Réseaux sociaux : 3 millions d’euros pour espionner les Français

2,820 millions d’euros, c’est le budget alloué à trois entreprises par le Gouvernement pour vous espionner sur les réseaux sociaux avec vos impôts.

En épluchant le Bulletin Officiel des Annonces des Marchés Public – BOAMP.fr (on s’amuse comme on peut), la rédaction du Courrier des Stratèges a découvert l’annonce n°21-47280 « Outils de Social listening » publié le 13 avril dernier émise par le « Service d’information du gouvernement ».

« L’accord cadre a pour objet la fourniture d’outils de social listening et de mesure d’impact sur les réseaux sociaux pour permettre au Gouvernement de détecter, analyser et mesurer les préoccupations et attentes des internautes vis-à-vis de son action et particulier et de l’actualité en général. Il s’agit d’un marché passé sous le mandat de la Direction des Achats de l’Etat (DAE) pour les besoins de l’ensemble des ministères. »

L’objet de ce marché est très clairement décrit dans l’annonce. Il s’agit de mettre en place une « veille en temps réel des espaces d’expression en ligne ». L’outil doit permettre de mesurer l’« impact des contenus publics » et l’« audience et [l’] influence des acteurs » (…) « hébergés sur les espaces d’expression en ligne ». On ne peut faire plus explicite.

Cette mise sous surveillance des réseaux sociaux par l’État a été attribuée à trois entreprises le 26 mars 2021 :

  1. Une société irlandaise NEWSWHIP MEDIA LTD;
  2. Une société française VISIBRAIN;
  3. Une société luxembourgeoise TALKWALKER SARL.

A quoi peut bien servir cet outil de contrôle de la liberté d’expression à quelques mois du début de la campagne pour l’élection présidentielle… ?

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7 Commentaires

  1. Peut bien mettre en place tout ce qu’il veut ça ne changera rien, pour le foutre dehors je voterai même pour une chèvre s’il passe au second tour . Il aurait du m’appeler, on aurait fait des économies d’argent public .

  2. Ils ne viennent que s’autoriser à s’autoriser de faire ce qu’ils font depuis déjà bien longtemps.
    Bon, on est prévenus, un coup d’Etat ne pourra se faire via les réseaux sociaux.
    Alors en attendant l’hypothétique coup d’Etat, peut être qu’un désespéré ira filer le coup de grâce à Jupiter.

  3. Ils continueront tant qu’on continuera de parler au lieu d’agir TOUS UNIS !
    Sans l’union de tous les contestataires « révoltés » il n’y aura point de salut !
    L’union fait la force !
    Mais dans ce pays éclaté, du chacun pour soi, du vedettariat égocentrique, cette union est-elle possible ?
    J’ai de forts doutes !

    “Voilà comment une civilisation meurt, sans tracas, sans dangers ni sans drames et avec très peu de carnage, une civilisation meurt juste par lassitude, par dégoût d’elle-même.“
    Michel Houellebecq, Sérotonine.

  4. Patience, de la même façon que les révélations d’E.Snowden ont réussi à chiffrer le Ternet en moins de deux ans (avec https), les atteintes répétées aux libertés fondamentales accélèrent grandement le développement des réseaux sociaux de demain, ceux qui seront hébergés et distribués chez chaque acteur et même, chaque lecteur (décentralisation totale), faisant au passage exploser en vol le Minitel-2.0 actuel (où tout est centralisé), puisque les sites sont hébergés chez des gens qui ont le pouvoir de débrancher le serveur si besoin (étatique) est.
     
    De bonnes solutions existent déjà, mais elles nécessitent encore d’être raffinées pour pouvoir être utilisées par des non-professionnels et étendues pour arriver à un bon niveau.

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