Annalena Baerbock, cette femme politique écologiste qui pourrait bien succéder à Angela Merkel

Leaders of Germany's Green Party Robert Habeck and Annalena Baerbock are seen during the delegates' conference in Bielefeld, Germany November 16, 2019. REUTERS/Leon Kuegeler - RC2BCD91ZT0G

François Stecher nous livre aujourd'hui le troisième et dernier volet de son analyse consacrée au crépuscule d'Angela Merkel. Les élections législatives de septembre 2021 devraient conduire à une lourde défaite pour la CDU, le parti de Madame Merkel, qui passera sans doute au-dessous des 25%. Il se pourrait même que les Verts arrivent en tête. Et dans ce cas, nous aurions une femme, Annalena Baerbock, pour succéder à Angela Merkel. Tout porte à croire qu'une défaite de la CDU est l'option préférée d'Angela Merkel, qui se sent idéologiqument plus proche des Verts que de la droite allemande qu'elle était censée représentée et défendre.  

François Stecher

Auteur

Troisième et dernière partie :

(Première partie : Merkel- Le crépuscule, vraiment?

et deuxième partie: Comment Angela Merkel veut abolir le fédéralisme allemand avant de quitter la Chancellerie)

Les élections législatives du 26 septembre 2021: pronostic

Les élections générales de septembre prochain s’annoncent ainsi très ouvertes et palpitantes. La tendance générale, pour l’Allemagne entière, confirmée par les dernières élections régionales au-delà des particularités locales – présence d’un poids lourd politique, comme Malu Dreyer, SPD, en Rhénanie-Palatinat, ayant permis d’enrayer ou masquer un reflux – montre une chute rapide de l’Union, désormais passée sous la barre des 30%, des Verts en lente mais régulière progression, au-dessus de 20%, une SPD à 15%, tendance à l’érosion, l’AfD et la FDP légèrement au-dessus de 10% et Die Linke légèrement au-dessous. Comme l’ont montré les élections régionales au Baden-Württemberg et en Rhénanie-Palatinat, il est très vraisemblable que nombre d’électeurs désemparés se réfugient dans l’abstention, tout au moins dans les anciens Länder (ceux de l’Ouest). À l’Est, on peut prévoir une poussée forte, voire très forte de l’AfD, sans conséquences au niveau national, mais susceptible de fortement gêner localement les coalitions qui dirigent les Länder de la Mitteldeutschland  comme on appelle encore l’ancienne RDA (le 6 juin, on votera pour le Landtag de Saxe-Anhalt, et le 26 septembre, en même temps que l’élection au Bundestag, on votera également pour le Landtag de Thuringe). 

Une Chancelière issue des Verts? 

La première conclusion que l’on peut d’ores et déjà tirer, c’est qu’il n’y a pas d’alternative aujourd’hui à une coalition Schwarz-Grün (Noir = couleur de l’Union, Vert = couleur de Bündnis90-Die Grünen), qui semble assurée d’obtenir la majorité absolue. La SPD est désormais trop faible pour apporter comme partenaire junior de coalition une majorité absolue à une CDU sur le déclin ou à des écologistes encore en pleine ascension. Si la CDU et son annexe bavaroise de la CSU virent en tête au soir du 26 septembre, ce sera donc cette configuration qui s’imposera. Mais les choses prendraient une tournure intéressante, et cela donne déjà des sueurs froides aux barons de l’Union – cela inclut Söder, évidemment – si les Verts parvenaient à se hisser à la première place au soir de l’élection. Dans cette configuration, c’est très vraisemblablement Annalena Baerbock – nous y reviendrons – qui recueillera l’héritage de Merkel (les Verts vont décider très prochainement de leur tête de liste).

Si les coalitions à deux sont largement préférées en raison de leur stabilité plus grande, rien n’interdirait à la nouvelle chancelière de rechercher un accord de coalition avec la SPD, qui serait trop contente de rester aux affaires pour y poursuivre son agonie, et un troisième partenaire à choisir entre la FDP (« Ampelkoalition », en réalité peu probable, les positions de la FDP de Lindner sur les questions sociales et fiscales étant peu compatibles avec le programme de la SPD) et Die Linke. Dans cette dernière configuration, on verrait apparaître au niveau fédéral une constellation qui exerce déjà en Thuringe et dans les villes-États de Berlin et de Brème. Ceci serait évidemment l‘équivalent d’un Waterloo pour la CDU, qui aurait alors bien du mal à s’en remettre – et l’occasion d’un grand éclat de rire à la chancellerie, lors de la passation de pouvoir entre deux femmes que tout rapproche. Voir Laschet ou surtout Söder, l’intrigant opportuniste prendre le strapontin de vice-chancelier après tant d’efforts et de luttes vaines serait une gourmandise d’un raffinement exquis pour Angela.

