[PAYANT] Fiasco australien – Emmanuel Macron n’a rien vu ni entendu de ce qui se tramait dans son dos au G7 !

Britain’s Prime Minister Boris Johnson greets France’s President Emmanuel Macron and his spouse Brigitte Macron, during the G7 summit in Carbis Bay, Cornwall, Britain, June 11, 2021. REUTERS/Phil Noble/Pool

Emmanuel Macron n'a rien vu ni entendu de la négociation qui se tramait dans son dos au dernier G7. La perte du contrat des sous-marins australiens ne pose pas seulement la question de nos alliances; elle pose aussi - et d'abord, celle de la méthode française dans les relations internationales. Une émotion bien compréhensible s'est emparée de la classe politique française depuis la nouvelle du fiasco et beaucoup se drapent dans une posture post-gaullienne de dénonciation des Anglo-Saxons. Mais toutes les informations qui parviennent, à commencer par ce qui s'est passer au G7 de juin 2021 en Cornouaille, montre d'abord une très inquiétante détérioration du savoir-faire français de diplomatie et d'influence.

L’intervention de Jean-Yves Le Drian a marqué le sommet d’une série d’interventions indignées dans la classe politique française, suite à l’affaire du fiasco australien. Le Ministre des Affaires étrangères parle de méthodes “d’une époque révolue”.  D’autres ont proposé de sortir de l’OTAN – sans que l’on sache si cela veut dire sortir du commandement intégré, comme le Général de Gaulle en 1966 (avant que Jacques Chirac et Nicolas Sarkozy ne nous y fassent rentrer) ou carrément quitter l’organisation? 

A vrai dire, peu importe. Ces réactions ne vont pas au fond des choses. Avant de nous poser la question des alliances, nous devons nous poser la question de la méthode française.  

Au G7 de Cornouailles, Emmanuel Macron n'a rien vu, rien entendu de ce qui se tramait dans son dos

L’information fait mal à l’orgueil national et elle n’a pas été reprise dans les médias subventionnés. La négociation entre les Etats-Unis, la Grande-Bretagne et l’Australie s’est nouée, comme le rapportait dimanche 19 septembre, le Sunday Telegraph, au G7 de Cornouailles. Le Premier Ministre australien y avait été en effet invité. L’Elysée a essayé d’allumer un contre-feu en répandant l’idée que la France était inquiète dès le mois de juin. En réalité, Emmanuel Macron n’a rien vu, rien entendu, de ce qui se tramait dans son dos. Et ceci, alors qu’il faisait ostensiblement ami-ami avec Joe Biden devant les caméras. 

En réalité, nous sommes sans doute devant l’un des plus graves manquements à sa mission de la part d’un chef de l’Etat français dans toute notre histoire. Un certain nombre de questions doivent être posées. 

Questions de méthode

Il y a un certain nombre de questions très simples à se poser sur la question du savoir-faire français. 

  1. Comment le renseignement français a-t-il pu passer à côté de ce qui se passait au G7? Et plus généralement, de l’ensemble des tractations? 
  2. Quand bien même, Emmanuel Macron aurait effectivement eu des doutes au mois de juin, pour reprendre la version officielle,  comment se fait-il que les doutes n’aient surgi qu’à ce moment-là vu que Naval Group avait, déjà difficilement sauvé le contrat au mois de février précédent comme nous l’avons rappelé dans ces colonnes la semaine dernière? 
  3. Comment se fait-il que, sur un sujet de cette importance, il n’y ait pas eu de task force permanente à Matignon depuis 2016. Yves Pozzo di Borgo rappelle justement que ce contrat n’allait pas de soi; il avait été emporté contre la logique des choses, celle d’une coopération entre alliés proches  (USA, UK, Australie) dans le Pacifique.  Il fallait d’autant plus le défendre. 
  4. Comment se fait-il que nous n’ayons pas une stratégie élaborée comme puissance présente dans l’Océan Pacifique au moment où la géopolitique mondiale y est bouleversée? Serons-nous capable, un jour de défendre la Nouvelle-Calédonie et la Polynésie contre des ennemis si nous ne sommes pas capables de nous faire respecter de nos alliés dans la zone ? 

