[PAYANT] Affaibli, Macron peine à imposer la réforme des retraites à son exécutif

La réforme des retraites revient tel un Jack in the box dans le paysage politique français. Elle est visiblement souhaitée par Emmanuel Macron, qui doit parfois se souvenir que la France est membre de l'Union Européenne et qu'à ce titre elle a quelques obligations en matière de finances publiques fixée par les traités. Mais le Président a-t-il encore assez d'autorité pour imposer cette réforme... à son gouvernement ? La confusion qui règne soulève de sacrées interrogations sur la résistance des ministères aux choix exotiques d'Emmanuel Macron.

Emmanuel Macron est probablement sorti très affaibli (beaucoup plus affaibli qu’on ne le pense) de la séquence “passe sanitaire”, improvisée le 12 juillet, où, selon nos informations, la décision de transformer le passe sanitaire en outil de crédit social a été prise quelques minutes seulement avant l’intervention présidentielle. Même si l’exécutif multiplie les communications rassurantes sur la grande victoire qu’il s’apprête à remporter, l’émergence et la persistance d’une mobilisation dans les rues, sans véritable relais politique susceptible de la canaliser, a calmé de nombreux ministres et les pousse, semble-t-il, à désobéir de façon de plus en plus ouverte au Président de la République. La réforme des retraites en constitue le meilleur symbole. 

Cafouillage sur la réforme des retraites

On se souvient que, lors de son intervention du 12 juillet, Macron a reparlé de la réforme des retraites, mais sans véritablement conclure sur la suite des événements. 

Les semaines qui ont suivi semblent avoir été plus compliquées qu’on ne veut bien le dire. Ainsi, il semblerait que, courant août, Jean-Michel Blanquer se soit clairement opposé à la mise en place de l’obligation vaccinale pour les enseignements que le Président lui demandait. Cette rumeur de couloir, si elle se confirmait, témoignerait d’un vrai affaiblissement politique du Président face à une majorité qui est écartée des décisions, mais est priée d’en assurer le service après vente. 

Visiblement, Gérald Darmanin a exprimé les mêmes réserves vis-à-vis de l’obligation vaccinale dans la police. 

Mais c’est sur la réforme des retraites que le problème le plus crucial se pose et que l’affaiblissement du Président de la République est le plus visible. Ce désordre est fâcheux, puisqu’il porte sur 14% du PIB, manifestement hors de contrôle politique aujourd’hui. 

Macron tente de fixer le cap

On se souvient que, la semaine dernière, Jean Castex a tenté d’imposer une concertation sur la réforme des retraites, qui a fait flop. Si le MEDEF est favorable à la réforme (pourtant fondée sur une étatisation complète du système actuel), tous les syndicats de salariés s’y sont opposés. 

Face à ce désaveu, le Premier Ministre a sagement suspendu les projets et la réforme des retraites est devenue, en l’espace de quelques erreurs, le sujet des prochaines présidentielles auquel on ne touche surtout pas en attendant cette échéance. 

Mais, coup de théâtre, les mêmes Echos annoncent hier qu’Emmanuel Macron veut supprimer les régimes spéciaux d’ici à la fin de l’année. Il imposerait également la retraite minimale à 1.000€. Ce choix stratégique est évidemment en opposition complète avec la logique syndicale qui lui est pourtant d’un grand soutien dans la mise en place de l’obligation vaccinale dans le domaine de la santé. 

Politiquement, beaucoup ont vu le danger d’une guerre sur plusieurs fronts. La suppression des régimes spéciaux devrait en effet susciter pas mal de remous à la RATP et à la SNCF. Il n’est pas sûr que le reste de la population, échaudé par les clivages que le Président nourrit dans la société française, apprécie ce nouveau facteur de désordre à quelques mois des présidentielles…

Macron contredit par sa majorité et ses ministres

Ce projet de feu aux poudres suscite pas mal de remous dans la majorité LREM elle-même. Richard Ferrand, par exemple, ne cache son hostilité au projet. 

Mais c’est surtout Bruno Le Maire qui a pris l’initiative de s’opposer publiquement à la volonté présidentielle

A Bercy, le ministre de l’Economie Bruno Le Maire abonde: “rien n’est possible tant que l’épidémie (de Covid-19) n’est pas derrière nous”, mais “déjà qu’on en discute, c’est pas mal”, a-t-il déclaré sur RMC et BFMTV.

Il faut bien mesurer la portée de ce message. Dans la conduite des affaires, Bercy semble décidée à affronter le Président. Après avoir, pendant plusieurs mois, plaidé en faveur d’une réforme des retraites en 2021, même si nous avons indiqué à plusieurs reprises que cet objectif n’était pas tenable, Bruno Le Maire et son dream team bercyen viennent donc de virer leur cuti. 

Affrontements répétés entre Bercy et Macron

De façon très révélatrice, nous entrons dans une phase d’affrontements entre Bercy et la tête de l’Etat, dans laquelle Emmanuel Macron semble bien impuissant. Il a par exemple dû “retoquer” le plan d’investissements que Bercy avait concocté dans le dos des ministres et du gouvernement

Nous sommes donc désormais dans cette phase de déliquescence politique où la technostructure s’estime gardienne de la cohérence de l’Etat face aux appétits dépensiers du candidat à sa réélection. Visiblement, le Président n’est guère en mesure d’asseoir son autorité face à cette puissante machine. 

On peut en déduire que la réforme à la hussarde souhaitée par un Macron de plus en plus coupé des réalités n’est pas prête d’arriver. On peut aussi en déduire que la réélection d’Emmanuel Macron, si elle devait intervenir, serait probablement celle d’un homme usé et prisonnier, encore plus qu’il ne le fut pendant cinq ans, de la caste dont il est le premier des égaux. 

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5 commentaires
  1. Camarades lecteurs, attention aux enflammades 🔥
    Il arrive à maqueron ce qui est advenu de grhollande ou Sarko ou chirac. Broyés.

    Je pense tout à fait contre productive cette fixette sur maqueron que l’on lit partout. Le gars est une théâtreuse, une Castafiore qui aime parader mais n’a pas beaucoup plus de pouvoir de nuisance. Comme il surjoue en montrant la lune tout le monde en veut à son doigt. Mais non. La caste est bien puissante que maqueron ou quiconque. Elle attend ou pas le suivant qui ne fera que passer. 40 ans que la caste socialo 🥀 existe et se renforce. Les zélus aboient, la caravane passe 🐪🐫🦙 les mougeons trépassent. Chasser maqueron pour installer xavier nougat francmac? C’est faire le jeu de la caste. Installer Marine Le Pen ou Zemmour c’est déjà mieux; à condition de vouloir les défendre quand la caste se jettera sur eux pour les dévorer.

    Cet excellent papier nous montre la voie. C’est de l’intérieur de la caste qu’il faut les travailler. Il nous faut une opposition sérieuse et unie avec des hommes à nous dans la place.

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