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11 Commentaires

    • Ça alors! Il y en a qui osent! Le problème n’est pas d’être dirigé par une ou des femmes. C’est plutôt : comment se fait il que des femmes aient envie de diriger!

      • Je me doutais que je provoquerais ce genre de réactions.

        J’arrête la provocation et je précise ma pensée (qui n’est, en réalité, pas très différente de ma provocation initiale !).

        Qu’il y ait des femmes dirigeantes n’a rien qui me choque. J’admire Elizabeth 1ère et Anne d’Autriche, un peu Margaret Thatcher, et pas du tout Catherine de Médicis. Mais elles doivent rester des exceptions.

        Que les femmes envahissent les professions d’autorité (politiques, juges, enseignants, médecins) est bien à mes yeux un signe de décadence. Pour la raison qui transparaît dans votre propre commentaire : les femmes prennent les places laissées libres par la fuite des hommes devant leurs responsabilités.

        La nature sociale se venge : toutes les professions d’autorité qui ont été féminisées ont aussi été dévalorisées (sauf la médecine, mais c’est la dévalorisation est en cours). Je ne sais, de la poule ou de l’oeuf, qui a commencé.

        Il ne reste plus, comme bastions masculins, que banquier, pilote de F1 et curé (l’Eglise de Rome étant vulnérable à toutes les conneries à la mode, ça ne va peut-être pas durer).

        Comme je dis souvent, la féminisation à outrance est le signe d’un suicide civilisationnel.

        Vu la démographie, une des sorties possibles est l’islamisation, dont le féminisme est bien connu. C’est peu dire que je ne la souhaite pas.

        • Ce n’est donc pas de féminisation dont il s’agit mais de dévirilisation !

          La Nature a horreur du vide ! Donc après tout est permis, même « la prise » du pouvoir par des femmes qui, tout comme les hommes, seront confrontées à la réalité selon « le principe de Peter » !

    • Desolě mais Thatcher a été le leader politique le meilleur du monde occidental depuis lla fin de la guerre. Le problème c’est quand on met des des femmes non pas parce qu’elles sont compétentes, mais parce que ce sont des femmes. Les exemples pullulent (Bc anqu e Centrake Européenne, Comission Européenne…).
      Quant à Merkel elle représente une forme de gauchisme qui s’est developpé sur la base d’une trahison complète de son camp et certaines de ses grandes décisions (centrales nucléaires, migrants, abandon des principes de rigueur de gestion de la zone Euro,…) ont considérablement affaibli l’Allemagne et L’Europe. Son bilan est désastreux et l’arrivée des verts comme dirgeants ne sera que la confirmation de son échec.

    • Le probleme n est pas le fait d etre diriges par une femme ou par un homme. Le fait est qu il faudrait etre dirige par quelqu un qui aime les gens. Or les politiques sont profondement amoureux des ponctionnaires or les ponctionnaires font crever les peuples et en particuliers les francais

  1. Lu sur Wikipedia : Annalena Baerbock s’oppose à la construction du gazoduc Nord Stream 2 reliant l’Allemagne à la Russie, estimant que « seul le système Poutine en profiterait » et qu’il « décrédibiliserait la politique extérieure de l’Allemagne », le gouvernement a américain étant opposé au projet… Cela dit déjà quelque chose de significatif sur une éventuelle politique étrangère allemande.

    • Approfondissez vos recherches et vous comprendrez pourquoi.
      Elle fait partie du SYSTEME ! , Elle y est à fond faisant partie des « young global leaders » invités à DAVOS par qui vous savez.
      Elle sera encore plus à la botte de la finance internationale et se remplira les poches en voulant « le meilleur des mondes » pour notre plus grand bien !

    • Pour elle c’est fait puisque faisant partie des « young global leaders »elle fait automatiquement partie de la bande des Capitalistes Mondialistes associés aux Capitalistes Communistes !
      Le prochain empire sera dirigé par le « GRAND PARTI UNIFIE CAPITALISTE MONDIALISTE COMMUNISTE INTERNATIONALISTE ».
      C’est ce que MICRONCESCU appelle LA REVOLUTION EN MARCHE ! (LREM)

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