[PAYANT] Le New Deal de la Sécu préparé secrètement par Véran a-t-il un avenir ?

En secret, tout indique qu'Olivier Véran a préparé un New Deal de la Sécurité Sociale qui devrait être discuté à l'occasion du débat de la présidentielle. Cette évolution majeure qui aura un impact direct sur la vie quotidienne des Français semble d'ores et déjà partagée avec une partie importante des assureurs privés, qui devraient la soutenir massivement. Reste à savoir si les Français s'y retrouveront...

Un New Deal de la Sécurité Sociale est-il une bonne idée ? Olivier Véran en est convaincu de longue date, dans la foulée des Kouchner et Hirsch boys qui militent régulièrement pour le “100% Sécu” et l’éviction des complémentaires santé loin des dépenses prises en charge par l’assurance-maladie. Et ce projet de nationalisation complète de la santé (hors des prothèses en tous genres, s’entend, et de quelques autres postes de dépense) devrait se bâtir à l’unisson d’une partie des assureurs santé, très contents de se débarrasser de la charge administrative que constitue le remboursement complémentaire des dépenses. 

Le New Deal de Véran pour 2022

Selon les informations que nous avons pu glaner de-ci de-là, le projet de New Deal de Véran correspond à la théorie de l’intégration verticale développée depuis plusieurs années par des économistes de la santé. Cette théorie bien connue propose d’allotir, en quelque sorte, les dépenses de santé : certaines garanties seraient totalement remboursées par la sécurité sociale sans intervention des complémentaires, et d’autres garanties seraient réservées aux assureurs complémentaires. 

Dans la pratique, le marché de la complémentaire santé ne concernerait plus que les audio-prothèses, l’optique et les soins dentaires, et la sécurité sociale prendrait le reste en charge. 

Ce projet serait discuté dans le cadre de la présidentielle. Il permettrait à Emmanuel Macron de s’afficher comme le candidat de la “protection sanitaire” en renforçant l’intervention publique en santé, au détriment des acteurs du marché désignés comme les vilains petits canards de l’opération. Il pourrait être inscrit en loi de financement de la sécurité sociale. 

Des signes avant-coureurs déjà repérés

Nous l’avons beaucoup évoqué : les signes avant-coureurs d’un grand remaniement se multiplient. En particulier, la commande, lancée par Olivier Véran cet été, d’un scénario de “nationalisation complète” de la santé traduit clairement l’intention qui se dégage. 

Tout le monde aura par ailleurs noté que la Cour des Comptes, en juillet, a épinglé les complémentaires sur leurs frais de gestion, prétendument exorbitants. La petite musique se fait entendre d’un inutile éparpillement des acteurs, coûteux et inefficace, quand une seule sécurité sociale toute puissante et monopolistique serait enviable…

Le puzzle est donc prêt à être assemblé dans la communauté de la protection sociale. 

Les assureurs santé prêts à se laisser faire

Si l’opinion publique sera maintenue dans l’illusion que cette réforme se fera au détriment des assureurs privés, en réalité, c’est le contraire qui devrait se produire. Selon nos informations, les grands acteurs du marché sont en effet d’accord pour cette nouvelle distribution des rôles et attendent de pied ferme une réforme dont ils imaginent qu’elle pourrait leur profiter. 

Certes, la réforme induira une perte de chiffre d’affaires. Mais cette perte porte sur des actes peu rentables, supposant une gestion lourde et coûteuse. Le recentrage de l’activité sur quelques produits à haute valeur ajoutée pourrait dégager de nouvelles marges de rentabilité et donc maintenir des résultats importants par un effet de réduction des charges fixes (notamment en personnel de gestion). 

Le pari qui se dégage est donc que les complémentaires santé sortiraient intelligemment leur épingle du jeu… Du moins pour celles qui sont équipées pour tirer les prix vers le bas auprès des fournisseurs…

Qu’en penseront les Français ?

Reste que cette réforme jacobine (dont nous persistons à dire que les complémentaires santé seront les dindes de la farce, à long terme) modifiera le paysage sanitaire des Français, en accroissant le pouvoir de la bureaucratie sanitaire dont l’incompétence est devenue criante à l’occasion de la crise du COVID. Elle pourrait aussi se traduire par une dégradation de l’accès aux soins les plus élitistes. 

On attend avec impatience de voir dans quels termes le débat sera posé. 

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2 commentaires
  1. De beaux jours en perspective…

    “Rien qu’en ce qui me concerne, 30 ans en Corse sans aucun problème de remboursement S.S.
    Depuis que je suis à Nice, par deux fois radiation de ma carte S.S. et, chaque fois, trois mois de reconstitution de dossier (à ma charge bien sûr) avant de retrouver ma prise en charge. Tout récemment, j’ai dû faire appareiller mes oreilles – pas donné – et payer fin juillet ; sans remboursement fin août j’ai appelé la S.S. qui m’a dit avoir refusé le dossier pour non-conformité. Le prothésiste contacté m’a affirmé n’avoir reçu aucun avis de la S.S. mais était prêt à renvoyer un dossier. Ces jours-ci, toujours sans nouvelle, je vais voir le prothésiste qui m’affirme avoir renvoyé les papiers et contacte la S.S. devant moi et celle-ci lui répond… n’avoir jamais reçu de dossier !!! 🤢

    Si tout passe par la S.S., nul doute que tout va se passer à merveille et que nous allons assister à une série de déremboursements spectaculaire.

    Quant aux mutuelles, elles vont certes y perdre des clients, en compensation elles réduiront leur personnel.

    On aggravera donc le problème du chômage et, partant, celui de la S.S.

    Ils sont pleins de bonnes idées nos dirigeants… On se demande bien à quoi sert l’ENA sinon à fabriquer son contraire !!! 😊 “

  2. Je connais des personnes qui ont supprimé leur mutuelle. Ce n’est pas une mauvaise idée. Si les citoyen.nes suppriment ou renégocient en masse leurs assurances, cela aura plus d’effet que les manifestations du samedi.

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