Alors, on peut bien pester, comme le fait le Ministre de la défense. Mais c’est la France qui se comporte comme dans une époque révolue – les cadres supérieurs de Naval Group, notre diplomatie, notre gouvernement ont travaillé sur ce dossier comme si on était encore dans les années 1950 ! 

On peut bien vouloir impliquer l’Union Européenne, réclamer une Europe de la défense qui se réaliserait enfin. Mais, en vérité, comment se faire respecter de nos partenaires européens quand nous avons aussi évidemment péché par naïveté. 

A vrai dire, rien de plus constant que les principes de la politique internationale. Lord Palmerston, le célèbre Premier Ministre et Ministre des Affaires étrangères du Royaume Uni au milieu du XIXè siècle,  l’avait dit un jour: “Nous n’avons pas d’alliés éternels et nous n’avons pas d’ennemis perpétuels. Nos intérêts sont éternels et perpétuels. Et il est de notre devoir de les suivre “. 

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7 commentaires
  1. je ne le vois pas pareil..
    pour qui suivait le dossier de pres.. il y avait de l’eau dans le gaz depuis un moment..
    je veux bien croire que la nouvelle alliance soit une surprise.. et encore.. l’Australie se rapprochait beaucoup des US depuis un moment..
    mais feindre la surprise pour ce contrat de sous marins… il doit y avoir un autre enjeu..

    peut être un coup de poker / pression de quitter l’OTAN si on obtient pas quelque chose en retour ?

    1. Le dénouement pourrait être ici : “Rachat, par l’énergéticien français EDF, des « activités nucléaires de GE Steam Power ».”
      Curieux, juste après le fiasco des Sous-marins australiens dont la responsabilité incombe au gouvernement français actuel et à la médiocre gestion de Naval Group…
      Serait-ce un nouveau nuage de fumée lancée par Macron (avec le coup de pouce de Biden ?) dans la campagne électorale qui s’annonce ? Macron ferait d’une pierre deux coups : essayer d’effacer la catastrophique affaire des sous-marins et rattraper le désastre de la vente de l’activité nucléaire d’Alstom il y a 5 ans de sa responsabilité…

      1. Ce serait effectivement un nuage de fumée, qui cacherait l’essentiel : GE a eu toutes les facilités et tout le temps nécessaire pour s’approprier le savoir-faire et les secrets de fabrication d’Alstom, en position technologiquement dominante avant le rachat, tout en faisant au passage une magnifique plus-value.

  2. Question subsidiaire : est-ce que la formation théâtrale prédispose à gérer la 5ème puissance économique du monde ? Pour l’aptitude au mensonge et les jeu de rôles, ça semble efficace… Pour le bon sens et la bonne gestion des dossiers au sommet de l’État, on est a des années lumières du compte !

  3. De toute façon, vu que personne ne défend notre ZEE, on va bientôt perdre la Nouvelle-Calédonie après un “vingtième” référendum à contraintes de plus en plus sévères. Ce qui fait que notre présence dans le Pacifique devrait finir par être symbolique, sauf pour les eaux qui ont servi aux explosions nucléaires. Et comme on a à peine 2 ou 3 frégates pour faire genre dans la mer de Chine derrière les flottes US, pas non plus de forces navales significatives pour se faire respecter ou pour se greffer par la bande à la coalition anglo-saxonne. Fin de partie.

    1. Il est assez surprenant qu’une large majorité de retraités aient voté sans hésiter pour ce lapin de trois semaines au passé d’évidence assez trouble. Ce vote massif témoigne de la faillite intellectuelle et morale de toute une génération née dans l’immédiat après-guerre.

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