Comment Macron mène la France à la banqueroute

La banqueroute est le vieux serpent de mer des finances publiques françaises depuis l'accession des Capet au pouvoir. C'est d'ailleurs le risque de faillite qui a fait sombrer le dernier de cette illustre famille, Louis XVI, incapable de réduire les dépenses et les déficits publics et obligés de border en haute mer pour faire face à une situation ingérable. Deux cents et quelques années plus tard, le capitaine de pédalo Emmanuel Macron connaît une situation assez similaire : les dépenses publiques sont défendues becs et ongles par la technostructure qui ne veut pas se serrer la ceinture, et le fossé d'une dette en expansion permanente se creuse à une vitesse extra-terrestre. Bruno Le Maire vient d'en rajouter une couche. Au train où vont les choses, l'économie française va s'effondrer de façon aussi spectaculaire que l'économie soviétique en son temps.

Et si la banqueroute ponctuait le quinquennat déjà très chahuté d’Emmanuel Macron ? Tous les ingrédients se réunissent progressivement pour que le scénario catastrophe tant redouté en matière de finances publiques (à savoir une nouvelle crise de l’euro due cette fois non plus à la Grèce mais à la France) prenne corps. 

Bruno Le Maire annonce le pire

On n’en a finalement pas beaucoup parlé parce que la presse subventionnée a définitivement renoncé à faire son travail (500 millions € de subventions chaque année, ça aide à s’aveugler), mais l’annonce est pourtant explosive. Bruno Le Maire a déclaré, ce lundi matin, sur le plateau de France 2, l’ampleur de la catastrophe : le déficit public atteindra 9,4% du PIB en 2021.

Bien évidemment, le ministre a utilisé la technique habituelle pour étouffer les cris d’orfraie qu’une nouvelle de ce genre devrait nous arracher. Il a quitté le terrain où il est l’avant-centre pour devenir commentateur sportif, expliquant pourquoi le budget de l’Etat prenait l’eau à ce point. 

Ce déficit “est lié à trois choses : la première c’est que nous reportons un certain nombre de dépenses de 2020 sur 2021 (…), [ensuite] parce que nous continuons à aider un certain nombre de secteurs et d’entreprises, même si progressivement nous allons supprimer ces aides, et en troisième lieu parce qu’il y a une partie du plan de relance qui est décaissé”

Traduction : on vous explique ce qui ne marche pas, et on n’y peut rien. 

Rappelons qu’initialement, le déficit devait être de 8,5% du PIB seulement, soit 20 milliards € de moins. Cela fait tout de même 2 budgets et demi de la Justice qui viennent d’être engloutis à cause de “trois choses”. On peut penser que l’argent serait mieux utilisé dans les palais de justice.

Le déficit de l’Etat 2021 pire que celui de 2020…

La France réussit donc l’exploit incroyable d’avoir un budget de l’Etat en déficit plus élevé en 2021 qu’en 2020…

Rappelons que le déficit de 2020 s’est élevé à 9,2% du PIB. Malgré les annonces rocambolesques sur la relance, que nous avons toujours épinglées comme mensongères et populistes, le pire s’annonce donc pour les contribuables soumis à la caste des hauts fonctionnaires bien décidés à ne faire aucun effort pour partager le fardeau de la crise. Le temps passe, et de reprise tant attendue, on ne voit pas le bout du nez. 

En revanche, les déficits se creusent et personne ne sait comment les financer. 

Le jour où Macron a annoncé la banqueroute de l’Etat

C’est passé plutôt inaperçu là aussi, mais Macron a rendu service à ses copains de Challenges qui avaient fait sa campagne en 2017, en donnant devant eux une longue conférence sur le sens de l’Etat. Il y a subpreticement expliqué sa technique pour rembourser la dette :

Quant aux finances publiques, il faut raisonner à l’inverse de ce que nous faisons aujourd’hui : fixons-nous nos objectifs de croissance et donnons-nous les moyens de les atteindre. Cela ne veut pas dire endosser quelque laxisme budgétaire que ce soit, mais plutôt de réinventer un cadre rigoureux d’évaluation de la qualité de la dépense publique. (…) Il n’y a pas de fatalité. Visons plus de croissance, car c’est le seul chemin qui nous permet de viser plus de protection sociale, plus d’innovation, plus d’investissement dans la transition écologique, plus d’égalité et de justice dans nos sociétés mais aussi entre les continents.

