[PAYANT] Ces tensions géoéconomiques croissantes entre l’Allemagne et la Chine qui fragilisent le Great Reset

Selon le patronat allemand, les bons résultats de l'Allemagne à l'exportation sont menacés par (1) l'inflation qui menace et (2) les ruptures ou les ralentissements dans les chaines d'approvisionnement mondiales. Les différentes organisations patronales allemandes qui - à la différence de ce qui se passent en France - "chassent en meute", plaident pour (a) un resserrement des liens transatlantiques, (b) hausser le ton vis-à-vis de la Chine et (c) revoir les règles de l'OMS. C'est ce que révèle un rapport du "German Council on Foreign Relations" que le Courrier des Stratèges a lu pour vous.. Il s'agit d'un document-clé car il montre au passage la fragilité de la convergence germano-chinoise des années Merkel et une inévitable remise en cause de l'alliance qui permet le Great Reset.

Les succès allemands à l'exportation...

 Les exportations allemandes ont augmenté en juillet pour le “15e mois consécutif”. Elles  ont augmenté de 0,5 % par rapport au mois de juin précédent. Les exportations de l’Allemagne en juillet 2021 étaient supérieures de 1,6 % au niveau de février 2020.  En glissement annuel, la valeur des marchandises vendues à l’étranger a augmenté de 12,4 % pour atteindre 115 milliards d’euros en juillet, selon l’Office fédéral des statistiques. L’augmentation supérieure à la moyenne de 15,7 % des ventes aux États-Unis a contrasté avec la baisse des exportations vers la Chine, qui ont diminué de 4,3 %. Les États-Unis sont donc clairement restés le premier marché de vente de l’Allemagne en juillet avec un volume de 10,8 milliards d’euros, suivis par la Chine avec 8,4 milliards d’euros. Le commerce extérieur allemand avec les pays de la zone euro a également connu une forte augmentation de 22,4 % en glissement annuel. En raison des bonnes perspectives à court terme, l’association des chambres de commerce et d’industrie allemandes (DIHK) a augmenté ses prévisions d’exportations pour cette année : Les exportations de l’Allemagne devraient augmenter de 8 % en 2021, après avoir chuté de 9 % en 2020, année des confinements.

...sont menacés par l'inflation et la rupture des approvisionnements

Cependant les patrons allemands ne se réjouissent pas longtemps de ces chiffres quand on les interroge. En effet, la production industrielle totale a diminué au deuxième trimestre 2021 et la croissance des exportations ralentit ; l’augmentation récente ne repose que sur des hausses de prix liées à l’inflation, tandis que le volume des marchandises exportées diminue du fait des problèmes croissants dans les chaînes d’approvisionnement. En juillet, les exportations ont aussi ralenti de 3,8%.  L’association du commerce extérieur BGA est particulièrement préoccupée par la hausse rapide des prix à l’importation, qui reflète des problèmes majeurs dans les chaînes d’approvisionnement mondiales.  Une situation d’approvisionnement tendue est signalée dans l’industrie manufacturière -où 70 % des entreprises se plaignent d’un manque de livraisons de matières premières et de produits intermédiaires.L’association des chambres de commerce et d’industrie (DIHK) prévient que les problèmes d’approvisionnement, notamment les fermetures temporaires des ports chinois en raison des blocages liés à la pandémie, perturbent “l’horloge des chaînes d’approvisionnement internationales” façonnée par la mondialisation. Un porte-parole du BDI se plaint de ce que “les coûts logistiques élevés et les différends commerciaux non résolus” ralentissent l’économie d’exportation allemande.

Vers une rupture germano-chinoise: le Great Reset est fragilisé !

La DGAP (appelée en anglais German Council on Foreign Relations), qui est très proche des organisations patronales allemandes, place beaucoup de ses réflexions sous le terme de “géoéconomie”. A ce titre, elle a publié en août un document intitulé “Géoéconomie et commerce extérieur”, qui résume les recommandations du patronat allemand au prochain gouvernement allemand.  Le think-tank rappelle que 12 millions d’emploisallemands  dépendent de l’économie d’exportation,. Le maintien d’un commerce mondial ouvert et “fondé sur des règles” est “dans l’intérêt stratégique de l’Allemagne”, indique le document. Par conséquent, Berlin doit collaborer avec Bruxelles à une “réforme de l’Organisation mondiale du commerce (OMC)” et, avec l’aide de l’UE et au moyen de “réformes” de la “politique commerciale européenne”, “tenir son rang” dans un “environnement commercial géo-économique” intensifié.  Outre un “partenariat transatlantique étroit”, l’Allemagne doit faire pression pour “l’application” de “relations commerciales équitables” avec la Chine et mettre en œuvre le plus rapidement possible l'”accord économique et commercial global UE-Canada” (AECG). Il convient également d’envisager la création d’un “club climatique” supranational afin de minimiser “les tensions éventuelles en fixant des normes minimales mondiales en matière de commerce et de climat” et de se rapprocher de l’expansion de l’éco-industrie allemande.

Selon la DGAP, l’OMC traverse la “crise la plus profonde depuis sa fondation”. . L’OMC dispose d’un système de normes obsolète et est actuellement incapable de “moderniser les règles” et d’assurer sa “fonction de règlement des différends” et sa “surveillance des politiques commerciales”. En réponse, la politique commerciale de l’UE doit être réorientée “pour être plus affirmée” dans la compétition géoéconomique mondiale ; de plus, la “ratification d’un large réseau d’accords de libre-échange (ALE) ambitieux” est nécessaire. Selon la DGAP, toute résistance de la population contre les accords de libre-échange, devrait être atténuée par une meilleure prise en compte des “aspects climatiques et environnementaux”. Il est important, dit-il, de “revitaliser les relations commerciales transatlantiques et de rétablir la confiance.”

 Selon la DGAP, l’Allemagne a un “rôle spécial” à jouer dans la formation d’un tel front “européen” à l’égard de la Chine ; il s’agit, selon elle, de questions non seulement “économiques” mais aussi “sécuritaires”. Le groupe de réflexion accuse la République populaire de créer un “environnement commercial géo-économique de plus en plus conflictuel” en ouvrant de nouveaux marchés, en créant des “dépendances forcées” économiques et en imposant “les normes et standards technologiques chinois en Eurasie”, supplantant ainsi les normes allemandes telles que la norme DIN.  L’objectif est d’aborder les “problèmes communs” et d’encourager les “partenaires difficiles comme la Chine” à “commercer ouvertement” à l’aide de “nouveaux instruments commerciaux et de mécanismes d’application plus solides”. 

Ce document est intéressant à lire dans la mesure où il montre que l’alliance entre Occident et Chine, qui permet le Great Reset de Davos est en train de se fissurer sous la pression des intérêts allemands. 

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