ronger leurs dettes. Rappelons qu’il y a trois façons de supprimer les dettes :

 

  1. Le défaut et donc l’austérité qui s’ensuit nécessairement puisqu’il faut réapprendre à vivre avec le seul argent qu’on a
  2. L’inflation qui est un impôt arbitraire prélevé sur tout le monde et qui permet à l’appareil étatique de continuer à vivre avec l’argent des autres
  3. La guerre qui permet d’occire ses débiteurs en occupant le bon peuple

 

La seule façon honnête est la 1 mais la politique n’est pas un métier honnête. C’est une activité parasitaire qui consiste à distribuer par clientélisme de l’argent qu’on n’a pas et qu’on prend par la contrainte. D’où les méthodes de gangsters (2) ou de tueurs (3).

 

Inutile de s’user à prévoir le moment exact de l’arrivée de l’inflation.

D‘ailleurs, les amateurs de prévisions devraient méditer les résultats de la Fed. Croissance : 6,5% au lieu de 4,2%, ça vous fait du 57% d’erreur avec des armées de gratte-papier, statisticiens, sondeurs, etc. entretenus par les contribuables américains. Pas brillant. Ne jamais oublier que l’économie est la résultante de milliards de décisions individuelles. Les individus réagissent avec leurs propres expériences, connaissances, environnement, bref, leurs personnalités. Nous ne sommes pas des petits Playmobils manipulables indéfiniment et sans états d’âme.

 

À mon sens, l’arrivée de l’inflation proviendra de la perte de confiance du public. Le déclencheur sera donc purement psychologique. Ce sera peut-être demain ou en 2024, peu importe. La défiance populaire entraînera le rejet de la monnaie et une crise monétaire généralisée sera la dernière étape.

 

L’arrivée de l’inflation signifiera le début de la crise monétaire finale. C’est au dernier point qu’il faut se préparer mais maintenant et pas pour 2024.

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