Traduction : on ne va pas diminuer les dépenses publiques, on va simplement augmenter la croissance (comme si l’excès de dépenses publiques, qui crée impôts et bureaucratie, ne tuait pas la croissance). Voilà donc une stratégie de dépenses qui se fonde sur une espérance de recettes. 

N’importe quel ménage qui se surendetterait, en France, en expliquant qu’il remboursera grâce à des salaires mirobolants qu’il ne touche pas, mais qu’il percevra un jour, serait immédiatement fiché par la Banque de France. Mais quand c’est Macron qui parle devant la Toulouse School of Economics, le même réflexe ne semble poser de problème à personne. 

Il faut pourtant comprendre qu’il n’y a aucune différence de nature entre les deux raisonnements, qui mènent tous deux à la banqueroute. 

Les chiffres paniquants de la croissance

Autre chiffre passé quasiment inaperçu : les chiffres de la croissance au premier trimestre 2021. Ils sont franchement mauvais puisqu’ils montrent que la France est en récession (mais chut! il ne faut pas le dire au nom de l’unité nationale qui exige que nous nous abusions tous sur la réalité en mâchant collectivement des champignons hallucinogènes).

Bref, au premier trimestre 2021, le PIB a baissé de 0,1%. En avril, la consommation a fortement baissé. 

En soi, toutes ces mauvaises nouvelles pourraient être relativisées si la stratégie d’Emmanuel Macron ne consistait pas à parier sur le retour de la croissance pour remettre l’Etat à flots. Mais comme toute sa stratégie consiste à mentir une énième fois aux Français en leur expliquant qu’on peut sortir de l’ornière sans effort, il y a comme un problème, désormais, à la tête de l’Etat. 

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19 commentaires
  1. “il y a un problème…” oui, comme dans tous les pays socialistes, et ce n’est pas Macron qui pourra le résoudre, il fait partie de ceux qui l’ont créé . Tant que constitutionnellement il n’y aura pas d’interdit visant à empêcher la porosité entre le politique et la fonction publique ce problème sera insoluble, trop d’intérêts et de pouvoirs en jeu . Croyez vous que cette caste de nuisibles acceptera volontairement de renoncer à son impunité quels que soient les dégâts qu’elle commet? A mon avis la réponse est dans la question .

  2. Pabizou : 100 % d’accord…

    Pardon Eric mais Louis XVI était un Bourbon de la DYNASTIE capétienne INDIRECTE !

    Peu de gens acceptent de le voir mais depuis la fin de cette dynastie capétienne DIRECTE ( après la mort de Charles IV Le Bel, petit-fils de Philippe le Bel), les capétiens indirects ( les Valois, les Orléans et les Bourbons) ont tous échoué ( en dépit de quelques périodes fastes pour les Francs) à maintenir une France-digne-de-ce-nom.

    Saint Louis ( Louis IX) doit s’en retourner dans sa tombe.

    Le Maire est un parasite de plus qui ne changera rien. Il n’est pas en prise avec le réel, comme son complice Macron.

    La Pen deviendrait-elle son successeur, il faudra des efforts INCOMMENSURABLES des Francs ( outre un changement COMPLET des obligations inhérentes au contrat-social) pendant de nombreuses années pour sortir de toutes ces utopies, ces scandales, ces gabegies, et arrêter de vivre au-dessus de ses moyens en faisant payer les additions pardon les impôts aux contribuables….

    et pendant ce temps, les Shadoks pompent !

  3. J’ai hâte depuis 40 ans que la faillite de l’État jacobin arrive, depuis 1981 exactement. Et elle est là. Pourquoi ? Quand la faillite sera constatée et les cigales socialistes arrivées au bout de leur ivresse mélodique, “nous allons passer de l’obscurité à la lumière”, quelle belle chanson ! les fourmis du FMI, qui ne sont pas réputées prêteuses sans contrepartie, seront intronisées syndic de faillite et commenceront alors à tailler sévère dans les dépenses publiques sans frein. Et alors, nombre de problèmes à commencer par celui de la dictature implacable de l’administration (il faut être allé discuter le bout de gras avec les infâmes gnomes de l’URSS-AF pour comprendre), seront mis en déroute parce que les fonctionnaires seront mis à la porte en masse pour apurer les déficits par branches, branches qui tomberont par arrêt cardiaque, ou seront obligés de voir leurs salaires réduits de 30% pour rester en poste. Nous goûterons aussi l’ultime allégresse de voir l’augmentation massive du temps de travail, parce que faire une carrière en étant productif que pendant 20 heures par semaine, ça suffit, hein ! Parce que, quand on vire 30% des “travailleurs” d’une administration, en toute logique comptable, ceux qui restent sont obligés de travailler 30% de plus, mais avec 30% de moins sur la fiche de paie… Mais c’est justte ce qu’ils ont imposé aux chefs d’entreprise comme moi et aux agriculteurs depuis 2001 et les Lois Aubry, en fait. Combien d’amis suicidés étranglés par l’URSS-AF et/ou leur patron ? Mon frère décédé à bout de forces, travaillant 70 heures par semaine pour un salaire de misère… La cause, ce socialisme criminel. Mmmmh, quel bonheur que ce retournement de conjoncture, bon comme la crème d’une Religieuse en fermant les yeux… Je pense à toi, mon frérot, tu aurais été heureux de voir cela.

