La Cour des comptes critique l’incapacité du gouvernement à tirer les conséquences des dysfonctionnements de l’hôpital pendant la pandémie

Le Covid-19 a mis les services hospitaliers de soins critiques sous les feux des projecteurs. La crise sanitaire a ainsi été une lucarne à travers laquelle la société a pu se rendre compte des difficultés structurelles auxquelles ces services sont confrontés. Face à ce constat, la commission des affaires sociales du Sénat a adressé une demande auprès de la Cour des comptes, afin de dresser un bilan de fonctionnement et formuler ainsi des recommandations.

Telle une bombe à retardement aux yeux des autorités

Le premier constat fait par la Cour des Comptes est le manque de dispositifs de gestion de crise sanitaire. En effet, disent les auteurs du rapport, la prévention des pandémies qui sont en mesure d’engendrer une grande affluence de patients en service de réanimation n’a jamais figuré parmi les priorités des derniers gouvernements, ces derniers se concentrant principalement sur l’anticipation des actes à caractères terroristes.

Le mois de mars 2020, avec le début de la pandémie, a occasionné une réorientation des priorités. On a assisté à la création d’unités provisoires de réanimation. Bilan des comptes : les lits installés sont passés de 5080 en mars 2020 à 10 133 le 15 mai. Mais, dès le 15 juin 2020, on était redescendu au-dessous de la barre des 8500 lits.

Il convient toutefois de noter que cette période n’a pas laissé apparaître des décisions importantes en termes d’évolutions structurelles des soins critiques. Néanmoins, lors de la seconde et de la troisième vague, les préceptes liés à la gestion de crise ont été beaucoup plus pointus et mieux peaufinés grâce à la première expérience vécue.

Une crise sanitaire qui a permis de mettre en lumière les difficultés structurelles

Le secteur de la santé avait peu fait l’actualité depuis des années, mais grâce à la pandémie, il a été possible de répertorier les différentes difficultés auxquelles il fait face, à l’exemple de l’absence de formation suffisante de certains personnels, de reconnaissance des qualifications médicales, et de progression des ouvertures de postes – dans la partie hospitalière, s’entend. La capacité d’accueil en réanimation stagne, ce qui peut s’expliquer par la rudesse des conditions de travail. Enfin, les services de soins critiques sont de natures inégales dans les différentes régions.

Recommandations de la Cour

Au vu de la situation, la Cour a énoncé ces quelques recommandations :

  • Exploiter les expériences de la pandémie afin d’en tirer des connaissances, à l’instar de l’évaluation des impacts des déprogrammations, du renoncement à certains soins et des transferts de patients ;
  • Effectuer un travail d’anticipation sur les besoins du secteur : amplification quantitative des postes ouverts aux ECN (médecine intensive, anesthésistes, réanimateurs …)
  • Revoir l’organisation des soins critiques via une définition des indicateurs de suivi ou via une informatisation des unités de soins critiques.

Alors qu’il y  a vingt ans, le système de santé français était reconnu comme l’un des meilleurs en Europe, aujourd’hui, constate la Cour, avec cette crise, les hôpitaux ont vite montré leurs limites. C’est le résultat d’une politique de santé que les gouvernants ont définie en fonction de critères budgétaires et bureaucratiques, sans mettre les questions sanitaires au centre. 

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