Accélération de la décroissance en avril

Accélération de la décroissance en avril


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Après un mois de mars à -4% par rapport au niveau d’avant-crise, avril devrait être pire, selon la Banque de France. Ces chiffres tombent au moment où Bruno Le Maire défend face à la Commission européenne que le redressement des comptes publics s’appuiera sur la croissance. Il ne manque plus qu’une petite étincelle des Piketty et autres atterrants économistes pour mettre le feu aux finances publiques. Les économistes de la Banque de France se sont penchés sur les hoquets de la machine économique française. Bilan : en mars 2021, le régime est inférieur à 4% à celui qui prévalait avant-crise ; en avril 2021, la chute devrait être de 7% par rapport à u mois d’avril d’avant-crise. Ces chiffres ne doivent pas étonner puisque nous sommes sujets à un reconfinement « mou » avec des enfants déscolarisés puis en congés. Pour la plupart des télétravailleurs la présence enfantine n’est pas un facteur de productivité. Ce n’est pas un scoop.

Une chute de 7% mensuelle correspond à une baisse de 13 milliards, indique Les Echos. Mais rassurent les économistes de la Banque de France, la perte de produit intérieur brut (PIB) serait en avril « quatre à cinq fois moins importante que lors du premier confinement d’avril 2020 » (source). Donc «  y a eu pire ! » pourrait-on dire.

Ces estimations sont le fruit d’une enquête menée auprès de 8 500 chefs d’entreprises. Les secteurs industriels qui ont le plus souffert sont l’aéronautique et les transports ainsi que l’automobile qui tournent à 80%. Dans les services, c’est la déroute pour la restauration, l’hébergement et même la réparation automobile.

Les écolo-pastèques, grands prêtres de la décroissance devraient être ravis. Mais cela va compliquer la tâche de Bruno Le Maire qui doit défendre son dossier du redressement des comptes publics face à la Commission européenne.

0 économie budgétaire,= 0 tracas

La trajectoire des finances publiques jusqu’en 2027 est trompeusement baptisée « programme de stabilité ».

En réalité, stabilité signifie « constance de la dérive » comme le montre ce titre du Monde qui nous dit que « les dépenses publiques progresseront deux fois moins vite ». Donc les dépenses progressent. Moins je creuse plus vite, plus je creuse moins vite, mais je creuse le trou quand-même…

Le titre des Échos, en revanche, est beaucoup plus flatteur et ferait croire au lecteur superficiel que tout ira pour le mieux dans le meilleur des mondes possibles.

La dépense publique est « comprimée », nous repassons sous la barre fatidique des 3% de déficit rapporté au PIB en 2027 et tout ceci grâce à une croissance retrouvée de 4% dès 2022.

En réalité, la dépense publique augmente toujours. Elle n’est « comprimée » que par rapport à la taille de l’économie, qui est supposée gonfler grâce à des taux de croissance largement surestimés.

Reste à savoir si la Commission européenne sera dupe. Même si la présidente Ursula von der Leyen semble habituée à avaler des couleuvres sur canapé, il y a des limites.

Cela fait plus de douze ans que la France soumet des chiffres qui prévoient une maîtrise budgétaire des dépenses publiques sans aucun effort de réduction (dans l’absolu) desdites dépenses et enfile comme des perles des prévisions de croissance sans cesse démenties.

La cruelle vérité est que le secteur privé est désormais minoritaire dans notre pays ; la croissance rentable ne venant que du secteur privé on voit mal comment stabiliser les pertes. Imaginez que vous ayez un groupe avec deux sociétés. Le chiffre d’affaires de la société A ne cesse de grossir mais elle perd de l’argent. Elle se finance en prélevant sur les profits de la société B dont le chiffre d’affaires ne cesse de diminuer. Vous voyez certainement le problème que Bruno Le Maire feint de ne pas voir…

Bref, la situation est tendue est ce n’est pas en changeant l’ENA en Institut du Service que le cours des choses s’améliorera et que l’État choisira une cure d’amaigrissement.

Le téléthon de l’Agence France Trésor torpillé par Piketty

Parmi les énarques, signalons la crème de la crème, ceux de l’Agence France Trésor chargés de fourguer sur les marchés la dette française. Il faut désormais en placer à tour de bras pour payer les fantaisies du « quoi qu’il en coûte ».

Petit détail, la Banque centrale européenne est certes censée racheter toutes les créances pourries mais seulement sur le marché le marché secondaire(le marché de l’occasion) et non au moment de l’émission des titres sur le marché primaire. On a ses coquetteries même dans la cavalerie la plus effrénée. D’où le jeu de jambe délicat de nos inspecteurs des finances de l’Agence France Trésor pour trouver des pigeons porteurs (autres que les banques et les assureurs pour le compte des souscripteurs d’assurance-vie).

Dans ce contexte les délires à la Piketty annonçant que la France pourrait ne pas honorer sa signature sont dissuasifs vis à vis des acheteurs potentiels. Du coup, Christine Lagarde est obligée de monter au créneau pour démentir.

Tous ces imbroglios de croissance négative, de dépenses publiques comprimées mais en croissance positive ne doivent pas nous égarer. Les finances publiques françaises sont hors de contrôle. Une crise budgétaire et monétaire couve. Les crises financière de 2008 et sanitaire de 2020 seront en regard de la petite bière. Il n’y a que deux issues possibles : le défaut et l’hyperinflation, l’une n’excluant pas l’autre.


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