    Après l’effondrement de l’URSS, vu la bêtise des politiques publiques en France, c’était attendu… Pour moi qui ai eu 20 ans en 1981, 2021 clos 40 années d’horreur socialiste épouvantable en France, provoquées par une administration criminelle pour les entreprises… Et je dois avouer que, alors que je ne dépends en rien aujourd’hui de la dépense publique, ni subvention, ni aide à la consommation, ni retraite, ni rien de rien, je ne cache pas mon plaisir en regardant le château de cartes tomber. Et les cris, et les cris, et les cris… Ah que c’est bon !

    Voir l’arrogance abyssale des fonctionnaires décliner…
    Quelle joie, quel plaisir, quel jouissance !
    Après 40 années de cauchemar…
    Tout vient à qui sait attendre.

    1. Ça n’est pas complet, parce que même une fois “redressé”, ce pays continuera à subir les affronts de ses ponktionnaires, car ceux d’en haut qui nous tuent la vie ne bougeront pas, ni de place, ni de traitement :(((

      1. Vous n’avez pas dû beaucoup analyser la chute de l’URSS-SS ! Quand une Tour de Babel s’écroule, ceux qui sont en dessous, en général, deviennent silencieux et inoffensifs. Oui, le pouvoir russe a recommencé sous une autre forme, mais avec beaucoup moins de coercition qu’avant.

  4. le seul évènement qui pourrait sauver la FRANCE et les FRANCAIS , ce serait que macron finisse comme LOUIS XVI !!!!
    Le fossoyeur de la FRANCE doit payer l’addition avec tous ses sbires ……

  5. Il y eu 10 plaies d’Egypte. Il risque d’y avoir 11 plaies en France. Et 10 millions d’habitants de ce beau pays seront “disparus” que les historiens médicaux inscriront dans une mascarade médicale de covid19 à covid22. Ainsi comme nous l’a dit Marie: “Les vivants envieront les morts”.
    Ainsi les français auront compris que si pour Mitterrand, “le nationalisme c’est la guerre”, les survivants de cette mascarade pourront se dire : “le socialisme macronien, c’est la ruine”. Et l’Etat Progressiste français sera démembré.

  6. Avant même de parler de croissance, il faudrait parler de réduction des dépenses notamment au niveau de l’Administration, du plus bas au PLUS HAUT ! Que tous ces beaux messieurs abandonnent leurs salaires mirobolants et tous leurs privilèges dont on se demande bien en quoi ils les méritent.

    Qu’on « dégraisse le diplodocus » qui ne sert qu’à augmenter les dépenses en paperasses aussi diverses qu’inutiles, en comités Théodule et autres associations pléthoriques dont on se demande parfois à quoi elles servent sinon à nourrir quelques emplois subventionnés.

    Qu’on cesse aussi d’aider la presse « aux ordres » et laisse la libre expression se donner libre cours ;

    Les économies ainsi réalisées serviront peut-être à alimenter la croissance véritable après qu’ils aient tout fait pour brader nos commerces et nos industries.

    1. Quand on réalise l’ampleur des dégâts causés par une épidémie somme toute peu dangereuse, regardez le nombre de morts d’une année sur l’autre, c’est explicite, ils se foutent de nos tronches .
      Ce qui commence à devenir intéressant c’est qu’il me semble de plus en plus que les effets de bord de cette escroquerie sont en train d’installer les conditions nécessaires à un changement de paradigme qui pourrait bien nous amener à la politique que vous espérez et attendent depuis longtemps . Si je ne me trompe pas il est tout à fait possible que d’ici peu les privilégiés d’aujourd’hui aient de menus problèmes . Pensée magique? peut-être, j’espère que non .

