🎖Quelles rĂ©formes demandĂ©es par la Cour des Comptes diminueront votre niveau de vie ?

Dans un rapport publié hier, la Cour des Comptes a développé sa vision sur la diminution de l'endettement public en France et en Europe. Les sages de la rue Cambon proposent des réformes majeures, expliquant que la stratégie de Macron pour qui la hausse de la croissance rendra inutile tout effort budgétaire ne tient pas la route. Figurez-vous parmi les gagnants ou les perdants des réformes proposées ? Voici un aperçu de ce qui vous attend si les affidés de Pierre Moscovici sont écoutés par le pouvoir.

Dans son rapport intitulĂ© “Une stratĂ©gie de finances publiques pour la sortie de crise“, la Cour des Comptes avance plusieurs propositions de rĂ©formes salutaires, mais qui ne devraient pas faire que des heureux. En voici le rĂ©sumĂ©. À vous de voir si vous serez gagnants ou perdants dans ces rĂ©formes. 

Allonger la durée de cotisation des retraites

RĂ©forme essentielle, largement dĂ©battue depuis le dĂ©but du quinquennat, et dont les termes sont connus de tous : le report, sous une forme ou sous une autre, de l’Ăąge de dĂ©part Ă  la retraite. Il peut s’agir d’un allongement de la durĂ©e de cotisation, ou plus efficacement encore, d’un report brutal de l’Ăąge de dĂ©part Ă  la retraite (par exemple Ă  65 ans). 

Le systĂšme des retraites, malgrĂ© des rĂ©formes qui ont eu un impact positif, n’est toujours pas Ă©quilibrĂ© de façon pĂ©renne. Une fois la crise passĂ©e, de nouvelles adaptations seront indispensables pour tenir
compte notamment des Ă©volutions dĂ©mographiques et de l’allongement de la durĂ©e de la vie. Les effets de ces adaptations sur la situation des actifs et des retraitĂ©s devront ĂȘtre anticipĂ©s.

Traduction : on partira plus tard Ă  la retraite, et on cotisera plus longtemps, quoiqu’il arrive. 

Faire payer les comportements sanitairement déviants

Autre proposition discrĂšte de la Cour, faire des Ă©conomies dans les dĂ©penses de santĂ©, notamment en favorisant la prĂ©vention au sens large, et en limitant les arrĂȘts maladie. 

Voici comment le texte est rédigé :

L’amĂ©lioration de la qualitĂ© des dĂ©penses d’assurance maladie constitue une deuxiĂšme prioritĂ©. À cette fin, il apparaĂźt nĂ©cessaire, tout en confortant notre systĂšme de santĂ©, et en particulier l’hĂŽpital, d’appliquer Ă  nouveau une norme de dĂ©penses, de mobiliser les marges d’efficience de notre systĂšme de santĂ©, de prĂ©venir plus activement les pathologies et les accidents de santĂ© ou encore de contenir la progression des dĂ©penses d’indemnitĂ©s journaliĂšres. Ces rĂ©formes devront viser Ă  assurer le retour Ă 
l’équilibre de l’assurance maladie et Ă  stabiliser le poids de ces dĂ©penses dans le PIB.

Traduction : pour “rĂ©guler” les dĂ©penses de santĂ©, il faut rĂ©former la T2A (tarification Ă  l’activitĂ©), mais il faut aussi rembourser moins (ou faire payer plus cher) les assurĂ©s qui n’ont pas une hygiĂšne de vie satisfaisante ou qui abusent des arrĂȘts-maladie. VoilĂ  qui sent la surtaxe de l’alcool, du tabac, et autres comportements asociaux. 

DĂ©grader les allocations chĂŽmage

Dans le domaine du chĂŽmage, la Cour ressort des propositions qui sont bien connues, mĂȘme si elle les Ă©voque sans les dĂ©tailler. Il s’agit de rendre le systĂšme d’indemnisation chĂŽmage moins gĂ©nĂ©reux, notamment pour les chĂŽmeurs de longue durĂ©e. 

Une troisiĂšme prioritĂ© concerne la politique de l’emploi, l’enjeu Ă©tant de mieux ajuster les dĂ©penses en faveur de l’emploi et de l’indemnisation du chĂŽmage en fonction des cycles Ă©conomiques et
d’amĂ©liorer leur efficacitĂ© pour prĂ©venir le chĂŽmage de longue durĂ©e et favoriser une insertion durable dans l’emploi, notamment des publics fragiles (jeunes dĂ©crocheurs, publics non qualifiĂ©s, seniors).

On voit bien quelles sont les pistes qui pointent le bout de leur nez ici : “amĂ©liorer l’efficacitĂ© de l’indemnisation” n’est pas trĂšs loin de l’activation des dĂ©penses de chĂŽmage, qui consiste Ă  transformer les indemnitĂ©s en incitation Ă  travailler. 

RĂ©server les APL aux plus pauvres

Enfin, la Cour des Comptes propose de “cibler” les minima sociaux et les aides au logement sur les bĂ©nĂ©ficiaires les plus pauvres. 

Il convient par ailleurs d’assurer Ă  la fois l’efficacitĂ© et la soutenabilitĂ© des minima sociaux et de la politique du logement, qu’il s’agit de mieux cibler et simplifier afin d’accroĂźtre leur efficacitĂ©,
notamment en direction des ménages les plus défavorisés.

EfficacitĂ© et soutenabilitĂ© des minima sociaux et de la politique du logement : que ces expressions rĂ©sonnent dĂ©jĂ  comme des annonces de restriction et de durcissement des conditions d’attribution. 

On constatera que, en dehors de ces pistes qui se bornent toutes aux “dĂ©penses d’intervention sociale”, la Cour ne se montre guĂšre allante sur une diminution des dĂ©penses publiques, avec cette phrase rĂ©vĂ©latrice :

Cette consolidation devrait privilĂ©gier une rĂ©duction du rythme d’augmentation des dĂ©penses. Les comparaisons internationales montrent en effet que les efforts en dĂ©penses sont gĂ©nĂ©ralement plus
efficaces pour rĂ©duire l’endettement public.

RĂ©duire le rythme d’augmentation des dĂ©penses : la rue Cambon n’est pas prĂȘte Ă  tailler dans le vif des effectifs de fonctionnaires. C’est tout juste si elle consent Ă  rĂ©duire les aides aux plus pauvres. 

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