  7. Il n’y a plus d’économie publique à partir du moment où le système bancaire mondial est une gigantesque Pyramide de Ponzi de dettes. Certains économistes estiment que l’économie réelle ne représente plus que la moitié de l’économie financière, qui a perdu tout sens des réalités avec ses algorithmes. La contraction qui s’annonce va mettre les Etats et les administrations à terre, abonder les guerres civiles par la cessation de paiement des administrations du « care », puis les grands financiers de la planète vont suivre la même pente, par défaut de paiement. L’ancien « client » va se réorganiser par le troc et le survivalisme. Quand on pense que l’économie réelle actuelle n’existe que sur un flux de 3 jours, alors que l’économie rurale ancienne s’organisait sur des flux annuels ou pluri annuels, ça fait peur… Aussi parce que la monnaie sera pour tout le monde une monnaie de singe, riches ou pauvres…

    Pendant la période 1998-2004, au moment du premier crash des « valeurs » de l’économie numérique, j’avais émis un oracle qui avait contribué à me positionner comme un extra-terrestre dans ma famille. Pourtant férue d’économie réelle car tous quasiment chefs d’entreprises depuis des générations, j’avais affirmé que les bulles financières du futur allaient de plus en plus grossir comme la voracité des dinosaures… Puis une météorite arriverait et disloquerait le biotope entier. Puis viendrait le temps des minuscules mammifères, de la même manière qu’après le Jurassique, les ancêtres des lémuriens (nos ancêtres) ont pris le pouvoir sur la Terre.

    J’ai toujours vu dans cette proto-archéologie la métaphore sommaire qui s’appliquerait le mieux à ce qui nous arrivait depuis 20-30 ans. Car les fortunes mondiales ont littéralement explosé sous la voracité des dinosaures de la Hi-Tech. Je crois que notre contemporanéité récente n’a jamais été aussi proche de cette conclusion. Le Sars-cov-2 est peut-être cette météorite qui va tout disloquer. C’est bien parti en tout cas. Le locataire du 55 et ses potes de la finance mondiale lancent un dernier baroud d’honneur en essayant d’éradiquer un maximum de population mondiale par la vaccination de masse. Mais, déjà, c’est trop tard. Les disciples d’Yves Cochet – son projet, 700 millions d’humains sur la Terre, il l’a affirmé dans une émission « C à vous » d’Anne-Élisabeth Lemoine début 2020 – ont dors et déjà perdu la bataille. Certes, ils sont comme Hitler dans sa dernière année « Vite, la bombe atomique, pour sauver la donne ! »

    Je ne miserai pas un centime sur le cheval dossard 55. Même 1 centime, je suis certain de ne pas récupérer mon investissement. On voit déjà les rats quitter le navire, se placer, se dire qu’on a rien à voir avec ce qui s’annonce. Mais la prospective est un miroir déformant et instable.

  8. On ne paie pas les usuriers.
    Vive la banqueroute!
    Les banquiers, les financiers aux champs.
    Le peuple aux commandes pour un vrai communisme.
    Que le Kpitalisme assassin et écocide meure.

    1. En 30 mots vous avez résumé toute l’ineptie de la gauche marxiste . Félicitation, vous venez de gagner le César de la bêtise .
      Au fait, avec des taux d’intérêts négatifs, le taux d’usure est à combien d’après vous?

  9. Mouais, l’état ponctionne déjà 63% de toutes les richesses produites. Il reste encore de quoi aller jusqu’à 100%. Et par la contrainte probable du FMI, ou des allemands d’abord, il reste encore des trucs à brader, des économies à ponctionner, des propriétés à socialiser, des territoires ultramarins à hypothéquer, etc… Sauf si Macron se fait ratisser par un martien compétent (vu que l’on n’a personne en ratelier), on a encore de nombreuses années de souffrance devant nous. RIP

    1. Oui, en échange de prêt européen et un soutien américain, il va brader pleins de chose avant les élections en 2022 … Notre industrie de défense florissante va être lié de force dans des projets européens qui seront ses tombeaux. Il faut s’attendre aussi à des fusions acquisitions de nos leaders économiques. Nous allons céder à la cancel culture américaine le peu de résistance qui perdure. On voit déjà que nous nous retirons du Mali et que nous renonçons à stopper les migrations clandestines. On va aussi s’attaquer à la Russie et laisser faire la Turquie pour plaire à Biden. Tout cela pour gagner 6 mois pour que la banqueroute ait lieu après la réélection de Macron.

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